hommes cl 1 pièce d'artillerie
\±2 Ml rHODES ET MOYENS
sion coloniale, que de voir une colonie consacrer la plus grosse partie de ses ressources à sa propre conquête.
2° Ce principe allait à rencontre des vues et volontés du Parlement.
En effet, sur L'intervention de M. le député Le Hérissé à La séance «le la Chambre du 22 février 1910, le Ministre des Colonies déclara que le crédit du chapitre relatif aux troupes de Madagascar avail été, à titre d'indication, réduit de 1.000 francs et que cette réduction avait été opérée dans le but de rappeler les tirailleurs sénégalais afin de les mettre à la disposition du Gouverneur Général de l'Afrique Occidentale Française, qui aurait la facilité de les utiliser notamment pour renforcer les effectifs de La Côte d'Ivoire.
Ce principe du renforcement des effectifs étant adopté et le programme de pacification méthodique et progressive ayant été approuvé, le 3° régiment de Tirailleurs sénégalais fut créé, pour les besoins de la pacification de la Cote d'Ivoire, par des actes émanant du pouvoir central; et sa répartition sur les territoires à conquérir (région militaire de l'Ouest) fut minutieusement tixée par L'autorité militaire supérieure avec l'approbation du Gouverneur Général, dépositaire des pouvoirs de La République française, investi de pouvoirs militaires.
3° Le principe dont s'agit consacrait une véritable injustice.
roui' la police et sa sécurité intérieure, la Cote d'Ivoire supportait déjà en eilet des charges très lourdes car elle entretenait alors 1.200 gardes de cercle et \ brigades de Garde Indigène (1).
23 0/0 des crédits budgétaires étaient affectés aux dépenses
d'occupation, alors que dans les autres colonies du groupe, ces mêmes dépenses u'absorbent que de 8 h 14 0/0 du budget.
i" Enfin, ce principe violait la loi.
Car aux termes de l'article 127 § 2 dé la loi de Finances
du 13 juillet 1911, « aucune dépense ne peut être mise «à la charge d'un budget général ou local, en dehors des dépenses
inscrites dans ce budget, si ce n'est en vertu dune loi ».
(i b<- tableau ci-après présente la comparaison entre les charges de la
Les dépenses militaires proprement dites n'avaient jamais été inscrites au budget local de la Côte d'Ivoire, aucun acte législatif ne les lui avait imputées. Les dépenses de cette nature mises à la charge du budget local l'étaient donc en violation de la loi.
Pour sauvegarder les droits du budget local, j'avais émis des ordres de recettes contre le budget colonial ; ils se sont élevés un moment à près de 1.700.000 francs, et je les fis insérer aux « restes à recouvrer », sur les comptes définitifs des exercices 1910 et suivants. Si je n'en avais pas obtenu le remboursement, ils auraient attesté à jamais le préjudice subi par la Colonie, la violence qui lui avait été faite, l'illégalité dont elle avait souffert, l'inégalité de traitement qui lui avait été infligée.
Fort heureusement, le budget local trouva, dans M. l'Inspecteur Général des Colonies llheinhart, un défenseur militant et dans M. le Ministre Lebrun un arbitre équitable. « Les opérations poursuivies à la Côte d'Ivoire, voulut bien reconnaître le Département en août 1913, revêtent non pas le caractère d'opérations de police, mais celui de véritables opérations de guerre et de pacification et ne peuvent rester à la charge du budget
Cote d'Ivoire el celles correspondantes des autres Colonies du Groupe en
Côte d'Ivoire.
Guinée .
Dahomey
Haut-Sénégal cl Niger .
Sénégal .
Territoire mili
aclget de
Dépenses
pour Ja garde
de police
Dépenses
pour les
brigades
Totaux
12,6 0/0 8yl 0/0
12 I Ml rHODES ET MOYENS
Local. El après avoir tenté de mettre à la charge du budget général — qui lui aussi se défendit vigoureusement — les dépenses militaires mises indûmenth la charge du budget local, le Département décida <le laisser de côté les dépenses de 1908 et 1909, el d'atténuer les dépenses faites en 1910 et 1911, soit 1.026.950 par un versement de 52,3.729 fr. 01 prélevé sur les crédiN disponibles en lin des mêmes exercices.
