‹ La Pacification de La Cote d'Ivoire 1908-1915; méthodes et résultatsChapitre 18 sur 33 · CHAPITRE IV L'action militaire · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV L'action militaire

§ 1. — L'emploi de la force el ses modalités.

L/action pratiquée de mai 1908 à septembre 1909 fut imposée par la situation trouvée à mon arrivée ; il fallait avancer sous peine de reculer. — Celle période ne fut pas perdue pour la pacification ; on put mesurer à fond le péril, parer au plus pressé, expérimenter les nouvelles métbodes. — L'action vive (septembre 1909 à avril 1911) : opérations militaires ; leur justification, leurs méthodes, leur efficacité. — L'action lente, progressive, dite delà tache d'huile ; ses modalités d'application : dans la Région militaire, dans le Dida. — Mesures d'exécution. — Rôle du Commandant Militaire. — Délégation de pouvoirs consentis au Commandant Militaire. — Unité de direction. — Modifications successives du plan primitif.

« Le meilleur moyen, pour arriver à la pacification, est d'employer Faction combinée de la politique et de la force.

L'action vive est l'exception : c'est l'action des colonnes militaires. Elle ne doit être mise en œuvre que contre des objectifs bien déterminés, où il y a à faire œuvre de force, la force étant la caractéristique des colonnes; leur durée, à moins de cas de force majeure, ne doit pas dépasser trois mois; au delà les troupes s'épuisent, les effectifs fondent.

Les colonnes, je le répète, doivent être employées seulement contre des rassemblements nombreux et dangereux, fortifiés dans des repaires, forêts, cirques, d'où ils menacent la sécurité des régions environnantes, empêchent la

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soumission et l'obéissance des populations hésitantes.

Mais la méthode la plus féconde, celle qui a déjà l'ail ses preuves au Soudan, au Tonkin, à Madagascar même, e'estla méthode progressive: c'est celle de la lâche d'huile. On ne gagne du lerrain en avant qu'après avoir complètement organisé celui qui est en arrière. Ce sont les indigènes insoumis de la veille qui nous aident, qui nous servent à gagner les insoumis du lendemain. On marche à coup sûr, et le dernier poste occupé devient, toul d'abord, l'observatoire d'où le Commandant de cercle, de secteur examine la situation, cherche à entrer en relation avec les éléments qu'il a devant lui en utilisant ceux qu'il vient de soumettre, détermine de nouveaux points à occuper, el prépare en un mot un nouveau progrès en avant. Cette méthode ne manque jamais. C'est elle qui ménage le plus le pays et les habitants et prépare le mieux la mise sous notre influence de ces nouveaux territoires.

Tout mouvement de troupes en avant doit avoir pour sanction l'occupation effective du terrain conquis. C'est un principe absolu.

Général Galliéni (Instructions du 22 mai 1898).

Ce qui importait, en effet, el c'était la raison même de la création du commandement du Sud, c'était d'empêcher la pénétration de se poursuivre sur tous les points à la l'ois, avec des moyens souvent insuffisants, au risque d'échecs qui nous auraient engagés malgré nous • en obligeant à y remédier sur-le-champ, el de subordonner l'action de chaque cercle à un programme d'ensemble pour i on i le Sud, programme qu'il fallait loui d'abord étudier el préparer sur place. Le plan d'action une l'ois adopté, le besogne s'engagerait sur un seul point à la l'ois, où il serait alors possible de porter loul l'effort, en prèle

\ani. s'il était nécessaire, sur les effectifs de régions momentanément réservées,

el en ouvrant successivement de non

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veaux chapitres qu'après avoir complètement terminé les précédents,

(Général Lyautey, Pacification du Sud de Madagascar).

Des esprits chagrins — j'en ai rencontré quelquefois, surtout au cours de ces sept dernières années — s'étonneront peut-être qu'un « civil » ait l'audace d'étudier ici la guerre coloniale, dans les applications qu'elle reçut à la Côte d'Ivoire.

