L ACTION MILITAIRE
Il me fallut en outre tenter de châtier, dans le Dida, les agresseurs de MM. Lahaye et de Villers.
Je cherche en vain comment j'aurais pu, n'étant pas le maître des événements, entreprendre — en admettant qu'elle fut reconnue opportune — une pénétration progressive et limiter les opérations. Tout au plus m'était-il possible, parfois,
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Fig. 6. — Période des à coups (mai 1908-septembre 1901)).
de choisir mon heure pour porter des coups. Encore cette liberté était-elle plutôt la conséquence de l'absence d'entente entre les tribus, et de l'impossibilité dans lesquelles étaient celles-ci de s'unir, de généraliser le mouvement.
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(irAcc à Leur division, à notre activité incessante, à une sorte de multiplication, d'ubiquité des troupes, au dévouement poussé jusqu'à L'abnégation de certains administrateurs, la situation ne pesté pas trop désavantageuse,
Mais la partie n'en restait pas moins engagée partout ; ce qu'il fallait, c'était, pour Le gagner, qu'une circonstance rendit indispensable L'augmentation des effectifs : la rébellion des A.bbeys janvier 1910 y poun ut.
Si décousue qu'ait été, contre mon gré, par la force des événements, à cause aussi de la faiblesse de nos effectifs, notre action au cours de cette période (juin 1908 à fin 1909), je n'en avais pas moins essayé de la subordonner, autant qu'il était en mon pouvoir, aux principes posés par le Général (ialliéni et rappelés en exergue au début de ce chapitre.
J'avais dû remettre à plus tard le châtiment des Ngbans d'Ouossou, et celui des Dans des environs de Man.
Je m'étais borné à exercer des répressions, sans occuper suffisamment de temps Le terrain acquis, chez les Memlés, les \\aoiis. les Kodés.
Je n'avais pu, faute de pouvoir \ maintenir, à la suite de la révolte des Àkoués et des événements qui suivirent, les eflectifs initiaux, qu'amorcer, par des opérations isolées et d'effet momentané, l'occupation progressive du Haut-Sassandra.
Par contre, chez les Àgnis du MoréîîoU et les gens d'Osrou — Lâches par nature la leçon avait été suffisante.
El enfin, on trouve pour la première fois, dans la préparation
e1 l'exécution de La colonne «les Akoues septembre à janvier 1910), L'application des principes <pii devaient dés lors dominer l'emploi de la force.
Wec La colonne des Akoués, organisée avec des effectifs suffisants, préparée minutieusement, et remarquablement dirigée
par le ( iommandanl Noguès, nous «'lions entres dans la normale, j« \ «ii \ dire dans cet emploi de la force cjiie constitue l'action vive, la seide qui, bien qu'exceptionnelle par sa nature, put
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convenir à l'état politique et économique de la partie de In Colonie où devait s'exercer, eu premier lieu, l'action pacificatrice .
Je m'explique : si, comme je l'ai déjà dit au chapitre II du présent titre, la résolution virile de conquérir la Côte d'Ivoire avait été prise ab ovo, dès 1893, le chef militaire qui aurait entrepris cette conquête aurait pu partir du Soudan — base merveilleuse de ravitaillement, réservoir inépuisable de porteurs, de partisans, de soldats — et descendant peu à peu, avec des forces considérables, irrésistiblement, vers la mer, acculer à l'obéissance, successivement, les groupements rebelles.
Mais la fatalité, les circonstances et les hommes n'avaient pas permis que la France se résolut à l'effort, cependant limité, qui aurait avancé de plus de dix années la mise en valeur de sa riche colonie.
Des opérations, conduites sans méthode et sanctionnées d'une façon insuffisante, avaient néanmoins établi, dans le centre et dans l'est, des zones sinon tout à fait pacifiées tel qu'on le conçoit à l'heure actuelle, du moins dans l'ensemble pacifiées, et au milieu desquelles émergeaient, comme des îlots, des groupements nettement réfractaires à toute obéissance. De sorte que, si l'on en excepte les régions du nord — laborieuses et paisibles — et les régions de l'ouest ainsi que le pays Dida -— - insuffisamment connues, à peine entamées par la pénétration et à conquérir, où l'action lente et progressive de la tache d'huile était à préconiser, — on ne pouvait, dans l'est et le centre de la Colonie (cercles des Lagunes, du N'Zi-Coinoé et du Baoulé) qu'employer « l'action vive », c'est-à-dire l'action des colonnes militaires.
« Elle ne doit être mise en œuvre, a écrit le Général Galliéni, que contre des objectifs bien déterminés, où il y a à faire œuvre de force, la force étant la caractéristique des colonnes ; leur durée, à moins de force majeure, ne doit pas dépasser trois mois; au delà les troupes s'épuisent, les effectifs fondent ».
« Les colonnes, je le répète, ne doivent être employées que contre des rassemblements nombreux et dangereux, fortifiés dans des repaires, forets et cirques, d'où ils menacent la sëeu-
rite des régions environnantes, empêchant la soumission et l'obéissance des populations hésitantes ».
I /emploi des < olonnes était parfaitement justifié :
HAUT SE^EGAi