C. Lkvaditi — La Nutrition nt l’Immunité
anticynaraSe
à l’égard de la pressure (‘). Morgenroth (*) immunise des chèvres contre le ferment lab et contre une pressure végétale, la cipiarase, extraite par Rasetti (*) de la Cynara cardunculus. Il constate que le sérum de ces chèvres acquiert un j)ouvoir antipressurant remarquable et que, de plus, ce pouvoir est rigoureusement spécifique. En effet, le sérum des chèvres préparées à l’aide de la cynarase, agit sur celte enzyme et n’influe nullement la coagulation du lait par la pressure animale.
Deux principes se dégagent de ces recherches sur les antiferments : En premier lieu, ces constatations montrent que la ‘préparation des antienzymes nous permet de différencier des diastases qu’on ne saurait distinguer par nulle autre méthode. C’est le cas du lab animal et de la cynarase, deux ferments qui n’offrent aucune dissemblance au point de vue de leur action coagulante sur le lait, et qui pourtant se comportent d’une façon essentiellement différente à l’égard de leurs anticorps respectifs. C’est également le cas de l’antitrypsine d’Achalme qui neutralise
(1) Voir, à ce sujet, le travail de Fuld et Spiro. — Zft fiir physiol. Chem., vol. 3i, f. i et 2.
(2) Moroknrotu. — Ueber die Antikôrper des Labemyms. Cbt fur Bakt., vol. 26, ii et iq, 1899 et Zur Kenntnis der Labenzyme und ihrer Antikôrper. Cbt fiir Bakt., vol. 27, 1900, n®» 20-21.
(^) Rasetti, cité d’après Morgenroth (L’Orosi, giorn. di chimica, farmacia et scienze affini, septembre 1898),
antilau. antikinase
la trypsine animale, tout en restant sans effet vis-a-vis de la protéase végétale, et celui de rosinase de Gessard.
En second lien, ces recherches nous permettent de pénétrer plus intimement dans le mécanisme de l’action des anticorps et d’exclure de ce mécanisme l’intervention de la vie protoplasmique. En effet, il ne peut nullement être question d’une telle intervention, dans un système où on ne rencontre que des principes à l’état de dissolution, tels le lab, l’antilab et le lait. Ici, l’empêchement de l’effet fermentalif réalisé par l’anticorps ne saurait être compris autrement, qu’en faisant intervenir des forces chimiques, ou des affinités de combinaison. Lanhlab, mis en prése^ice du lab et de la caséine, entrave la coagulation du lait, pour le motif qu'il contracte avec la pressure une combinaison neutre; il s'oppose ainsi à la fixation de cette diastase sur la caséine et à la précipitation consécutive de cette matière protéique. Et >1 en est de même des antiferments dirigés contre les enzymes protéolytiques, puisque, suivant Ascoh et llezzola (‘) et Delezenne (^), ces antiferments se combinent avec la kinase et em-
(') Ascoli et Bezzoi.a. - Cbt für Bakt., iqo3 vol n 10. Voir également Ascoli et Bezzola. — Bas Fer’
ùaZ/en de. Aniitry-pt. Vermôy. des Blntserum. hei der krup Pneumonie. Beri. kl. \Voch„ igo3. n»
") Soc, de Biologi;: 1903.
PHÉCIPITINES
pêchent ainsi la fixation de celle kinase sur
l’albumine ou la fibrine.
Les mêmes notions découlent de l’étude des précipitmes, anticorps dirigés contre les diverses substances albuminoïdes. On sait que l’injection de protéines étrangères à une espèce animale donnée, est rapidement suivie de l apparition, dans le sérum, de certaines substances particulières, les coagulines. Ces coagulines, mises en présence des principes protéiques qui ont servi n leur préparation, provoquent une précipitation plus ou moins complète de ces principes. La réaction des précipilines a été, à la suite des travau.x de Deutsch, de Wassermann et Scbütze (‘),
d’Ulenbulh('), deLinossier et Lemolne(3), utilisée
en médecine légale pour la détermination de l’espèce à laquelle appartient le sang prélevé sur les taches suspectes. Or, toutes les recherches que l’on a entreprises avec ces précipilines, ont été unanimes pour prouver que les coagulines engendrent la précipüali07i des matières protéiques, en contractant, avec ces matières, des comhinaisoyis chimiques, qui
(1) Wassermann et Schütze. — üeber eine forensiche Meth. zur Unterscheid. von Menschen u. Tierblut. Berl. kl. Woch., 1901. N<> 7, p. 187.
(2) Ulknhutii. — Eine Melhode fur Unterscheid. der verschied. Blutarten. Deutsch. med. Woch., N» 6,
ip) Linossikr et Lemoine. — Sur les subst. pi écipit,
des albumines (prêcipitines), etc. C. R. de la Soc. de
Biolog., 1902, p. 85.
SÉRUMS RACTÉRICIDES SPECIFIQUES 133
n' exigent guère V intervention du proloplasma vivant.