CONTRE LES BANDES
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PACIFICATION DU CERCLE D'aMBOHIDRABIBY. 103
2° compagnie malgache (158 fusils).
12 hommes au blockh.Tus d'Ampamoizaiikova.
48 hommes à Tanifotsy.
\\ hommes .î Anjozorobé.
17 hommes à la colonne Marcajour.
3"^ compagnie malgache (120 fusils).
15 hommes à Nossi-Vola.
45 hommes à Analabé.
60 hommes à la colonne Rémond.
4* compagnie malgache (140 fusils).
Tout entière avec le capitaine Lucciardi.
Marches d'approche.
Opérations du capitaine Marcajour. — Le capitaine Marcajour part d' Anjozorobé le 21 février avec la partie mobile de la 2'' compagnie malgache (87 hommes), 40 tirailleurs sénégalais et une section d'artillerie de 78""" (lieutenant François).
Il a pour mission d'occuper la corne de la forêt à Tsaralahy (Est d' Anjozorobé), de reconnaître le terrain jus([u"à 12 kilomètres au sud de la ligne Anjozorobé-Tsaralahy, en relevant tous les points de passage de la Mananara, s'emparant des pirogues et faisant le levé de tous les sentiers suivant la lisière de la foret et pénétrant à l'intérieur ; enfin, au sud de Tsaralahy, il doit construire un second blockhaus ayant de bonnes vues sur la forêt.
Les 21 et 22 février, un l)lockhaus pour II hommes est construit à Tsaralahy. Pendant la construction, des reconnaissances fouillent la forêt ot font le lové du terrain au nord et au sud du blockhaus.
Le 23, construction d'un second blockhaus pour 11 iiommos, près de Hanandriana, à 4 kih)mètres sud de Tsaralahy.
Les reconnaissances envoyées jusqu'à la boucle de la Mananara à Amboasary découvrent 4 pirogues, mais ne trouvent aucun gué.
De nombreux coups de feu sont échangés avec les rebelles.
Opérations pj'éparatoires du capitaine Lucgiardi. — Le capitaine Lucciardi avait sous ses ordres la 4® compagnie malgache (140 fusils), une section de tirailleurs algériens (lieutenant Durand, 25 hommes), une section d'artillerie de 80™"" (lieutenant Charbonnel).
Le 21 février, il construit à Ambohitrevatona (Behorano) un blockhaus, où sont laissés 14 malades ou malingres.
Il se porte le l^"" mars sur Vodivato.
Du l*^"" au 7, il organise défensivement la traverse Vodivato- Maûdialaza : un poste et un blockhaus à Yodivato, 5 blockhaus sur le sentier reliant Vodivato à Mandialaza. Afin d'assurer ses communications avec la rive gauche de la Mananara, il construit un radeau, à défaut d'un pont, dont l'établissement aurait présenté de trop grandes difficultés.
Ces diverses opérations sont peu inquiétées par l'ennemi, qui essaie toutefois de détruire le radeau, mais sans succès.
Le 7 mars, le groupe est renforcé par 30 conducteurs sénégalais (lieutenant Marchât).
La traverse Yodivato-Mandialaza est occupée par 90 hommes, sous le commandement du lieutenant Durand ; il reste donc , pour la marche en avant , un groupe mobile de 100 fusils et une section de SO™"".
Opjérations préparatoires du capitaine Brulard. — Le capitaine Brulard part de Merimitatra, rencontre le 1«'" mars, à Betafo, le capitaine de Thuy, et se concerte avec lui pour la surveillance de la lisière.
La ligne de surveillance est constituée par Merimitatra, Mordrano, Sahara et un blockhaus entre ce poste et Betafo.
PACIFICATION DU CERCLE D'AMBOHIDRABIBY. lOo
Un peloton de tirailleurs algériens arrive le 4 au soir à Mandialaza et remonte vers le nord pour renforcer les postes du capitaine Brulard.
Enlèvement de Mampidongy.
