‹ La pacification de MadagascarChapitre 15 sur 92 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Le cercle d'Ainbohidratrimo fut créé par arrêté du 21 septembre, et le lieutenant-colonel Gonard placé à sa tête. Il était devenu impossible de circuler sans une forte escorte sur la route de Majunga. Les postes avancés de Babay et d'Ankazobé étaient l'objet d'attaques fréquentes, et leurs garnisons n'avaient d'action que dans un cercle de très faible rayon.

Aux termes de l'arrêté du 27 septembre, le cercle d'And)obidratrimo comprenait les provinces indigènes du Marova/ana, moins le gouvernement d'Aml)ohiniasina [Valàndrano) (2), du Vouizoïigo et du Tsinio/tafo/s// (sous-gouvernement d'Amboliimanga).

Mais, à ce moment, nous n'occupions qu'une partie du Marovatana et du Tsimahafotsy.

La mission confiée au lieutenant-colonel Gonard consistait donc à progresser pied à pied vers le nord-ouest, en prenant comme axe de son mouvement la route de Majunga, sur

(1) Le chef-lieu du cercle, d'iibord à Aniliohidriilrimo, l'ut transféré à Babay le 15 novembre.

(2) Co sous-gouvcrnenient, situé sur lu rive gauche de llkoiia, était raltaciié au cercle d'Arivonimaino.

laquelle il importait de rouvrir le plus tôt possible les communications avec Andriba.

Le territoire à réoccuper progressivement et métbodiquement était limité à l'ouest par la vallée de l'Ikopa; il comprenait au nord-est les hautes vallées des rivières tributaires de la Betsiboka : FAmparibé, le Jabo, la Sahasarotra. Toutes ces rivières sont d'un franchissement difficile pendant la saison des pluies.

Le pays, au nord-ouest de Tananarive, est mamelonné et découvert. De ce côté, l'Imerina n'est pas bordée d'une ceinture de forêts comme sur le versant oriental ; aussi, le lieutenant-colonel Gonard pourra refouler les bandes devant lui, sans qu'elles puissent trouver à l'intérieur de la zone reconquise un abri analogue à celui que leur procure dans le l*^'' territoire la foret qui s'étend d'une façon continue entre Ankeramadinika et Tanifotsy.

D'ailleurs, le commandant du cercle d'Ambohidratriino sut parfaitement appli([uer la méthode de pénétration prog-ressive qui lui avait été indiquée, et obtenir en peu de temps des résultats remarquables au point de vue de la pacification et surtout de la réorganisation de son cercle.

Il fit littéralement tache dlndh'^ sanctionnant chacun de ses bonds en avant par l'installation de postes militaires, et remplaçant, au fur et à mesure de la progression, les postes de l'arrière par des postes de milice et des villages armés.

Rabezavana, ancien gouverneur hova d'Antsatrana, était le grand chef des rebelles de la région ; mais ceux-ci formaient plusieurs groupes, dont les principaux chefs étaient : Rafanenitra et Razanoélina. Rabezavana se déplaçait souvent, il avait son centre de ravitaillement à Yohilena.

La tactif[ue des bandes paraissait s'être un peu modifiée : au lieu de se porter en grand nombre sur des points déterminés connue au dél)ut de l'insurrection, les rebelles se

dispersaient par petits groupes de o à 10 liomnies, s'installant derrière les murs de clôture ou à l'abri des mouvements de terrain et tirant de plusieurs côtés à la fois sur les détachements en marche. Leur service de sûreté et de renseignements étant très bien fait, ils étaient toujours prévenus de l'arrivée de nos troupes.

Cette guerre d'embuscades aurait pu présenter pour nous de sérieuses difficultés, si notre ennemi avait été doué d'une fermeté égale à sa mobilité.

Mais la crainte du contact immédiat avec nos troupes, la terreur de la baïonnette surtout, l'empêchait en général de nous attendre à courte distance, et il prenait la fuite dès qu'une troupe marchait sur lui résolument.

Le colonel Gonard commença par augmenter le nombre des postes dans la zone occupée par nos troupes au moment de sa prise de conmiaiidement. Leur densité n'était, en efict, pas suffisante pour protéger les habitants fidèles et empêcher rinfîltration de petits groupes d'insurgés.

Des postes furent donc installés dans les premiers jours d'octobre à Mangabé, Mamioniby, Tsimahandry, Fiakarana, Ambohimirimo.

Le résultat politique de cette mesure ne se fit pas longtemps attendre; plus de 2,000 habitants vinrent se grouper autour des nouveaux postes et se remirent à leurs cultures.

Puis le commandant du cercle créa trois secteurs, superposés aussi exactement que possible aux groupements indigènes :

Le secteur du Marovalana , chef-lieu Ambohidratrimo. Commandant du secteur : capitaine Freystàtter, commandant la 2" compagnie d'infanterie de marine.

Ce secteur, limité au sud-ouest par llkopa, au nord par le Vonizongo, à l'est par le Tsimahalotsy, correspondait à la partie du cercle la moins Iroubh'c : la lAche de son

commandant était donc plutôt administrative et politique que militaire.

Le secteur du Tsimahafotsy, chef-lieu Ambohimanga. Commandant du secteur : commandant Drujon.

Ce secteur, limité à Test, au sud et à Touest, respectivement par le cercle d'Ambohidrabiby, les secteurs du Marovatana et du Yonizongo, n'avait pas de frontières précises au nord ; c'est dans cette direction que son commandant devait ciiercher à progresser et à étendre notre influence.

Le secteur du Vonizongo, chef-lieu Babay. Commandant : capitaine Blanc, commandant la 1^ compagnie de tirailleurs algériens.

Tout y était à faire : le premier objectif était l'occupation de Fihaonana, à peu près à mi-distance entre Babay et Ankazobé.

Un détachement de la 7*^ compagnie algérienne s'y installa le 22 octobre, partie dans le village, partie dans la mission norvégienne, aux trois quarts détruite par les insurgés.

Le poste d' Ankazobé, en pointe sur la route de Majunga, était occupé par la 5*^ compagnie de tirailleurs sénégalais du capitaine Nicard.

Les forces du cercle (1'"^ et 2^ compagnies d'infanterie de marine, 7*^ compagnie de tirailleurs algériens, 2*^ compagnie de tirailleurs malgaches, 5*^ compagnie de tirailleurs sénégalais, miliciens) furent réparties entre les secteurs comme il suit :

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