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CHAPITRE IV

Alors que, dans le cercle d'Amljatondrazaka, la population étrangère à la -race hova avait pris parti contre nous sans beaucoup de conviction, au contraire, dans le cercle d'Am- ])ohidrabiby, nous nous trouvions au cœur de l'Emyrue, en présence d'une population fanatisée par les excitations du vieux parti hova, et tenue en haleine par deux des principaux agitateurs de cette époque, Rabezavana et Rabozaka.

La présence de ces deux chefs dans le nord de lEmyrne y rendit l'insurrection particulièrement tenace , et il fallut beaucoup de temps, de patience et de persévérance pour reconquérir la confiance des populations.

La limite orientale du cercle est nettement déterminée par la falaise, de direction nord-sud, qui ])()r(h' hi foret d'Emyrne (1).

La Mananara , qui est la rivière la plus im[)()rt;iiite du bassin supérieur de la RetsiboUa, prend sa source au sud du cercle, pi'ès de la foret ; elle coule vers le nord jusqu'à Anjozorobé, point où elle sinlléchit vers l'ouest.

(1) Nous appelons Forêl il' Eiiiiiriir la foivl qui siHeiul de Tsiiijoarivo sur l'Ouivc jusqu'à l'ouesl du lac Alaotra, cl Cniiidi- Forél ocUi' (pii lionlc à lest la |ilaiue du Mangoro.

Elle forme un o])stacle réel pendant la saison des pluies et partage ainsi Test du cercle en deux régions communiquant difficilement entre elles.

A l'ouest, le cercle n'est séparé du cercle de Babay par aucune limite naturelle : sa frontière est celle de l'ancien gouvernement indigène de YAvaradrano.

Les insurgés obéissaient soit à Rabozaka, qui tenait le pays entre la Mananara et la forêt, soit à Rabezavana (1), dont les bandes occupaient les vallées tributaires de la Betsiboka, à l'ouest de la Mananara. C'était Rabozaka qui jouissait de l'influence la plus grande. Ancien chef du petit village de Yohidrazano, près de Tanifotsy, les gens du pays lui étaient tout dévoués, et il avait su enflammer leur patriotisme.

Sa réputation s'était peu à peu répandue dans tout TAvaradrano, entièrement soulevé contre nous. Les habitants avaient interprété comme un succès le retour à Tananarive des troupes envoyées contre eux au mois de mai, et ils se croyaient insaisissables, par suite, invincibles.

Le commandant Mougeot, nommé au commandement du cercle, disjjosait des troupes suivantes (2) :

8* compagnie d'iiifanterio de marine (capitaine Jeanmaire). 2^ compagnie du régiment malgache (capitaine Marcajour) (3 . 3® compagnie du régiment malgache (capitaine Loyer), 4° compagnie du régiment malgache (capitaine Landeïioin). 2* compagnie sénégalaise du régiment colonial (capitaine Dulin). 4<= compagnie du régiment d'Algérie (capitaine Jagquinot). 1 peloton de la 12® compagnie haoussa (momentanément).

Le premier o])jectif assigné au commandant Mougeot était

(1) Dans lu nuit du 23 au 24 septembre, le lieutenant Gramont avait surpris et presque entièrement détruit une Lande installée dans un village à l'est du mont Baka. Rabezavana, qui se trouvait avec cette bande, s'était échappé à grand'peine. Cet échec l'avait retidu circonspect, et il se tenait hors de la portée de nos postes.

(2) Y compris les renforts arrivés dans le courant d'octobre. (.3) Etait au début dans le cercle de Babay.

LA KOUKT I)' KM V UN i:.

PACIFICATION DU CERCLE d'aMBOHIDRABIHY. 93

la réouverture de la route du nord, sur laquelle notre autorité ne s'exerçait, au commencement d'octobre, que jusqu'au blockhaus d'Amboliitrolomahitsy (36 kilomètres de Tananarive).

Outre ([ue l'occupation solide de cette route était indispensable pour relier Tananarive au cercle d'Ambatondrazaka, elle devait aussi procurer l'avantage de séparer Rabozaka de Rabczavana.

Eu même temps qu'elles progresseraient sur la route d'Ambatondrazaka, les troupes devaient réoccuper métho- (li({uement la vallée de la Mananara et ])order la lisière de la forêt. Les rebelles se trouveraient ainsi privés des ressources qu'offrait pour leur alimentation cette fertile vallée, et bloqués dans la forêt.

