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pjg 3. __ Carte ndminislralive de la Côte d'Ivoire au 1er mai J908.
qui sont restées un obstacle à l'organisation définitive du pays et à sa mise en valeur économique.
La Côte d'Ivoire offre assez de ressources de toute nature : financières, agricoles et industrielles ; elle constitue pour le commerce un champ d'action assez favorable pour que l'on considère comme fâcheux et intolérable même une progression aussi lente de sa production budgétaire et économique, un accroissement aussi faible de sa capacité de consommation. Cette « croissance » tardive ne saurait durer sans préjudice pour le bon renom de notre colonisation et les intérêts multiples qui, confiants dans l'avenir, sont déjà venus chercher ici le succès. L'immobilisme est toujours une erreur ou une nécessité déplorable; il ne saurait s'admettre quand il s'agit d'ouvrir à la civilisation une contrée aussi favorisée naturellement que l'est la Côte d'Ivoire.
1° Poursuivre, dans les circonscriptions complètement soumises l'œuvre, purement administrative qui, désormais, s'im-
Les moyens d'action décisive que je préconise peuvent paraître prématurés, alors que je viens de prendre, tout récemment, possession de mon Gouvernement et que je me suis trouvé en présence d'une organisalion remontant seulement à quelques mois, puisqu'elle date du 31 décembre 1907. Mais, tout d'abord, je n'hésite pas à déclarer que cette organisation n'est pas de nature, à l'heure actuelle, à permettre d'atteindre, sinon dans un lointain avenir, le triple but : politique, administratif et financier, qui est celui de mon administration. Non pas qu'elle n'ait point été dictée par une expérience approfondie du pays. Je tiens, au contraire, à reconnaître la sagesse et l'ampleur des vues de mes devanciers et à leur rendre hommage. Je dois, toutefois, déclarer que les circonstances ont changé pour une partie de la Colonie, depuis l'élaboration du programme d'où est sorti l'arrêté précité, du fait des troubles de la Haute- Sassandra et de la répression qui s'en est suivie.
J'ai pu étayer mon opinion sur la manière de voir de M. l'Inspecteur (l»s Colonies de Lapalud, dont la mission, qui a duré plusieurs mois, vient de prendre fin.
Je me suis, au surplus, inspiré du désir que vous avez bien voulu nf exprimer, lors de mon passage à Dakar, de voir la Colonie qui m'étaiconfiée s'orienter décidément vers une tranquillité générale suffisamment complète pour qu'elle réponde, sans retard, aux sacrifices qui ont été faits pour elle.
En me décidant, enfin, à vous soumettre un projet de réorganisation administrative, je me suis rapporté à ce principe absolu d'après lequel, en matière coloniale, rien n'est plus nuisible que la fixité des mesures politiques, lorsque, surtout, on se trouve dans le premier stade, celui de la pacification. Il esl, au contraire, une règle dont on ne saurait négliger l'observation sans s'exposer à commettre les plus graves erreurs: c'est celle qui consiste a donnera un pays, dans les formes multiples et continuellement variables de son évolution, une organisation telle qu'elle s'adapte d'une façon exacte à tous les changements que font naître les progrès de noire occupation, qu'elle marque les phases de cette dernière, mais n'ait pas d'autre bul que (h; préparer de nouvelles étapes.
Le programme que j'ai conçu peut, d'une façon générale, s'exposer ainsi
qu'il snil :
1° Poursuivre, dans les circonscriptions complètement soumises l'œuvre purement administrative qui, désormais, s'impose et qui doit avoir pour manifestation un rendemenl financier et économique en rapport avec ssources locales ;
- achever, dans les cercles ou noire autorité n'est plus mise en péril,
ORGANISATION ADMINISTRATIVE 7.r>
posait, et qui devait avoir pour résultats un rendement financier et économique en rapport avec les ressources locales ; 2° Achever, dans les cercles où notre autorité ne semblait
l'œuvre de pénétration, en dissipant les craintes, les rancunes et les préventions des indigènes, en facilitant rétablissement, sur tous les individus imposables, de la taxe de capitation et la venue de colons et de commerçants européens ;
3° Entreprendre, sur des bases nouvelles et par des procédés suffisamment efficaces, l'occupation réelle des parties de la Colonie où notre installation est restée nominale ou tout au moins précaire.
Je suis ainsi tout naturellement amené à examiner la situation politique exacte de chacune des circonscriptions de la Côte d'Ivoire, de façori à faire ressortir l'utilité d'appliquer à chacune d'elles, selon l'état dans lequel elle se trouve, des mesures appropriées rentrant dans chacune des trois catégories ci-dessus énumérées.
1. — Cercles dans lesquels doit se poursuivre une œuvre purement administrative.
Ces cercles sont au nombre de 7; ce sont : le Cercle de Bassam, le Cercle d'Assinie, le Cercle de l'Indénié, le Cercle de Bondoukou, le Cercle de Kong, le Cercle de Korhogo et le Cercle de San -Pedro.
II. — Cercles dans lesquels doit s'achever V œuvre de pénétration.
Ces cercles sont au nombre de 5 ; ce sont : le Cercle des Lagunes, le Cercle de Lahou, le Cercle du N'Zi-Comoé, le Cercle du Baoulé à l'exception du Cercle annexe des Gouros, le Cercle du Cavally.
J'ajouterai à cette énumération la partie du Cercle du Sassandra qui forme le territoire du poste de Sassandra. Je reviendrai tout à l'heure sur cette subdivision administrative.
Cercle des Lagunes. — Malgré sa situation exceptionnelle, la présence du chef-lieu, l'existence de ports de commerce fréquentés, la circulation intense qui se fait sur la lagune et sur les cours d'eau, malgré les travaux de construction du chemin de fer, l'œuvre administrative y est encore très délicate. La population indigène y a gardé, vis-à-vis de nous, une réserve peu sympathique, une défiance et une susceptibilité inquiétantes.
