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CHAPITRE VII

Le cercle d'Aml)atomanga, crée par arrête du 27 septembre, comprenait La province du Sisaony et le sous-gouvernement indigène d'Ambohimalaza, qui fut rattaché à cette province afin d'assurer l'unité de commandement sur la ligne d'étapes jusqu'à Ankeramadinika.

Il était séparé du cercle d'Andjohi(li'al)iby par la limite septentrionale du sous-gouverneinout d'Ainl)ohimalaza, limite assez vague qui, dans les grandes lignes, suit les mouvements de terrain séparant les affluents de la Vara/iina ou haute Ikopa de ceux de la Mananara. Il touchait à l'est à la foret.

Les convois qui circuLiient sur la route détapes étaient l'objet d'attac^ues fréquentes.

Entre Tananarive et Aidveramadinika, la route franchit une série de crêtes, dont l'orientation est à peu |»rès nordsud. Les bandes insurgées du noi-d et du sud pouxaient facilement communi([uer entre elles, pendant la nuit, pailes vallées et ravins ({ui séparent ces crêtes.

Au sud de la route, et à une distance moyenne de 10 à 25 kilomètres, coule, de l'est à l'ouest, la Vam/iinn. nom

donné à la haute Ikopa en amont de Tananarive. La vallée de la Yarahina, très peuplée et renfermant de riches gisements de fer (1), était presque entièrement livrée à l'insurrection.

Nous ne dépassions pas, au mois de septembre, la ligne Tsiafahy — Antanamalaza — Ambatomanga. Les garnisons des postes avaient de fréquents engagements avec les rebelles, mais ces petites actions de guerre n'avaient aucune sanction, non seulement parce que les conmiandants de poste n'avaient sur les populations aucun pouvoir politique, mais aussi parce que les reconnaissances offensives faites par nos troupes n'étaient suivies d'aucune création de postes. A chaque mouvement en avant de nos troupes correspondait un mouvement de recul des rebelles, qui reprenaient l'offensive chaque fois qu'ils voyaient les Français rentrer dans leurs postes.

Cela aurait pu durer longtemps ; malgré les pertes qu'éprouvaient les rebelles, ils ne désespéraient pas d'arriver à nous cerner dans Tananarive ; et, comme nous piétinions sur place, ils se ravitaillaient journellement dans les régions que nous n'occupions pas.

Le 24 septembre, les rebelles attaquèrent en masse Ambatomanga ; ils furent repoussés par le feu de la garnison , et grâce au concours d'un petit détachement accouru du poste d' Antanamalaza .

Il était urgent de ne pas conserver plus longtemps cette attitude défensive que nous observions depuis plusieurs mois, et de passer à l'offensive en sanctionnant chaque bond en avant par l'occupation définitive du pays.

Les instructions envoyées à M. le lieutenant-colonel Borbal- Combret, nommé au commandement du cercle d'Ambatomanga, lui prescrivaient :

(1) Les anciens établissements de M. Lalwrde sunt situés à Mantasoa, sur la Yarahina, prés de la t'orét.

1° D'assurer de la manière la plus complète la sécurité <le la ligne d'étapes ;

2° D'étendre progressivement son action dans la partie sud-est de l'Émyrne, vers la forêt, et de se relier, au delà, avec le cercle de Moramanga.

Pacification de la ligne d'étapes et de la vallée de la Varahina.

Nous occupions : 1° sur la route, les postes de : Ambohimalaza, Maharidaza, Antalatakely, Manjakandriana, Ankeramadinika ;

2" Au sud de la route :

Am])atomanga, Antanamalaza, Amboliibolona, Tsiafahy.

>Iais, à ce moment, les rebelles se réfugiaient, après chacune des attaques qu'ils tentaient contre la route, dans des grottes existant sous plusieurs montagnes de la région. Alin de leur en interdire l'accès, des emplacements pour l)l(Kkliaus furent choisis au mont Angavokely (sud de la route) ; à Nosiarivo (au sud de Manjakandriana), et au nord, près de Nosivato.

Les garnisons de ces blockhaus enlii^prircnl ininuMUatement de fré(juentcs reconnaissances et liniicnl par chasser des grottes les pillards (pii \ habitaient.

