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Fig. t5. — Pays ayaou.
blessés. Le 14 avril Tiébissou est enlevé el Les rebelles traversent le fleuve.
I<v 19 !<• Bandama esl franchi. La colonne entre en pays de savanes e( peut facilement évoluer. Le village d'Atosé, centre de La révolte, est occupé. Du 1!) au 23, les environs de cette Localité sont fouillés, sans grandes pertes de notre part, malgré ! < embuscades de r ennemi .
L'arrivée du capitaine Bourgoin et du lieutenant Rosfelter porte à 255 fusils la force de la colonne.
La région est bientôt déserte et la marche est reprise sur Diacohou, réduit des Ayaous : les défenses ont été accumulées dans le village et aux alentours. Le 25 avril le capitaine Gaben marche sur Diacohou et s'en empare (2 tués, 3 blessés).
Les jours suivants, diverses reconnaissances s'emparent facilement de Sakasso, Akahakro, Ahali et des deux Kouassidibikro dont les défenseurs, démoralisés par la prise de Diacokrou, n'offrent que peu de résistance.
La colonne se porte alors sur N'Denou le dernier centre de résistance des Ayaous ; avant même que le village soit occupé l'ennemi fait des offres de soumission.
Durant cette même période, l'adjudant Rudniki, Chef du poste de Bouaflé, inflige une sévère leçon aux Ayaous du sud.
Le commandant de la colonne reçoit les gages de soumission et regagne Sakasso, laissant le capitaine Foussat, commandant le cercle, régler les derniers pourparlers.
La colonne est disloquée le 4 mai.
Les Ayaous ont reçu une leçon sévère ; mais l'insuffisance de nos effectifs ne permet pas d'occuper le pays. La leçon oubliée, les Ayaous devaient se révolter un an après.
§ 6. — Opérations en pays attié.
(10 mai au 15 juin 1909).
Le 5 mai 1909, le commis des Affaires Indigènes Gourgas, chef du poste d'Adzopé nouvellement créé en pays attié (cercle des Lagunes), est assassiné au cours d'une tournée topographique par les gens du groupe d'Anépé.
Ordre est immédiatement donné au capitaine Cahen de se rendre en pays attié pour réprimer l'insurrection qui se dessine, car en dehors d'Anépé, les gens d'Adokoy, Assoukoy, Bassadjé, Lobo-Akoudjen ont pris les armes. La situation apparaît comme sérieuse, l'ennemi possédant plus de 4.000 fusils.
Déjà, 50 gardes de police avaient été envoyés à Adzopé pour renforcer la garnison de ce poste forte de 55 hommes. 40tirail-
leurs de la première brigade, qui rentraient du Haut-Sassandra, sont dirigés sur l'Attié. Le 23 mai, le capitaine Catien dis pose de La première brigade au complet (soit 120 fusils), avec :] sous-officiers : sergent major Bisane, sergents Niémen et Juvanon ; de pins Le lieutenani hors cadres Boudet, avec ."> i gardes <le La police indigène, est placé sous ses ordres.
Le commandant de la colonne décide de détruire d'abord Adoku\ centrede la résistance.
Il s,« met en marche le 2i mai, versO heures du matin, arrive à Biasso vers midi et repart le même jour vers 20 heures. Le Lendemain, 25 1 après une marche de plus de seize heures, faite en partie dans la nuit et dans des terrains marécageux, la colonne tombe au milieu du jour dans Adokoy sans avoir été
Pie. 16
Pays ;iiii<;.
signalée. Les guerriers, rassemblés à L'autre extrémité du village nous attendaient sur la route directe par Bassadjé.
Les flancs du village ne sont pas protégés et h» surprise es! foudroyante ; nos troupes s'installent dans àdokoy sans avoir subi aucune perte.
Du 26 mai au 2 juin, La région es! fouillée par des reconnaissances; des contre-embuscades sont tendues. Le 28 mai une reconnaissance conduite par Le Lieutenani Boudet qui fait
PÉRIODE DE L'iNSUFFISANŒ DES MOYENS d'âCTION ET DES A-COUPS 263
preuve d'une connaissance approfondie de la guerre en forêt, ouvre la route d'Adzopé par Bassadjé, village aux environs duquel avait été assassiné Gourgas. Le 29, il enlève Assoukoy ; le 31, avec 60 fusils, il s'empare de Foufouasou, Diassou, Anépé-Nya et surprendles campements de ces villages. Le 2 juin, il occupe Anépé-Anépé, puis Bassadjé dont il fouille les environs en attendant l'arrivée du reste de la colonne.
Entre temps, le sergent indigène Samba-Diarra s'est emparé d'Abiadjé.
Les environs d'Adokoy étant nettoyés, le capitaine Gahen se dirige vers le sud qui résiste encore. Le 5 juin il marche sur Lobo-Akoudzen .
Les soumissions commencent alors à se produire. Une dernière opération du lieutenant Boudet sur 1,01)0 Akouclzen hâte la pacification.
Le capitaine Cahen, ayant accompli sa mission militaire, rallie Toumodi avec 70 tirailleurs.
Le lieutenant Boudet, resté en pays attié avec 50 gardes de la première brigade et 54 gardes de police, poursuit la tache commencée. Le 1er décembre il a obtenu le versement de 4.017 fusils, c'est-à-dire le désarmement complet de la tribu.
§ 7. — Affaire de Pag ou <• ht. Cercle du C aval h/. (Juillet 1909 j.
Le 9 juillet, l'administrateur du cercle du Gavally est avisé, par le chef du poste de Patokla, que les Grés (tribus indépendantes de la rive droite du Youbou (Libéria) ont pénétré en territoire français, coupé toutes communications entre Pagouéhi et Patokla, pris l'interprète de ce premier poste, et qu'ils menacent le poste lui-même.
L'administrateur ne pouvant en raison de l'éloignement compter sur l'aide du chef-lieu, fait diriger sur Patokla et Pagouéhi tous les gardes de police disponibles de son cercle.
Le 13 juillet le commandant de cercle apprend que le chef de poste de Pagouéhi est sain et sauf. Il a bien été attaqué, le 5 juillet, par les Kroubés et les Grés du Libéria, mais il les a
tenus en échec. Un garde et un domestique ont été tués, deux -h des blessés et un agent politique a disparu.
Le 17 juillet ledit chef de poste opère une reconnaissance
iiBE/m
Kig. 17. — Région du lins Cavallv.
vers hiké. Il arrête par ses feux de salve des indigènes qui se disposent à franchir La rivière.
Intimidés par cette démonstration e1 par l'arrivée rapide des
renforts comprenant jjIus de cinquante gardes (Bingerville avait dirigé 17 gardes sur Tabou), Kroubés et Grés renoncent à toute nouvelle incursion.
§ 8. — Révolte des Akoués.
(16 juin 1909-14 octobre 1909).
Le départ des troupes, à la fin de la colonne des Ayaous (4 mai), devait avoir une répercussion immédiate sur l'état d'esprit de leurs voisins les Akoués. Les chefs éprouvent la plus grande difficulté à rassembler leurs gens qui ont gagné les campements en forêt.
Afin de ramener les hésitants, l'administrateur du cercle, M. Simon, et le chef de poste de Bonzi,M. Moesch, se rendent à Diamalabo. Le chef Kouassi Ngo, de Yamoussoukro, les accompagnait. A peine arrivés, les habitants, auxquels s'étaient joints les indigènes armés des villages du nord, leur font savoir que pas un seul homme ne sortira vivant du village.
Nos pertes, en voulant rejoindre Bonzi, s'élèvent à 2 gardes tués, 3 gardes blessés, 1 domestique tué et trois porteurs blessés ; le chef Kouassi Ngo est blessé de trois coups de feu à la tête et à la cuisse. Les sentiers sont fortement gardés. Les cartouches étant épuisées, il n'est pas possible de rejoindre Bonzi.
Accompagnés du chef de Saourikro, Bani Bro qui, avec le chef de la sous-tribu des Taquimanis est resté fidèle, l'administrateur Simon et le chef de poste décident de chercher à gagner Yamoussoukro. Kouassi Ngo assure avec ses gens la sécurité du détachement jusqu'au 23 juin, date à laquelle il est possible de regagner Toumodi, après l'arrivée du détachement Pelle.
Durant que se déroulent ces événements, le poste de Bonzi, gardé seulement par six tirailleurs et miliciens, est assailli par les rebelles. Après avoir résisté du 10 au 24 juin les gardes gagnent la forêt, abandonnant le poste qui est pillé et incendié par les Akoués ; deux d'entre eux sont tués par les habitants d'Attakro et d'Afouékankro, un troisième gagne Toumodi, un quatrième est recueilli ensuite à Bonzi par la colonne Kauf-
ma u ; 1rs deux tirailleurs rejoignent les troupes en marche sur Bonzi.
Dès une la nouvelle de l'attentat <le Diamalabo est connue à
.Die, ma t<x6<
Fig. IN. — Paya akoué.
Toumodi, le lieutenant Pelle, seul officier restant dans ce poste — la lie brigade opérait en pays attié — forme avec les éclopés de la lrc brigade (20 tirailleurs) un faible détachement qu'il envoie d'urgence au secours de l'Administrateur sous le commandement du sergent Niémen; lui-même suit de près avec tout ce qu'il a pu ramasser de gardes de police et d'anciens soldats auxquels il fait distribuer des armes.
Il parvient à dégager les européens et les ramène à Toumodi ; mais il ne peut, malgré l'énergique tentative du sergent Niémen, qui reçoit 9 blessures, débloquer le poste de Bonzi.
Le Commandant de la 1IG brigade, averti de ces événements au moment où il quittait le pays Attié, presse la marche de son détachement et organise immédiatement une petite colonne constituée des éléments de sa brigade et de gardes de police pris dans les postes voisins.
Le commandement en est confié au lieutenant Kaufman qui venait d'arriver de Lahou avec 2 sergents européens et 28 tirailleurs.
Ce groupe comprend les lieutenants Benezct et Pelle, 2 sergents européens et 135 fusils; il reçoit mission de réoccuper Bonzi et de châtier les rebelles.
Le détachement quitte Toumodi le 27 juin, reprend Bonzi le 1er juillet après avoir infligé de sérieuses pertes aux Akoués. Le lieutenant Kaufman enlève ensuite plusieurs villages et donne de l'air au ptfste par une série de reconnaissances.
L'audace des rebelles ne diminue point. Le lieutenant Bénézet est obligé de regagner le poste d'Oumé avec ses gardes et le lieutenant Kaufman, trésorier du bataillon, est forcé de rallier Lahou avec ses tirailleurs, tous ouvriers ou plantons. Le lieutenant Bouet reste seul avec le sergent Juvanon et 70 fusils. 11 ne tarde pas à être cerné dans le poste de Bonzi, où il ne pourra que se maintenir, en attendant la colonne qui va être constituée sous les ordres du Chef de bataillon Noffuès.