Mais, ainsi que l'écrivait très judicieusement, dans les articles de la Revue bleue déjà cités, un colonial éminent, écrivain courageux autant qu'homme d'action, « en raison de l'immense supériorité de nos connaissances, de nos armes et de notre discipline, de nos facultés administratives et financières, l'étude de la guerre coloniale est d'ordre autant politique que militaire. La stratégie, la tactique même n'y jouent que rarement le rôle le plus important. »

On voudra donc bien me pardonner d'avoir abordé ici, quoique « civil », un sujet que je n'ai point étudié seulement dans les livres, mais que les hasards de l'existence, l'impulsion que j'ai donnée à l'action militaire, les directives d'ensemble que j'ai dû tracer, l'appréciation qui m'incombait, de l'ordre, de l'urgence, des buts et des résultats des opérations, m'ont rendu familier et sur lequel, dans tous les cas, il m'a été donné de réfléchir sans cesse avant de prendre des décisions.

L'intérêt de cette étude n'est pas seulemeut rétrospectif. Certes, l'ère des conquêtes coloniales est close. Les frontières de nos possessions d'outre-mer sont tracées, arrêtées définitivement. Mais dans l'intérieur de ces frontières, est-ce que notre tâche de conquérants est achevée? N'existe-t-il pas encore des colonies que nous ne possédons surtout qu'au regard des puissances étrangères et où les populations indigènes contestent notre autorité? où celle-ci est précaire, limitée dans ses exigences comme dans l'étendue territoriale?

Enfin, même dans les colonies de domination les plus complètement pacifiées, en apparence, — partout où le désarmement, notamment, n'a pas été effectué — nous sommes actuellement, et nous resterons pendant longtemps encore, des

étrangers, des maîtres. « Notre ennemi, c'est notre maître, disait déjà le fabuliste ». Et si on ne nous le dit pas en bon français, on Le pense et on le murmure dans presque tous Les dialectes d'Afrique et même d'ailleurs.

Certes, nous avons apporté dans ees colonies le bien-être cl le progrès matériel et moral ; et c'est parce que nous en avons conscience que nous pouvons et devons nous y maintenir; mais la preuve de cette supériorité matérielle autant que morale, nous devons pouvoir l'administrer constamment. (>r la force militaire est et restera, avec la justice de notre administration, le soutien le plus solide de notre domination. Le conquérant doit toujours se tenir prêt à reconquérir le pays qui tenterait de lui échapper, contre les perturbateurs de L'intérieur, aussi bien que contre l'envahisseur de l'extérieur.

11 n'est donc pas indifférent, on le voit, d'étudier quelles furent, à la (V>le d'Ivoire, les modalités de l'emploi de la force et les svstèmes d'action militaire.

L'une des critiques dont on essaya d'accabler mon administration, lorsqu'en 1910, des événements graves — que j'avais prévus, ainsi qu'en t'ait foi ma lettre du l'i février 1909, citée au chapitre II du présent titre — semblèrent me donner tort, est celle qui me reproche d'être allé trop vite, d'avoir entamé la pénétration et la pacification partout a la lois.

Ceci revient a dire, en premier lien, que je me serais aventuré dans des régions nouvelles au Lieu de pacitier, tout d'abord, complètement, celles qui, depuis plus ou moins Longtemps, se trouvaient placées sous notre influence, sinon sous lettre autorité.

<>r, je ne me suis point engagé dans une seule partie de la • 'dénie où nous n'ayons, avant ma venue, soit fait une reconnaissance, soit cv^r des postes, soit procédé à une première organisation et, dans tous les cas, engagé (Tune manière quelconque noire prestige, nos intérêts ou des existences.

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Voyons plutôt les faits.

Le 24 avril 1908, la Côte d'Ivoire était divisée en quatorze cercles. Cette répartition administrative date de l'arrêté du Gouverneur Général du 31 décembre 1907, consécutif à des arrêtés antérieurs des 21 mars 1907, 5 octobre et 18 mars 1905, 12 juin 1903.

Ce même texte du 31 décembre 1907 fixait à 51 le nombre des postes administratifs.

Toute la Côte d'Ivoire était désormais partagée en circonscriptions, que viendront seulement modifier dans leur étendue des arrêtés subséquents.