Voilà donc ce qu'aura coûté à la métropole, sans augmentation des crédits budgétaires, la pacification de la Cote d'Ivoire : 523.729 IV. 61 !
<• La justice d'une cause, écrivais-je en mai 1913, est parfois Lente à apparaître, mais elle non finit pas moins par être reconnue, lorsqu'on apporte à sa défense suffisamment d'ardeur. Ce n'est pas également sans satisfaction que je vois apprécier mon attitude, dont on atteste aujourd'hui « l'admirable ténacité », d'une façon sensiblement différente qu'à l'époque où il me fallait lutter seul, sans appui contre les services administratifs militaires de toutes armes..,.. Pour goûter de semblables satisfactions, il suffit de durer... . et aussi de ressentir les bienfaits du passage de l'Inspection des Colonies 0
S 3. — Fortes de police.
Situation des forces de police en mai 1908. — Mesures prises pour leur amélioration : arrêté organique du 11 octobre 1 010. — Amélioration de lii situation matérielle des gardes : retraites, emplois. — Part prise par les gardes -cercles dans la pacification : tués, blessés, médaillés. — Rmploi de partisans et de volontaires. —Conclusions.
Pendant cette période (d'organisation) les troupes n'ont plus qu'un rôle de police qui passe bientôt à des troupes spéciales, milice et police proprement dite.
Les /ours pacifiées... sonl tenues et surveillées par des troupes régulières d'abord, puis quand le calme est bien rétabli par (te la milice.
Général Galliéni (Instructions «lu 2l> mai IS98).
La police militaire indigène est le véritable instrument du rétablissement de l'ordre.
(Lord Dufferin, vice-roi de l'Inde).
Rien n'est aussi compromettant, pour le conquérant, qu'une troupe composée d'éléments sans honneur. Les désordres et les vices des mauvais soldats font douter de la supériorité de lu nation conquérante; leurs excès entretiennent les haines et provoquent les vengeances suivies de nouvelles répressions.
(Jules ïïarmand, Renie Bleue des 1G et 23 juillet 1910).
La force de police locale, dénommée milice, qui avait rendu les plus grands services pour la pénétration du pays, se trouvait, à mon arrivée, dans une situation, non point mauvaise, mais défectueuse.
Cette situation tenait à plusieurs causes : la milice ne possédait pas de garanties suffisantes au point de vue de l'avancement et tel garde, qui avait rendu dans les centres et postes des services d'ordre personnel, prenait le pas sur un vieux broussard ; la discipline s'était relâchée, les gardes étaient trop livrés à eux-mêmes, leur instruction était insuffisante et beaucoup de gradés incapables de la donner. Enfin l'armement était défectueux : la mauvaise qualité des munitions avait enlevé aux gardes toute confiance en leurs armes (fusils et mousquetons du modèle 1871).
Il fallait rendre à cette force de police, dont nous allions avoir besoin, toutes ses qualités primitives ; en faire en un mot une troupe capable de rendre tous les services qu'on est en droit d'exiger d'elle aussi bien en temps normal qu'en cas de troubles et d'insurrection.
Etant données les circonstances, il était nécessaire que nous puissions, le cas échéant, constituer, avec la garde de police, 1° des détachements mobiles capables d'exécuter, sous le commandement d'officiers, ou d'administrateurs anciens officiers, des tournées de police, 2° des détachements autonomes pouvant occuper des secteurs déterminés, 3° des détachements pouvant
126 Mil NOMS ET MOI i NS
renforcer, lors d'opérations de [dus grande envergure, les effectifs insuffisants des troupes régulières.
Pour arriver à ce résultat, il était indispensable de prendre toute une série de mesures en vue de relever le moral des gardes, de leur imposer une discipline sérieuse, de leur donner une bonne instruction militaire de leur assurer un habillement convenable el un bon armement.
