OBJET
ganisation du cercle d'Arivonimamo.
Le Général commandant le corps d'occcpation a M. le Chef
DE bataillon commandant LE CERCLE d'ARIVONIMAMO
Mon cher Commandant, ^
Je tiens à ce que la pacification progresse d'une manière continue et à ce que TOUS fassiez un bond en avant avec la ligne de vos postes extérieurs, chaque fois que vous jugez le calme suffisamment rétabli en arrière. L'amplitude du bond à faire dépend de la situation même, de l'état des communications, des dispositions des habitants, du degré d'avancement de la pacification dans les cercles voisins avec lesquels il est indispensable de toujours marcher de
concert ; bref, d'un ensemble de conditions souvent conti'adictoires, dont
le commandant du cercle est nécessairement le meilleur juge.
Dans la situation actuelle, je ne vois que des avantages au déplacement du poste d'Ambohimasina, proposé dans votre lettre du 22 octobre courant; il est bien entendu, toutefois, que vous ne manquerez pas de faire l'cmplacer la section de M. le lieutenant Bloch, à Ambohimasina, par un poste provisoire de miliciens, comme vous le proposez vous-même. Le nouveau poste militaire créé en avant de ce point me paraît judicieusement placé au milieu du district turbulent du Tsimadilo, mais vous voudrez bien ne pas perdre de vue, en déterminant son emplacement définitif, qu'il devra pouvoir surveiller efficacement la vallée de l'Ikopa; et je vous prie d'examiner s'il n'y aurait pas lieu d'installer un poste, commandé par un officier déterminé, sur la hauteur d'Ambohitrondrana, que vous m'avez réceirnnent encore signalée comme refuge habituel d'une petite bande rebelle. Au point de vue de notre prestige, il y aurait peut-être avantage à vous inslaller sur ce point, où nos miliciens ont jadis essuyé un échec, et (jui pouriMit nous scrvii- provisoirement de centre d'action vers h; Yalalafotsy.
Ambohitrondrana serait relié à Ankafofo, où vous comptez porter une partie de la compagnie sénégalaise du capitaine Orlanducci, par un poste intermédiaire convenablement placé.
Quant il la partie sud du nouveau rideau ainsi formé par vos troujtes régulières, j'estime qu'elle doit arriver le plus tôt possible ;\ s'appuyer au lac Itasy lui-même. 11 y a tout avantage, puisque des bandes se reforment sans cesse dans la région d'Ierana, à nous installer aux environs de cette localité, pour surveiller de là le pays au nord du lac, en laissant à M. le capitaine Compérat
le soin d'assurer notre domination au sud. et d'organiser en même temps sa jonction avec vous.
Pour le moment, l'occupation des hauteurs Ambohidreny tous permettra de sui"veiller un peu plus efficacement la vallée du Matindrano ; il fout songer à aller plus loin dès que vous le pourrez.
En arrière de ce nouveau rideau, constitué par des postes un peu plus serrés que précédemment, mais de plus faible effectif, il ne me paraît pas nécessaire de former, comme vous le proposez dans votre lettre du 22 courant, une deuxième ligne de défense continue ; l'occupation de points tels que Fahavohitra. Ambohimalaza ou une crête entre Ambohibeloma et Ambohimasina ne serait justifiée que si de nouveaux troubles survenaient dans cette région, mais ceux-ci seront d'autant moins probables que le réseau de nos postes de première ligne sei"a plus fortement constitué pom- empêcher les infiltrations des rebelles de l'Ouest.
Les anciens postes de Amboniriana. Amboasary et Ambohibeloma continueront à être occupés comme centres d'action sur les populations récemment rentrées dans le devoir. Il vous appartiendra seulement d'examiner dans quelle mesure leur garnison pourra être remplacée par de la milice ou par des habitants armés, appuyés seulement par quelques hommes de troupes régulières.
Cela m'amène à vous entretenir de nouveau de l'or^nisation administrative du pays, qui doit marcher de pair avec notre organisation militaire.
11 est essentiel que les responsabilités soient nettement établies par une organisation judicieuse en secteui-s respectant, autant que possible, les subdivisions administratives existantes, pour- ne pas augmenter la confusion qui règne déjà sur bien des points.