Le Nord-Ouest du Cercle des Lagunes qu'habitent les Attiés, tribu peu malléable restée encore en dehors de notre action, nécessite, de notre part, une véritable pénétration.
Cercle de Lahou. — La situation politique est bonne dans la partie environnant Grand-Lahou et les villages de la plage ; elle est satisfaisante
T) Ml rHODES ET MOYENS
pas alors eu péril, d'après les renseignements officiels, l'œuvre de pénétration, en dissipant les craintes, les rancunes et les
dans la région de Fresco ; loul est à faire dans l'arrière-pays, qui comprend les deux tiers du Cercle.
La pénétration n'y est qu'ébauchée par les tournées de reconnaissance effectuées au débul de l'occupation.
Nous iif pouvons prétendre actuellement qu'à obtenir le passage libre, lorsque nous voudrons parcourir le pays, sous la réserve, toutefois, que nous ne nous montrerons pas des hôtes exigeants. 11 ne saurait être question de se livrer à une manifestation d'autorité.
Nous voyant occuper le pays environnant et leur laisser leur indépendance, les indigènes ont conclu que nous n'osions pas leur imposer notre autorité ou que nous n'avions pas les moyens de le faire ; il en est résulté tout naturellement, chez eux, une opinion peu llatteuse, à notre égard, renforcée, chaque fois que nous avons paru vouloir agir, par l'hésitation dont nous avons fait preuve en raison de la nécessité dans laquelle nous nous sommes trouvés de progresser avec des moyens insuffisants. Limitée comme il convient, celte hésitation est de la sagesse; exagérée, elle se traduit par un manque d'assurance qui échappe rarement à l'indigène et lui donne une fausse idée de sa force. D'où, lorsque nous nous décidons à agir, des velléités de résistance qui sont les manifestations d'un sentiment d'indépendance que nous avons contribué à faire naître.
La situation morale de l'arrièrc-parlie du Cercle de Lai) ou est identique dans toutes les régions qui n'ont pas été, jusqu'ici, pénétrées avec vigueur. Les procédés à mettre en œuvre pour la faire cesser sont sensiblement les mêmes partout où nous en sommes restés à roccurence nominale.
Cercle du N'Zi-Comoé. — Ce Cercle date de l'arrêté du 31 décembre 1907; profilant de l'impression produite, en 1905, par la colonne qui a opéré contre les Agbas, nous nous y sommes insinués très prudemment, nous bornant, jusqu'ici, à reconnaître le pays et à préparer, par une étude de ^s populations <il de ses ressources, une action politique et administrative qui ne s'est encore nullemenl exercée, sauf dans les régions d'Akakoumouékrou el d'Aoussoukro.
\ l'heure actuelle, les zones d'influence des postes de Sahoua, d'Aoussoukrou el d'Akakoumouékrou sonl trop étendues pour qu'on puisse agir. efficacement sur des indigènes qu'il faut visiter avec fréquence el amener ii l'acceptation complète de noire autorité.
En principe, je demande la réorganisation du Cercle du N'Zi-Gomoé sur les bases suivantes : division de la circonscription en quatre postes, dont l'un qui remplacerait Sahoua, serait le chef-lieu du Cercle,
Il j aura lieu de rechercher s'il convient de rattacher, au Cercle des Lagunes, le groupe des Miiés, placé au Sud et qui devrait normalement
préventions des indigènes, en les habituant à une obéissance plus complète, en facilitant rétablissement, sur tous les indi-
faire partie de celle circonscription, à la fois pour des motifs ethniques cl politiques. Ces Alliés, qui liabitent de part el d'autre de la frontière des deux Cercles, ont échappé jusqu'ici, comme je le disais plus haut en considérant le Cercle des Lagunes, à noire aclion. La construction projetée d'une roule entre Ery-Macouguié et M'Basso, point situé sur la Comoé, à peu de distance de Zaranou, va permettre de traverser complètement leur pays, au milieu duquel il sera indispensable de créer un poste. J'ajouterai que cette roule contribuera à alimenter le chemin de fer en lui amenant des marchandises de l'Indénié et de Bondoukou. De la sorte, le groupe Allié sera promptement pénétré et soumis à l'impôt. Pour compenser rétablissement de deux postes, je vous demanderai, le moment venu, la suppression des postes de Bettié et d'Alépé (1), qui font partie des Cercles de Zaranou et des Lagunes el dont l'utilité, déjà très relative, sera tout à fait nulle.
Cercle du Baoulé (à l'exception du Cercle annexe des (Jouros). — Le Cercle du Baoulé exige, à mon avis, de sérieuses modifications territoriales. Tout d'abord, j'en ai isolé le pays gouro, trop récemment pénétré et dans lequel se sont produits, il y a seulement quelques mois, des faits qui prouvent que l'étal des esprits est encore loin d'y être satisfaisant; l'incident de Konéfra remonte, en effet, au mois de novembre dernier et il convient de ne pas oublier qu'il est inséparable du mouvement général que nous avons eu à réprimer dans le Cercle du Sassandra. Jusqu'ici, le Commandant du Cercle du Baoulé n'a pu encore déclarer la région gouro assez sûre pour qu'il soit possible d'y circuler sans escorte. Je considère donc cette région comme à reprendre presque complètement, une occupation aussi précaire que celle à laquelle nous avons procédé ne pouvant, si on s'en contente, amener que des erreurs fâcheuses et probablement que des conllits nouveaux. Je reviendrai donc dans un moment sur le Cercle annexe des Gouros.