Les moyens traction sont suffisants. — On réduit, par des opérations à gros effectifs, les îlots réfractaires du centre et de Test. — 1 Colonne des Àkoués (octobre 1909-janvier 1910). — 2 Opération contre Osrou ('décembre 1909). — 3 Conquête du pays Dida (1™ phase) (1908 à janvier 11)10). — 4 Colonne des Abbeys (janvier à avril 1910). — 5 Colonne des Ngbans (30 novembre-31 décembre 1910). — (3 Opérations contre les Saléfoués (24 mai-30 juillet 1910). — 7 Colonne des Agbas 1er juillet-ler décembre 1910). — 8 Opérations en pays Ouellés 27 aoùt-5 décembre 1910). — 9 Colonne dn Bandama (1erjanvier- 1er juillet 1911). — 10 Tournée de police chez les Memlés (6 décembre 1910-7 janvier 1911). — 11 Opérations dans le Bas-Cavally (octobre 1909-fèvrier 1913).
Colonne des Akoués.
(Octobre 1909-janvier 1910).
Il a été relaté, au chapitre précédent, les graves événements survenus en pays Akoué.
Une insurrection générale était à craindre, dans la moyenne Côte (1 "Ivoire, si un coup décisif n'était frappé dans cette région, et, ensuite, dans celle du moyen Bandama. Il est donc décidé de Paire agir une forte colonne sous le commandement de M. le Chef de bataillon Noguès.
L'état-major comprend :
le chef de bataillon Noguès, commandant,
le lieutenant Huguenin, officier adjoint,
le docteur Bougenault, chef du Service de Santé,
Le docteur Vibratte, aide-major de Lre classe,
le lieutenant Rosielter, chef du Service du ravitaillement et des étapes,
l'adjudant Vinciguerra, adjoint de bataillon.
La colonne se compose de :
la 4e Compagnie du 1er Sénégalais (Capitaine Jacobi),
la 7e Compagnie du 1er Sénégalais (Lieutenants Vian et de Choiseul),
la 9° Compagnie du 1er Sénégalais (Lieutenants Fassin et Larbale trier),
la 5e Compagnie du 4e Sénégalais arrivé du Sénégal le 7 octobre (capitaine Lalubin, lieutenants Bianchi et Adam),
la lre brigade de garde indigène (lieutenant Bénézet),
un détachement de gardes de police (200 hommes).
Mission donnée à la colonne : soumettre successivement les tribus baouléesdes Akoués, des Yaourés, des Ayaous, des Naiiafoués, insurgées.
La colonne est organisée en cinq groupes de combat et un groupe de ravitaillement. Le groupe unité autonome, se suffisant partout à lui-même doit comprendre :
Comme personnel :
a) une compagnie de tirailleurs,
b) un détachement de gardes de police,
c) cent porteurs.
Comme matériel :
Quinze caisses de cartouches de réserve,
Dix jours de vivres pour tirailleurs et porteurs (cinq sur l'homme, cinq au convoi),
Dix hamacs pour blessés,
Une caisse de médicaments.
Le groupe de ravitaillement est uniquement composé de gardes de police et placé sous les ordres du lieutenant Rosfelter. Il est doté, en sus de ses porteurs normaux, d'un convoi administratif de 100 porteurs qui, au fur et à mesure de l'allongement de la ligne d'étapes et de la création de magasins secondaires est porté à 150, puis 200 porteurs.
Le mois de septembre est consacré aux préparatifs d'organisation de la colonne, dont le point de concentration est fixé à
Toumodi, choisi comme base d'opérations. C'est eu ce point qu'est également installée L'ambulance d'évacuation.
Le plan adopté pour les opérations est Le suivant :
Déployer Les groupes sur un front de 20 à 2."> kilomètres Largeur du pays akoué) el avancer lentement vers le nord, par bonds successifs, avec arrêts suffisamment longs pour permettre à des détachements de la force d'une section, sous les ordres de sergents indigènes, de touiller minutieusement tous les fourres de La forêt profonde qui couvre le pays akoué, dans un rayon de 5 à 6 kilomètres, en tous sens, autour du point de stationnement. Une liaison étroite doit exister entre les groupes.
La colonne centrale, aux ordres du Ghef de bataillon comprend deux groupes dont un de réserve générale. Les chemins, tous garnis d'embuscades et de fortifications, doivent être abandonnés et la marche en forêt, à la boussole, est la règle. L'itinéraire suivi au départ ne doit jamais être suivi au retour.
L'ensemble des groupes balayait ainsi le pays du sud au nord, se concentrait devant les points fortifiés à* enlever, qui pourraient se présenter, et se déployait à nouveau l'opération terminée ».
Le 11 octobre, i'état-major, la 1IV brigade (sauf deux détachements l'un dans l'Attié, l'autre à Bonzi), la 5e compagnie du i Sénégalais, les gardes de police, sont concentrés à Toumodi. La 7r compagnie du 1er Sénégalais y arrivera le 14, les 4fl et (.)' compagnies du l" Sénégalais attendent les ordres à Sinfra.
La situation est la suivante : le poste de Bonzi, dont la garnison comprend 60 fusils sous Les ordres du lieutenant Bouët, est. depuis le 7 août, bloquée par L'ennemi. Les vivres des défenseurs devaient être épuisés Le !."> octobre. Le ravitaillement immédiat du poste s'impose donc.
Cette opération est exécutée par 3 sections de la 5e compagnie du V Sénégalais sous les ordres du lieutenant Biancbi, protégées par «les contre-embuscades placées à L'avance sur la route par La I" brigade (lieutenant Huguenin). Malgré une très violente attaque qui nous coûte 4 tués et \ blessés, dont le
médecin aide-major Wibratte, le convoi atteint fionzi et le détachement revient à Toumodi, sans incident, par une autre route.
Le 19 octobre, l'organisation de la colonne est terminée. Le 20, l'état-major et le 2e groupe se portent sur Gamomnankro, où rallient le lendemain les 4e et 5e groupes. Le 22, les troupes vont prendre leur emplacement de combat. '
a) Etat-major et 5e groupe (Lalubin) Nguessankro (Faafonés) d'abord, puis Kpoussousou ;
b) 4e groupe (Bénézet) Akouésékro.
c) 2e groupe (de Choiseul) Zambakro (par Akouésékro). Les 1er et 2e groupes (Jacobi et Fassin) reçoivent, à Sinfra,
l'ordre de se porter sur Kokumbo et Kumikro pour appuyer, par leur présence, l'administrateur du Baoulé-sud, désarmant les Faafoués.
Le 22 octobre au soir, les 2e et 4e groupes campent à 3 kilomètres au sud d'Akouessékro. Le 23, deux sections envoyées en avant pour fouiller la route que suivra la colonne tombent dans une embuscade et perdent 1 tué et 4 blessés. La colonne s'empare d' Akouésékro après un vif combat (1 tué, 1 blessé).
Le lendemain le 2e groupe atteint Zambakro sans incident.
Les opérations de fouille méthodique commencent immédia tement : au 30 octobre de nombreux campements ont été détruits, les Akoués ont eu une dizaine de tués, nous avons pris quelques fusils. Pertes : 2 blessés.
Un second ravitaillement de Bonzi est nécessaire. Le convoi est escorté par le 2e groupe. Le lieutenant de Choiseul remplit cette tâche de nuit avec succès. Pour faciliter l'opération, les 4' et 5e groupes poussent vers le nord, la veille du départ du convoi (30 octobre), deux fortes reconnaissances. Celle du 4e groupe (lieutenant Bénézet) enlève deux campements ennemis et livre un sérieux combat dont le succès nous reste (8 tirailleurs et 2 porteurs blessés).
Le \er novembre, le 3e groupe (lieutenant Fassin) arrive à Kpoussoussou, l'état-major et le 5° groupe se rendent à Akouésékro pour former, avec le 4° groupe, la colonne centrale, un bond général vers le nord est ordonné.
'It'l OPÉRATIONS MILITAIRES ET DE POLICE
Le 1 novembre, Le .î groupe surprend, à Asuékoblessou, trois campements de guerriers qui font tête ; il faut un combat de deux heures pour les faire reculer (lieutenant Larbalétrier blessé, 1 tirailleur tué, 1 tirailleur blessé).
Le 10 novembre, la colonne centrale entre au poste de Bonzi, définitivement débloqué.
Du 11 au 18 novembre, les opérations continuent avec une extrême activité : le 2° groupe enlève l'important village de Gogokro. Le 13 novembre, le sergent Pryat-Peyret, conduisant un détachement de corvée de vivres dans les plantations, est grièvemenl blessé. Le sergent Moussa Taraoré, avec -40 tirailleurs, surprend e1 enlève trois villages.
Le .")■ groupe, à Aboissou, se beurte à des adversaires audacieux el énergiques, favorisés par une forêt des plus denses, bien que renforcé par le 4e groupe, il perd en peu de jours •21 tirailleurs, dont \ tués; 1 garde de police et 1 porteur sont également blessés. L'ennemi est cependant refoulé vers le nord et le village de Ngatakro est enlevé par le lieutenant Adam.
Le 3e groupe réussit des embuscades vers Morofé et Lindénoii.
Le IcS novembre, sur tout le front, l'ennemi a disparu vers le nord. La ((donne a devant elle les deux points fortifiés de Kami et de Zatta.
Le commandant Noguès prescrit au 2° groupe de prendre Zatta pour objectif, aux 3% 4e et 5e groupes de se concentrer sur La droite de La Ligne, formant un demi-cercle au sud de Kami qui passe pour 1res sérieusement défendu, tenant solidement les trois roules qui de ce point rayonnent vers l'ouest, le sud el L'est.
Le 19 novembre, les 3 groupes sont à leur place, couverts *'ii avani par une forte embuscade. Le 1er groupe (Jacobi), qui vieiif (I assurer La soumission des Faafoués — cette tribu avait suivi les AJtoués dans La revoile et pris les armes contre nous rallie La colonne. Le groupe Jacobi, dans cette opération, avait perdu le sous-lieutenant indigène Moriba Keïta lue; I caporal el 2 tirailleurs avaient été blessés.
Les divers groupes de la colonne reçoivent l'ordre de l'aire, chacun dans son secteur, à diverses heures du jour et de la nuit, des démonstrations contre le fourré épais où se cache le village de Kami, et d'exécuter contre ce fourré une série de feux de salve avec hausses progressivement allongées. Cette manœuvre avait pour but de porter le moral des défenseurs à une tension telle qu'un choc imprévu les fit brusquement lâcher pied.
Pendant ces démonstrations, le camp du 5e groupe, placé dans une petite savane, fut attaqué (1 caporal grièvement blessé).
Le 22 novembre, à 17 heures, les 4 groupes se concentrent sur la droite de la ligne. Un réseau de fortes embuscades continue l'investissement de Kami au sud et à l'ouest.