Il y a intérêt également, au point de vue militaii-e, à affectera chaque secteur des unités constituées, afin de laisser les troupes sous les ordres de leui-s chefs naturels.
D'après les instructions que vous avez adressées à vos chefs de poste et que TOUS m'avez communiquées par lettre, n" 127, du 19 octobre, il semble que TOUS ayez déjà procédé à une organisation de ce genre. Je désire que cette organisation soit soumise sans retard à mon approbation et que vous me fassiez parvenir un état faisant ressortir la correspondance entre les secteurs que tous avez créés et les sous-gouvernements existants, le nom de chaque commandant de secteur, les postes placés sous ses ordres, l'effectif des troupes qui les
occupent, etc
Au point de Tue des effectifs mis à votre disposition, je ne puis que confirmer les termes de mon premier télégramme du 22 octobre courant. La compagnie Mahéas tous sera envoyée vers le 10 novembre, quand elle aura pu être remplacée dans le cercle d'Ambatomanga par une compagnie d'infanterie de marine montant de la côte.
Cette compagnie est destinée, dans mon esprit, à vous permettre de tous
étendre un peu dans le Sud, de manière à surveiller le Tersant ouest de
l'Ankaratra par l'occupation de points convenablement choisis dans la région
d'Amboanana, Antanamalaza ou autres.
Elle pourra fournir en arrière la petite garnison d'Arivonimano et vous
PACIFICATION DU CERCLE d'aRIYOMMAMO. 449
permettre ainsi de renforcer la ligne de tos postes de l'Ouest avec la fraction de la compagnie Bou-Ayed, que vous aviez dû y conserver jusqu'ici.
La compagnie Lamy continuera à surveiller le versant est de l'Ankaratra et à assurer votre liaison avec le cercle d'Ambatomanga. Quant au détachement d'infanterie de marine qui occupe Fénoarivo, il sera rappelé à Tananarive dès que vous aurez pu faire occuper ce centre politique par quelques miliciens, et au plus tard le 15 novembre.
En terminant, je tiens h rendre hommage à l'activité que vous avez personnellement déployée pour reconnaître en détail votre territoire, et j'espère que la connaissance approfondie que vous en avez acquise dans ces tournées vous permettra de me soumettre incessamment un projet complet d'extension progressive de notre influence dans tout l'ouest et le sud-ouest de l'Émyrue.
Gallieni.
Le bond eu avant fut exécute dans les premiers jours do novembre. Chacun des postes d'Ambohibeloma, Amboasary, Amboniriana, devint le centre d'un secteur militaire provisoire, avec, en avant de ce centre, des postes avances :
Centre d'Ambohibeloma.
8" compagnie de tirailleurs algériens (capitaine Rathelot) (1).
Postes avancés.
Manondana (lieutenant Bloch) 30 hommes.
Ambohitrondrana (lieutenant Kaid-Dar). .. . 40 —
Bealoka (lieutenant Dib) 40 —
Poste f . , , . . f 9 miliciens.
.. Ambohmiasma lin.- n
en arrière. ^ ( 10 tu-auleurs.
Centre d'Ambonsary.
3" compagnie sénégalaise (capitaine Orlandugci).
Postes ( Donandrotsara 30 hommes.
avancés. '. Ambohimahinilra 30 —
Centre d' Amboniriana.
(Capitaine Bou-âyed, 30 honuucs).
Postes i Manimbolo (lieutenant Pommarède) 40 hommes.
avancés, l Mahabo (I sous-ofûcier) 30 —
(1) La 8° compafçnic algéricniu', qui oninjuit If secteur crAmboliibeloma, passa plus tard dans le cercle d'Aniboliidraliiliy cl fui rcinphicéo ()ar la 5» compagnie d'in-
l'iinlcric de iii:iriiic (canilaiiic Holiorl).
loO PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE Yl.
Cette dernière compagnie avait un détachement dans le Mandridrano, à Soavinandriana, sous les ordres du capitaine Compérat.
Le bond en avant avait été, en somme, d'une faible amplitude (8 kilomètres en moyenne), mais il procurait le grand avantage d'avoir en première ligne un nombre de postes double de celui existant j)récédemment, ce qui facilitait la surveillance et les relations entre les postes.