Dans le Baoulé oriental, qui fut pour nous d'une conquête si difficile el dont les habitants se sont montrés si combalifs, la période d'action militaire doit faire place à une pénétration intensive, que les préoccupations de la conquête, un peu trop prolongées, sans doute, ont fait négliger jusqu'à ce jour d'une façon exagérée.
On semble y avoir piétiné sur place : l'insuffisance du recensement et l'accroissemenl trop peu rapide du rendement de l'impôt le prouvent surabondamment.
(I) Sur ce point, je m'étais montré trop optimiste parce qu'induit en erreur. La région d'Alépé était loin d'être en mains et avait besoin d'être surveillée par un poste.
78 Ml I H0D1 S ET MOYENS
vidus imposables, de La taxe de capitation, et la venue de colons et de commerçants européens ;
L'organisation actuelle du Baoulé doit être sensiblement modifiée. Le cercle, même séparé du pays Gouro, est vaste ; en outre, il est fort peuplé. La surveillance et la direction des opérations, que nécessitent le recensement et la reconnaissance d'une telle région et dont il faut charger un grand nombre d'agents, ne peuvent être assurées convenablement par un chef unique, qu'absorbent à la fois trop de préoccupations. Or, il conviendrait non seulement que le Commandant de la circonscription fût un chef, mais aussi qu'il agit lui-même, qu'il s'assurât que ses prescriptions sont fidèlement observées, en ce qui concerne la politique à suivre vis-à-vis de tribus ou de sous-tribus nombreuses, de mentalité différente, bien qu'elles appartiennent à une même famille ethnique, et dont les intérêts, si mesquins soient-ils, doivent être suivis par nous dans leur antagonisme fréquent.
Je propose, eu conséquence, de dédoubler la besogne en partageant le pays Baoulé en deux Cercles distincts dont les chefs-lieux respectifs seraient Toumodi et Bouaké.
.le ne puis encore donner aucune indication définitive en ce qui concerne remplacement à fixer aux postes administratifs de ces circonscriptions si elles sont tonnées. Sans aucun doute quelques uns des postes actuellement existants devraient être supprimés et d'autres créés.
J'aurais aussi l'intention de retirer à l'Administration du Baoulé le caractère presque exclusivement militaire qu'elle possède actuellement. Si l'on considère, en effet, l'effectif des forces dont dispose la Colonie, on constate que le Cercle actuel du Baoulé possède 660 hommes et 32 Européens, effectif injustifiable. En effet, une Compagnie entière de tirailleurs la 5e) se trouve inutilisée à Kodiokofi; une autre tient garnison à Toumodi. soit, pour ces deux points, qui ne sont l'objet d'aucune menace, ioo hommes et 27 Européens.
Il conviendrai! donc de réduire sensiblement les forces stationnées dans le Baoulé, de maintenir à Toumodi et à Bouaké des effectifs suffisants pour parera toute éventualité et de placer dans chacun des autres postes des groupes raisonnables. Le reste des troupes et des gardes indigènes sérail reportée l'ouesl du Bandama (l),j'y reviendrai tout à l'heure.
ii Je signale au Cliap V du présent litre, que j'ai commis sur ce point une erreur de tactique ; les événements onl démontré que j'aurais mieux fait de négliger l'Ouest et de conserver à ma disposition les compagnies disponibles du Baoulé pour réduire les tlots rebelles du Centre et de l'Est; mais je n'avais pas encore pu, en juin 1908, deux mois après mon arrivée, appréciera quel point notre situation étail précaire, même dans l'Est et le Centre, trompé que j'étais par des compte-rendue irop optimistes.
3° Entreprendre, sur des bases nouvelles et par des procédés suffisamment efficaces, l'occupation réelle des parties de
Quant aux deux nouvelles circonscriptions et aux postes, ils seraient confiés à des fonctionnaires civils ; j'y maintiendrais des Officiers horscadres dans la mesure des besoins et des disponibilités.
Cercle du Cavally. — Le Cercle du Gavally devrait rigoureusement être mis en dehors des circonscriptions que j'ai placées dans cette deuxième partie de mon rapport. Je ne parle pas de la région comprise entre le littoral et Patokla(Fort Binger). La situation y est aussi bonne que possible, en ce sens que nous n'avons aucun conflit à déplorer. Toutefois, les indigènes, restés méfiants, ne mettent pas grand empressement, sauf sur la côte même, à entrer en rapports avec nous et le recrutement des porteurs rencontre de grosses difficultés.
Au nord de Fort-Binger, nous entrons complètement dans une région qui n'en est qu'au stade d'exploration. Le Chef de poste la dépeint comme peu peuplée ; nous ne serons, d'ailleurs, exactement fixés sur ce qu'on peut attendre de ce territoire qu'au retour de mission de M. l'Administrateur Joulia.
Nous aurons l'occasion de songer sérieusement à une organisation plus complète du Haut-Cavally.
III. — Cercles et régions dans lesquels il convient de faire cesser la précarité de notre occupation.
Ces Cercles sont au nombre de deux ; ce sont :
Le Cercle du Ouorodougou et le Cercle du Sassandra.
Il faut, d'une part, y ajouter le pays gouro, que j'ai réservé tout à l'heure, lorsque j'ai étudié le Cercle du Baoulé ; d'autre part, en excepter le Bas-Sassandra que sa situation permet de ne pas traiter de la même façon.
Cercle du Ouorodougou. — Le Cercle du Ouorodougou date de l'arrêté du 31 décembre 1907. Sa situation politique est très spéciale. La région située au-dessus d'une ligne idéale qui joindrait Séguéla, Mankono et Touba a gardé la forte empreinte, si favorable à notre autorité, des incursions de Samory. Elle est généralement facile à conduire et les rapports des chefs de circonscriptions signalent le bon esprit de la population, manifesté par le paiement aisé de l'impôt.