Tout d'abord, par circulaire du 30 juin 1908, je rappelai aux administrateurs toute l'importance du concours que la garde de police était appelée à leur donner dans l'exercice d'une de leurs plus délicates fonctions : le maintien de la sécurité et de Tordre public : et je leur indiquais les moyens les plus propres à atteindre ee Itiil 1).
(I) « De ce rôle découle loul naturellement la nécessité de donner à cette force locale le maximum de valeur, en l'amenant à un état d'entraînement qui en permette l'utilisation permanente. Je crois donc devoir vous signaler l'obligation qui vous incombe de veiller à ce que son ins- Iruclion militaire ne soit pas négligée et vous indiquer quelques-uns des moyens qui me paraissent les plus propres à atteindre ce but.
Ces moyens consislenl à améliorer la tenue et l'altitude des gardes en général peu satisfaisantes ; à leur donner en un mol conscience de ce qu'ils sont réellement; à se préoccuper de leur instruction professionnelle. Celle-ci doil cire assurée, entretenue, perfectionnée par des exercices judicieusemenl répartis et suivant un tableau de service. Il faut encore faire exécuter chaque année aux gardes des tirs d'instruction. Ces mesures sont d'autant plus indispensables (pie la situation de la Gèle d'Ivoire, coloii ie qui compte peu d'anciens tirailleurs parce qu'elle n'a pas encore con- Iribué au recrutement des troupes noires, ne nous permet pas de n'engager, dans notre force de police, <pie d'anciens soldais recrutés sur place, pénétrés de l'esprit de discipline, pourvus du certificat de bonne conduite el possédai! I des notions appréciables de la langue française, comme cela se pratique dans les autres colonies de l'Afrique Occidentale française
Pour remédier a ce grave inconvénienUj'ai constitué, à la brigade-dépôl de Bingerville, un cadre d'instructeurs composé d'un adjudant et d'un scrgenl européen des troupes coloniales. Ce personnel est placé sous l'autorité el la surveillance immédiates de l'officiel' détaché au Bureau militaire,
Puis, je soumettais, le 11 octobre 1910, à la signature du Gouverneur Général, l'arrêté qui consacrait toutes ces mesures et organisait, sur des bases définitives, notre force de police locale (1).
Cet acte réorganisant les gardes de cercle, en faisait une force de police digne de ce nom et apte à remplir son rôle.
de celle façon je puis envoyer désormais clans les cercles des soldais présentant déjà toutes les garanties nécessaires; il est de plus possible de compléter ainsi l'instruction des hommes de l'intérieur qui laisse à désirer au point de vue de la discipline. Enfin c'est le moyen d'associer à notre œuvre tous les bons éléments du pays et de les faire participer ainsi, suivant leurs aptitudes, aux charges diverses que nous nous imposions.
Je confère aux administrateurs, pour faciliter leur tache et la simplifier, des pouvoirs plus étendus en matière disciplinaire, et leur donne la faculté de réprimer immédiatement les actes d'insubordination, les manquements à la règle en prononçant des peines en rapport avec les fautes commises. Mais j'insiste sur ce point que ce n'est pas par la crainte qu'il faut inculquer aux gardes les qualités que nous sommes en droit d'exiger d'eux. Le temps de service qu'ils accomplissent doit être aussi une période d'instruction morale.
(I) Les gardes-cercles constituaient une force de police relevant de l'autorité du Lieutenant-Gouverneur. Leur elfeclif était fixé chaque année en Conseil d'Administration, lors de l'établissement du budget Les crédits nécessaires à l'entretien des gardes de cercle étaient inscrits au budget local.