L'installation des postes s'effectua sans rencontrer grande résistance. Cependant, le poste de Donandrotsara fut attaqué les 10 et 11 novembre, et Bealoka le 19 du même mois.
Ce mouvement de progression produisit d'excellents résultats au point de vue de la pacification , en procurant une sécurité complète à tout le pays situé en arrière de la ligne des anciens postes. Tous les villages se repeuplèrent, et les habitants se mirent avec activité à la culture des rizières.
Mais la région entre la première et la deuxième ligne des postes restait déserte, les actions de guerre continuaient, en effet, à être assez fréquentes sur la ligne avancée : les 23, 27, 29 novembre, les rebelles s'attaquèrent à plusieurs postes, sans succès, il est vrai, et en éprouvant chaque fois des pertes sensibles, mais il en résultait pour la région immédiatement en arrière de la ligne des postes avancés, région constituant une sorte de zone-tampon, une impression d'insécurité qui ne devait tout à fait disparaître que lorsque nous serions arrivés aux limites de l'Emyriie.
Aussi, le général prescrivit-il, à la date du 18 décembre, au commandant Reynes, de porter ses postes de première ligne jusqu'aux limites de l'Einyme, et, en même temps, de se relier au nord, sur l'Ikopa, avec le cercle de Babay; au sud, avec les postes de la région du lac Itasy.
PACIFICATION DU CERCLE d'aRIYONIMAMO. loi
ÉTAT- MAJOR. Tanananvc, le 1 8 déccmljie 1 896 .
AU COMMANDANT DU CERCLE d'aRIYONIMAMO.
Mox CHER Commandant,
Il résulte des renseignements qui me sont donnés par M. le capitaine Compérat (1) et par M. le lieutenant Rocheron (2) que le moment serait venu d'étendre notre occupation au nord du lac Itasy jusqu'à la limite de la partie réellement peuplée de l'Émyrne.
Les populations du Mamolakazo, sauf quelques individualités plus particulièrement compromises, semblent lasses de la lutte contre nous et rentreraient probablement en bloc dans le devoir le jour où nous serions installés entre elles et les Sakalaves, et oià elles seraient ainsi mises à l'abri des représailles et lies pillages de ces derniers.
A un autre point de vue, la progression do M. le lieutenant-colonel Gonard jusqu'à lasy, sur la rive droite de l'ikopa, et le rétablissement de nos communications régulières avec Majunga, exigent qu'à l'ouest de l'ikopa notre occupation s'étende sensiblement plus loin qu'elle ne s'étend actuellement, jusqu'à un point d'où l'on puisse surveiller plus efficacement les Sakalaves de la vallée de risandrano et des sources du Sakay.
Enfin, d'une manière générale, j'ai hâte d'établir autour de la partie peuplée de l'Emyrne proprement dite, c'est-à-dire du pays effectivement habité par des Hovas, une ceinture de postes permanents occupés par des troupes blanches ou algériennes, bien reliés entre eux par de petits postes ou blockhaus intermédiaires et en liaison bien assuiéc avec le centre ilu pays. Le rôle de ces postes sera à la fois de protéger les populations de l'Éniyrne contre les incursions des Sakalaves ou autres pillards habitant les régions plus voisines de la côte, et de pouvoir, en cas de troubles intérieurs, faire converger leurs efforts pour soutenir la milice chargée d'assurer l'ordre et la police dans la partie centrale du pays. Les troupes noires seront ainsi rendues disponibles pour notre extension hors de l'Euiyme.
En conséquence, j'ai l'honneur de vous prier de vouloir bien procéder, dès maintenant, à un nouveau bond en avant de votre ligne de postes à l'ouest du lac Itasy, bond qui devra amener nos troupes à la limite de la région réellement peuplée de l'Émyrne.
Je n'ai que des doiuiées assez incertaines sur cette limite et sur la ligne de
(1) Commandant le cercle-aniiexe de Soaviiianilriana.
(2) Le liputciiant Hochoron était rentré récemment à Tanaiiarivc. après a\oir diripré dans les pays sakalaves, à rouest d'Ankavandra, nnc niissinii (lent faisaient partie MM. Grosclaude, d'Yerville, Boiissand, etc.
loi PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE YI.
séparation entre les Hovas et les Sakalaves à l'ouest d'Ambohitrondrana ; je ne puis donc vous préciser le front à occuper; mais, d'après les quelques renseignements que je possède, il semble devoir s'étendre à peu près de l'extrémité ouest du lac Itasy au cours du Manandriano ou aux sources du Sakay ; il vous appartient d'en faire l'étude d'urgence et d'y installer provisoirement la majeure partie de vos forces de l'Ouest.