Au Sud de cette ligne, les indigènes ont besoin d'être surveillés et, dans cette partie du Cercle, la pénétration est presque entièrement à effectuer. Connaissance insuffisante du pays, hostilité marquée de la majeure partie des tribus, défiance générale, telles sont les conditions actuelles de notre occupation. J'ai pris les mesures nécessaires pour que le poste prévu au
La Colonie où notre occupation étail restée nominale ou toui au moins précaire.
1 huis le premier groupe, je rangeai les cercles de Bassani,
budget, a créer dans la région de Man, à l'Est de Danane, le soil le plus lût possible et j'ai envoyé pour rétablir, un officier du plus grand mérite, M. le Lieutenant Laurent, qui a l'avantage d'avoir déjà servi avec beaucoup de distinction dans celte région où il a fondé le poste de Danane.
J'n autre poste est indispensable dans la partie située au-dessous de la ligne Séguéla-Mankono. Cette contrée a vivement ressenti le contre-coup des troubles du llaut-Sassandra. Les populations y ont eu, depuis la mort du Capitaine Cavcng, une conduite assez équivoque et la nécessité s'impose de prendre plus étroitement contact avec elles.
L'année dernière, dans une lettre du 16 août 1907, M. le Gouverneur Général Roume faisait remarquer que cette circonscription est beaucoup trop giandc « Le Cercle du Ouorodougou, disait-il, comprend deux cir- « conscriptions, une militaire celle de Touba et une civile dont le chef-lieu a esl à Mankono. Touba et Mankono sont reliés électriquement à Binger- « ville et chacune des deux circonscriptions comprend, en même temps « qu'une partie non pénétrée, une partie administrée sur laquelle doit « s'appuyer la pénétration. Rien ne s'opposerait donc à ce qu'elles fussent « rendues indépendantes... Toute la région comprise entre Beyla, Kankan, « Gouecké, Touba n'a pas été jusqu'ici véritablement pénétrée. Cette « pénétration, sur laquelle doit porter, en grande partie, l'effort de la « campagne prochaine et que ht délimitation imminente de la frontière « franco-libérienne rend urgente, exige une collaboration étroite des (( autorités administratives voisines de la Cote d'Ivoire et de la Guinée. « Cette collaboration s'établira plus aisément entre les Commandants du « secteur Libérien et de la circonscription de Touba, si aucun intermédiaire « n'est interposé entre ces deux officiers à qui il suffirait de recevoir, du « Lieutenant-Gouverneur de leur Colonie, les Instructions nécessaires.
« Je nous prie donc de vouloir bien examinera nouveau l'opportunité ■ de scinder le Cercle du Ouorodougou en deux circonscriptions adminisv Lratives distinctes.. . ».
.le me range pleinement a l'avis exprimé dans ces considérations si judicieuses et je demande que me soil donnée l'autorisation de réaliser cette division du Cercle du ouorodougou, de laquelle nous pouvons attendre les meilleurs résultats.
Le Ouorodougou serait, d'après le projet que je présente, divisé en un Cercle de Mankono ou Seguéla, avec nu troisième poste à créer entre ce point h l,i frontière du Sassandra, el en un Cercle de Touba, avec postes -i Danane el dans la ré-ion de Man. La nature semble, d'ailleurs, avoir voul arquer elle même la frontière de ces deux circonscriptions, qui
d'Assinie, de Flndénié, de JJondoukou, de Kong;, de Koroko, du Sa n- Pedro.
seraient limitées par la Feredougouba, prolongement du fleuve Sassandra, jusqu'à l'endroit où ce cours d'eau s'oriente vers l'Ouest et, au delà, par la rivière Boa.
Cercle du Sassandra. — Ce cercle mérite une mention spéciale. La région côtière de la circonscription ne présente, en effet, aucune difficulté ; pénétrée par le commerce, voisine de la mer, placée sous l'influence constante des Européens, cette région ne doit pas normalement, à l'heure actuelle, être rattachée au reste du Sassandra.
Je vous propose donc de l'eu séparer, d'en former, par sa jonction avec le Cercle de San-Pedro, un Cercle nouveau qui prendrait le nom du Cercle du Bas-Sassandra, avec chef-lieu à Sassandra et poste à San-Pedro. De la sorte, toute cette région serait administrée sans augmentation de l'effectif en personnel.
Reste le territoire des postes actuels de Soubre et Daloa. Je vais m'y arrêter un long moment et vous exposer la méthode que je crois la meilleure pour mettre un terme à la situation difficile et peu flatteuse que nous avons dans cette région.
Création, dim cercle militaire du Haul-Sassandra et du pays Gouro.
Dans cette revue de la situation de chacune des circonscriptions de la Colonie, j'ai isolé expressément le pays gouro et la partie du Sassandra qui nous a donné, ces derniers mois, de graves préoccupations d'ordre politique et militaire.
Je vous propose de réunir ces deux régions, d'en formel' une circonscription militaire et de la soumettre, pendant un temps indéterminé, au régime spécial de l'occupation du même nom.
Les seuls incidents qui se sont déroulés dans cette partie de la Colonie, depuis que nous y avons pénétré, suffiraient à justifier des mesures d'exception. Notre autorité y a été non seulement méconnue mais combattue; nous y avons subi des pertes qui n'ont pas été seulement douloureuses mais qui ont constitué autant d'atteintes déplorables à notre prestige. Nous avons dû, à grands frais et à grand peine, y faire opérer des colonnes, dont la dernière a été conduite par M. le Lieutenant-Colonel Metz.
