VARIABILITÉ DES FONCTIONS CELLULAIRES
protoplasmiques se colorent à l’aide de substances chromogènes à auxoclirome amidé, cepen- ^ dant que d’autres grains fixent des couleurs à auxochrome 011. et qu'il y a toute une catégorie de formations granulaires qui se laissent teindre par des pigments neutres (Lhrlich). On a constaté enfin que ces affinités colorantes ne dépendent pas des modüications que tes agents fixateurs impriment aux constituants des cellules, puisqu’un élément anatomique qui vit ou qui s’achemine vers la mort, se comporte, à ce point de vue, à la manière d’une cellule fixée {coloration vitale). Sans vouloir affirmer que cette analyse chromatique est capable de nous renseigner sur la constitution chimique des divers composants cellulaires, comme cela a été soutenu par Lilienfeld, nous pensons quelle fournit des arguments assez forts pour prouver que la cellule ne saurait pas être envisagée comme un tout chimiquement homogène.
Non moins démonstratives à cet égard sont les constatations que l’on a recueillies lorsqu’on a examiné l’élément anatomique au point de vue dynamique. Le premier fait qui s’est imposé aux yeux des cytologistes, a été la séparation que l’on doit faire entre le fonctionnement du noyau et celui du proloplasma. La masse nucléaire préside aux phénomènes de division cellulaire, puisque c’est aux dépens de la chromatine du noyau que s’opère la mitose, et que la
mérotomie;
segnieiilation du karyoïnitome, assure la Iransmission de la matière uucléiuique des cellulesmères aux cellulesdilles. Par contre, le protoplasma est, pendant la mitose, le siège do modifications qui sont sensiblement dillerentes de celles qui s’opèrent dans le noyau. Néanmoins, ces modifications sont en corrélation avec les changements karyokynétiques de ce noyau, en ce sens qu’elles facilitent, au moyen de la formation des filaments achromatiques, la division de la plaque équatoriale. Il semble donc que, lors de la division indirecte des éléments anatomiques, les deux constituants cellulaires, le noyau et le proloplasma, jouissent de qualités sensiblement différentes, ce qui n’est pas sans témoigner en faveur de la spécialisation de ces constituants.
Les expériences de mérotomie réalisées par un grand nombre d’auteurs, en particulier par Balbiani, Bülschli, Boveri, etc., ont permis de pousser plus loin encore cette ditlérenciation de la matière protoplasmique et de la chromatine nucléaire. Ces expériences ont prouvé, en effet, que l’intégrité des fonctions cellulaires nécessite le concours simultané de ces deux éléments. La vie, quoique sensiblement atténuée, se j)Oursuit encore dans un fragment de proloplasma dépourvu de chromatine nucléaire, mais cette vie est destinée à s’arrêter bientôt. D’une part, l’assimilation, d’autre part, l’élaboration de la
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substance assimilable et la désassimilation ne sauraient se perpétuer indéliniment d’une fagon normale, sans le concours du noyau. La spécialisation des divers constituants cellulaires, qui s’est opérée sans nul doute en vertu du principe de la division du travail, et qui est une des conditions nécessaires à l’exercice parfait des fonctions si multiples de la cellule, nous apparaît ainsi d’une manière frappante. Il en est de la cellule comme de l'organisme considéré dans son ensemble. Des parties essentiellement dissemblables quant à leur forme, leur nature chimique, leur rôle physiologique, etc., concourent pour le maintien d’un tout, dont l’ensemble harmonieux nous cache la diversité des pallies qui le composent.
De plus, il suffit d’envisager la multiplicité des manifestations physiologiques d’une cellule, pour être persuadé mieux encore de celle extrême variabilité des diverses parties de celte cellule. L’élément anatomique assimile, détruit et élimine la matière. Il croît aux dépens de cette matière et en dégage l’énergie latente, pour la transformer en énergie active. Son fonctionnement se traduit, soit par des phénomènes caloriques, lumineux ou électriques, soit par du mouvement, de la contraction et de l’expansion, ou bien encore par des actes sécrétoires. Prenons pour exemple le leucocyte et la cellule hépatique. Le globule blanc possédé des rnouve
<6 VAniABrirTÉ des fonctions CELLUtAIBES
menis am.’boïdes, des propnelés pbagocylai'res, des pl.énomèDes de digest.on iofraproloplasniique qu’il réalise au moyen des ferments élaborés par le protoplosnia, des fonctions do
secrétion extrêmement variées (fabrication J’oxy-
ase ('), de plasmase, de glycogène, d’entéroiuiase, de ferment protéolytique, d’alexine ou cytase, etc.). D’autre part, la cellule hépatique manifeste sa vie sous une foule d’aspects, tels que I activitéglycogénique, biliaire, autolytique martiale, aniitoxique, etc. On se pénètre de la multiplicité de ces fonctions si l’on se rappelle que, d après llofmelster, les éléments du foie engendrent au moins une dizaine d’enzymes actves dont chacune jouit de propriétés parlicum es. Il en est très prohahlement de même de la cellule nerveuse, pancréatique, rénale, etc Ces l^ads, puises dans le domaine de la morpho- ■ogte et de la physiologie, nous amènent ailsi à conclure que, si la cellule est, comme l’or! .
msme, une unité indivisible, en ce sens que iC
ne saurait porter atteinte à son méJlé LZ compromettre profondément la vie, par contre .1 serait erroné de lui attribuer une bomogénéité ' “'‘-d'envisager l’élément c!l,‘!
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de'Mljéi: le travail
Woch., ,gu3. N. 35, Miincti. nied.