Il semble que trois ou quati'e postes d'un peloton, reliés entre eux par quelques blockhaus ou villages armés, et avec l'intérieur de l'Émyrne par quelques-uns de nos anciens postes conservés pour être occupés par de petits groupes de tirailleurs algériens ou d'infanterie de marine soutenant des garnisons de miliciens ou des habitants armés, doivent suffire à constituer la frontière dont il s'agit. D'après les indications que vous m'adresserez, j'inviterai, s'il y a lieu, M. le colonel Gonard à installer un poste dans la partie du Vonizongo, située sur la rive gauche de l'Ikopa, pour que la liaison entre votre front et celui que nous occupons dans cette dernière province soit parfaitement assurée.
Il est essentiel de ne pas tarder à procéder à l'occupation de cette nouvelle ligne de postes, afin qu'elle soit chose faite avant les plus grandes pluies. Vous voudrez donc bien ne pas attendre mon approbation pour occuper un certain nombre de points qui permettent de bien surveiller le pays vers l'ouest, Ambatomanjaka, par exemple ; vous attendrez seulement mon approbation pour transformer en installation d'un caractère plus permanent les postes que vous aurez provisoirement fait occuper.
Si vous le désirez, je pourrai mettre à votre disposition, pour l'armement de ces postes avancés, deux canons Hotchkiss de 78™™ (en plus de celui qui est devenu inutile ta Ambohibeloma et qui doit être reporté plus en avant).
Je vous prie de me rendre compte d'urgence des mesures que vous croirez devoir prendre pour assurer l'exécution du nouveau programme exposé dans la présente lettre.
Ci-joint, à titre de renseignements, un croquis, approximatif et sommaire, établi à l'Administration centrale malgache.
Gallieni.
Le commandant Reynes, au reçu de cette lettre, fit luimême, du 21 au 26 décembre, la reconnaissance du pays en avant des postes, reconnaissance à la suite de laquelle il décida d'occuper la ligne Ngiloby — Ampalamanarivo — Belanitra, par des postes solides, occupés chacun par 70 à 80 hommes, parce qu'il supposait que les rebelles se voyant, après cette occupation, acculés aux limites de la région habitée, nous opposeraient une grande résistance et attaqueraient les nouveaux postes avec une grande énergie.
Quelques jours après la reconnaissance du commandant
PACIFICATION DU CERCLE d'aRIVONIMAMO. 153
du cercle, le mouvement en avant s'exécuta sur toute la ligne par secteur.
Secteur du Mamolakazo (capitaine Orlanducci). — Le capitaine Bou-Ayed occupa Ngiloby le 28 décemljre, au nord du Mazy.
Le lieutenant Génie, chef du nouveau poste, se reliait à Am])anitavy, poste dépendant du cercle annexe de Soavinandriana, situé à la pointe nord-ouest du lac Itasy. Dès son installation, le lieutenant Génie agit vigoureusement contre les bandes qui se trouvaient à sa portée et les rejeta dans l'ouest et dans le nord. Il constata bientôt que son poste était à la limite de l'Einyme, et qu'il avait devant lui une région marécageuse, pauvre, peu habitée.
Le but cherché était donc atteint de ce côté.
Le centre de la compagnie était installé en arrière à Mahohéry. Le reste de la compagnie occupait, avec quelques miliciens, Menazary, Manimbolo, Amboriniano, Mahabo.
La 3® compagnie sénégalaise (capitaine Orlanducci) occupa Ampalamanarivo , au nord du Mazy; le sous-lieutenant Verhaeghe prit le commandement du poste.
Le 8 janvier, il réussit à atteindre une bande de loOO à 1800 individus, lui lit des prisonniers et lui enleva plus do 300 bœufs.
En arrière de ce poste avancé, la compagnie occupait, avec 2") hommes, Miarinarivo, capitale du Mamolakazo, Imerinandrefana et les anciens postes d'Amboasary et Aml)oliimaiiiratra, dont les garnisons avaient été, l)i(Mi entendu, notablement réduites j)our permettre la progression vers l'ouest.
