AU COMMANDANT DU 'I' TERRITOIRE MILITAIRE
J';ii (l('j,i fu roccasion de vous ciiIrctiMiir de l'intérêt que j'attache à la paci- (icalioii coinplèti' de la i)ailie ilu lerrle d'Ambatoiuaiiga qui s'étend entre le
(1) Nom de la province dont le chef-lieu est Tsinjoarivo. Ne pas la confondu avec l'autre province du même nom située près de Tauanarive.
pays do Tsinjoarivo, la région d'Aniboliiniasina, Antanétibé, Lazaïna, Ânkerainadinika et le cercle de Moramanga.
Les opérations de M. le lieutenant-colonel Hiirstel ayant eu pour résidtat de dégager la partie de la forêt qui forme la limite orientale du plateau d'Emyrne au nord d'Ankeramadinika, j'estime qu'il y a urgence à exécuter une autre opération semblable pour nettoyer à la fois la région d'iharamalaza et la forêt qui s'étend d'Ankeramadinika h Tsinjoarivo.
J'ai, dans ce but, prescrit à M. le «olonel Hiirstel de laisser une compagnie de tirailleurs algériens (7^ compagnie, capitaine Blanc) à la disposition de M. le commandant du cercle de Moramanga, afin que celui-ci puisse occuper une série de points conTcnablement choisis pour surveiller la lisière est de la forêt.
Je vous envoie ci-joint copie du télégramme adressé à ce sujet à M. le commandant Noël; j'ai prescrit, de plus, à M. le lieutenant-colonel Hiirstel de remettre la compagnie du capitaine Michelangeli à la disposition de M. le commandant Drujon, pour lui permettre d'employer cette compagnie dans le sud-est de son cercle. D'autre part, ayant appris indirectement que M. le commandant Drujon avait déjà entrepris des opérations dans la région de Nossi-Bé, je l'ai invité, par un télégramme dont je vous envoie également copie, à attendre vos instructions avant de s'engager à fond de ce côté.
J'ai l'honneur de tous prier de vouloir bien donner le plus tôt possible, à M. le commandant du cercle d'Ambatomanga, toutes les instructions nécessaires pour qu'il procède aux opérations projetées avec toute la méthode désirable et après s'être entendu avec M. le commandant Noël pour que celui-ci prenne bien toutes les mesures indispensables pour surveiller les débouchés est de tous les sentiers qui descendent de l'Emyrne dans la vallée du Mangoro à travers la forêt occupée par les rebelles.
Vous voudrez bien également donner à M. le capitaine Drujon des ordres précis pour qu'à ces opérations succède immédiatement l'établissement d'un réseau de postes permanents, blockhaus, villages armés, etc., judicieusement organisé pour compléter d'une façon définitive la région frontière de l'Emyrne entre Ankeramadinika et Tsinjoarivo. Ces postes et blockhaus devront, bien entendu, être installés sur des emplacements convenablement choisis pour surveiller efficacement les voies de communication qui traversent la forêt, et pour empêcher que celle-ci ne devienne de nouveau le refuge des insurgés.
Je vous prie de vouloir bien me tenir au courant des opérations qui seront exécutées d'après les indications qui précèdent et m'envoyer le plus tôt possible des propositions définitives en vue de l'organisation du réseau de postes-frontière susvisés.
Gallieni.
Cette lettre faisait allusion à des opérations entreprises par le commandant du cercle d'Ambatomanga dans la région de Nossi-Bé.
Le commandant Drujon avait, en elTet, enlevé le 6 février ce village (situé sur la rive gauche de l'Ikopa, à Test d'Am-
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bohimasiiia), qui passait pour la place d'armes des rebelles, et où ils se vantaient d'être inexpugnables.
A la suite de cette opération, des postes furent installés à Nossi-Bé, liiaramalaza (sud de Xossi-Bc). 3,000 soumissionnaires vinrent se rendre à ces postes.
Au coinniencement de mars, le capitaine Tliévenin, commandant le secteur de Tsiafaliy, fut chargé de disperser une bande ayant son centre d'action à Manarintsoa. C'est dans ce village, situé au sud-est de Tsiafahy, que MM. Duret de Brie, Grand et Michaux avaient été assassinés au mois de juin 1896; et, depuis lors, les gens du pays s'étaient toujours montrés irréducti])les et avaient refusé d'entrer en pourparlers avec les émissaires qu'on leur avait envoyés à maintes reprises.