Le 23 à 3 heures, le gros de la colonne monte vers le nord, laissant une section à la garde du camp. Au point choisi, les troupes se forment en carré et entrent dans le fourré qu'elles mettent huit heures à franchir en rampant. On ne put répondre au feu de l'ennemi qu'à 200 mètres du village. A 14 heures, après marche alternant avec feux, Kami est pris (1 tirailleur tué, 10 blessés). Le village était formidablement retranché.
Le 25 novembre, trois parlementaires akoués se présentaient au poste de Bonzi pour traiter de la paix. Le 5 décembre, pour stimuler la lenteur des discussions, le 4e groupe va camper à Diakonou. La partie sud du pays akoué désire la paix tandis que, par contre, les habitants de la partie nord refusent de traiter.
Les opérations sont reprises le 11 décembre : les villages de Beresou et de Yobouebo sont enlevés ; de nombreux campements sont détruits. Le 13 décembre, F état-major de la colonne et les 2e, 3* et 4e groupes (capitaine Jigaudon) se portent contre le gros village fortifié de Kongouanou. Le 1er groupe (lieutenant Bouët) est resté à Kami pour surveiller le sud ; le 5e groupe (Lalubin) a quitté la colonne le 28 novembre pour s'emparer du village d'OsTou (cercle des Lagunes).
Le 13 décembre, à 13 heures, Kongouanou est enlevé sans grande résistance (2 tirailleurs et 1 porteur tués, 4 tirailleurs
blessés). La colonne s»1 déploie à nouveau le 14. Le 2e groupe pitaine Foulon s'établit à Maounou, le 3e (lieutenant Fassin) à Kimoukro, le i construit un poste provisoire à Kongouanou. Les reconnaissances sont multipliées jusqu'au 31 décembre. Désastreuses pour l'ennemi, elles nous coûtent une dizaine de
Fig. 1!). — Pays akoué.
\" I " janvier, tout l<> pays axoué, sauf Le canton de Kongouanou donl Les habitants avaient fui en pays Nanàfoué) avait effectué sa soumission. L'amende de guerre commençait à étire payée : Les Vkoués rendaieni Leurs fusils, les hostilités avaient partout cessé. Le Lieutenant-Gouverneur vient sur j)lace apprécier les résultats ei arrêter définitivement les sanctions.
La colonne du Bandama ayant soumis les Akoués, le commandant Noguès se prépare à attaquer la tribu des Yaourés lorsqu'il apprend la révolte des Abbeys.
La colonne a rempli sa tâche en pays akoué payant ses succès de 18 morts (dont 1 officier indigène) et 61 blessés (dont 2 officiers et un sergent européens).
Opération contre Osrou Décembre 1909.
La région d'Osrou du Cercle des Lagunes, habitée par les Boubourys — qui en 1898, à la suite de l'assassinat du mécanicien du (( Diamant » M. Le Voaz et d'un commerçant de Dabou, M. Eudes, n'avaient pu être mise à la raison malgré l'envoi de deux compagnies de tirailleurs — fortement éprouvées (perte 54 tirailleurs) dans cette affaire — continuait à se montrer franchement hostiles et nous n'avions sur ce groupement aucune action réelle. En raison des intérêts que le commerce possédait dans cette région particulièrement riche en palmiers à huile et, aussi, de l'insuffisance des moyens d'action nécessaires à la réduction de ce groupement, il avait fallu attendre, pour entreprendre cette opération, l'arrivée d'une compagnie de tirailleurs demandée à Dakar.
Le 29 novembre, la compagnie Lalubin (5e compagnie du 4e tirailleurs sénégalais), qui fait partie de la colonne des Akoués, est dirigée sur Toupa où elle arrive, forte de 100 hom-, mes, le 6 décembre. Dès le 5, un détachement de 94 hommes, tirailleurs de la lrc brigade et gardes de police, est envoyé sur Toupa, sous les ordres du lieutenant Boudet appelé de l'Attié. Le lendemain 6, M. l'Administrateur Benquey, commandant le Cercle des Lagunes, rejoint cet officier dont le détachement s'est renforcé de 20 gardes de police prélevés sur les postes voisins. Le capitaine Lalubin prend le commandement de ces forces pour opérer contre les Boubourys rebelles.
Le village d'Osrou, grosse agglomération de plus d'un kilomètre de long, se trouve en pleine forêt, à environ 12 kilomè-
très à \<-l d'oiseau de Toupa. Une vaste savane ondulée s'ouvre immédiatement derrière le poste pour s'étendre jusqu'à 1.000
..h | .20() mètres du village, dont elle est séparée par une bande épaisse de fourré mélangé à la grande forêt que traverse le chemin direct de Toupa à Osrou.
Le Capitaine Lalubin et l'Administrateur du Cercle arrête ni (l'un commun accord Le plan suivant : exécuter une diversion sur la mute directe du village, tandis que le gros des forces tournerait la position par une marche en forêt exécutée de unit.
Dans le lait de préparer le mouvement, une reconnaissance part, le S an matin, pour examiner le chemin que doit prendre la colonne d'attaque et la position à occuper. Cette reconnaissance est épiée par une centaine de guerriers rebelles qu'elle maintient à distance par ses feux. Peu de temps après son retour, ce même groupe de rebelles s'avance jusqu'à 400 mètres environ au nord du poste, dans la savane qui l'entoure de ce côté. L'alerte est donnée et l'ennemi est repoussé.
L'attaque d'Osrou est décidée pour la nuit suivante.
La colonne part de Toupa à 1 heure du matin ; à 7 h. 30 elle débouche sur Osrou, d'où les rebelles, complètement surpris par une attaque se produisant d'un coté où ils ne l'attendent pas, s'enfuient sans opposer de résistance.
Fig. l>0.
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La di\ perse ,e vil
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Région <l'< Isrou .
ersion, opérée sur la route directe parle sergent Dorât, l<-s Boubourys venusà sa rencontre dans cette direction.
lage de Mopoyen, qui l'ait partie du même groupe, est
■mis la même journée sans coup férir.
Des reconnaissances sont immédiatement lancées «à la poursuite des rebelles dans plusieurs directions. L'une délies, sous les ordres du lieutenant Boudet, détruit trente campements le même jour.
Ces succès ont un retentissement considérable dans toute la région et la soumission complète des gens d'Osrou, avec reddition de tous les fusils et paiement dune amende de guerre, ne tarde pas à se produire.
Conquête du Dida (lw phase 1908 à janvier 1910)
Entre la rivière Bobo à Test, le pays gouro au nord, le Cercle du Bas- Sassandra à l'ouest et la côte au sud, s'étend une région forestière relativement accidentée et sillonnée par un réseau dense de cours d'eau dont quelques-uns, s'épandant en marécages, lui donnent un aspect particulier. Ses habitants, les Didas sont des sauvages arriérés, disséminés en une infinité de petits groupements, constamment en guerre les uns avec les autres.
En août 1908, après avoir étudié sur place la question, le lieutenant Gouverneur décide de faire parcourir le pays dida par M. l'Administrateur Terrasson de Fougères. Celui-ci accomplit, de septembre à décembre 1908, une remarquable tournée de pénétration et de reconnaissance du pays. Les indigènes, surpris de notre établissement et de notre audace, n'offrent pas de résistance à cette tournée, mais nous ne somme que tolérés.
Notre action se continue en pays dida durant l'année 1909, au nord et à l'est de Boudougou (M. Terrasson de Fougères) et au non! de Fresco (M. l'Adjoint de Villers). Ces deux fonctionnaires, le premier surtout, accomplissent une œuvre des plus remarquables, recensant le pays, en levant la carte, circulant sans difficultés apparentes parmi les populations inconnues.
Mais la méthode de pénétration pacifique devait, une fois encore, faire faillite. Le 10 novembre, l'Administrateur du cerclé, M. Lahaye, en tournée dans le nord de Fresco est attaqué
au village de Gbazidon. L'Adjoint de Villers est blessé légèrem(.ni. ainsi que trois gardes de police et un porteur.
Il est à craindre que ce mouvement partiel se généralise, s'il n'esl aussitôt réprimé. Aussi, la o° compagnie du Ie Sénégalais, Capitaine Lalubin, est-elle chargée de mettre les Didas à la raison.
Fis:. 21.
l'iivs ilida.
Cette troupe, qui* a quitté La colonne «les AJtoués, Le 28 novembre, pour participer à La prise d'Osrou, Le 9 décembre, «'si envoyée en pays dida. Partie de La Côte, Hl<i commence l.i pacification en chatianl les villages du Yobéri, compromis danfi L'attentai de Gbazidon. Mais eLie rsl rappelée presque
aussitôt (29 janvier), à Abidjan, pour prendre part aux opérations contre les Abbeys, puis contre les Ngbans. Le pays dida reste jusqu'à la fin de l'année dans la même situation que par le passé.
Colonne des Abbeys (Janvier-avril 1910)
Les Akoués soumis, le Commandant Noguès se tourne contre les Yaourés. La colonne quitte Bonzi le 9 janvier et se dirige vers Tombokro. A peine a-t-elle parcouru quelques kilomètres que le Commandant Noguès reçoit un pli de l'Administrateur Simon lui annonçant que des troubles graves ont éclaté sur la voie ferrée entre Abidjan et Dimbokro : deux gares auraient été saccagées, les lignes télégraphiques sont interrompues.
Avec une clarté de vues et une promptitude de décision digne des plus grands éloges, le Commandant Noguès fait faire demitour à sa troupe. A 11 heures, le 1er groupe rentre à Bonzi où les ordres suivants sont aussitôt exécutés : Le 2" groupe part sur-le-champ pour Dimbokro ; une heure après l'état-major et le 1er groupe se mettent en route sur Touniodi. Le 3e groupe descend d'urgence un peloton à Bonzi, un peloton à Kpoussoussou, prêts à partir au premier signal. Le ie groupe garde le pays akoué.
A son arrivée à Toumodi, le 10, le Commandant Noguès a confirmation de ses prévisions : les Abbeys insurgés ont détruit, en une vingtaine de points, la voie ferrée, massacré les indigènes étrangers et les voyageurs d'un train descendant ; Agboville est assiégé. Ordre est donné au 3e groupe de rallier d'urgence Dimbokro.
Le 11 janvier, après avoir couvert 110 kilomètres en cinquante-deux heures, l'état-major, les 1er et 2e groupes sont à Dimbokro. Deux trains les transportent à Céchi, gare située à la frontière du pays Abbey. En ce j>oint se trouvent les Administrateurs Hostains. et Cornet, le Commis des Affaires Indigènes Jacotot, accourus de Bongouanou avec 90 gardes,
Les gardes de police en étal de marcher reçoivent l'ordre de , i ^gbovîlle en suivant la voie ferrée (42 kilomètres). Le sergent l>arka\ Diallodu Ier Sénégalais les commande. MM. Hostains, Cornet et Jacotot Les accompagnent. Ce détachement, par suite d'embuscades rencontrées sur sa route (1 tué, 1 blessé), n'arrive à Agboville que Le 13 au matin.