Du 21) décembre au 8 janvier, les postes de Miarinarivo et Andjohimaliiratra enregistraient la rentrée de t,")00 iiulividus.
Secteur (rAuiboliihelonui ou du Vdlu/ufolsi/ (capitaine Hobert). — Le lieutenant Harlétv s'installa avec 70 hommes
loi PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE VI.
de la o" compagnie crinfanterie de marine et 10 miliciens à Belanitra ; en arrière, le reste de la compagnie occupait Ambohijafay et les anciens postes de Bealoka, Ambohitrondrana, etc.
Le commandant de ce secteur avait la mission spéciale de se relier avec les postes de la rive droite de l'Ikopa, dépendant du cercle de Babay.
La délimitation entre les cercles de Babay et d'x^rivonimamo, faite au mois de février, avait laissé le Yalalafotsy tout entier à ce dernier cercle.
Les renseignements recueillis et les reconnaissances exécutées prouvaient que, si le cercle d'Arivonimamo avait atteint ses limites au nord de la Lily, il n'en était pas de même dans la région de Belanitra.
Alors qu'au nord-ouest du lac Itasy, le pays change d'aspect et est presque désert, il existe au nord et à l'ouest de Belanitra une région relativement peuplée, appelée le Valalafotsy^ dont le centre le plus important est Fenoarivo.
Il était donc nécessaire d'aller occuper ce point, opération qui sera décrite plus loin.
Auparavant, nous dirons un mot des derniers événements qui marquèrent la pacification définitive du Mamolakazo.
A la fin de janvier, les lieutenants Génie et Yerhaeghe entreprirent une opération combinée contre les bandes réfugiées sur les rives du Sakay, mais ils ne purent la poursuivre -à fond ; une crue de la rivière les arrêta.
Le capitaine Orlanducci fit occuper, au milieu de janvier, par un poste de 30 tirailleurs sénégalais, le village d'Antambiazina, au nord du Mazy. Le 24, une bande de 1500 individus vint attaquer le poste; elle fut repoussée par le sergent Bordel (qui s'était déjà distingué dans le commandement du poste de Donandrotsara, attaqué à plusieurs reprises au mois de novembre).
Ce fut le dernier effort des rebelles.
PACIFICATION DU CERCLE U'aRIVOMMAMO. 155
Les soumissionnaires affluaient de plus en plus à nos postes : pendant le mois de janvier le capitaine Robert en reçut 8,000 ; le capitaine Orlanducci, 9,000 ; le capitaine Bou- Ayed, 1000.
Nous étions maîtres du pays, jusqu'au Sakay, le Mamolakazo était définitivement pacifié ; pour en faciliter Fadministration, le commandement Revues le partagea en deux secteurs : secteur nord, sous le commandement du capitaine Rol)ert ; secteur sud, sous le commandement du capitaine Orlanducci.
Les Ilovas s'étaient enfin séparés des Sakalaves, qui avaient regagné leurs repaires de la rive droite du Sakay.
Création du 2" territoire militaire et du cercle de Miarinarivo.
Le 21 décembre, le Résident général avait créé le 2« territoire militaire, en réunissant sous le commandement du lieutenant-colonel Borbal-Combret les cercles d'Arivonimamo, de Betafo, de ïsiafahy et de Soavinandriana; cette création avait pour but de consolider les résultats déjà acquis par les commandants de cercle, en veillant à ce que leurs postes de première ligne fussent bien reliés entre eux ; — de s'assurer que ces postes avancés occupaient les confins de rEmyrne; — enfin, de préparer la pénétration dans les régions sakalaves de l'Ouest.
Le lieutenant-colonel Borbal-Coniljret proposa, le I "i lévrier, de limiter le cercle d' Arivoninuimo aux seules régions de l'Ambodirano et du Maiialaloiido, et de constituer un nouveau cercle avec le Maniolakazo, le Maiidridrano cl le Valalafotsy (cercle de Miarinarivo).