Opt-rations 7ntlUaires Jusqu'à la créai ion du V^ Icrrlloire. — Au commencement d'octobre, un bond en avant d'environ lo kilomètres fut exécuté sur la route; des postes furent installés à Ambatofisoharana et à Ambatomainty : ce dernier village était, avant l'insurrection, le centre de la mission du P. Berthieu, assassiné au mois de juin; les habitants, presque tous catholiques, nous étaient dévoués. C'était une mesure de sage politi([ue de les protéger contre les représailles des rel)elles.

Les troupes déployèrent nne grande ;i(ti\ité dans le [)ays situé entre la Mananara et la forêt, pendant le mois d'octobre et au commencement de novendnv. Le poste d'Anil)atomena servit de base aux opérations : rr('([utMites reconnaissances, surprises de canq)enieiits ennemis, Jjatlues sur la lisière de la forêt, création de nouveaux postes : And)ohitandraina. And)oliidratrimo (à l'entrée d'un des rares sentiers tra\ersant la forêt); Anjohy, sur la rive droite d(> la Mananar.i. à hauteur d'Ambatomainty ; Ainbohiniadana. à l'est dAnibalomena.

En arrière de la ligne des postes l(>s plus avancés, nos officiers procédaient activement à la réorganisation adnii-

nistrativc du pays et s'ellorçaieiit de réparer les ruines de rinsurreetion. Ambatomainty, Ambohiniadana et Ambatonieiia devinrent les centres de trois secteurs provisoires.

Cependant les rebelles entreprenaient de fréquents retours otiensifs ; ils attaquèrent assez vigoureusement Ambatomainty, Ambohiniadana.

Les échecs qu'ils subissaient chaque fois, les pertes que leur infligeaient nos reconnaissances et nos endjuscades ( 1 ) ne les décourageaient point. C'est qu'ils trouvaient dans la forêt un refuge assuré, une sorte de place d'armes où nos troupes pouvaient difficilement les suivre.

Crêafion du 1«'' territoire militaire. — Nous avons dit, au chapitre précédent, les raisons qui déterminèrent le général Gallieni à créer le l®"" territoire militaire en groupant sous le commandement du colonel Combes les trois cercles d'Ambatondrazaka, de Moramanga et d'Amljohidrabiby.

Ce groupement allait permettre, en particulier, de donner une direction d'ensemble aux battues dans la forêt et de régler, pour les rendre concordants, les mouvements des troupes postées sur les deux lisières, et appartenant à deux cercles différents. Le chef-lieu du territoire était placé à Tanifotsy, pour les motifs cjuiont été donnés plus haut; mais avant d'aller s'y installer, le colonel Combes tint à diriger lui-même une opération combinée dans la forêt à hauteur d'Ambohitand raina.

A cet effet, il rassembla, le 6 décembre, à Ambohitandraina : un peloton de tirailleurs sénégalais et un peloton de tirailleurs malgaches, et prescrivit au capitaine de Thuy de s'établir avec un détachement de légionnaires et de Haoussas aux dél>ouchés de la forêt sur la lisière est, en face d'Amboliitandraiiia.

(1) Le lieutenant Aiipelit-Durand, de la 4" compagnie de tirailleurs malgaches, se distingua particulièrement au cours de ces opérations.

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Le capitaine de Thuy, eoiiimandant la 3^ comija^nie du bataillon de légion, venait d'arriver dans le cercle de Moranianga. Dans la nuit du 7 au 8 décembre, un jicloton de cette compagnie fut assailli au bivouac par un groupe de rebelles audacieux qui, profitant de l'obscurité, se glissèrent entre les sentinelles et arrivèrent jusqu'aux tentes.

Lu combat corps à corps s'engagea, au coui's du(piel six légionnaires furent blessés à coups de hache et de sagaie.

Le lendemain, le capitaine de Thuy faisait sa jonction avec le colonel Combes.

Cet officier supérieur était parti d'Ambohitandraina et avait traversé la forêt, le 7 décend^re, en condjinant sa marche avec celle du lieutenant Quintard, de la 10® compagnie haoussa.

Au cours de la marche, un seul homme fut grièvement ])lessé; on n'avait d'ailleurs rencontré (pie de toutes petites bandes rebelles.

Le colonel Combes donna sur place des instructions détaillées pour l'occupation de la rive droite du Mangoro et de la lisière orientale de la forêt jusqu'à Mérimitatra inclus.

Nous verrons plus loin les détails de cette occupation en étudiant l'organisation de Tanifotsy et de la région avoisinante.

Organisation de Tanifotsy.