Ces opérations préliminaires avaient eu pour résultat d'enfermer les insurgés dans un quadrilatère dont les côtés étaient :
Une ligne de postes sur la lisière est de la forêt ;
Une ligne de postes sur la lisière ouest, interrompue en son milieu par la Mananara, d'Amboasary à Yodivato ;
La traverse Vodivato-Mandialaza ;
La traverse Tanifotsy-Merimitatra ;
Dès qu'elles furent achevées, le colonel Combes donna ses ordres pour l'enlèvement de Mampidongy, qui devait avoir lieu le 9 mars :
Le groupe Lucciardi se portera de Yodivato sur Mampidongy, en suivant la lisière de la forêt ;
Le groupe Marcajour, concentré au sud d'Amboasary, entrera dans la forêt et se dirigera sur Mampidongy. 11 était à prévoir qu'il rencontrerait de grandes difficultés pour arriver sur l'objectif, car les sentiers devaient évidemment être obstrués par des abatis ; mais la Mananara coulant, au sud d'Amboasary, en pleine forêt, il n'était pas possible de suivre la lisière.
Enfin, le groupe Rémond, 60 hommes de la 3*' compagnie malgache, 40 tirailleurs sénégalais, une section de SO'""" (lieutenant Devaux), se concentrera à Antanetilova, remontera la rive gauche de la Mananara jusqu'à hauteur de Mampidongy et aura pour mission d'appuyer l'attaque de Mampidongy avec son artillerie et d'empêcher les rebelles <h' franchir la Mananara. Le colonel (lombes devait marcher avec ce groupe.
106 PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE lY.
En résumé, l'attaque décisive était réservée au capitaine Lucciardi; le rôle de la colonne Marcajour consistait surtout à rabattre sur Mampidongy tous les rebelles qu'elle rencontrerait devant elle.
Le camp de Mampidongy fut attaqué le 9, à 7 h. 30 du matin, par le capitaine Lucciardi.
L'ennemi, effrayé par les résultats du tir des deux sections d'artillerie mises en batterie, l'une au sud de la position, l'autre sur la rive gauche de la rivière, ne fit qu'une courte résistance et s'enfuit dans la forêt, en laissant 21 cadavres sur le terrain et 15 prisonniers entre nos mains.
Les résultats auraient été infiniment plus considérables si la colonne Marcajour était arrivée à temps sur la position. Malheureusement, elle s'égara sous bois par suite des difficultés du terrain et des obstacles accumulés dans les sentiers. La queue de la colonne arriva la première à 2 heures de l'après-midi; la tête, le soir seulement.
Par suite de ce retard, la poursuite n'eut lieu que le 10 ; elle fut conduite par le capitaine Lucciardi avec une vigueur remarquable ; cet officier rejoig-nit la queue des fuyards, leur tua 43 hommes et fit 60 prisonniers.
Le même jour, la construction d'un poste fut commencé sur l'emplacement du camp de Mampidongy, pour empêcher les reljelles de revenir s'y installer.
Résultats de la prise de Mampidongy. — Le colonel Combes avait espéré que Rabozaka résisterait sur la position de Mampidongy; dans cette hypothèse, les habiles dispositions qu'il avait prises auraient certainement amené des résultats décisifs. Mais le chef rebelle, qui s'était pourtant vanté d'y être inexpugnable, abandonna son camp aux premiers coups de canon. Néanmoins, si l'effet matériel fut diminué de ce fait, lelfet moral resta considérable, car la prise de Mampidongy eut un grand retentissement au nord de l'Émvrne et se tra-
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duisit par de nombreuses soumissions, qui atteig-nireiit, pour le seul mois de mars, un chifï're supérieur à 4,000 dans le cercle d'Ambohidrabiby.
Les bandes de la forêt se disloquèrent et allèrent occuper, par petits paquets, des campements dans des recoins où il nous était malheureusement difficile de les découvrir, à cause de la nature du terrain.
Il fallut donc se contenter, pour le moment, de tenir solidement les deux lisières, d'exercer une étroite surveillance sur tout leur développement et de faire à l'intérieur de fréquentes battues. Ce n'est qu'à la longue que la répétition de ces battues finira par décourager les insurgés, dont les ressources en vivres diminueront de jour en jour.
Opérations contre Rabezavana.
Occupation de Vohilena et d'Antsaira/ia. — Le colonel Combes crut d'abord, sur la foi des renseignements fournis par les prisonniers, que Rabozaka s'était enfui dans l'ouest avec les plus déterminés de ses partisans, dans le l)ut de rallier Rabezavana, dont le camp était, à cette époque, situé dans le massif montagneux de l'Analamanatsiva, entre les vallées du Jabo et de la Mananara.