Cette réorganisation devait avoir, dans ICsprit du lieutenant-colonel Borbal-Condjret, les résultats suivants :
Activer la mise en valeur du riche pays de rAnd)odi-
lo6 PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE YI.
rano (1), qui n'avait plus, désormais, à craindre les incursions venues de l'Ouest ;
Donner pour olyectif au commandant du nouveau cercle de Miarinarivo, débarrassé du souci de l'administration de rAmbotlirano, la pacification du Valalafotsy et la pénétration dans les pays sakalaves situés à l'ouest du Mamolakazo et du Mandridrano.
Cette proposition fut agréée par le Résident général, qui décida, à la date du 23 février :
1° La transformation du cercle d'Arivonimamo en cercle annexe sous le commandement du capitaine Scliaeffer (du régiment d'Algérie);
2° La création du cercle de Miarinarivo (Mandridrano, Mamolakazo, Yalalafotsy).
Occupation de Fenoarivo du Valalafotsy. — Le commandant Reynes concentra, le 27 février, à Ambohijanamasoandro, une colonne dont voici la composition : 5" comj)agnie d'infanterie de marine (capitaine Robert, 60 hommes) ; S** compagnie de tirailleurs sénégalais (lieutenant Sabaton, 40 hommes des postes d'Ambohitromby et de Belanitra). Tirailleurs algériens (6 hommes du poste d'Arivonimamo), 1 pièce de 80. — Détachement de milice.
Elle arriva le 2 mars à Fenoarivo, sans avoir rencontré aucune résistance. Le capitaine Robert s'y installa avec 00 hommes d'infanterie de marine, 40 miliciens et la pièce.
Le 3, le commandant Reynes se porta sur Tompomanandrarina, ancien poste hova, au sud-ouest de Fenoarivo, et y installa un poste de 30 Sénégalais.
Le commandant, pour se rendre compte de l'état du pays, revint à Arivonimamo (7 mars), par Ngiloby et alla s'installer, le 20 mars, au chef-lieu de son nouveau cercle, Miarinarivo.
(1) La densité de la population y atteint 45 habitants par kilomètre carré.
PACIFICATION DU CERCLE D'aRIYONBIAMO. loT
Pacification du Mandridrano. (Cercle -annexe de Soavinandriana.)
La province du Mandridrano, au sud du lac Itasy, semblait, plus que tout autre région de rÉmyrne, devoir être entraînée dans l'insurrection. Son éloignement de Tananarive, sa proximité des pays sakalaves, l'absence de toute troupe régulière, tout la désignait aux entreprises des rebelles.
Mais les indigènes du Mandridrano curent la sagesse de résister à ces tentations et leur attitude fut un appoint sérieux pour la répression et la facilité de notre pénétration dans l'Ouest.
Au mois de juillet, les rebelles du Mamolakazo, maîtres des rives nord et est du lac Itasy, cherchèrent à le déborder au sud et à l'ouest. Au mois d'août, une première attaque de Soavinandriana fut repoussée par les habitants qui demandèrent à Tananarive des secours et des armes. On leur envoya 100 anciens soldats ho vas, troupe de solidité douteuse, qui aurait eu besoin d'être encadrée et soutenue.
Cependant, la situation empirait, la rébellion avait franchi la Lily, gagnait les villages au nord du Mandridrano, et menaçait directement Soavinandriana. Un arrêté du 7 octobre créa le cercle-annexe de Soavinandriana, et en confia le commandement au capitaine Compérat, qui arriva le li octobre à son nouveau poste, avec un détachement de milice. Il était temps : quchpies jours plus tard, le Mandridrano abandonné aurait fait défection.
Attaque de Soavinandriana. — Le 28 octobre, io capitaine Compérat apprit par des émissaires qu'un groupe (h> rel)olIes, venant de l'est du lac Itasy, se dirigeait sur Amboliitraina (village à l'est de Soavinandriana). Aussitôt ordre est donné :
1^ à 30 partisans de partir pour ce village ; à 30 autres d'aller à Ambohincrana (deux heures sud-est de Soavinandriana) et d'y organiser une première résistance, à l'aide des habitants armés; 2° aux habitants disséminés dans les îlots de maisons avoisinant ces villages, de se réfugier dans les groupes protégés et d'y mettre leurs biens en sécurité ; 3° aux gens armés de Mahatsinjo et Miadamanjaka (ouest de Soavinandriana), de se rendre au chef-lieu du cercle le lendemain matin .