Je me refuse à considérer comme pacifiées des régions dans lesquelles on ne saurait sans danger se passer d'une escorte assez imposante, où la vie d'un Européen isolé serait certainement compromise, et où pour transporter une lettre d'un point à un autre, il est nécessaire de mettre en mouvement 20 à 30 hommes. Je déclare qu'une contrée dans laquelle, non seulement il ne saurait être question de percevoir l'impôt, mais où le
82 MVI HODES I I MOYENS
Dans Le second je classai les cercles des Lagunes, de Lahou, • lu N'Zi-Comoé, du Baoulé (à l'exception du pays (iouro), du Gavally région côtière), du poste de Sassandra.
paiement d'amendes d e guerres acceptées ne peut être exigé intégralement el sans user des pins grands ménagements, esl non pas soumise, mais en expectative d'hostilité. J'estime que supporter un pareil état de choses constitue un danger permanent pour notre prestige, car les moindres laits qui ne nous sont pas favorables retentissent, la chose esl certaine, de la façon la pins lâcheuse dans tontes les parties de la Colonie où les indigènes seraient heureux de trouver un prétexte pour s'encourager eux-mêmes à entraver notre action. Il y a, enfin, dans celte situation, un inconvénient grave pour le budget général et le budget local, qui supportent de ce fait, sans compensation, des charges trop long- temps pesantes.
Le Haut-Sassandra et le pays gouro doivent donc être traités comme les territoires contaminés, et c'est un devoir impérieux de prendre des dispositions qui limitent le danger en permettant de le faire disparaître avec le plus de célérité possible.
La méthode à suivre s'indique d'elle-même ; elle consiste à placer les populations suspectes ou franchement hostiles sous la menace constante dune répression immédiate, si énergique que la punition soit exemplaire; elle consiste également à assurer la pénétration par une action continue, appuyée sur une force latente, dont la manifestation doit se traduire par la présence d'effectifs élevés et par l'emploi judicieux de ces derniers. Seule, dans de semblables circonstances, l'autorité militaire peut agir efficacement, son intervention devant se trouver tempérée par des directives impérieuses venues du pouvoir gouvernemental et administratif.
Pratiquement, voici comment se traduisent les principes que je viens d'énoncer :
Le Cercle militaire du Haut-Sassandra et du pays (louro serait placé sous le commandement d'un officier supérieur. 11 ne serait assisté que d'officiers : des effectifs suffisants sciaient mis à sa disposition. Un point suffisamment central — en l'espèce, Sinfra ou Issia, mais plutôt, semblet-il, celte dernière localité —deviendrait le chef-lieu de la nouvelle circonscription.
Pas plus que je ne l'ai voulu faire en considérant plus haut les autres circonscriptions à réorganiser, il n'entre dans mes intentions de déterminer dès maintenant les emplacements des postes à prévoir : ils dépendent de besoins que, seul, le chef de la circonscription sera à même d'apprécier lorsqu'il aura pris son coininandeineiil.
Pas davantage, je n'ai l'idée de lui imposer un programme précis, limitant son action el risquant ainsi d'entraver les initiatives que lui
ORGANléAîlOÏS ADMINISTRATIVE 83
Enfin, dans le troisième prenaient place, incontestablement : la partie ouest du cercle du Ouorodougou, le cercle du
dicteraient son expérience, la conscience de son devoir et de sa responsabilité.
Je vous dois d'indiquer ici la ligne générale de conduite qui m'a dicté ces instructions.
Successivement, le pays gouro et le Haut-Sassandra ont été .parcourus par des colonnes militaires, déploiements de forces importants destinés à châtier des rebelles, à tirer vengeance de leurs crimes et à imposer du coup, sans conteste, notre autorité. Or, il est patent que si ces colonnes ont obtenu des résultats immédiats assez satisfaisants, elles n'ont pas répondu aux espérances qu'on avait fondées sur elles pour l'avenir. Il n'en pouvait être autrement car, à aucun moment, les régions dont il s'agit n'ont offert aux colonnes les éléments indispensables à leur succès qui justifient seuls la mise eu œuvre de semblables moyens d'action.
Un autre inconvénient de la colonne réside dans ce fait que son chef, — une fois atteint le but militaire de l'opération, — demeure impuissant pour organiser le pays conquis, car il ne dispose ni de pouvoirs politiques, ni de pouvoirs administratifs.
Les conditions clans lesquelles ont eu à agir, dans les régions de l'Ouest, les colonnes formées à la Côte d'Ivoire, affirment la vérité de ce principe.
Ici, pas d'insurrection à proprement parler, autrement dit pas de mouvements conduits par des chefs influents dont la disparition entraînerait la cessation des hostilités. Mais seulement une agitation à main armée qui jette contre nous des tribus guerrières, mécontentes des inconvénients que notre venue peut avoir pour leurs intérêts particuliers, enchantées que l'occasion leur soit donnée de se livrer, à notre détriment, à ces luttes continuelles auxquelles elles se livrent à l'ordinaire les unes contre les autres et qui constituent un sport particulier, parfois fructueux. Jamais on n'y a vu les indigènes nous combattre en masse ou d'après une tactique donnée, soit pour servir une cause nationale inexistante ou des intérêts dynastiques. Ce furent toujours des explosions anonymes, impersonnelles, d'un mécontentement analogue à celui du chasseur qui défend, au prix d'un meurtre, le terrain qui lui est réservé, et ces explosions, sous l'influence de causes fétichistes ou par un entrainemnnt naturel, s'étendent de proche en proche, parmi les tribus, jusqu'à gagner toute une région .
Dans ces conditions, la colonne ne peut que « passer », donner de temps en temps quelques leçons insuffisantes, tandis que, derrière elle, rendus audacieux par le peu de mobilité de nos forces, les indigènes reprennent haleine, se reforment et recommencent.
Si MÉTHODES ET MOYENS
Sassandra moins le district même »lu poste côtier <lo Sassandra . l«i i>a\s Gouro.