Sans m'arrêter aux régions complètement pacifiées à mon arrivée, je constate que les parties de la colonie où des troubles avaient éclaté dès 1908 et 1910, où des interventions militaires s'étaient imposées, étaient, à peu de ebose près, pourvues, par l'arrêté du 31 décembre 1907, de leurs postes actuels.

Ces régions étaient :

Le cercle du Haut-Cavally, avec postes à Mari, Danané et Pagouéhi.

Le cercle du Haut-Sassandra et pays gouro avec postes à Daloa, Issia, Soubré, Bouaflé, Sinfra, Oumé, Vavoua, Zuénonla.

Le cercle du Baoulé-Nord, avec postes à Bouaké, M'Babiakro, Béoumi, Sakasso, Tiébissou, Kouadiokofi.

Le cercle du Baoulé-Sud, avec postes à Toumodi, Bonzi, Ouossou, ïiassalé.

Le cercle de Labou, avec postes a Grand-Lahou, Fresco, Bouda u g ou.

Le cercle des Lagunes, avec postes à Bingerville, Abidjan, Alépé, Toupa, Dabou, Agboville, Adzopé.

Le cercle du N'Zi-Comoé, avec postes à Bongouanou, D/mbûkro, Akakoumoékrou .

Les noms en italique représentent les postes que j'avais créés.

Mais l'on remarque la particularité suivante :

L'arrêté local, du 18 décembre 1908, consécutif à l'arrêté de réorganisation du Gouverneur Général, pris le 14 décembre 1908, pour diviser certains cercles trop vastes, tels le cercle du

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Ouorodougou, qui forma les cercles de Mankono et de Touba ; Le cercle du Baoulé, qui fui partagé en Baoulé-Nord et Baoulé- Sud : le cercle du Sassandra et 1»' cercle-annexe des gouros, (jui devinrent le cercle du Haut-Sassandra et du pays gouro, cet arrêté «lu 1S décembre supprima un certain nombre de postes ] r les remplacer par d'autres.

Ainsi, Ery- Makouguié fut transfère à Agboville, distant de ."> kilomètres, station importante du chemin de fer, au nœud de deux routes projetées vers Tiassalé à l'Ouest et Zaranou à l'Est.

Sahoua, pour des motifs sanitaires et politiques, fut transporté à une étape vers le Nord-Est et devint Bongouanou.

Le poste d'Aoussoukrou, détruit par la foudre et mal placé, l'ut ramené à Dimbokro, à une journée au Sud, de façon à être placé sur la voie terrée et sur les routes de Toumodi et de Bondoukou.

La création de Man avait été, dès 1907, prévue au projet de budget de 1008 et le futur chef de ce poste désigné à l'avance par monprédécesseur.

Il restait, comme postes de fondation nouvelle : Oumé, Vavoua, Zuénoula, Boudougou etAdzopé, soit 5 postes sur 34 que comptaient les sept cercles ci-dessus.

Or, Oumé avait été créé pour jalonner la route de Tiassalé à Sinfra, à travers le bas pays gouro, dans une région nettement hostile que traverse la route de ravitaillement par laquelle, la plupart du temps, purent uniquement circuler les convois et détachements à destination du Haut-Sassandra.

Vavoua el Zuénoula, qui appartenaient aussi à cet immense territoire dont quelques faibles parties seulement étaient alors connues el dont la pénétration était à faire en entier, avaient été installés pour recevoir chacun une demi-compagnie el renforcer les effectifs alors dérisoires du cercle. Vavoua se trouve sur la roule de Seguéla à Daloa, en plein pays los, c'est-à-dire dans une région dont la moindre effervescence, lr<>|> fréquente, privail ce dernier poste de toutes relations avec le nord, d'où pouvaient, en cas d'attaques semblables à celles de 1906 et 1907, lui venir les uniques secours possibles, De même Zuénoula

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gardait les routes Mankono-Bouaflé et Bouaké-Daloa, sans cesse coupées et suc la première desquelles fut assassiné le capitaine Caveiig.

Boudougou avait pour mission de marquer notce premier établissement dans le pays dida, qui, à part l'infime bande serrée entre la lagune et la mer, constituait la totalité, jusqu'alors inconnue, du cercle de Lahou.