Le lendemain matin, vers 7 heures, les rebelles dessinent leur attaque ; ils marchent résolument sur Soavinandriana, en deux groupes : l'un cherche à gagner le village par l'est, l'autre par le sud. Les partisans auxquels le capitaine Compérat veut faire prendre l'oflensive contre les rebelles, s'embusquent ; le gouverneur indigène est impuissant à les pousser en avant.
Voyant cette hésitation, les rebelles s'enhardissent, et le moment apparaît où, malgré l'énergie du gouverneur, les partisans vont être ramenés. Mais le garde Albertini, qui a été détaché avec 20 miliciens pour prononcer une contreattaque sur la droite des rebelles, arrive à leur hauteur : il fait exécuter une série de feux de salve, qui déterminent immédiatement la fuite des rebelles ; les partisans reprennent la marche en avant, et donnent une chasse vigoureuse aux rebelles.
Il y eut, dans cette affaire, 20 miliciens et 600 partisans engagés ; a de ces derniers furent tués.
La force de l'ennemi fut évaluée à 3,000 individus, dont 700 seulement armés de fusils. Ils laissèrent 20 cadavres sur le terrain et 5 blessés entre nos mains.
A la suite de cette attaque, le capitaine Gompérat demanda quelques Européens pour encadrer ses partisans, dont la bomie volonté avait besoin d'être fortement stimulée.
Il était indispensal)le de protéger efficacement les villages restes fidèles : (quelques hommes de la compagnie Bou-Ayed
PACIFICATION DU CERCLE d'aRIVONIMAMO. 1o9
furent d'abord détachés dans le cercle-annexe, puis ils furent remplacés par le peloton de tirailleurs algériens Domercq, quand le capitaine Mahéas (6" compagnie), vint dans le cercle d'Arivoniniamo.
Ce peloton s'installa à la fin de novembre à Ambohidrano dans une presqu'île de la rive ouest du lac. Des troupes du cercle d'Arivoniniamo ayant occupé Menazary et Nosivola, à
Lieutenant ROCIIERON, de llnlanlerie de Marine.
l'est du lac, dans les premiers jours de décembre, il devenait désormais impossible aux rebelles de déborder le lac par l'est et par l'ouest; tout le pays au sud était ainsi mis à l'abri des atttaques des insurgés.
Le S décendjrc, le capitaine SchaollVr reniplai-a le capitaine ('ompérat envoyé comme vice -résident à Anlsirabé.
Dès son arrivée, il se rendit au nord tie la Lil\'. au-devant
du lieutenant Roclieron (1), qui rentrait de l'Ouest à la tête d'un détachement de Sénégalais et d'Algériens escortant MM. Grosclaude, d'Yerville, Boussand, etc.
Partie de Tananarive le 30 octobre, cette mission avait suivi l'itinéraire Arivonimamo, Soavinandriana, Tsiroanomandidy, Ankavandra, Manandazza, Bebozaka, en vue d'étudier les richesses minières que pouvait offrir la région sakalave.
Les Sakalaves, tout en lui faisant un accueil réservé, ne l'inquiétèrent j)as sérieusement, et elle put se livrer à la « prospection » des fleuves de l'Ouest.
Mais, au retour, elle éprouva des difficultés à franchir certaines rivières, grossies pa? les pluies, et se heurta aux Landes hovas du Mamolakazo.
Le capitaine Schœffer l'accompagna d'Ambanitavy à Menazary, et revint à Soavinandriana par l'est du lac, le 14 décembre.
Dans les derniers jours de décembre, eut lieu l'occupation d'un certain nombre de postes destinés à couvrir, vers l'ouest, le Mandridrano. Ces postes placés, à peu de chose près, à la limite de la partie habitée, étaient :
Ambanitavy : 1 officier de tirailleurs algériens ; 36 tirailleurs; 10 miliciens.
Ambodifarihy : 1 officier et 3 tirailleurs algériens ; 20 miliciens.
Anobohitandriamaiiitra : 1 tirailleur; 15 miliciens.
Enfin Ambohitraivo, au nord de Soavinandriana, fut occupé par 2 tirailleurs et 15 miliciens.