Le centre du 1'" territoire militaire avait été placé ù Tanifotsy, à l'entrée de la forêt, sur la route d'Ambatondrazaka, pour permettre au colonel Combes d'exercer personnellement une vive impulsion à la dispersion des bandes de Rabozaka et de Rabezavana, et à la liaison entre les cercles de Moramanga, d'Aml)ohi(lral)il)y et d"Anil>at<)ii(b-azaUa.

Tanifotsy se trouvait très en l'air : h* i)remier soin du colonel Coml)es fut d'en faire une base d'opérations et de ravitaillement très solide, bien reliée au sud avec Tananarive,

i)G PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE IV.

au nord-est avec Ambatondrazaka, au sud-est avec Mérimitatra (cercle de Moraiiianga).

Cette base servirait de dépôt à une force mobile apte à se porter dans toutes les directions.

Le commandant du l*"' territoire s'installa à Tanifotsy le 18 décembre seulement, il y avait été précédé par le commandant Mougeot, qui avait commencé l'organisation d'un camp pour deux compagnies (2® sénégalaise et 2" malg'ache) et une section d'artillerie.

Le principe appliqué pour la construction du camp de Tanifotsy, comme pour celle des autres postes, fut d'y organiser un réduit susceptible d'être défendu par un faible détachement, afin de pouvoir employer la majeure partie de la garnison à des opérations extérieures.

A Tanifotsy, c'était la partie du camp réservée aux officiers qui constituait le réduit. Tout le camp était entouré d'une palissade défensive.

Deux mamelons, qui commandaient le camp à petite distance, furent occupés par deux blockhaus, dont le plus important fut armé avec la section d'artillerie.

Liaison de Tanifotsy avec Tananarive. — Analabé avait été occupé le G décembre, Anjozorobé le fut le 10.

La liaison de Tanifotsy avec Anjozorobé fut assurée par deux blockhaus : les Roches plates et Ampamoizankova.

L'expérience ayant fait reconnaître que la distance entre Analabé et Anjozorobé était trop considérable, un blockhaus fut construit, au commencement de février, à Nossi-Yola, afin d'assurer la sécurité des convois.

Lue lig-ne optique fit communiquer Tanifotsy avec Tananarive ; mais la mauvaise saison rendit les communications fort précaires ; même quand il ne pleuvait pas, les postes optiques installés sur des pitons étaient le plus souvent dans le brouillard. Néanmoins, cette ligne rendit quelques services.

JORGANISATION DE TANIFOTSY ! £T DE L.\ REG10>' V01S1>E

( Décembre 1896 JanWer 1897 )

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Liaison avec Ambatondrazaka. — Sur l'autre lisière de la forêt, à 7 ou 8 kilomètres de Tanifotsy, Mandanivatsy est le premier village dépendant du cercle d'Ambatondrazaka.

Un blockhaus fut construit sur rAmbaravarambato, piton élevé, situé à mi-distance entre Tanifotsy et Mandanivatsy.

Ce blockhaus servit en môme temps de poste de surveillance et de poste optique.

Quant à Mandanivatsy, il ne fut occupé qu'au retour d'un détachement envoyé à Ambatondrazaka, sous les ordres du capitaine Michard (1), pour porter au commandant Rouland les instructions du colonel Combes et ramener un convoi de bœufs et de riz. Le capitaine Michard, parti de Tanifotsy le 12 janvier, y rentra le 21.

Antanimenakely fut occupé par le commandant Rouland à la fin du même mois.

Liaison avec Merimitatra. — Merimitatra est de l'autre côté de la forêt, à une dizaine de kilomètres au sud-est de Tanifotsy. Le capitaine Brulard, commandant la 4« compagnie de légion, s'y installa le 25 décembre avec un peloton de sa compagnie et un peloton de PLaoussas, après avoir dirigé dans la forêt une série de reconnaissances pour en chasser les rebelles. Il se relia avec Tanifotsy par deux blockhaus.

11 se soudait dans la direction du sud avec le capitaine de Thuy, qui, installé de sa personne à Mandialaza, avait des postes à Betafo (15 kilomètres au nord de Mandialaza) et Ambohibato, au débouché du sentier qui conduit d'Ambohidratrimo (cercle d'And)oliidrabiby) à Analabé, sur le Mangoro .

Le capitaine lUudard commandait le secteur de Merimi-

(1) D(> l'élat-mîijor du corps d'occupation, détaché momontaucmeut auprès du colonel Combes.