Les colonnes qui ont opéré dans les légions de L'Ouest oui parfois frappé fort, mais ce ne fui jamais, faute d'adversaires constants, en proportion de leur puissance. En outre — el par suite de l'insuffisance de pouvoirs, ce fui le cas peur la colonne Metz — elles ne remplirent pas celte condiiiim de l'efficacité de leur action qui eut dû consister, selon un principe absolu de toute opération militaire coloniale, dans l'occupation effective du terrain conquis, sous la l'orme de rétablissement de postes permanents ou provisoires qui eussent constitué les traces durables de leur passage.
Aujourd'hui, nous nous trouvons eu présence de la situation suivante : La colonne Metz est passée, peut-on dire, sans coup férir. Toutefois, elle a pu donner quelques exemples, mais, surtout, elle a laissé dans l'esprit des indigènes une impression de force qui peut être avantageuse, si on en tire parti. Déjà, M. le capitaine Schiffer, commandant actuel du Cercle du Sassaudra, comprenant la nécessité de mettre à profit l'effet moral produit par la colonne, n'a cessé, depuis la dislocation de cette dernière, de parcourir le pays, poursuivant sans merci et sans répit les rebelles irréductibles, en amenant un grand nombre à composition, obtenant d'eux des gages matériels de soumission.
Ce qu'il faut, c'est généraliser ce procédé et, donnant aux officiers chargés de L'appliquer des moyens suffisants, le compléter par une méthode qui tiendra à la l'ois de l'exploration, de la conquête, de la pacification el de L'organisation administrative.
En effet, ainsi que le précisent mes Instructions, les officiers auxquels incombera le soin délicat d'atteindre le but que je détermine ne devront pas oublier, tout d'abord, que leur action tirera sa force des connaissances qu'ils acquerront sur le pays el ses habitants. Ils devront donc se livrer a l'étude géographique el ethnographique du pays confié à leur autorité.
Ces connaissances acquises leur permettront d'activer l'œuvre de conquête. Mais là, je préconise l'action lente, qui consiste à tenir le pays par des postes nombreux, permanents ou non, dans l'intervalle desquels circuleronl des petits détachements adils que l'on évitera d'envoyer assez loin pour qu'ils se Lrouvenl en l'air, mais dont la première qualité sera une extrême mobilité. Les posies permanents trouveront dans les posles provisoires des points d'appui H de repère que l'on déplacera, par bonds successifs, au furet à mesure des progrès de la pacification. Quant aux détachements, ils nettoieront Le pays, ne gagnant en avant qu'autant que la marche des postes provisoires vers la périphérie du territoire placé sous
l'action directe d.s pestes perinanenls, bases fixes, leur permettront de se
mouvoir sans sortir du secteur limité qui leur sera attribué.
in- méthode a fail brillamment ses preuves, en particulier au Soudan,
En vue dé réaliser progressivement mon programme je |>r<> posai tout d'abord :
De détacher de l'immense cercle de Sassandra, dans son
auTonkin et à Madagascar; elle est devenue classique ; elle est infaillible.
Appliquée par des officiers expérimentés et doués d'un grand sang-froid, qui n'oublient jamais que leur rôle n'est pas exclusivement militaire, mais que, au contraire, ils doivent plutôt sacrifier au coté administratif de leur mission, elle aura à la Côte d'Ivoire des conséquences heureuses. C'est en me basant sur cette prédominance administrative que j'ai considéré, comme nécessaire, de préparer des instructions détaillées touchant au côté militaire de la question. Je prierai, du reste, le commandant des Troupes de la Colonie de les compléter par les avis que lui dictera son expérience professionnelle.
L'action par la force étant déterminée, avec ce me semble, le maximum de tempéraments, il convient d'envisager l'action politique et administrative.
Celle-ci consistera à entrer en contact étroit avec les populations : chose facile, en raison du nombre et de la mobilité des détachements qui seront constitués. Les gradés, officiers ou sous-officiers, placés à la tète de ces détachements, auront pour devoir de rechercher et de faire disparaître les motifs de mécontentement : méfiance ou répulsion instinctive, excitations de factieux influents, racontars ou conseils perfides, fanatisme, fétichiste, ignorance, ambition, duplicité de certains chefs, simple crainte ou timidité, intérêts lésés, etc., etc.. 11 leur faudra discerner les éléments utilisables et s'en servir, détruire les éléments funestes ou neutraliser leur infiuence.
A côté de cette action morale, ils devront réaliser des résultats pratiques : acceptation de l'impôt, ouverture de roules, circulation des indigènes, fréquentation des marchés à créer, exploitation et vente des produits locaux, recours à notre médiation età notre justice pour le règlement des différends : ils auront, en un mot, à ouvrir le pays à la vie administrative et économique, à préparer les voies aux autorités civiles, aux colons et aux commerçants.
.J'envisagerai également, dans un avenir prochain, l'extension à celte région de l'assistance médicale indigène, la création d'écoles, le renforcement de l'autorité des notables et de celle si précaire des chefs. Pour compléter ces mesures, je me propose de faire rattacher, le plus tôt possible, les postes les plus importants au réseau électrique déjà existant, de manière à établir la liaison entre le nouveau cercle, le chef-lieu de l;i Colonie et les circonscriptions voisines.
Ainsi, le commandant de la circonscription militaire et ses subordonnés
86 Ml rHODES ET MOYENS
ensemble insoumis ou inconnu, le territoire du poste côtier du même nom, qui était suffisamment en mains: et, en lui adjoignant le cercle du San-Pedro, également paisible et peu peuple'', de former avec le tout, le nouveau cercle, qu'on pouvait classer dans la deuxième des catégories citées plus haut, du Bas-Sassandra :
De distraire du vaste cercle du Baoulé, qui dans sa partie Est, commençait à nous donner satisfaction, la région Gouro, en état d'insoumission ; puis, pour faciliter l'Administration normale du Baoulé, ainsi réduit, de diviser le cercle en deux circonscriptions, dites du Baoulé Nord et du Baoulé Sud ;
De diviser en deux le Cercle du Ouorodougou, en vue d'isoler, de la partie est (chef-lieu Mankono) à peu près en mains, la partie ouest (chef-lieu Touba), encore insoumise et inconnue.