Les deux groupes de tirailleurs, très fatigués parleur marche forcée, gagnent Agboville en deux étapes. Ils arrivent en ce point le LJ à 16 heures, après avoir détruit les villages ennemis de Ndénott, Tranou, Bogbobo et Bouroukrou.
Agboville est dégagé : La voie ferrée, détruite en plusieurs points, était jonchée de cadavres : voyageurs, dioulas, travail- Leurs du chemin de fer. Un commerçant européen était parmi Les morts.
Jusqu'à L'arrivée de la colonne les faits s'étaient succédés dans L'ordre suivant :
Le î janvier. Le Gouverneur Angoulvant, à son retour du paysakouéoù il était allé conférer avec Le commandant Noguès, est surpris de n'apercevoir aucun indigène sur la voie ferrée. Il est frappé de ce calme inaccoutumé et fait part de ses impressions au Chef de poste d'Agbovitle M. l'Adjoint des Affaires Indigènes Clerc, <|ui connaît l>ien les Abbeys et parle leur langue. Celui-ci ne sait que penser, mais a L'intuition qu'il se trame quelque chose. De plus, il déclare qu'ayant appris que les gens d'Azaguié manifestaient L'intention de se révolter, il s'était aussitôt rendu «liez eux. Les indigènes avaient protesté véhémentement contre cette supposition. Tout était calme, en apparence, dans la région.
Les événements qui vont suivre ont, par leur caractère et leur soudaineté, surpris tout Le monde. Nul n'a pu se douter, deviner ou prévoir, pas plus Le Chef de poste d'Agboville qui connaît <lr Longue date la région, comprend et parle la Langue nbbey, que Les coupeurs de bois, qui vivent au milieu des indigènes et Les emploient, que les commerçants européens, quo Les traitants colporteurs et manœuvres indigènes étrangers ni pays. < .r qui démontre bien que nul n'a été avisé, c'est que
tous sont demeurés à leurs occupations alors qu'ils devaient être victimes des événements.
Nous savions depuis longtemps que les Abbeys, sauvages, farouches, au dernier échelon de l'humanité, qui se refusaient, bien que proches du chemin de fer, à venir le voir, qui se livraient à la vie primitive et nomade du chasseur, qui ne payaient pas l'impôt jusque là, se disposaient à s'opposer par la force à la pénétration de leur pays.
Il est possible que le retrait, pour le porter sur Osrou, du détachement Boudet, au moment où il allait entreprendre la pénétration du pays abbey, ait engagé les indigènes à passer brusquement de la défensive expectante à l'offensive. Ils ont sans doute conçu de ce retrait une fausse idée de notre force.
Il est certain que les rebelles ont été poussés ardemment par les féticheurs. Le fait n'est pas douteux. Nous avons appris depuis que ces derniers prêchaient la révolte, que les indigènes avaient pris le « fétiche » et c'est ce qui explique le silence absolu gardé par tous, sans trahison, jusqu'au 0 janvier.
Il est encore certain que les Abbeys ont aussi trouvé l'occasion jjropice pour tirer vengeance des fâcheux procédés employés à leur égard par des coupeurs de bois aujourd'hui disparus de la colonie.
Enfin, ils ont été certainement incités à l'a révolte par des apolloniens. Ceux-ci étaient hostiles à notre pénétration du pays, car notre contact direct avec l'indigène faisait disparaître leurs bénéfices d'intermédiaires entre lés tribus et nous.
Quoi qu'il en soit les graves événements suivants allaient se dérouler :
Le 6, à 11 heures, le Gouverneur est avisé, par un télégramme du Chef de poste dAgboville, qu'aux dires d'indigènes, 200 Abbeys armés de fusils sont rassemblés près d'Ery Makouguié (A kilomètres d'Agbo ville) et se disposent à attaquer le poste dont la garnison se compose de 17 gardes de police.
Ordre est aussitôt donné à M. le Lieutenant Dhomme, commandant la brigade-dépôt, de se porter sur Agbovillc avec vingt gardes de police et un fort approvisionnement de muni-
lions. Il parti! d'Abidjan par train spécial au début do l'aprèsmidi.
Le Lieutenanl Boudet, qui vient d'arriver à Dabou avec son détachement qui a participé à la prise d'Osrou, est invité à se porter sans tarder sur Agboville.
Sans nouvelles, le 7 et le 8, le Gouverneur décide de se rendre lui-même sur les lieux pour se rendre compte de la situation, ramener à Abidjan les européens et indigènes susceptibles de courir un danger. L'escorte du Gouverneur comprend les nngl derniers gardes cercles disponibles du peloton-dépôt sous le commandement du sergent Saillard ; le Capitaine Gahen, Chef du Bureau Militaire, Les Capitaines Ballabey et Bouissou du génie, L'Adm inistrateur Benque y raccompagnent.
Parti d'Abidjan vers 11 heures, le train qui emmène le Gouverneur ne rencontre aucun obstacle jusqu'au kilomètre 57. Les attaques contre le train commencent à partir de ce point; le détachement répond par des salves. Bientôt les coupures se succèdenl ; elles sont réparées sous le feu de l'ennemi tenu en respect par les salves des gardes de police. On passe la nuit à Vajio. Le l.K à L'aube, la inarche est reprise. Au kilomètre 71, une coupure se présente en avant d'un pont; à peine a-t-on commencé la réparation que des Abbeys en embuscade tirent sur les travailleurs : le Capitaine Ballabey est blessé, 1 garde lue. un garde et plusieurs travailleurs blessés. Devant l'impossihilifé de gagner Agboville, ordre est donné de rallier Abidjan.
Le Lieutenanl Dhomïne réussit, à force d'énergie, à rompre Le cercle d'investissement ennemi après avoir échappé heureusement et à l'écrasement dans son train que les Abheys font dérailler et à la fusillade furieuse <les embuscades qui entourent la coupure. Le 7 au matin, il arrive à Agboville, organise La défense el repousse vigoureusemenl les attaques des assiégeants! Il miliciens blessés sur les 39 qui forment la garnison).
Le II au malin, le lieutenant Boudet arrive grièvement blessé
h \ltoville. Venu à marche forcée de Dabou, à la tête d'un
détachement de 90 hoi >s, il laisse à Ouéguié (15 kilomètres
sud <l Vgboville) •">() de ses hommes, trop fatigués pour le sui-
vre, et son convoi sous les ordres du sergent Dorât. Il pousse sur Agboville avec 40 tirailleurs de la 11(> brigade. Débouchant sur la voie ferrée, le détachement tombe au milieu de 500 guerriers : Boudet s'abat frappé de trois balles, 2 tirailleurs sont tués, 1 blessé. Avec une énergie extraordinaire, Boudet se relève et dans un élan furieux traverse les lignes: Le détachement arrive à Agboville, ayant brûlé toutes ses munitions. Le poste n'a plus que 2.500 mauvaises cartouches.
A Ouéguié, le sergent Dorât organise la défense de son campement, multiplie les embuscades et tient l'ennemi à distance.
Le 13 janvier, les troupes se reposent à Agboville. Le commandant Noguès prend le commandement du territoire, des troupes et du chemin de fer. Il décide d'opérer rapidement vers le sud pour reprendre la voie ferrée et dégager les centres européens des Lagunes. Il donne des ordres pour l'occupation, la mise en état de défense et l'approvisionnement des gares, ainsi que pour la réparation immédiate de la voie ferrée.
Le 13, dans la nuit, le Lieutenant Dhomme, avec GO fusils, se rend à Géchi chercher des vivres et des cartouches apportés de Toumodi par la colonne. A son retour, aidé par une section du 3° groupe (Lieutenant Larbalétrier), il surprend le village d'Allanou.
Le 14, l'état -major de la colonne, les 1(>! et 2(¥ groupes partent vers le sud en suivant les deux routes indigènes : Benguié- Makoudié-Yapo à l'est, Adaou-Ouenguié-Abaguié à l'ouest. Le 15 au soir, tous ces villages ont été enlevés et détruits, le sergent Dorât est recueilli, les deux groupes se trouvent réunis à Yapo (1 caporal, 3 tirailleurs blessés).
Le 15, à 23 heures, le campement est attaqué ; l'ennemi est vite repoussé (Lieutenant de Luxer, 1 sergent indigène grièvement blessés).
Le 2e groupe demeure à Yapo pour fouiller la région et détruire les campements. Le 17 le reste de la colonne enlève la gare d'Azaguié, fouille la forêt et se relie à Anyama, défendu par M. Dhubert négociant, officier d'administration de réserve. Le 20, cette gare est occupée par le Lieutenant Kaufman, appelé
•2Si OPÉRATIONS MILITAIRES ET DE POLICE
d'urgence de Lahou avec 30 tirailleurs disponibles (employés, éclopés, convalescents).
Le "21 janvier, la voie ferrée est rouverte grâce à la ténacité des Capitaines Bpuyssou et Chardy, du Lieutenant Clavier du génie.
Le 23 janvier après avoir été conférer avec le Chef de la colonie le Commandant Noguès rallie Agboville avec le 1er groupe. Le train qui l'amène trouve, entre Agboville et Dimbokro, la voie coupée; à huit kilomètres plus au nord, il est attaqué et obligé de rétrograder sur Agboville (4 blessés).
En vue de la répression de l'insurrection, le Commandant Noguès divise le pays abbey en 3 secteurs, à chacun desquels un groupe est aflecté :
Nord (centre Céchi) : 3e groupe (Fassin).
Centre (centre Au ho ville) : Ier groupe (Jacobi).
Sud (centre Yapo) : 2'' groupe (Foulon).
Le 23, en arrivant à Agboville, le Commandant de la colonne apprend la révolte des Agbas. La compagnie Fassin, en route pour le pays abbey, est maintenue à Dimbokro. Le Commandant Noguès prescrit aussitôt :
L'envoi d'urgence de Toumodi à Dimbokro d'une section du 4e groupe ( 1"' brigade) ;
La formation d'une compagnie de 125 volontaires recrutés à Dimbokro parmi les ouvriers bambaras du chemin de 1er:
L'armemenl des réservistes de la région ;
La mise en étal de défense de Dimbokro.
Ces mesures dégagent le 3e groupe qui peut entreprendre sa tâche contre les Abbeys, et faire face aux Aghas qui disposent de 3 à i.000 fusils.
Le 26 janvier, au soir, alors (pie les X groupes opèrent éner- -iqiiement contre les Ahheys chacun dans son secteur, le Commandanl Noguès apprend que le poste d'Adzopé (Attié) est attaqué par 100 Ahheys et Attiés. Le Chef de poste Bonnefonl réclame du secours, sa situation étant critique.