Les fractions mobiles des garnisons d'Anibohimanjaka, Andramasina, Ambohitromby, Ambohimasina, quittèrent leurs postes, le o mars à la pointe du jour, et suivirent des itinéraires convergents vers le lieu de refuge de la bande, de manière à la cerner.
L'opération réussit pleinement; on fît un grand nombre de prisonniers.
Les jours suivants, la compagnie Tliévenin fut répartie dans les villages ci-après : Manarintsoa, Tsiazompaniry, Nosivola, Andjohifity, Ambohimangakely.
Ces postes se reliaient à Antanamalaza, poste du secteur du Yoromahery, et se trouvaient à peu près à la limite de la partie peuplée de la province du Sisaony.
Le chef-lieu du secteur fut transféré à Andramasina, mais il y avait lieu, pour achever la pacification de la partie orientale du cercle, de pousser les postes jus([u'à la lisière de la forêt et de faire dos l)attues niétliodi([ues à l'intérieur, en liaison a\ee le cercle de Moranianga.
Trois biockliaus furent construits à la lin de mars, sur la lisière même à l'est de Mantasoa.
lf^-2 PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE YII.
Comme le cercle de Moramaiiga n'avait pas, à ce moment, de troupes disponibles pour opérer en liaison dans la forêt avec celles du cercle d'Ambatomanga, le commandant Drujon envoya à Sabotsy, après entente avec le commandant Noël, le capitaine Michelangeli avec 70 hommes de sa compagnie (12*' haoussa).
De son côté, le commandant Drujon concentra à Imerinarivo une f)etite colonne d'une centaine d'hommes. Pendant quatre jours, des battues furent entreprises par les deux détachements qui construisirent des blockhaus sur la lisière de la forêt, au sud de ceux dont il est question plus haut.
Résumé de la situation au 1er avril.
Au 1" avril, le cercle a atteint ses limites naturelles; il est divisé en trois secteurs (en laissant à part le secteur de Tsinjoarivo). Son chef-lieu a été transféré à Tsiafahy :
Secteur nord de la Varahina, divisé en trois sous-secteurs : Soavina, Maharidaza, Ambatomanga.
Secteur sud de la Varahina.
Secteur de Maroandriana.
La situation générale est bonne; il ne reste plus que de petites bandes dans la forêt; les blockhaus établis par le commandant Drujon les empêchent d'en sortir.
Les soumissionnaires continuent à affluer à nos postes c[ui les accueillent avec bienveillance et les renvoient dans leurs villages.
Les soumissions atteignirent, pour la période du l*"' janvier au 8 avril, les chiffres suivants :
Secteur nord de la Varahina 10,043
— sud de la Varahina »
— de Maroandriana 11,786
— du Voromahéry 5,000
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Dernières opérations dans la forêt au sud d' Ankeramadinika. — En avril, la liaison n'était pas encore parfaitement assurée au sud d' Ankeramadinika, entre les cercles de Tsiafahy et de Moramang-a, et il restait encore quelques bandes dans la forêt.
Des recommandations expresses furent faites au sujet de cette liaison aux commandants des cercles intéressés.
: T A T - M A J 0 K . Tananarivc, le 30 avril 1 S'J^
AUX COMMANDANTS DES CERCLES DE MORAMANGA, TSIAFAHY. ANJOZOROBK.
Malgré les recommandations réitérées faites anx commandants de cercle en Tue d'assurer constamment les relations et l'échange de renseignements entre cercles voisins, il arrive encore que certains postes placés sur la lisière de la forêt qui forme la limite orientale de l'Emyrne n'ont aucune communication avec les postes situés sur la lisière opposée et ignorent même leur existence.
Pour assurer la convergence des efforts en vue de la pacification et pour éviter toute opération inutile, il est nécessaire que les postes frontière communiquent constamment entre eux et soient toujours tenus au courant de ce qui se passe au delà de leur zone de surveillance. De même il est essentiel que les commandants de cercles et de secteurs soient informés de toute création de postes et de toutes opérations entreprises dans le cercle ou secteur voisin.
En conséipience, le général conmiandant le corps d'occupation invite MM. les chefs de bataillon commandant les cercles de Tsiafahy, de Moramanga et d'Anjozorobé à vouloir bien prendre, de concert, les mesures propres à assurer des relations constantes non seulement entre leurs cercles, mais aussi entre les secteurs de cercles voisins.
Un rapport résumant l'ensemble des dispositions ainsi arrêtées dun commun accord devra être adressé au général par chacun des commandants des cercles susvisés avant le 31 mai procliain.