Adzopé avait été créé pour nous asseoir dans le pays attié qui, à proximité du chef-lieu de la colonie, était, par sa situation politique, une menace ancienne et constante. Il surveillait aussi l'importante route commerciale Agboville-Zaranou.

Si, maintenant, on consulte l'histoire de la Cote d'Ivoire, on constate que nous étions dans le Baoulé depuis 1893, époque à laquelle le capitaine Marchand occupa si brillamment Tiassalé, Singrobo, Ouossou, Touinodi, Kouadiokofi. La même histoire accuse la pénétration du Haut-Sassandra en 1903, du Mango (cercle du N'Zi-Comoé actuel) en 1904, du pays agba en 1905, du Haut-Gavally en 1906, du pays gouro en 1907 ; elle fait connaître en (in (pie l'exploration du pays dida, faite par l'administrateur Terrasson de Fougères en 1908, avait été précédée, un an avant, d'une reconnaissance de l'administrateur Guigna rd.

Ainsi, il n'était pas une des régions de la forêt dans laquelle, préalablement au 25 avril 1908, nous ne nous soyons introduits, ainsi qu'en font foi, également, l'historique des faits et l'organisation administrative antérieure à la date ci-dessus. Partout nous possédions, dans ces régions, des postes, au nombre de 29, nombre que je portai à 34, en deux ans et demi, non pas pour marquer une marche en avant inexistante, mais pour garantir la durée des résultats acquis, garder des routes et éviter d'avoir à faire recommencer du tout au tout les efforts passés. J'avais donc, en 1908, comme premier et impérieux dev )ir, de ne pas perdre de terrain, de maintenir ce qui existait au moment où, après quinze années de luttes réelles bien (pie laissées dans l'ombre, notre faiblesse éclatait à la fois partout où nous nous étions engagés antérieurement.

Le récit des faits, donné dans le premier titre de cette étude,

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>l cloquent, en ce qui concerne L'état d'esprit des tribus de la forêt. J'y renvoie donc Le lecteur pour lui permettre de se convaincre qu'en 1908, noire situation était précaire et marquait, partout, un stationnement significatif.

Mais, du momentque nous avions des postes dans des régions complètement hostiles ou douteuses, des incidents journaliers s'y produisaient inévitablement. Le seul fait que l'existence de ( es postes entraînait des mouvements d'Européens et de troupes, des circulations de convois et de courriers, provoquait des difficultés. En veut-on quelques preuves?

En juin 1908, une escorte de tirailleurs portant des plis de Daloa à Issia est attaquée eu cours de route.

En juillet, l'administrateur Lamblin et le commis Gourgas, en tournée dans l'Attié, y reçoivent un accueil tel qu'il faut leurs qualités de calme et de pondération pour éviter des incidents fâcheux.

En août. L'administrateur Vallon est menacé de mort clans le N'Zi-Gomoé, tandis qu'il visite des villages agnis ; il sort heureusement de ce mauvais pas à force d'habileté.

En septembre, dans le même cercle, l'administrateur liostains doit user (Tune patience à toute épreuve, d'une longanimité pare, pour ne pas répondre par la force aux actes d'hostilité et aux provocations qui le poursuivent jusqu'au chef-lieu de sa circonscription.

A la même époque, les .Kodés du Baoulé Nord exigent, par leur insolence, menaçante pour le poste de Béoumi, une démonstration militaire.

En n<>\ embre, l'administrateur Simon eu tournée dans le pays mcmlé, an sud de la région des Gouros, est assailli traîtreusement en sortant d'un village ; son convoi, séparé de lui, est pillé, le garde de police qui le surveille tué.

Les Diolas attaquent et assiègent le poste de Man, que le capitaine Laurent sauve a force d'énergie.

.1 en passe. Mais je pourrais fournir la liste édifiante des attentats, insultes, menaces, que nos représentants ont du subir, avant l'époque où je me décide à une action vive, à la tin de

Jusque-là, sauf une tournée de police effectuée dans le N'Zi- Gomoé pour éviter des événements malheureux, la douceur et la patience avaient été de rigueur. Sur tous les points les indigènes y avaient répondu par une recrudescence d'audace et d'hostilité.