Des émissaires, envoyés en hâte au Ier groupe pour lui donner l'ordre de gagner Adzopé par Morié, ne peuvent l'atteindre. Le Commandant fail rallier d'urgence deux trains blindés, en
débarque les équipages, prélève quelques hommes sur la garnison de la gare de Bogbobo et lance immédiatement ce détachement de 65 fusils sur Adzopé sous les ordres du lieutenant Dhomme. Ce détachement bouscule l'ennemi à Morié (I tué) et arrive à Adzopé le 28 à midi.
Le 1er groupe, faute d'eau dans la forêt, rallie Agboville, et est dirigé le 27 au soir sur Adzopé. Après avoir combattu une partie de la nuit et perdu 3 blessés, ce groupe (capitaine Jacobi) atteint le poste assiégé le 28 au soir.
L'ennemi se disperse à l'approche de nos troupes. Le détachement Dhomme reste à Adzopé pour combattre les Attiés, le groupe Jacobi rallie Agboville pour fouiller la région de Morié.
Le 28 janvier arrive également, à Agboville, le groupe Fassin, qui vient de fouiller la partie nord-ouest de son secteur et d'enlever les villages de Sondiagnon, Courotiasso, Eudou et Gouabo. Un des pelotons de ce groupe est affecté à l'armement des trains blindés.
Le 21) janvier, ou apprend que l'insurrection des Agbas est certaine, que les Ngbans se révoltent à leur tour; vers Abidjan les villages attiés de l'ouest d'Anyama (M'Pody, M'Bonoua, etc.) prennent les armes, les villages abidjis se montrent hésitants. Il faut faire tête de tous côtés.
Les mesures suivantes y répondent :
le peloton Larbalétrier (3e groupe) est envoyé d' Agboville à Dimbokro ;
la section du 4e groupe qui était à Dimbokro retourne à Toumodi ;
le 5e groupe (5e compagnie du 4e Sénégalais Capitaine Lalubin) en opération contre les Didas (nord de Lahou) reçoit l'ordre de rallier d'urgence Agboville ;
Ordre est donné de fortifier et d'approvisionner à trois mois de vivres, avec munitions suffisantes, tous les postes administratifs civils du théâtre des opérations.
Enfin le Commandant de la colonne demande au Chef de la colonie l'envoi de renforts de Dakar.
Au départ du 1er groupe pour Adzopé, le 2e groupe qui opère vers Guessiguié est rappelé sur la voie ferrée : un peloton à
ïapo, un peloton à Agboville. Au retour du 1er groupe, le •2 reçoit L'ordre de se rendre eu pays abidji pour y attaquer les villages hostiles et ramener les hésitants dans le droit chemin.
Le 1 ' groupe, qui a signalé un rassemblement de 400 à 500 guerriers au nord de Morié, marche contre ces forces ennemies.
Les AJbbeys ont évacué en grande partie leur pays et se sont réfugiés «liez leurs voisins. Seules, des troupes de guerriers parcourent La région par intervalles et viennent de temps à autre fusiller les trains à leur passage. Ceux-ci, formés uniquement de trains à bagages aux ouvertures blindées, sauf quatre créneaux horizontaux, circulent les portes fermées et souffrent peu des projectiles ennemis.
Le 6 février, un télégramme du poste d'Akakoumékro (Nzi- Gomoë) annonce que La tribu des Ouellés s'insurge à son tour.
Le 8 février arrive à Grand Bassani le Gouverneur Général de L'Afrique occident,! h* française, M. Ponty amenant avec lui Le Commandant Morel, les 3e, 8° compagnies du 4e Sénégalais (Capitaines lluart et Raynal), un renfort de 40 tirailleurs du Ier Sénégalais et des officiers.
Les troupes sont alors organisées de la façon suivante :
Etat-major à Dimbokro.
Colonne n" 1 à Dimbokro : Chef de bataillon Morel, 3e, 5e et S' compagnies du 4<; Sénégalais.
Colonne m" 2 à Agboville : Capitaine Jacobi, 4e, 7e et 9e compagnies du Ier Sénégalais.
Troupes du chemin de fer (Capitaine Serniagc) : 30 tirailleurs du 1" Sénégalais, l.'iO gardes de police, 300 volontaires.
Troupes en observation en pays akoué (Capitaine Jigaudon) : i groupe 1" brigade indigène), 40 gardes de police à Bonzi Lieiilenanl lioilel
La <-ol, .une n" I doit tenir Dimbokro, aider à La lutte contre Les Abbeys, préparer activement la campagne contre les V- bans ;
La colonne d° 1 termine la pacification du pays abbey.
Les troupes du pa\s akoûé tiennent en respect les tribus
haoulés révoltées des Yaourés, Ayaous et Kodés et une partie des Nanafoués.
Tout le mois de février vit sur tous ces points une activité extrême et de multiples engagements. En pays abbey, c'est le 2e groupe et le peloton du Lieutenant de Cernon (8e compagnie du 4e Sénégalais) qui opèrent au sud-ouest de la région et dans les villages attiés insoumis à l'ouest d'Anyama ; c'est le Ier groupe et le peloton du lieutenant Adam (5e compagnie du 4e Sénégalais) qui réduisent les forts groupements d'Attobrou ; c'est encore le détachement du lieutenant Dhomme qui, après avoir soumis tous les villages attiés de la frontière abbey de l'est, opérant avec la 5e compagnie du 4e Sénégalais (Capitaine Lalubin) actionne les Attiés Kettés au nord du pays attié.
Le 28 février, le Gouverneur Angoulvant se rend à Dimbokro sans incident, mais le train descendant qu'il a croisé en gare d'Agboville trouve la voie coupée à 4 kilomètres de Yapo et déraille sous le feu de l'ennemi.
Durant le mois de mars, traqués dans le fond de leur forêt, débusqués par le Capitaine Foulon de leurs retranchements du sud-ouest, de leurs abatis de 12 à 14 kilomètres de profondeur, bousculés et pourchassés sans trêve par le Capitaine Sermage qui enlève les gros campements d'Oraisoué, au nord de Morié, les Abbey s commencent à se décourager.
Le 17 mars, les villages attiés de l'ouest d'Anyama envoient des parlementaires pour demander la paix.
Le 7 avril le Commandant Noguès rentre en France.
D'avril à octobre 1910, des détachements continuent d'opérer en pays abbey pour achever la soumission des indigènes qui, bien que n'opposant plus de résistance ouverte, se refusent encore à rendre leurs armes.
Deux compagnies (la 4e et la 9e) du 1er Sénégalais sont maintenues la Ve à Agboville, la 2e à Tiémélékro, avec blockhaus à Guenégué et Morié.
Jusqu'au 20 juin, le Commandant Maritz, qui assure la direction des opérations, organise un système de fouilles méthodiques du pays. Des reconnaissances, dont les principales sont exécutées par les lieutenants de Lavigerie et Ferrand et le
sergent Samba Diarra, sillonnent le territoire et réussissent à faire pendre aux rebelles près de 700 fusils et verser plus de 27.000 francs d'amende de guerre.
Après la constitution de la colonne des Agbas, le commandement passe au Capitaine Jacobi, ayant à sa disposition 17.) tirailleurs. Les reconnaissances du Lieutenant Humbert et des sergents Barké Diallo et Samba Diarra amènent, dans le courant de juillet, la reddition de 170 fusils.
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Fig, 22» — Pays abbej .
7.") tirailleurs sont envoyés au début d'août, avec le lieutenant Juge, pour hâter les opérations : 365 fusils sont versés dans les mois d'aoûl et septembre.
Au commencement d'octobre^les Àbbeys sont virtuellemeni désarmés ef Les opérations sont considérées comme terminées dans cette région.
La 3e brigade de garde indigène (Capitaine Garnier) tient garnison à Agbo ville jusqu'en fin avril 1911.
Entre le 20 avril et le 20 juin 1910, le Capitaine Foulon, avee une fraction de la 7° compagnie du 1er Sénégalais, avait mis à la raison les Attiés Kettés en s' emparant du centre de la résistance Afeï.
La colonne des Abbeys nous coûtait 21 tués et 71 blessés (dont 1 officiers et 1 sous-officier européens).
Colonne des N Gbans (30 mai-31 juillet 1910)
Les N'Gbans, qui constituent l'une des plus importantes tribus de la grande famille Baoulé, occupent la vaste région triangulaire comprise, au sud du parallèle de Lomo, entre le Bandama et le N'Zi, jusqu'au confluent de ces deux rivières. Indépendants, braves, tenaces, chasseurs adroits et infatigables, confiants dans leurs forêts et fourrés impénétrables, ils ont eu déjà à maintes reprises affaire à nos troupes ; ils se sont toujours montrés adversaires redoutables et n'ont jamais voulu s'avouer complètement vaincus. Dès nos premières tentatives de pénétration en Côte d'Ivoire, ils opposent, à Singrobo, une résistance opiniâtre à la colonne Monteil ; en 1902 et 1903, ils font subir des pertes nombreuses aux petites colonnes chargées de les punir des attaques qu'ils ont dirigées contre les convois de la ligne d'étapes ; ces colonnes terminées, mais non suivies du désarmement, ils ne payent pas L'amende de guerre qui leur a été infligée. Si, pendant les années suivantes, ils ne font pas parler d'eux, c'est uniquement la conséquence du relâchement progressif des liens d'autorité qui les rattachaient au représentant de l'administration à Ouossou : leurs sentiments à notre égard n'ont pas changé, la première occasion va nous les faire connaître.
Cette occasion est, en 1909, la question du désarmement : ils refusent catégoriquement de rendre leurs fusils, chassent de leurs villages le chef du poste d'Ouossou, menacent les tribus
du voisinage qui uous sont restées attachées, tuent 3 colporteurs ,i se préparenl activement à la guerre : construisant des tranchées, fortifiant leurs villages, immolant îles victimes humaines pour se rendre les fétiches favorables.
Dès janvier 1910, ils prennenl hardiment l'offensive, coupent toutes Les routes el lignes télégraphiques aboutissante Ouossou et bloquent ce poste autour duquel se sont réfugiés les rares indigènes restés fidèles à notre cause.
Notre action immédiate s'impose. 11 est en effet urgent, avant de commencer les opérations contre les Agbas, destinées à permettre la reprise des travaux de l'avancement du chemin de fer, de protéger la partie déjà construite contre les entreprises possibles des N'Gbans et de réouvrir la ligne d'étapes en même temps route commerciale, Tiassalè-Toumodi.
La colonne contre les N'Gbans est donc décidée. Elle comprend :
Etat-major
MM. Morel, chef de bataillon, commandant la colonne. Bermond-( îonnet, lieutenant-adjoint.
Arlo, médecin aide-major de lre classe.
'1 sous-officiers européens.
I \ indigènes de tons grades.
\1 porteurs, guides el interprètes.
/rl Groupe. S1 Compagnie du 4e Sénégalais
MM. lluard, capitaine commandant le groupe. ïissot, capitaine (à dater <lu 16 juin). Ferrand, lieutenant.