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tatra, le capitaine de Tliuy le secteur d'Analabé ; ces deux officiers avaient reçu du colonel Combes la mission de surveiller étroitement la lisière de la forêt et le pays jusc^u'au Manaoro, d'arrêter les individus et les bandes sortant de la foret et de provoquer ou faciliter la rentrée des habitants paisibles ou fatigués de la lutte.

De toutes les troupes blanches qui participèrent à la répression de rinsurrection, les 3« et 4« compagnies de légion furent certainement celles qui eurent le plus à souffrir des rigueurs de l'hivernage et de l'insalubrité du climat. La vallée du Mangoro est une des régions les plus malsaines de Madagascar ; en outre , les cUfficultés du ravitaillement furent considérables, surtout pour la compagnie Brulard, qui était la plus éloignée de Moramanga.

Les approvisionnements étaient transportés le long du Mangoro, partie par des bourjanes, partie sur des pirogues ; mais les pluies extrêmement violentes du mois de janvier 1897 amenèrent des inondations qui isolèrent totalement certains postes pendant plusieurs jours consécutifs et c[ui compromirent un moment leur ravitaillement.

Plusieurs d'entre eux, pendant cjuelque temps, ne purent être ravitaillés que par des hommes traversant à la nage les rivières et marais c£ui les entouraient.

Les privations, jointes aux fatigues des opérations militaires que n'interrompit jamais la mauvaise saison, causèrent un déchet considérable dans les deux compagnies, la 3^ particulièrement, dont plus de 50 p. 100 de l'effectif était indisponi]>le au mois de février.

Mais l'énergie des officiers et le moral de la troupe permirent quand même de venir à bout de la tâche qui avait été assignée à ces unités.

En résumé, au commencement de février, la base de Tanifotsy et ses lignes de communication avec l'avant et l'arrière étaient parfaitement organisées.

PACIFICATION DU CERCLE d'aMBOHIDRABIHY. 99

Le conimaiulant du 1" territoire se trouvait ainsi placé au centre d'un réseau de postes, d'où il pouvait porter facilement SCS forces dispouiljles sur un point quelconque et prendre l'offensif contre n'importe quel objectif.

La réunion à Tanifotsy d'une importante réserve de vivres et de munitions avait exigé un gros effort. Le ravitaillomcnt se faisait :

Par Tananarive , pour les postes du cercle d'Ambohidrabiby ;

Par Moramaïuja et la vallée du Mangoro, pour les postes du cercle de Moramanga ;

Par Tamalacr^ Imerimandroso ot Aml)atondrazaka, pour les postes du cercle d'Ambatondrazaka.

Cette dernière voie servit également pour amener à Tanifotsy des bœufs et du riz de la région du lac Alaotra.

Les insurgés ne laissaient pas d'être inquiets de notre extension vers le nord-est de l'Imerina ; ils essayèrent à plusieurs reprises d'enlever des postes ou d'inquiéter la ligne de communication.

Le poste d'Anjozorobé fut attaqué trois fois à la fin de janvier. Cliaquc fois, une vigoureuse sortie de la fraction mol)ile de la garnison rejeta au loin les assaillants.

Analabé fut attaqué les 12 et 15 février.

Le 19 de ce même mois, une bande déterminée vint assaillir Nossi-Vola (entre Analabé et Anjozorobé). Le sergent Laquerbe, de la 2^ compagnie des tirailleurs malgaches, étant monté sur le parapet pour mieux diriger le tir de ses hommes, est tué raide par des Favahalos qui s'étaient approchés en ranq)ant tout près du blockhaus; son cadavre tond)e dans le fosse extérieur. Trois Fahavalos se jethMit dans le fossé pour l'emporter comme trophée; mais le tirailleur Rembao sort du blockhaus, tue un Fahavalo, met les deux autres en fuite, pendant ([u'une sortie de sept lii-ailleurs refoulait les rebelles.

Univori!/*^ ,

La fusillade avait été entendue d'Anjozorobé ; aussitôt, un détachement fut envoyé au secours du blockhaus de Nossi-Yola; quand il y arriva, les rebelles étaient définitivement en fuite.

Opérations contre Rabozaka.

Reconnaissance du camp de Mampidongy. — Pendant les mois de novembre et de décembre, les bruits les plus contradictoires circulèrent au sujet des mouvements du chef rebelle Rabozaka : tantôt on le disait près de Tanifotsy, tantôt sa présence était signalée aux environs d'Ankeramadinika.

Il est vraisemblable qu'en réalité, il se déplaçait fréquemment dans la forêt.