Ihr/s/o/i ni sr</r//rs. — Vue [)r(Mnière dixision du ceirle en s(>cleurs fut faite dans la (len\iènn> ([ninzainc" d'octobre :

Secteur d'Ambohimalaza, correspondant au sous-gouvernement du même nom (capitaine Lalubin) ;

Secteur de Maroandriana (Tsiafahy) (capitaine Thévenin).

Prise (lu village d' Ambohitnashia et occupation du mont Andrarankasina. — Il était prudent de compléter l'occupation militaire de la route par celle de la vallée de la Yarahina, pour les raisons données plus haut; mais, auparavant, une opération s'imposait contre le village d'Ambohimasina situé à une vingtaine de kilomètres au sud-est de Tsiafahy.

En effet, à la fin de septembre, un petit détachement s'était approché de ce village au cours d'une reconnaissance, et, l'ayant trouvé trop fortement retranché et occupé, était rentré à Tsiafahy.

Ce mouvement de recul étant de nature à enhardir les rebelles, le général prescrivit au lieutenant-colonel Borbal- Combret, par lettre du 10 octobre, d'enlever le village et d'y installer un poste.

Cet ordre, — il faut insister sur ce point, — motivé par des circonstances exceptionnelles, était une mesure exceptionnelle sortant du cadre du programme fixé par le général aux commandants de cercle, auxquels les recommandations les plus expresses étaient souvent renouvelées de gagner du terrain lentement et progressivement, sans temps d'arrêt en quelque sorte, et en évitant les bonds de grande amplitude.

Le lieutenant-colonel Borbal-Combret réunit, en conséquence, à Tsiafahy, le 20 octobre, une petite colonne :

2« compagnie du bataillon d'Algérie (capitaine Tauon) :

5 officiers, 140 hommes ; 1 '■'' compagnie du bataillon étranger (capitaine Flayelle) ;

4 officiers, 107 hommes ; 1 pièce de 80 (lieutenant Charbonnel), portée à dos de

bourjanes ; 10 lioinmes d'infanterie de marine (capitaine Thévenin).

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PACIFICATION DU CERCLE d'AMBATOMAXGA. 167

Ambohiinasina fut enlevé le 22 octobre et occui^é par un poste de 50 hommes; puis la colonne se porta au nord, vers le mont Andrarankasina, qui servait de refuge à des milliers d'individus, et installa un poste au pied de la montagne, à Antanetibé.

Le 24, un poste est créé à Soavinandriana (ouest de Mantasoa) puis le reste de la colonne rentre à Aml)atomanga.

Pendant les mois de novembre et de décem])re, le commandant du cercle fit installer de nouveaux postes aux abords de la route et dans la vallée de la Varahina :

Ambohimasina (au nord de ^laliaridaza) ; Manand^olo (au nord d'Ankeramadinika) ;

Lazaina, non loin de Mantasoa. sur la rive gauche de la Varahina ; la portion principale de la compagnie Tahon s'y installa, avec mission de surveiller le pays jusqu'à la lisière de la forêt ;

Anjozoro — Antsamaina, au sud d'Ankeramadinika.

Mais, ni aux abords de la ligne d'étapes, ni dans la vallée de la Varahina, les habitants ne venaient en nombre notable à nos postes. Quelques rentrées seulement se produisaient, la masse de la population ne suivait pas le mouvement.

Un incident assez grave vint bientôt prouver que la foret renfermait toujours des lîandes de rebelles déterminés.

Affaire de Soavina ['1^ dêcenthre). — Le 27 décembre, au soir, une l)ande de 400 à TiOO insurgés (armés de 30 à iO fusils seulement), quittait son camp, installé dans la forêt, à 15 ou 20 kilomètres au nord d'Ankeramadinika, dans Tintention de se procurer des vivres, de piller et brûler les villages fidèles et de s'emparer des personnages ho vas dévoués i\ la France.

Pour éviter de donner l'alerte aux nomJjreux postes de la région, la ])ande suivit la contrée (lés(M't(> ([ui sc-pare les cercles d'Ambatomanga et d'Ainbohidrabiby, arriva, à la pointe du jour, sur le mamelon ([ui domine Alarobia, et

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