Gilquin, lieutenant.
i sous-officiers européens.
I \ I indigènes.
93 porteurs.
\h Groupe. 5° Compagnie du /*' Sénégalais
VI M. Lalubin, capitaine.
\d.ini. Lieutenant.
5 sous-officiers européens.
168 indigènes.
99 porteurs.
SQ Groupe. 8e Compagnie du ic Sénégalais
MM. de Ccrnon, lieutenant.
Yoro Diallo, sous-lieutenant indigène.
5 sous-officiers européens.
154 indigènes.
99 porteurs.
i° Groupe. Détachements des 3e et -/e Brigades
MM. Gagilepain, capitaine commandant le groupe. Chapeau, lieutenant (évacué le 8 mai).
Dauvergne, lieutenant (parti le 21 juin). Carbou, lieutenant (arrivé le 20 juin).
Guilleminet, lieutenant (évacué le 6 mai). Guinot, lieutenant (arrivé le 2 juillet).
6 sou s -officiers européens.
196 indigènes.
93 porteurs.
Groupe du ravitaillement
M. Audy, lieutenant.
3 sous-officiers européens.
1 indigène.
150 porteurs.
Troupe d'étapes : Jrr Peloton de la 7e Compagnie du 1er Sénégalais
Sergent Jouan.
48 indigènes.
Section d'Artillerie
M. Bonnabel, lieutenant.
2 sous-officiers européens.
i canonniers européens.
•27 indigènes.
98 porteurs.
1 pièce de W de montagne.
La configuration géographique de la région des N'Gbans el l;i répartition de La population amènent le Commandant de la (•«donne a sérier Les opérations en trois phases successives :
A Réduction des sous-tribus Dictas, Kpouébos, Adaotts situées à l'est et au sud-est de YOrumbo-Boka.
]\) Investissement et fouille du massif montagneux de YOrumbo-Boka.
G) Réduction des sous-tribus Moronous et Assabous et réouverture de la route Tiassalé-Toumodi.
Première Phase
Le plan adopté consiste à se porter sur le groupe de villages d'Ya-Guiékro considéré comme centre de résistance, par 3 axes convergents, le 2e groupe partant de Dimbokro par les Didas ; le I" de Tiémélékro par les Kpouébos, le 3e d'Anoumaba par les Adaous.
Le mouvement commence. Le 30 avril, par le groupe du Nord, pour attirer de ce côté l'attention des N'Gbans et faciliter ainsi aux autres groupes le passage du N'Zi. Le 2 mai la colonne est tout entière en pays N'Gban : L" Etat-Major et le 4e groupe marchent avec la traction du centre. Du 3 au t<S mai, les reconnaissances offensives (Je jour et de nuit sont alternées avec les destructions de villages, campements, cultures et les contreembuscades. Les 3 groupes, reliés entre4 eux, progressent régulièrement, brisant les résistances assez vives qu'ils rencontrent cl refoulant L'ennemi devant eux. Le l<S mai ils occupent le iront \ < ruessan-Ndoukoukro-Angoua-( )ufouékro-Yao-Kankro; le groupe du nord jugé insuffisant a été renforcé par Le ï groupe.
Les reconnaissances, exécutées du 20 au '2- mai, signalent un gros rassemblement Dida dans un groupe de •"> \ [liages ayant pour centre Koumankro. Cette position est enlevée Le 2\ mai
par les 2e et Ie groupes. Les Didas, qui ont résisté avec acharnement, vont se reformer en arrière dans la forêt de Tuikokré, d'où une reconnaissance du groupe Gagnepain les déloge ; désormais leurs grosses résistances peuvent être considérées comme brisées.
Le 1er juin, une colonne légère de 175 fusils (2e et 4e g coupes), sous les ordres du Chef de Bataillon se porte sur Digri- Kouadiokro ; elle se heurte à une immense tranchée parfaitement aménagée. Lavant-garde, énergiquement conduite parle Lieutenant Adam, refoule l'adversaire ; la colonne s'installe dans la village, elle est rejointe, le \ juin, par les convois des 2e et 4e groupes, l'Etat-Major et l'Artillerie. Un poste hlockhaus est construit et occupé par le ir groupe. Le 9 juin, les chefs des Kpouéhos demandent nos conditions de soumission.
Pendant ce temps, au sud, le groupe de Cernon progresse en fouillant méthodiquement la région ; il enlève le village de Pétèsou et bivouaque le 2 juin au nord-est du village Kpouébo de Kouadio-Amanikro. Il y est rejoint le 3 juin par le groupe Éluard. Les deux groupes, opérant ensemble, fouillent la région d'Ya-Guiékro en liaison avec les 2(' et ie groupes.
Deuxième Phase
Les reconnaissances des premiers jours de juin signalent (pie les rebelles se sont réfugiés dans l'Orumbo-Roka, elles continuent jusqu'au 13 pour rechercher les voies d'accès et permettre d'arrêter lés dispositions à prendre. Les troupes sont réparties, dans la journée du 14, et l'attaque de la montagne a lieu le 15, en 2 colonnes, l'une venant de l'ouest (Capitaine Huard avec 5 sections), l'autre de l'est (Capitaine Lalubin avec 3 sections et l'Artillerie). L'artillerie, qui a trouvé un bon emplacement entame l'action: son tir, remarquablement dirigé par le Lieutenant Bonnabel, démoralise l'adversaire et paralyse toute défense ; les 2 groupes d'infanterie se rejoignent, occupent la crête, puis fouillent minutieusement le massif pendant, que les 1er et ie continuent à en assurer l'investissement l^e 28,
tous Les rebelles, qui avaient cherché asile dans la montagne ont lui ou se sont rendus.
Le 23 juin Le chef des Didas qui, 10 joncs auparavant, avait demandé nos conditions de soumission, fait connaître sa décision de continuer la guerre. Les opérations sont reprises avec la plus grande énergie, contre les Didas du sud, par le 2e groupe (Capitaine Lalubin) et un détachement de 80 fusils du l"1 groupe (Lieutenant Ferrand) ; et, contre les Didas du nord, par le 3e groupe (Lieutenant de Gernon). Le 4 juillet, les chefs de guerre et les meneurs de la rébellion sont livrés, tons les Didas renoncent à la lutte. En même temps le 4e groupe, resté .ni blockhaus de Digri-Kouadiakro, a continué à agir contre les Kpouébos qui, le 10 juillet, livrent leur chef. Les Adaous, impressionnés, se sont rendus de leur coté à Ouossou pour offrir Leur soumission.
Troisième Phase
Dès le milieu de juin, le Commandant du poste administratif d'Ouossou a pu, par l'intermédiaire des indigènes fidèles, entrer en relations avec les chefs Assabous et Moronous, atterrés par les nouvelles qu'ils ont reçues de leurs voisins de l'est ; et, par une politique adroite, il a amené ces chefs à s'installer à Ouossou. Le Commandant de la colonne se rend à ce dernier poste et, après examen de la situation, décide de montrer des forces imposantes vers M'hriho pour réouvrir la route d'étapes Tiassalé-Toumodi, puis de remonter ensuite vers le nord en affectant à chaque groupe une zone de fouilles avec mission de pourchasser sans trêve les dissidents Assabous. Le 4° groupe ;i été laissé à Digri-Kouadiokro pour achever la soumission des N'Gbans de L'est. Les opérations se poursuivent suivant ce plan •>;ms incident marquant.
Le 31 juillet fout esl terminé : tous les chefs rebelles et meneurs sont emprisonnés; plus de 600 fusils ont été pris ou rendus; l'impôt de 1910 a été presque intégralement payé et environ h' quart de L'amende de guerre a été versé.
La colonne est dissoute à Ouossou le Ier août. Elle a duré
3 mois. Fidèles à leur passé les N'Gbans ont opposé uni vigoureuse résistance et nous ont causé des pertes sensibles. a) Militaires de tous grades :
"éoamo^
3 A cl ex o\u s
Fig. 23. — Pays ngban.
Tués, 11.
Blessés, 49, dont un sous-officier européen.
Contusionnés, 9, dont 1 officier,
b) Guides et porteurs :
Tués, 2.
Blessés, 6.
Contusionnés, 1,
•>(.Mi
Opérations contre les Saléfoués ±\ mai-30 juillet 1910)
Les Saléfoués, tribu du N'Zi-Coinoé, commettent de nombreux actes de brigandage, interceptent toute communication mm- leur territoire : ils coupent notamment la route caravanière d'Anoumaba à Akakoumoékrou. Une colonne de répression esl décidée.
Forte de 87 tirailleurs et 15 gardes de Cercle (Capitaine Posth, Lieutenant de Bazelaire, Administrateur-adjoint Cornet) cette colonne quitte Dimbokro le 24 mai. Elle arrive le 31 à Gouabo, bat la région du Gouagou où les rebelles, embusqués dans Leurs plantations, nous opposent une assez forte résistance. Le '2 juin, après une marche de nuit, le village de
""«do
Kïg. ±
Pays saléfoué.
Ngoran-Yaokro est enlevé brillamment par l'Administrateur Cornet qui est grièvement blessé. Les Saléfoués, impressionnés par les pertes nombreuses qu'ils ont subies et harcelés sans trêve par nos détachements, se réfugient chez Les Agbas. Les Béléfoués Leurs alliés se soumettent.
Vppelé à prendre part à la colonne des Agbas, le détache menl Posth est remplacé Le 20 juin, en pays saléfoué, par Le ' ttpîtaiqe Foulon c| (.>-"> tirailleurs de la 7" Compagnie,
période m: l'action vive : les colonnes 297
Le Capitaine Foulon commence à désarmer Les Béléfoués. Ceux-ci mettent de la mauvaise volonté, deux reconnaissances sont dirigées confie eux le 30 juin (Koutoukounoukro et Kokokrou) et le "> juillet. A la suite dos châtiments sévères infligés, ils rendent leurs fusils.
Le détachement Foulon entre alors en pays saléfoué : il obtient la soumission du chef Gagou ; mais le reste de la population, décidé à nous résister, s'est réfugié chez les Agbas. Sa mission terminée, le Capitaine Foulon rentre a Dimbokro le 'M) juillet.
Colonne contre les A g bas (1er juillet- Ier décembre 1910)
Les Agbas, tribu de race baoulé, occupent les deux rives du N'Zi, en amont de Dimbokro, jusqu'à hauteur du 7° 20 environ. Ils prennent les armes contre nous une première fois en 1901 ; insuffisamment châtiés par nos colonnes de 1902, ils nous croient impuissants à les réduire et font preuve à notre égard de la plus grande insolence. Un effort sérieux est tenté contre eux en 1905; une colonne de 100 fusils, sous les ordres du Commandant Betselère, parcourt leur pays pendant deux mois et crée le poste d'Aoussoukro ; ils paient les amendes infligées et font le geste de se soumettre, mais leur loyalisme n'est pas de bon aloi ; dès janvier 1910, entraînés par leurs féticheurs et par l'exemple des Abbeys, ils se mettent en état de rébellion ouverte contre nous.