Les gardes-cercles étaient répartis en peloton, par cercle ; l'ensemble des pelotons était placé sous la surveillance de l'officier hors cadres (c'est aujourd'hui un administrateur des colonies) chef du Bureau militaire du gouvernement ; les administrateurs des cercles avaient le commandement et assuraient l'administration des pelotons stationnés dans leur cercle. Ils veillaient à leur instruction et à leur entraînement militaire et adressaient au Lieutenant-Gouverneur les propositions pour l'avancement,
Au chef-lieu de la colonie était constitué un pelolon-dépôl destiné :
1° A former les recrues et compléter l'instruction militaire des gardes jugés insuffisamment instruits ;
2J A former des cadres (brigadiers -chefs et brigadiers).
Ce peloton était placé sous les ordres directs du Lieutenant d'Infanterie Coloniale hors cadres adjoint au chef du Bureau militaire, secondé par un ou plusieurs sous officiers d'Infanterie Coloniale hors cadres et, si besoin était par un certain nombre de sergents indigènes hors cadres détachés des brigades indigènes. Un sous -officier comptable tenait la matricule des
128 Ml THODES 11 MOYENS
\ partir de la mise en vigueur de cet arrêté, la garde de police recul des effets d'habillement et d'équipement à dates
gardes, les contrôles du personnel et gérait le magasin d'habillement, d'équipement, d'armement et des munitions.
Il «'tait uV plus institué un conseil d'administration des gardes-cercles pour examiner et régler l'emploi des crédits affectés au chapitre Police (matériel) du budgel de la Colonie et pour examiner éventuellement les questions d'ordre général qui pouvaient se présenter.
L'arrêté du M octobre tîllO fixait encore la hiérarchie, les conditions de recrutement et d'avancement,
La proportion maxima des gardes de chaque classé était déterminée. Les engagements ne pouvaient être contractés qu'au peloton-dépot de Bingerville el il»- se taisaient qu'à la 4° classe, saut' pour les anciens gradés et tirailleurs des régiments sénégalais el des brigades indigènes. Tout gardecercle nouvellement incorporé, à l'exception des anciens tirailleurs ayant quitté le service depuis moins de six mois, devait accomplir un stage d'au moins trois mois à la brigade-dépôt pour y recevoir une instruction militaire complète avanl d'être envoyé dans un cercle. Les rengagements é taie ni acceptés par le Lieutenant-Gouverneur soit pour la classe et le grade auxquels appartenait l'intéressé, soit pour une classe ou un grade inférieur. Cette règle restait applicable en cas d'interruption de services. L'avancement avait lieu exclusivement au choix, après un maximum de deux ans de service effectif dans le grade ou la classe inférieure, sauf pour faits de guerre. Les nominations étaient prononcées par le Lieutenant-Gouverneur, d'après le tableau d'avancement établi sur la proposition d'une commission de classement qui se réunissait le .'{0 juin et le 31 décembre de chaque année. Les candidats au gracie de brigadier ne pouvaient, en principe, être nommés à ce grade qu'après avoir été reconnus aptes à en remplir les fonctions par une commission réunie à cet effet au chef-lieu de la colonie. Les candidats étaienl astreints, s'il y avait lieu, à suivre la seclion d'instruction du peloton-dépôt.
Cel acte réglail encore :
La solde des gardes ainsi que I»' taux d'une indemnité journalière de vivres fixée, pour chaque région, en tenant compte des difficultés de ravitaillement el des circonstances particulières qui pouvaienl se présenter ;
L'uniforme des gardes, les effets qu'ils recevaienl el leur durée, L'armeiieiii "i les munitions.
Les punitions des gardes el les limites dans lesquelles ces punitions pouvaienl être infligées par chacun des fonctionnaires sous les ordres desquels les gardes étaienl placés étaienl également an-étés, ainsi que les récompenses el les permissions qu'ils pouvaient obtenir.
Les gardes licenciés pour inaptitude physique, si les infirmités avaient
fixes. Leur tenue ne laisse rien à désirer et leur uniforme leur donne l'allure que nous devons exiger de nos auxiliaires.
Enfin l'armement, si défectueux par suite surtout du mauvais état des munitions — car le fusil et le mousqueton gras sont d'excellentes armes aux mains des indigènes en raison de leur robustesse — fut remplacé par des mousquetons à chargeurs modèle 1892 dont les munitions sont parfaites.