(1) Le lieutenant Roclieron s'est noyé en mer, victime de son devoir, en janvier 1898, à hauteur de Benjavilo. Il s'était emljarqué sur une mauvaise goëlette dans le but d'aller chercher, à Morondava, des vivres pour son poste qui allait en manquer. La mor était démontée, le lieutenant Hocheron s'embarqua malgré les protestations des matelots indigènes qu'effrayait la tempête.
PACIFICATION DU CERCLE d'aRIVONLMAMO. 161
A partir de cette époque, il n'y eut plus d'incident dans le cercle, le pays acheva de se repeupler; les habitants du Maudridrano du nord, qui n'avaient suivi les bandes rebelles que par contrainte, se hâtèrent de les abandonner et de rentrer dans leurs villages.
L'arrêté du 23 février supprima le cercle-annexe de Soaviiiandriana, qui devint un simple secteur du cercle de Mianinarivo. Le capitaine Schaeffer alla prendre le commandement du cercle-annexe d'Arivonimamo.
Pacification de l'Ankaratra.
de l'Ankaratra avait été, de tout temps, sous l'ancien gouvernement hova, un repaire de Fahavalos ; les petites opérations, que nous eûmes à entreprendre.de ce côté, n'avaient donc aucun caractère politique : c'était œuvre de police locale plutôt que répression d'insurrection.
Rattaché politiquement au Yakinankaratra, cette région ne subit pas le contre-coup des événements dAiitsirabé (juin 1896), et le sous-gouverneur sut tenir tête, avec les habitants armés, aux bandes qui, à diverses reprises, descendirent de l'Ankaratra ou vinrent du lac Itasy. Le Manalalondo fut englobé dans le cercle d'Arivonimamo le 31 octobre 1896, lorsque des renseignements précis curent fait reconnaître que ce pays avait toujours dépendu, sous l'administration hova, du gouvernement de l'Ambodirano.
Au mois de novembre, un peloton de la 6'' c()nq)agnie de tirailleui's (capitaine .Mahéas) vint occuper le Manalalondi», pendant que l'autre peloton était mis à la disposition du commandant du cercle-annexe de Soavinandriana ; le ilioflieu du secteur fut installé à liamainandro.
2" Scciciir (/' Anilxilnlanipi/. — Si le pays du .Manalalonilo,
à l'ouest de l'Aiikaratra, ne fut qu'à peine troublé par l'insurrection, en revanche, sur le versant est, les opérations militaires eurent une assez grande importance.
Le capitaine Lamy, avec la o^ compagnie d'Algérie, était allé, en juin et juillet, jusqu'à Fianarantsoa, où il avait escorté M. le Résident Besson. Au retour, un ordre du général Voyron l'arrêta à Ambatolampy et lui confia la mission d'occuper ce point pour surveiller les communications entre Tananarive et Fianarantsoa.
La tâche à accomplir par le capitaine Lamy était des plus complexes : il devait veiller à la sécurité de son poste que les insurgés avaient attaqué à plusieurs reprises à la fin d'août et au commencement de septembre; garder ses com munications avec Tananarive et avec Fianarantsoa ; enfin , à partir du jour où le secteur d' Ambatolampy fut rattaché au cercle d'Arivonimamo (27 septembre), se relier avec le chef-lieu du cercle.
Il déploya une grande activité, fit de fréquentes reconnaissances, notamment dans l'Ankaratra, qu'il finit par purger presque entièrement des bandes qui l'infestaient, et installa les postes de : Miantsoarivo, sur le chemin d'Arivonimamo ; Antanifotsy, Sambaina, Kelalina, sur la route de Fianarantsoa.
La 12« compagnie malgache (capitaine Mérienne-Lucas), recrutée dans le Betsiléo, vint renforcer le secteur au mois de décembre ; la portion principale s'installa à Tanifotsy.
Au commencement de 1897, le secteur était à peu près entièrement pacifié et repeuplé. Il ne restait plus qu'une trentaine de bandits irréductibles, errant dans l'Ankaratra. Ce sont eux qui massacrèrent plus tard (21 mai), au marché d'Ambatondradana, deux pasteurs protestants MM. Escande et Mhiault.
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PROGRESSION ou CERCLE O'âRîïOi^iiâiO
,1' O,'tol,i.e mi; à Jaimer 1897
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