Le 8 juin 1910, le Commandant Militaire de la Colonie décide la constitution d'une colonne chargée d'attaquer et de réduire les Agbas. Cette colonne a la composition ci-après :
Etat-Major
MM. Maritz, Chef de Bataillon Commandant la colonne. Bouvet, Capitaine de l'Artillerie Coloniale adjoint. (Jbomme, Lieutenant d'Infanterie Coloniale,
Vibratte, Médecin Aide-Major de lw classe. ! Sersrents Secrétaires.
1 Sergent infirmier.
Groupe n° 1
MM. Ferrand, Lieutenant.
Alessandri, Lieutenant.
:) Sous-Officiers européens.
100 Tirailleurs de Ja Ie Compagnie du 1er Sénégalais.
Groupe n° *2
MM. Reymond, Capitaine.
Dangelzer, Lieutenant.
X Sous Officiers européens.
100 fusils do la 9e Compagnie du Ier Sénégalais.
Groupe n° S
MM. Posth, Capitaine
Labouret, Lieutenant.
de Bazelairej Lieutenants
\\ Sous-Officiers européens.
100 fusils de la 10'' Compagnie du I" Sénégalais.
Groupe n° /
MM. Garnier, Capitaine.
Guilleminet, Lieutenant.
\ Sous-( officiers européens.
100 fusils de la 3e Brigade.
Groupe n° 5
MM de L.i\ igerie, Lieutenant.
I)au\ ergne, Lieutenant.
2 Sous-Officiers européens.
100 fusils de la 9° Compagnie et de la 3e Brigade.
Le plan adopté prévoit 4 phases successives.
I" Installation avec quatre groupes d'un poste de transit à Aoussoukro et occupation du centre de résistance de Dida Mossou ; création par le groupe disponible d'un blockhaus au coude sud-est du N'Zi pour assurer le passage de cette rivière .
2° Suivant les circonstances continuation des opérations sur la rive droite ou attaque, sur la rive gauche, du groupement d'Attensou.
3° Opérations sur la rive gauche.
4° Achèvement de la campagne par la poursuite dos opérations simultanément sur les deux rives.
Première phase
La colonne quitte Dimbokro le 1er juillet ; le 2(' groupe se dirigeant vers le coude sud-est du N'Zi, les quatre autres sur Aoussoukro. Ceux-ci désarment snns trop de difficultés les sous-tribus Satiahyri-Nassian du sud et Satiahyri-Ahuakréfoué, installent à Aoussoukro un poste de transit qu'occupe le groupe n° 4, destiné à opérer contre les Halis. Les groupes 1, 3 et 5 actionnent les Guinas, secondés par les Assikafoués de la rive droite du N'Zi, les dispersent et détruisent leurs campements. Pendant ce temps le Capitaine Reymond installe un blockhaus à Assiékokoré et y réunit une flotille de pirogues ; il refoule sur la rive droite du N'Zi les rebelles qui étaient venus jeter le trouble chez les Agnis, et, le 21 juillet, laissant une garnison dans le blockhaus d' Assiékokoré, il rejoint, chez les Guinas, les groupes opérant contre cette sous-tribu. Sur ces entrefaites, Le Commandant de la Colonne reçoit du Commandant Militaire l'ordre d'envoyer un renfort au Lieutenant Juge qui, opérant vers Kodiokofi, s'est heurté à une résistance sérieuse. Le 23 juillet, un détachement de 200 fusils (3° et A'' groupes) sous les ordres du Capitaine Garnier quitte Aoussoukro. Il arrive le 2o à Nangokro, ayant franchi en 2 jours une distance de 60 kilomètres malgré les difficultés du pays et les embuscades de l'ennemi, et se relie avec le Lieutenant Juge qui rejoint
Dimbokro. [1 opère ensuite chez Les Halis-Apasa Mankanfoués et chez Les Mongas qu il désarme en partie et, le II août, rejoint Le Commandant de la Colonne à Dida-Mossou.
Cependant, Le Commandant Maritz, ayant appris qu'une certaine agitation se manifeste chez les tribus voisines des chantiers de la Noie ferrée, a décidé <le détruire de suite le centre de résistance de Dida-Mossou. Il a lancé contre ce village les groupes disponibles, s'en est emparé le 28 juillet par une manœuvre adroite et y installe un poste provisoire.
Deuxième phase
La nécessité primordiale (rassurer la sécurité des travaux d'avancement du chemin de fer et l'absence du détachement du nord qui ne devait rentrer à Dida-Mossou que le 11 août) décident Le Commandant de la colonne à adopter le parti de continuer les opérations sur la rive droite du N'Zi. ï^es groupes numéros 1, 2, ">, renforcés à partir du 11 août par le détachement Garnier, rayonnent autour de Dida-Mossou et amènent la soumission des Mongas, des llalis de l'ouest et des Satiahiris- Balafoués.
Le l(.> août, le Commandant de la. colonne, ayant appris (pic le blockhaus d'Assiékokoré a été assailli par les Agbas du sud, envoie dans cette région le groupe Reymond. Le lendemain, laissant à Dida-Mossou le groupe Garnier, il se porte avec les groupes I. 3 cl "> contre les rebelles riverains de la voie ferrée qui, vigoureusement assaillis, se rendent très rapidement : dès les premiers jours de septembre, les travaux de la, voie ferrée sont repris el les troupes rejoignent Dida-Mossou. De son côté le Capitaine Reymond a bousculé les Guinas et reporté à Kakokro la flotille de pirogues d'Assiékokoré dont le blockhaus, inondé, a dû être évacué.
Troisième phuse
Le groupe Garnier, renforcé à 125 fusils, reste à Dida-Mossou avec mission de contenir les tribus déjà soumises, de garder la rive Nrauche du Y/i h de se tenir en relations avec le
chemin de fer. Le reste de la colonne vient traverser le N'Zi à Kokoki'o pour attaquer les rebelles de la rive gauche par le sud. Le passage .du N'Zi s'effectue sans incident, pendant la journée du 8 septembre et la matinée du i), malgré des difficultés énormes provenant d'une crue inusitée de la rivière. Le i) au soir, 400 fusils sont réunis au coude sud-est du N'Zi, prêts à commencer l'offensive. Le village d'Akpokro est enlevé le 10, celui du N'Ziblékrq le 12, par deux groupes commandés par le Capitaine Reymond ; les difficultés (cours d'eau débordés, inondations, mauvais sentiers en foret) ont été telles qu'il a fallu un jour et demi pour franchir \ kilomètres. Les jours suivants sont occupés à la fouille méthodique de la région ; le 17, la colonne est concentrée à Akpokro d'où elle va se porter sur le groupe d'Attensou. Elle bivouaque le soir du 18 auprès du ruisseau de M'Bouékoumbassou. De là, un seul sentier conduit à Attensou, traversant deux fois la rivière Bahia et passant par Kouadioblékro. Le 1er groupe (lieutenant de Bazelaire) emprunte ce sentier pour faire une démonstration sur Kouadioblékro et attirer l'ennemi de ce côté tandis que le gros de la colonne se fraie un chemin direct à travers la forêt ; à 13 heures le groupe de Bazelaire, parfaitement conduit, s'empare, après un combat acharné, du village de Kouadioblékro que les rebelles ont incendié ; en même temps, le premier échelon de la colonne principale, arrivé à Attensou, aborde vigoureusement la position et s'en empare après 3 heures de lutte. Le lendemain, la liaison est faite avec Kouadioblékro ; les Ier et 3e groupes restent à Kouadioblékro et Attensou pour fouiller la région, tandis que les w2t! et 5e groupes se portent vers l'ouest pour se relier, avec le groupe Garnier, à Diakpo où a été construit un blockhaus destiné à assurer le passage du fleuve. La liaison est assurée le 24 septembre, malgré une résistance assez vive opposée par l'ennemi en avant de Diakpo.
Le groupe Garnier, resté à Dida-Mossou, a, pendant ce temps, surveillé le N'Zi de Bombokro à Assiékokoré, interdit l'accès de la rive droite aux rebelles de la rive gauche, reçu la soumission de ioGtiuinas et fait disperser, parle Lieutenant Guilleminet, un campement ennemi situé à Xangokro.
Du î\ au 30 septembre, l^s groupes Posth, Reymond et de Lavigerie circulenf (Mitre Attensou et Diakpo, et occupent les villages Pandanfoués.
Quatrième phase
La quatrième phase, consistant à opérer simultanément sur les deux rives <lu N'Zi, va précipiter le dénouement. Tandis que deux détachements progressent vers le nord sur chacune des rives, un troisième est maintenu à la garde des postes et blockhaus de la Ligne d'étapes et à la surveillance de la rivière. Le Commandant de la colonne reste à Dida-Mossou. Sur la rive gauche les groupes I, 4, 5 (Capitaine Garnier), échelonnés Je l'est a l'ouest, progressent par bonds successifs vers le nord ; ils ont des escarmouches à Ngatakohikro, Assakro et Konanpokoukro où, le 15 octobre, le sergent Thollas est tué raide par sept halles reçues en pleine tète ; ce doit être le dernier coup de fusil de la campagne. Les soumissions, déclanchées dès la lin de septembre, font tache d'huile et s'étendent rapidement sur les deux rives du N'Zi : les démonstrations faites par nos troupes amènent à composition les hésitants : tin octobre les Kougrafoués et les Abbeys-Dolofoués se sont soumis au Capilaine Garnier ; les (minas et Satiahiris ont livré leurs armes au Capitaine Posth. Le 9 novembre, le Chef de guerre Anzuromitaki s.- rend an Commandant de la colonne à Dida-Mossou; il s'entremet près des derniers chefs rebelles de la rive gauche qui se rendent le 23 novembre. Le territoire agba est parcouru jusqu'à sa limite nord. Le Ier décembre tout le pays est soumis et la colonne rejoint Dimbokro.
Les A.gbas oui perdu ou remis 3.863 fusils et payé en 15 jours T 1 .818 francs suc l'amende de guerre de 100.000 francs qui leur a été infligée. Tous les chefs et meneurs sont entre nos mains.
De noire côté la campagne a été extrêmement pénible par Suite de la saison el de la vaillante résistance opposée par'lcs rebelles. \<>v perles on) été :
Militaires «le tous grades :
Tués, 13 dont le sergeni Thollas.
Blessés, 33 dont le Lieutenant Alessandri. Contusionnés, 6.
Porteurs et guide :
Tués, 5.
Blessés, 12.
Ha.U* f /
Fig. 25 — Pays agba.
Décès par maladie : tirailleur, 1.
Porteurs et guides, 9.
De plus 4 Officiers et 10 Sous-Officiers européens ont dû èli'e évacués pour raison de santé.
opérations en pays Ouellé-Salèfoiiê
(27 aoiit-5 décembre 1910).