I.a force de police était organisée et sa valeur s'accentuait chaque jour. Il fallait songer à améliorer la situation matérielle de nos gardes, en leur allouant des indemnités de route et de séjour (1) et en leur accordant des pensions de retraite (2).
été contractées dans le service, recevaient des secours ne dépassant pas 100 francs, sur le vu d'un certificat médical établissant l'origine de l'infirmité. Ce secours pouvait être renouvelé annuellement.
L'arrête fixait les règles d'administration et de comptabilité qui devaient être suivies et prévoyait, enfin, que pour assurer la police et la garde de certaines exploitations d'utilité publique, telles que wharf, port, chemins de 1er, des gardes de cercle pouvaient être mis hors cadres à la disposition des directeurs de ces entreprises. Dans ce cas la solde, l'indemnité de vivres et l'habillement de ces gardes étaient à la charge des budgets respectifs de ces différents services.
(1) A la date du l01' avril 1911, un arrêté local fixait, pour le personnel indigène — dont les gardes — les droits au transport lorsqu'ils voyageaient, pour eux, leur famille et leurs bagages, dans des conditions déterminées, dans l'intérieur de la colonie ou entre les colonies du groupe, ainsi que les indemnités de route et de séjour auxquelles ils pouvaient prétendre pendant ces déplacements.
(2) Le 17 juillet 1911, le Gouverneur Général prenait, sur ma proposition, un arrêté de la plus haute importance pour les gardes des forces de police locale. Cet acte fixait les pensions de retraite et gratifications de réforme des gardes de cercle de la Côte d'Ivoire. Cet arrêté était rendu applicable à toutes les colonies de l'Afrique occidentale le 25 novembre
Il pouvait être alloué aux gardes de cercle de la Colonie : 1° Des pensions proportionnelles; 2° Des pensions de retraite pour ancienneté de services ; 3° Des pensions pour cause de blessures et infirmités ; 4° Des gratifications de réforme.
Les pensions et les gratifications étaient accordées aux intéressés sur les fonds des budgets locaux des différentes colonies du groupe, soit sur leur
130 mi munis et moyens
Enfin tmif récemment — octobre 1914 — je fixais par arrêté les emplois qui devaient être réservés aux gardes-cercles retraités. Ces emplois étaient de deux catégories :
I Ceux réservés aux anciens brigadiers chefs et brigadiers — les plus honorifiques et rétribués de façon telle que la solde cumulée avec la retraite donne un total annuel de (300 francs.
*2" deux réservés aux anciens gardes accordant au titulaire une solde annuelle de i80 francs, retraite comprise.
L'ensemble de ces mesures a permis de transformer la milice de 1908, qui ne comprenait que 855 hommes, en une véritable I roupe. forte de 1.300 hommes, et qui, en maintes circonstances, a prouvé qu'elle était apte à jouer le rôle qui lui était dévolu aussi bien en temps normal qu'en cas de troubles et d'insurrection.
En temps normal, elle assure :
1° Le service de la police urbaine et rurale ;
*2" La transmission des ordres des administrateurs et chefs de poste :
demande, suit d'office, lorsqu'ils remplissaient les conditions nécessaires.
L<' droit à la pension proportionnelle était acquis par quinze années de service effectif, dont cinq années consécutives en dernier lieu en cas d'inlerruption de service.
Le droit à la pension à litre d'ancienneté de service était acquis par vingl années de service effectif.
Le droit ;i la pension de retraite pour blessures ou infirmités était acquis -.mis condition d'ancienneté de services, sous réserve que :
I " Les blessures ou infirmités aient été contractées dans le service;
- Biles aient été reconnues incurables :
3° Elles aienl atteint un degré déterminé!
La gratification de réforme était concédée aux gardes-cercles pour les blessures ou infirmités contractées au service qui, lout en ne remplissant pas les conditions pour ouvrir le droit à la pension de réforme, étaient cependant de nature à réduire d'une façon appréciable leurs facultés de travail. Bile était renouvelable ou permanente et le taux en était fixé selon ivité ou l'infirmité.