11 n'y a donc même pas eu la possibilité de choisir un moment opportun pour agir dans telle ou telle région. La tension subie, fruit dune longue inaction forcée, était telle que, sans une réaction prompte, nous courions à des incidents généralisés. 11 fallait faire front, non pas sur quelques points, mais aujourd'hui dans un cercle, demain dans un autre, selon que les groupements se décidaient plus ou moins tard à prendre les armes. D'un bout à l'autre de la foret, c'était un profond frémissement, symptôme de crises aiguës. Nous avions partout des postes; partout, donc, la lutte se préparait, s'annonçait visiblement et je comptais mes faibles forces, les répartissais le mieux possible, me disposais à désorienter les adversaires en frappant, de ci de là, de rudes coups qui se répercutaient. Il allait falloir donner aux indigènes l'impression d'une force réelle et, dans ce but, déployer une activité qui tiendra parfois du prodige et qu'on peut seulement maintenir pendant des mois, sans arrêt, grâce à ces magnifiques troupes que constituent les tirailleurs et leurs cadres héroïques. Mais, il convenait de durer jusqu'au jour où la nécessité apparaîtrait, inéluctable, d'accroître les moyens militaires, où l'opinion préparée — ou surprise — admettrait que la Côte d'Ivoire n'était ni complètement pacifiée ni même entièrement connue, à moins toutefois que, parle fait d'une chance rare, inespérée, les incidents ne se succédassent à des intervalles suffisamment espacés pour que nous ne soyons pas débordés.

Cette situation s'est prolongée pendant près de dix-huit mois, au prix d'une dépense de courage et d'ingéniosité dont nos officiers, comme les administrateurs et agents des Affaires indigènes, ont le droit de se glorifier.

Ce temps ne fut pas complètement perdu tant s'en faut : on

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put mesurer à fond Le péril, expérimenter les méthodes nouv elles cl en corriger L'application, entreprendre, pour parer au plus pressé, un certain nombre d'opérations, etc.

L'opposition faite à notre pénétration dans le sud-est du N'Zi- Goinoé, les provocations adressées à MM. Ilostains et Vallon m'amenèrent, en octobre 1908, à envoyer une compagnie de tirailleurs qui obtint rapidement la soumission du Morénou.

Le guet-apens dans lequel avait failli succomber, en novembre L908, L'Administrateur-adjoint Simon, cbef de la circonscription de Tiassalé, m'obligea à faire exercer une répression sévère chez les Memlés et les Watos.

Il fallut aussi châtier les Kodés, voisins du poste de Béoumi, et en 1909 les A\aous.

L'occupation du Haut-Sassandra avec les compagnies du Baoulé parut briser, pour quelques mois, l'hostilité chaque jour croissante des Gounanfras, Los, Douboubras etc.

On pratiqua dans le Baoulé, sous l'impulsion de F Administrateur Simon et du Capitaine Foussat, une politique plus active et plus ferme.

L'assassinai du Commis Gourgas, par les tribus voisines d'Adzopé, m'obligea à taire exercer, par le Capitaine Cahen et le Lieutenant Boudet, une répression énergique. dans l'Attié.

J'avais dû remettre à L'année suivante1, faute de moyens d'action suffisants, le châtiment des N'Gbans qui, en juillet 1909, avaient tué férocement le sénégalais Ali Seck, après avoir promis de respecter, en attendant Le jugement régulier, la vie de cet individu, coupable d'un meurtre odieux, et que pour éviter de plus grands malheurs (assassinat1 de nombreux colporteurs circulant sans défiance sur la route) on avait confié aux notables,

l n nouvel attentat, commis contre L'Administrateur adjoint Simon, dans La région de Bonzi, m'obligea à organiser, contre les Akoués, une forte colonne sous les ordres d'un officier remarquable, M. le Commandant Noguès.

Presque en même temps, je me décidais à agir contre L'agglomération d'( Isrou qui, après avoir tué en 1898 le tiers de L'effectif envoyé contre «die, huait eu échec depuis dix ans lAdmiuistration Locale.

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