Les opérations du 1er semestre (Capitaines Posth et Foulon) ont amené la soumission des Béléfoués et des Koutoukounous ; mais les Saléfoués, demeurés intraitables, se sont réfugiés chez
les \gbas plutol que de se rendre. Le retrait des troupes en août leur Laisse le champ Libre; ils en profitent pour se livrer, sous l'impulsion du chef Boni N'Diole, à des actes de brigandage contre les villages soumis qu'ils attaquent et pillent.
Le 22 août un détachement de la 71' Compagnie et du lw' Sénégalais
Lieutenant Javouhe^ .
Adjudant Scanu,
Servent Geins,
89 Tirailleurs.
quitte Dimbokro pour se pendre en pays saléfoué. Il a pour mission de maintenir ouverte la route Bongouanou-Akakoumoékrou et de protéger les populations soumises, en attendant que les progrès «le la colonne des Agbas permettent d'entreprendre une offensive décisive chez les Quelles.
Les renseignements recueillis signalent comme particulièrement agressif et dangereux Le chef Boni Ndiole, retiré vers Dékhikro. Arrivé à Agni-Assikasso, le 27 août au soir, le Lieutenant Javouhej décide d'attaquer Dékhikro dès le lendemain matin. Une reconnaissance bien conduite surprend ce village et L'enlève, causant à l'ennemi des pertes sérieuses. Quelques groupements douteux se mettent de notre côté.
Boni Ndiole s'est retiré vers Dékikouadiokro où de nombreux Agbas se sont joints aux Naabés. Laissant à Agni-Assikasso L'Adjudant Scanu avec 13 tirailleurs, le Lieutenant Javouheyse poitc. avec Le reste de sa troupe, sur Dékikouadiokro qui est pris et brûlé Le 5 septembre. Les Agbas, croyant Agni-Assikass > complètement évacué, Tout attaqué le \ au soir et ont
été répoussés avec pertes.
Le 9 septembre, Boni Ndiole, qui se propose de venir attaquer noire détachement de plusieurs côtés à la lois, est surpris à Dékhikro et battu ; ses partisans se dispersent et Lui-même s'enfuit chez les Agbas. Le pays Naabé est fouillé à fond jusqu'au 18 septembre. La prise d'Alangbakro, Le 21, achève de démoraliser L'ennemi et assure La sécurité complète du pays saléfoué. Il e^i possible, dès lors, de prendre L'offensive en pays ouellé. Le momenl est d'ailleurs venu, car In colonne
Maritz a traverse Le YZi, refoulant les Agbas vers le nord, et est arrivée, le 28* septembre à Aboutoukro.
Les Quelles forment deux groupes ennemis d'égale force, l'un à Test l'autre à l'ouest, séparés par une bande de tribus soumises. Le Lieutenant Javouhey reçoit Tordre d'établir un poste dans le groupement rebelle de l'est, de désarmer les Quelles et d'interdire leur pays aux Agbas pourchassés par la colonne Maritz. Il est renforcé, le 20 septembre, par un peloton de la 5° Compagnie du 4e Sénégalais (Lieutenant Adam, 2 Sergents européens, 81 Tirailleurs). Il dispose ainsi, déduction faite de la garnison d'Agni-Assikasso et des escortes nécessaires aux convois, d'environ 120 fusils. Il décide de commencer son action par Test ; il ne reste d'ailleurs à l'ouest qu'une seule tribu franchement hostile, les Mbombos, les autres s'étant soumises, le 28 septembre, à la suite d'une reconnaissance dirigée vers Abrékouadiôkro par le Sergent Mura.
Le 4 octobre, le détachement Javouhey atteint Groumaya (ami). Laissant en ce point son convoi sous la garde d'un sergent européen et 18 tirailleurs, il se porte, le 5 au matin, sur Ebongokro ; il n'y arrive qu'à 5 heures du soir. Le village est enlevé et occupé, mais les rebelles viennent nous inquiéter jusqu'à 7 heures, nous causant des pertes sensibles. Le Lieutenant Javouhey rentre le lendemain soir à Groumaya. Il y apprend que l'ennemi s'est concentré à Bayaso et décide d'enlever de suite ce centre de résistance. Une formation de marche bien comprise (3 petites colonnes parallèles) permet d'éventer toutes les embuscades des rebelles. Ceux-ci se replient sur le village que nos troupes abordent vers 3 heures du soir et enlèvent après une vive résistance. Mais les Quelles tentent des retours offensifs jusqu'à la tombée de la nuit.
Le Lieutenant Javouhey s'installe dans le village et, le 10, avant le jour, place trois embuscades sur les sentiers donnant accès à Bayasso. Celles des routes de Bangbo Assékro et de Duakro arrêtent les rebelles qui cherchent à tenter une nouvelle attaque ; mais celle de la roule d'Akpokro laisse passer un groupe ouellé qui vient tirer sur notre cantonnement et tue deux tirailleurs.
Le II. plusieurs reconnaissances sont envoyées dans tous les -eus. Les Ouellés, sensibles à Leurs pertes des jours précédents, son! devenus plus prudents.
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Pays ouellé, salefoué.
Le (létachciiieul traverse la Baya, enlève Duokro Le LJ octobre, liangbo-Assékro !<• L3, el Ouellé le L8, sans pertes, gràceà
une pluie violente qui empêche l'ennemi de tirer. Les jours suivants sont employés à la poursuite des rebelles dans les campements. La prise de Kodokokoré, le 21, achève la déroute des Ouellés de l'est qui, dès le 22, offrent leur soumission et rendent leurs armes. Le 30 au soir, 38 féticheurs, chefs et meneurs, sont arrêtés ; à l'ouest, les Anandas et Naabés entament un mouvement de soumission. Mais les Mbombos sont toujours résolus à la guerre.
Un Peloton de la 5L Compagnie du 4e Sénégalais est envoyé de Dimbokro, le 24 octobre, pour renforcer le détachement Javouhey. Le Capitaine Richard prend le commandement de l'ensemble des troupes qui comprennent 224 Indigènes.
Le Capitaine Richard arrive le 3 novembre chez les Anandas, qui rendent leurs armes, et se dirige de là chez les Mbombos. Ceux-ci, démoralisés, se sont dispersés dans la brousse; ris y sont poursuivis activement et ne nous résistent pas ; le 15 novembre, leur désarmement est terminé. Les derniers réfractaires Saléfoués, pris entre la colonne Maritz et le détachement Richard, rendent leurs armes ; il en est de même des Adéfoués et Akpouessés.
Le 5 décembre les opérations sont terminées; elles nous ont conté G tirailleurs tués, I 1 blessés : les rebelles ont perdu ou rendu 1.091 fusils.
Colonne du Bandama (1er janvier au Ier juillet 1911).
La colonne du Bandama, que le Commandant Noguès devait entreprendre à la suite de la soumission des Akonés et que la révolte des Abbeys vint interrompre, est reprise dès le début de 1911. Elle a poui* mission de soumettre définitivement les tribus des Nanafoués-Kpris, des Yaourés, des Ayaous et des Kodés qui, à des degrés divers, se sont révoltés contre notre autorité. Ces tribus n'ont, à vrai dire, jamais accepté complètement notre domination ; an milieu de l'année 1910 l'état politique de leur pays est tel « qu'il compromet gravement la sécu-
rite «in centre de La Colonie et, par suite, l'ouverture au commerce d'une région riche en produits oaturels. » Rapport du Lieutenant Gouverneur au Gouverneur Général en date du :» août 1910 .
Les Nauafoués-Kpris sont, en réalité, Indépendants de notre administration depuis octobre 1902, époque à Laquelle nous avons évacué Le poste de Salékro à La suite d'une opération malheureuse « f u i a coûté La vie au Lieutenant Dessuze. Notre inaction, pendant (S ans, est taxée par eux de faiblesse et Leur région est devenue un loyer permanent de révolte. Leur état d'esprit est caractérisé par ce l'ait qu'ils ont attaqué la lrc Brigade en reconnaissance sur Leur frontière sud et qu'ils ont ensuite brûlé l'ancien poste (abandonné) de Kongouanou. Les sous-tribus plus particulièrement hostiles sont celles du sud et de l'ouest, excilées contre nous par une femme, chef du village de Salékro, la même qui. déjà, en 1902, a été l'inspiratrice du mouvement. Leur force est évaluée à 1.500 fusils; leur centre principal de résistance est Salékro. Pays plat, assez découvert, les villages étant entourés de fourrés; eau en quantité suffisante; peu de vivres.
Les Vaourés, moins irréductibles que les Nanafoués, n'ont cependant pas accepté nos conditions de soumission relative au désarmement. Seuls quelques villages du sud ont rendu leurs fusils à la 1" brigade ; les autres, à L'instigation du chef À.pendré, ont refusé et se sont préparés à la guerre. Ils ont environ i.000 fusils. Pays assez découvert avec de hauts mamelons. dominant la plaine du Bandama et ayant entre eux des dénivellations profondes et boisées ; eau courante4 partout ; vivres en quantité suffisante.
Les Ayaous. bien (pic battus déjà en 1907 et 1900, sont encore en complète rébellion. Ils ont promis Leur appui contre nous ;i Leurs \oisins; leurs émissaires parcourent le pays, excitant Les jeunes gens à la guerre, invoquant les dieux à l'aide de sacrifices humains. Ils se flattent de nous chasser de Leur territoire - connue en 190!) » disent-ils. Ils ont environ 2.000 fusils, si.nl bien approvisionnés en poudre. Leur pays, à cheval sur le Bandama, est d'accès assez facile, sauf au nord et au sud où
s'étendent de vastes forêts. Il n'y a pour ainsi dire pas <le vivres.
Les Kodés sont les moins hostiles des ï tribus à soumettre. Ils ont refusé d'acquitter l'impôt et de fournir des porteurs, mais ue se sont livrés à aucun acte d'hostilité ouverte. Leur pays, couvert et occupé, est difficile.
C'est en présence de cette situation inquiétante, exposée par le Lieutenant-Gouverneur de la Colonie, que le Gouverneur (relierai décide les opérations sur le Bandama (septembre 1910). Les conditions générales de soumission à poser sont les suivantes :
Livraison intégrale des armes,
Reddition des chefs et meneurs,
Paiement de l'impôt arriéré et de l'impôt de l'année,
Paiement d'une amende de guerre,
Construction de routes entre les postes existant ou à créer.
Le commandement de la colonne est confié au lieutenantcolonel Levasseur ; il dispose de i Compagnies (4e, 7e, 9e et 10e) du 1er Sénégalais, de la 1I(> Brigade indigène et d'une pièce d'Artillerie, effectifs auxquels il faut ajouter 3 sections de la 8° Compagnie du l'r Sénégalais qui occupent ou vont occuper les postes installés en pays gouro. Au total : 20 Officiers, 40 Sous-Officiers européens,