Enfin de former avec le pays gouro (distrait du Baoulé) et le cercle «lu Sassandra (moins la partie côtière du même nom), une nouvelle circonscription, dite « Cercle militaire du Haut- Sassandra et pays Gouro », qui serait soumise pendant un temps indéterminé à l'occupation et à l'administration militaire.
Ilaut-Sassandra et pays gouro devaient être traités comme des territoires contaminés; il fallait y placer les populations encore hostiles sous la menace constante d'une répression immédiate et énergique; la pénétration devait y être assurée par une action continue, appuyée sur une force latente dont l,i manifestation devait se traduire par la présence d'effectifs élevés et par l'emploi judicieux de ces derniers.
Mes propositions soulevèrent diverses objections, mais furent finalement acceptées et, le 1 \ décembre 1908, le projet d'arrêté réorganisant Les circonscriptions administratives de la
recevronl une mission étendue, qui peut se résumer ainsi : elle consistera moins h détruire <■! à punir qu'à ramènera nous des égarés, à faire cesser l'anarchie dans le pays, à le réorganiser.
La lâche sera lourde. Bile n'esl pas au-dessus des forces ci du dévoue» mcnl de nos officiers qui oui clé. à la Côte d'Ivoire comme dans loules nos possessions, les pionniers de l'oceiipalion. les artisans de la pacification.
les missionnaires de la civilisation. »
Côte d'Ivoire était soumis en Conseil de Gouvernement, à la signature du Gouverneur Général (1). Le rapport de présentation, sous la prudence des termes, n'en donnait pas moins une idée assez nette de la situation.
« La réforme présentée, disait ce rapport, a pour but de renforcer l'action administrative et politique dans la région sur laquelle elle porte et où il convient de diminuer graduellement la précarité de notre occupation.
« En efïet, si la situation du Baoulé se présente maintenant comme satisfaisante au point que nous puissions considérer ce cercle comme à la veille d'entrer franchement dans la voie économique, il n'est pas niable qu'en l'état actuel, notre établissement dans les régions à réorganiser est encore rudimentaire. Une occupation plus active du pays s'impose.
« Le Haut-Sassandra est la région sur laquelle doit porter notre principal effort. Pour le réaliser il importe que les territoires dans lesquels notre pénétration n'a jamais été que superficielle forment des circonscriptions bien définies, répondant aux besoins à satisfaire. Si des résistances viennent à se manifester,
(1) En conséquence : /
I. — Le territoire du poste de Sassandra était détaché du cercle du Sassandra et réuni au cercle de San-Pedro pour former le cercle du Bas- Sassandra.
IL — Le cercle annexe des Gouros était retranché du cercle du Baoulé.
HI. — Le cercle du Baoulé était partagé en deux cercles :
1° le cercle du Baoulé-Nord qui comprenait les territoires des postes de Bouaké, M'Bahiakro, Béoumi, Sakasso, Tiébissou et Kouadiokofi avec Bouaké comme chef-lieu ;
2° le cercle du Baoulé-Sud comprenant les territoires des postes de Toumodi, Bon/.i, Ouossou etTiassalé. Le chef-lieu était fixé à Toumodi.
IV. — Le cercle de FOuorodougou était divisé en deux cercles :
1° le cercle de Mankono, avec chef-lieu à Mankono et postes à Seguéla et à Mankono :
2° le cercle de Touha avec chef-lieu à Touba et postes à Touha, Danané et Diarapalé poste nouvellement créé dans la région de Man.
Y. — Le cercle annexe des Gouros et le cercle du Sassandra à l'exception du territoire du poste de Sassandra étaient réunis pour former le cercle militaire du Haut-Sassandra et du pays Gouro. Le chef-lieu était fixé à Daloa,
il faut que l'autorité locale dispose de moyens d'action suffisants pour les réduire, o
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Le IN décembre un arrêté local fixait les Limites de ces nouvelles circonscriptions administratives. Je profitais de cette réorganisation (1 1 pour supprimer un rouage administratif
(I ) L'organisation de ce cercle militaire a été prématurée, et il a fallu la reprendre plus complètement, deux ans plus lard, en fin 1910 ci premiers mois de 1911. Je m'explique nettement sur ce point au chapitre V du présenl litre : mais l'idée du cercle militaire n'en était pas moins, question d'opportunité ;i pari, irès heureuse el très justifiée. Seulement l'esl et le centre de la Colonie exigeaient encore, non pas en apparence, mais au
quasi autonome « la circonscription » interposée entre le cercle et le poste et qui ne répondait à aucune utilité. C'est ainsi, par exemple, que le cercle du Baoulé comprenait quatre circonscriptions : Toumodi, Tiassalé, Kouadiokofi et Bouaké, audessus des postes administratifs de Tiébissou, Ouossou, Béoumi et Bonzi. Il en résultait, même pour l'Administration de chacun des cercles, des complications, et dans une large mesure, l'absence de cette unité de vues qui, sur un môme territoire, est la première condition de la bonne marche du service. On avait dans la pratique, pour une même politique, autant de modes d'application dans un cercle qu'il y avait de chefs de circonscriptions.
Désormais les cercles ne furent plus divisés qu'en un certain nombre de postes administratifs tous étroitement subordonnés au Commandant de cercle (1).