Il voulut donc empêcher la réunion des deux chefs du nord, ou, du moins, ne pas leur laisser le temps de reconstituer des bandes importantes sur le flanc nord-ouest de la route de Tananarive à Aml)atondrazaka.
En conséquence, dès le 14 mars, il donna l'ordre au capitaine Rémond de se porter avec un détachement mixte (50 fusils de la 3" compagnie malgache, 40 hommes (h» h\ 2" compagnie sénégalaise, 15 hommes de la S'' 0()ini)agiue du 13% 1 pièce (h^ 80'"°) sur Analaroa, ])ar Manohilahy (Ouest d'Aiijozorohéi. ('et ofliciei- dexait coiisti-iiire à A lia-
laroa un poste pour 30 hommes, avec réduit défendable par 15 hommes, et chercher remplacement d'un blockhaus de liaison entre Anjozorobé et Analaroa.
Le tsimandoa (1) qui portait l'ordre au capitaine Rémond s'égara ou déserta, de sorte qu'il y eut un retard dans l'exécution ; ce n'est que le 21 mars que le capitaine Rémond s'installa à Analaroa.
Au nord, le capitaine Dulin avec un détachement composé de :
40 hommes de la 2" compagnie malgache ; 25 miliciens ;
35 tirailleurs de la 6^ compagnie sénégalaise ; 2e section, TS"»™ (lieutenant Le François).
entreprit, le 16 mars, la construction d'un poste à Ambohipanompo (rive droite de la Manenta), puis d'un second, vers Morafeno.
Enfin, le capitaine Vuillemin, commandant le poste d'Ambatofisoarana, se rendit le 21 à Analaroa et se mit en relations avec le capitame Rémond. Il construisit un blockhaus sur le mont Mafreide, afin de relier Ambatofisoarana à Analaroa.
Les postes installés par ces trois officiers couvraient la route de Tananarive à Ambatondrazaka vers le nord et vers l'ouest et préparaient les opérations à entreprendre contre Rabezavana.
Celui-ci, dès l'occupation d'Analaroa par nos troupes, avait abandonné ses camps de l'Analamanatsiva et s'était retiré dans la direction de Vohilena.
Quant h Rabozaka, contrairement à ce que l'on avait cru
(1) Porteur de dépêches.
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PACIFICATION DU CERCLE d'aMBOHIDRABIBY. 109
tout d'abord, il continuait à tenir la forêt, où sa présence, bien que son prestige fût considérablement diminué, constituait une menace pour la partie pacifiée du cercle d'Ambohidrabiby. Dans ces conditions, il était nécessaire de continuer à surveiller la forêt très étroitement et de ne distraire des forces du cercle qu'une faible fraction pour opérer contre Rabezavana.
Occupation de Vohi/cna. — C'est le capitaine Staup qui fut chargé d'occuper Yohilena et de rejeter Rabezavana vers le nord. Il se porta, avec 30 hommes de la S** compagnie malgache (capitaine Rémond), par Ambatofîsoarana, sur Tiakoderaina, où il trouva la l""^ compagnie sénégalaise et 1 pièce, qui étaient détachées du cercle de Babay et mises à sa disposition pour l'opération projetée (21 mars).
Il est nécessaire, pour expliquer les difficultés rencontrées par le capitaine Staup et le retard qui se produisit dans l'occupation de Yohilena, de faire une courte description du l>ays entre Tiakoderaina et Yohilena.
Tiakoderaina est sur la rive gauche de rAmpari])é, près de son confluent avec le Jabo.
La réunion du Jabo et de l'Amparibé forme la Betsiboka. A 30 kilomètres au nord de ce contluent, la Betsiboka reçoit sur sa rive droite la Mananara. Yohilena se trouve sur la rive droite de la Maiianara, à une certaine distance de cette rivière.
De sorte que pour aller de Tiakoderaina à Yohilena, il faut ou franchir successivement la I^etsiboka et la Mananara, ou bien passer la Betsiboka en aval de son continent avec la Mananara.
C'est à ce dernier parti (pio s'arrêta le capitaine Staup. parce que ses renseignements lui avaient fait connaître ([u'il existait en aval du confluent un gué, ù Morinkifeno.