ËFFËCTIVS .MILITAIRES
3° Les escortes ;
4° La garde des convois
Le taux des pensions el le taux des gratifications de réforme étaient fixés de la façon suivante :
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Ces droits ainsi fixés, je prescrivis de faire établir pour chaque garde, à la date du 1er janvier 1012, les services donnant droit à pension, accomplis dans les différentes colonies de l'Afrique occidentale française. Le tableau de ces services était inséré au Journal officiel de la Colonie à la date du 5 avril 1012.
Je prescrivais en même temps au\ commandants de cercle de donner la plus grande publicité à cet acte, appelé à transformer la situation de nos gardes de cercle et à montrer aux populations indigènes la façon dont nous récompensions leurs services.
Ce droit à pension me permettait encore d'améliorer la valeur de la force de police en rajeunissant les cadres En effet, de vieux brigadiers, serviteurs dévoués et d'une loyauté parfaite mais trop âgés, étaient con-
\,\2 Ml I BODI S II MOI I n^
5° La garde des prisonniers :
ii" La surveillance des travaux de route.
Leur instruction el Leur discipline sont très satisfaisantes .1 lors <le la mobilisation el depuis le début des hostilités, on ;i pu maintenir, grâceà notre force de police, une tranquillité absolue.
Pendant la pacification, de 1908 à 1915, la garde de police a pris part a des colonnes, accompli des tournées de police, effectué des escortes de convois cl de courriers dans des conditions périlleuses et la simple énumération de ces opérations, m indiquant l'effectif et les pertes des gardes qui y ont participe, montre la valeur de Leur action (1).
serves par pitié ; on ne pouvait décemment jeter après vingt-cinq années do service de pareils soldais sans assurer leur vieillesse, la création d'une retraite permettait de les renvoyer chez eux avec une situation raisonnable. Leur dépari assurait de plus un avancement normal qui mettait un terme an découragement ressenti par les gardes jeunes, actifs et très méritants dont nous ne pouvions faire des gradés par suite de la présence des vieux brigadiers el brigadiers-chefs. Grâce à la retraite, le corps des gardes de cercle pouvait ainsi être débarrassé des non-valeurs ; des places de gradés devenaient disponibles, l'avancement s'améliorait pour tous les échelons de la hiérarchie et le recrutement devenait plus facile.
(I) I. — Opérations militaires auxquelles les gardes oui pris pari en coopération avec les troupes régulières:
1908. Colonne des Wata (Capitaine Marx), 35 gardes, 3 blessés,
— Répression des Ayaous (Capitaine Poussai, lieutenant Bel), 44 gar-
des, 1 lue, 12 Messes.
— Tournée de police en pays Gouro (Commandant lîelselère), («api-
laine Schiller), 50 gardes, 3 tués, \) blessés. Opérations dans le Sassandra, II» gardes, 3 blessés. IU0U. Tournée de police en pays Gouro (Commandant Betselère (39 gardes, I tué, (') blesses.
Tournée de police en pays Gouro (Commandant Betselère et Capitaine Schiffer), 27 gardes, 3 blesses.
Colonne de répression de la tribu Àkoué (Lieutenant Kaufman),
15 gardes, - blessés.
< opérations contre ( >srou, 10 gardes. 1910. Colonie des \bbe\s. 80 gardes, 14 blessés.
dépression en pays Vbbey, '.ut gardes. \ blesses.
Le plus bel éloge ([ne L'on puisse faire de leur valeur c'est que plus de six cents gardes ont reçu la médaille coloniale.
1901. Colonne en pays Saléfoné, 18 gardes. 5 blessés.
— Opérations en pays Akoué, Agba el Kodé, 20 gardes, 2 blessés.
— Opérations dans le Yobéri (pays Dida, Capitaine Lalubin), 15 gar-
des, i blessés.