En outre, après examen de la situation nouvelle créée par la réorganisation, et au fur et à mesure de la marche des événements, je donnai à certains postes un emplacement plus logique, et je décidai, pour des considérations d'ordre politique, militaire ou même économique, l'installation de nouveaux postes administratifs (2).
fond, trop d'efforts pour qu'on put disposer des troupes pour l'occupation du cercle militaire et, si f avais su, j'aurais probablement négligé complètement tout l'Ouest, le laissant comme terre réservée pour les efforts de l'avenir.
(1) Je n'ai pu suivre complètement, en matière de réorganisation, mes idées personnelles, obligé que j'étais de me conformer aux règles adoptées par le Gouvernement Général.
A mon avis, les appellations de « cercle » et de « postes » sont archaïques et inexactes. Une Colonie doit être divisée en « circonscriptions » et celles-ci sont à leur tour divisées en « subdivisions » administratives, dont les chefs sont subordonnés au Commandant de circonscription comme celui-ci l'est au Chef de la Colonie.
(2) C'est ainsi que je transférai à Agbovilte, gare importante du Chemin de fer au kilomètre 82, le poste d'Ery-Makouguié, placé sans motifs valables à G kilomètres de là; le poste d'iVdzopé que je créai, comme hase de notre action dans l'Allié ; ceux de Dimhokro, sur la voie ferrée au kilomètre 182, et de Bongouanou, plus central que Sahoua comme chef-lieu de cercle dans le N'Zi-Comoé ; celui de Fresco, centre d'une région riche en palmier à
\H) MÉTHODES ET HOTENS
Une nouvelle «'tape fut franchie dans les premiers mois de L910, el L'arrêté du 9 février 1910 qui la consacra procédait des mêmes idées directrices que La réorganisation précédente : distraire des régions insoumises, au fur et à mesure de leur mise» en mains, les régions paisibles ; comprendre dans une même circonscription les régions auxquelles devait être encore appliqué un régime exceptionnel.
La nouvelle réorganisation comportait les mesures suivantes :
I. — Le district de Touba, qui donnait toute satisfaction, était séparé du district de Mau, encore insuffisamment en mains; et réuni au district d'Odienné, également paisible et qu'on enlevait au Cercle de Koroko, il formait le cercle de Touba, avec cheflieu Touba et postes à Touba et Odienné.
IL — Le district de Pagouéhi, où d'assez graves incidents venaient de se produire, était séparé du cercle du Cavally pour tonner avec les districts encore insoumis de Man et de Danané, de l'ancien cercle de Touba, le cercle militaire du Haut-Cavally, avec chef-lieu à Man et postes à Danané, Man et Pagouéhi ; entre ces deux derniers postes subsistait une large bande du territoire presque complètement impénétrée.
Ce nouveau cercle comprenait en outre la portion du cercle actuel du llaul-Sassandra et pays Gouro comprise entre les limites présentes de ce cercle et du cercle du Cavally d'une part, et le fleuve Sassandra d'autre part, sur toute la hauteur du poste de Pagouéhi.
ML — Le cercle du Cavally diminué du territoire <lu poste de Pagouéhi formait le cercle du Bas-Cavally.
Enfin, durant cette même année 1910, diverses décisions
huile el hase d'action vers le Dida, dans le cercle de Labou ; ceux de N'avoua. Gaouzera, jalons de notre occupation définitive et bases d'aclion dans le cercle du Haut-Sassandra : celui d'Oumé, a) région caoulchoutifére, sorte d'annexé commercial <le Tiassalé el base d'action en pays gouro ; celai de Man, dans le cercle de Touba, marquant noire avance vers le Haul-Gavally;
• ••lui de Kong dans le cercle de Kong : celui de BoudougOU (appelé pins
lard Divo) créé le 31 janvier 1909 dans le cercle de Lahou.
apportèrent, pour des raisons politiques et économiques, dé Légères modifications (1).
Le renforcement des effectifs mis à la disposition de l'Administration locale et les progrès de la pacification qui en résultèrent, permirent, dans la fin de l'année 1910, trois mesures particulièrement importantes.
[. — Un arrêté du 30 octobre détachait du cercle militaire du Haut-Sassandra le district de Soubré, suffisamment en mains et le rattachait au cercle du Bas-Sassandra, qui, devenu de ce fait trop étendu, se voyait enlever le district de San-Pedro, rattaché au cercle du Bas-Cavally. De plus, le 6 décembre, le chef-lieu du cercle du Bas-Sassandra était transféré à Soubré, point central de cette circonscription situé dans les régions de pacification, qui venaient d'être détachées du cercle militaire du Haut- Sassandra, et ou la présence du Commandant de cercle pouvait être particulièrement utile.
II. — La constitution, en fait, d'un régiment à 8 compagnies et la réduction au cours de l'année 1910 des îlots rebelles du centre et de l'est, permettaient d'occuper solidement les deux cercles militaires du Haut-Cavally et du Haut-Sassandra. Il apparut qu'il y aurait tout avantage à concentrer, en un même cercle administratif, les deux cercles dont s'agit, et de le placer sous une même autorité — en l'espèce le Lieutenant-Colonel Commandant Militaire — relevant administrativement du Lieutenant-Gouverneur et recevant de lui des instructions politiques, des directions sur la marche de la pacification et les conditions de soumission à imposer aux rebelles. C'était en somme l'ex-
(1) Par arrêté du 0 janvier, le poste de Bonzi (Baoulé-Sud) était transféré à Yamoussoukrou, qui présentait un emplacement plus favorable à la vie des européens el plus avantageux au point de vue politique. Le 29 novembre, le poste d'Akakoumoékrou (.YZi-Comoé) était transféré à Duokrou, en pays Quelle, au cœur de la tribu des N'Daméfoués dont les chefs avaient une inlluence considérable dans la région. Enfin, le 3 décembre, le chef-lieu du cercle de N'Zi-Comoé était transféré de Rongouanou à Dimbokro, grand centre commercial sur la voie ferrée.