Mais l'offensive méthodique et continue de nos troupes limitait peu à peu son champ d'action.

Il choisit à Mampidongy une sorte de position centrale, entre Tananarive et Tanifotsy, et y rassembla 3 à 4,000 personnes, dont plusieurs centaines d'hommes bien armés.

De là, il pouvait se porter, suivant les circonstances, soit au nord, soit au sud.

La position était bien choisie. A cet endroit, la Mananara se rapproche de la forêt jusqu'à en border la lisière et constitue un obstacle véritable : sa profondeur est de 2'", 50, et si son lit n'a qu'une vingtaine de mètres de largeur, l'inondation, à cette époque de l'année, avait une étendue considérable. Les camps des rebelles étaient adossés à la forêt ; les difficultés du terrain situé en arrière empêchaient de les prendre à revers.

A la fin de janvier, les lieutenants Maritz et Brousse purent faire de la position de Rabozaka une reconnaissance assez détaillée, en se tenant sur la rive gauche de la rivière, à 1 kilomètre environ de Mampidongy.

Plan d'opérations.

Les bandes de Rabezavana qui tenaient le pays à louest de la route de Tananarive à Ambatondrazaka observaient une attitude passive ; celles de Rabozaka étaient beaucoup plus entreprenantes, et leur présence dans la forêt entravait les progrès de la pacification dans les cercles de Moramanga et d'Ambohidrabiby. En conséquence, le colonel Combes résolut de porter à Rabozaka et à ses partisans un coup décisif, de manière à les mettre définitivement hors de cause, à rendre ainsi disponible pour d'autres opérations une partie des troupes du cercle d'Ambohidrabiby, et enfin à déterminer la rentrée d'un grand nombre d'habitants qui n'osaient pas revenir dans leurs villages, uniquement par peur des représailles du chef rebelle ou de ses lieutenants.

Le plan adopté par le commandant du 1*"" territoire consistait :

A investir progressivement la position de Mampidongy par un réseau de plus en plus serré de postes et de blockhaus, et par deux transversales dans la forêt (Tanifotsy-Meriinitatra et Vodivato-Mandialaza) ;

A endormir la vigilance de Rabozaka, en ^^intcrdhant (runc manière ahaohie aucune action isolée contre srs camjis avant que l'investissement n'en fût complet ;

Puis à prononcer une attaque décisive au moyou de colonnes convergentes.

Ce plan fut approuvé par le général à la date du 17 février.

Répartition des troupes.

Sur la demande du colonel Combes, le général envoya dans le cercle d'Amljohidrabiby la S*" compagnie du régiment

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d'Algérie (capitaine Yuillemin) ; elle fut destinée, concurremment avec la i" compagnie du même régiment et la 8« compagnie du 13" d'infanterie de marine, à la garde des parties centrale et méridionale du cercle.

La 4*^ compagnie d'Algérie était spécialement chargée de tenir les postes d'observation laissés sur la lisière de la forêt par le lieutenant-colonel Hûrstel, à la suite des opérations de la « colonne d'Ankeramadinika » (voirchap. YII).

La 2e compagnie sénégalaise, les 2% 3« et 4« compagnies malgaches devaient tenir les postes du nord du cercle et constituer les colonnes d'opérations.

Enfin, dans le cercle de Moramanga, les capitaines Brulard et de Thuy (3^ et 4^ compagnies de légion) étaient chargés de surveiller étroitement la lisière de la forêt, de Merimitatra à Mandialaza.

Reparution des compagnies de marche (2e compagnie sénégalaise, 2^, 3« et 4e compagnies malgaches). — Pour les marches d'approche contre la position de Mampidongy, le colonel Coml)es forma trois petites colonnes, cju'il plaça sous les ordres des capitaines Marcajour, Rémond et Lucciardi (1), et répartit entre les postes et ces trois colonnes les compagnies susvisées, savoir :

2» compagnie sénégalaise (149 fusils).

20 hommes dans les deux blockhaus reliant Merimitatra à Tanifotsy. 25 hommes à Mandanivatsy, dont 12 pour le service des escortes dans

la forêt entre Mandani\atsy et Tanifotsy. 12 hommes à Ambaravarambato.

12 hommes aux Roches-Plates.

40 hommes à la colonne Rémond.

40 hommes à la colonne Marcajour.

(I) \m <a|)itaine Lucciardi, chef du 3* bureau de l'état-major, avait été mis, pour la durée des opérations contre Rabozaka, à la disposition du commandant du 1**^ territoire.

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