Or, ces renseignements étaient fan\. .Merinkifeno est, en
110 PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE lY.
réalité, sur la Betsiboka, en aniout du confluent ; et quand le capitaine Staup eut passé la Betsiboka, il se trouva arrêté par la Mananara. Il chercha un gué. Il en existe bien un à Antandrovano, mais il était à ce moment impraticable (1™,60 d'eau), à cause de la violence des pluies qui tombaient depuis plusieurs jours (7 avril).
Le capitaine Staup fit tendre entre les deux rives une forte corde, maintenue par 30 tirailleurs bons nageurs, et il put ainsi passer son infanterie, sa pièce et son convoi.
Il construisit un blockhaus pour protéger le passage d'Antandrovano, puis se porta sur Yohilena, qu'il occupa le 12 avril, après une très légère résistance de l'ennemi.
Le colonel Combes avait essayé de faciliter au capitaine Staup le passage de la Mananara, en lui envoyant d'Anjozorobé des pirogues ; mais elles chavirèrent toutes dans les nombreux rapides qui parsèment le cours de la rivière.
D'autre part, le colonel Combes avait fait reconnaître le pays entre la Mananara et la Mananta, afin de s'assurer s'il n'existait point de chemin direct entre Anjozorobé et Yohilena, ce chemin devant avoir l'avantage d'éviter tout franchissement de rivière. Mais le pays est désert, déchiqueté, en pleine décomposition sous l'action énergique des eaux, et l'accès de Yohilena, de ce côté, est défendu par des marécages infranchissables.
Au résumé, le chemin le plus facile faisait un long détour par Analaroa.
Le colonel Combes se rendit de sa personne à Yohilena, le 17 avril, pour étudier sur place la situation et prendre les mesures que nécessitaient les circonstances.
Il y avait préalablement envoyé le capitaine Rémond, avec le 2' peloton de la 3" compagnie malgache et la section d'artillerie Devaux, qui avaient pu être retirés d'Analaroa, où la 10*= compagnie malgache (capitaine Decquc), venue de la côte, les avait relevés.
Dislocation du 1er territoire militaire.
Le 30 mars, le colonel Combes avait demandé à être relevé de son commandement pour raisons de santé.
L'activité exceptionnelle qu'avait déployée cet officier supérieur depuis son arrivée à Madagascar, les opérations effectuées sans arrêt en pleine saison des pluies, avaient fini par altérer sa santé, au point qu'un repos temporaire lui était devenu indispensable.
D'ailleurs, à ce moment, il avait atteint les deux objectifs principaux qui lui avaient été assignés. Les bandes de Rabozaka étaient considérablement réduites ; leurs débris erraient dans la forêt. Quant à Rabezavana, il avait été rejeté en dehors des limites de l'Emyrne, et la direction des opérations à entreprendre contre lui revenait plutôt au commandant du cercle de Babay.
Aussi, le général commandant le corps d'occupation décida-t-il, vu la demande de quitter son commandement faite par le colonel Combes, de disloquer le 1" territoire, et, pour ce qui concernait spécialement les opérations contre Rabezavana dans les vallées de la Betsiljoka et de la Mahajamba, d'en confier l'exécution au chef descadrons Lyautey, commandant du cercle de liabay.
Cet officier supérieur rejoignit le colonel Coml)es à Volii- Icna le 18 avril, pour se concerter avec lui au sujet du plan à adopter pour la suite des opérations.
Tous deux (piittèreut Vohilena le 2t avril avec :
110 tirailleurs de la '{'' compai^iiie mali;aclie ; GO tirailleurs de la l""'' compagnie sénégalaise; 40 tirailleurs de la 2'' compagnie sénégalaise ; I section d"ailill(M'ie.
Rabezavana en personne lit une dornièi'e i-ésistance au gué
d'Andranomiantra, sur la Mananta, où le capitaine Rémond, commandant Tavant-garde, dut employer l'artillerie pour forcer le passage. Il y eut encore quelques coups de fusil échangés avec l'arrière-garde de Rabezavana, à Tsarahafatra et au gué de Morafeno ; mais, le 28, la colonne occupait Antsatrana, ancien chef-lieu de Rabezavana, qu'elle trouva évacué.
La suite des opérations appartient à l'historique de la pacification du cercle de Babay.