Durant cette période, 448 gardes avaient pris part aux opérations militaires. Cet effectif comptait 5 tués et 54 blessés.
II. — Tournée de police et opérations militaires mais sans coopération avec les troupes régulières :
1908. Escorte de l'administrateur Simon (Commandant le cercle du
Baoulé-Sud) bloquée par les Akoués, 18 gardes, 3 tués, 3 blessés,
— Tournée de police de l'administrateur Terrasson en pays dida,
15 gardes.
1909. Tournée de police en pays dida (l'Administrateur Terrasson),
25 gardes.
— Répression des Attiés (Lieutenant Boudet), 70 gardes, 11 blessés.
— Défense du poste de Bonzi bloqué par les Akoués, 25 gardes,
3 blessés.
— Tournée de police en pays Akoué (Lieutenant Bouët), 28 gardes,
2 blessés.
— Opération de répression en pays Abidji Abbey (Lieutenant
Boudet), 22 gardes, 5 blessés.
— Opération de répression en pays Allié (Lieutenant Boudet), 32 gar-
des. 4 blessés.
— Tournée en pays Yobéri (Administrateur Lehaye et Adjoint des
Affaires Indigènes de Yillers),27 gardes, 2 blessés.
— Défense du poste de Pagouélii (Bas-Cavally), 10 gardes, 2 lues,
2 blessés.
— Tournée de police chez les Kroubés (Adjoint des Affaires Indi-
gènes Sargenton), 20 gardes, 1 blessé.
— Tournée de police chez les Ayaous, 40 gardes, 5 blessés.
1910. Attaque du poste d'Adzopé, 25 gardes, 3 blessés.
— Défense du poste d'Agboville, 30 gardes, 2 blessés.
— Escorte du Gouverneur lors de l'attaque du train par les Abbeys,
20 gardes, 1 tué, 1 blessé.
— Prise de Daoukrou (administrateur Cornet), 35 gardes.
— Tournée en pays Nanafoué, 30 gardes.
— dans la région d'Oumé, 25 gardes.
— — en pays Oouro et Bété, 00 gardes.
— dans le Sassandra, 50 gardes, 1 blessé.
— — de police contre les Yabas :
Au cours des diverses colonnes et actions de guerre qui ont amené La conquête et la pacification de 1a colonie, l'emploi des partisans e\ des volontaires fut tenté.
Très vite je dus interdire l'emploi des partisans qui, en raison des haines de races — si vivace en Côte d'Ivoire où, avant notre arrivée, les tribus, voire même les villages étaient en guerre perpétuelle — commettaient les pires abus : tuant pour piller, tuant par vengeance, emmenant des prisonniers pour en faire leurs captifs.
Les volontaires, composés d'ouvriers du chemin de fer, nous rendirent par contre des services en protégeant la voie ferrée, au moment des troubles de 1910, en prenant même part à des opérations. De même, en 1909, lors de la délivrance du poste de Bonzi bloqué par les Akoués, le détachement chargé de cette opération comprenait un groupe de dioulas volontaires qui firent le coup de feu vaillamment aux cotés de nos gardes.
De tout ce qui précède j'ai le droit de conclure que la force de police locale de la Côte d'Ivoire possède aujourd'hui une réelle valeur militaire, qu'elle a prouvée eu contribuant pour une Large pari à la pacification du pays. Sans son concours, celle-ci n'aurait pu s'accomplir aussi rapidement.
1910. Premier engagem en I deSakré, .'W gardes, 9 blessés. — Deuxième engagement de Sakré, 20 gardes, 1 tué, 3 blessés. Engagement contre les Kroubés, 10 gardes, 1 tué, 2 blessés. Tournées en pays Bété, 20 gardes, 2 blessés. Escorte d'un courrier entre Pagouéhi et Patokla, 5 gardes,
I tué 3 blessés.
Attaque et défense d'un convoi entre Pagouéhi et Patokla, 28 gardes, 1 Lue, 2 blessés
Sur un effectif de 750 gardes employés à ces opérations, 7 ont été lues et 63 blessés,