‹ La pacification de MadagascarChapitre 26 sur 92 · C.ALLIENI · texte numérisé non relu

C.ALLIENI

Le commandant (iouttenéiiro, ((ui avait r(Mnplacé, le 7 avril, le connnandant Dnijon à l.i trie du tci-ilc d»> Tsiafahy, chargea le capitaine Michelani;cli de faire des battues méthodiques dans la forêt. Tout le mois de mai y fut consacré.

Le capitaine Michelangeli, parti trAnkeraniadinika, entra dans la forêt et chemina vers le sud afin de prendre à revers et de détruire tous les camps ennemis.

Le 7 mai, il opéra de concert avec le capitaine Flayelle, ([u'il rejoignit au blockhaus d'Aml)ohil)azaha, pour attaquer un camp où s'étaient réunis divers chefs de rebelles.

Le camp fut enlevé sans difficulté; on y fit quelques prisonniers.

A la fin du mois, le capitaine Michelangeli opéra en liaison avec le lieutenant G remillet, commandant le poste de Beparasy (cercle de Moramanga) ; et avec le concours de cet officier qui connaissait parfaitement la lisière orientale, il purgea complètement cette partie de la forêt des derniers rebelles qui l'occupaient.

Il n'y avait plus, en effet, que des débris des grosses bandes réfugiées autrefois dans la forêt. La famine, les mauvaises conditions climatériques y avaient fait des ravages considérables.

Si le capitaine Michelangeli avait été accompagné de quelques partisans malgaches, pas un rebelle n'aurait pu échapper, mais les Haoussas ne sont pas très aptes au service spécial qui exige une battue dans des forêts aussi accidentées que celles de Madagascar.

A la fin du mois, la 12« compagnie haoussa rejoignit Ambatomanga en vue d'être rapatriée au Dahomey.

La battue exécutée par cette compagnie eut un résultat important : le chef Rainibakovelo, chassé de la forêt, se réfugia dans une case abandonnée près du village d'Andratsay (nord de Nossi-Bé) où il fut pris le 8 juin par le sergent Ohmer, de la lO*" compagnie d'infanterie de marine.

Pour empêcher des petites bandes de mécontents de se reformer dans la forêt, la surveillance méthodique en fut organisée comme il suit.

Les bhjckhaus-frontière des cercles intéressés (Moramanga, Anjozoroljé, Tsiafahy), furent réunis par groupes de trois ou

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quatre sous le commandement d'un officier chargé de constituer des reconnaissances de 20 à 30 fusils :

4° Pour battre la lisière de la forêt;

2° Pour se rencontrer à des jours convenus avec les reconnaissances du cercle voisin.

Le commandement tint la main à ce que cette organisation subsistât longtemps après la pacification (1).

Occupation du Voromahéry (décembre 1896-juin 1897),

Nous avons jusqu'à présent et à dessein laissé de côté les opérations qui eurent lieu dans la région du Voromahéry, parce qu'elle a constitué un théâtre d'opérations nettement distinct du reste du cercle de Tsiafahy.

Dès le mois de novembre, le général commandant le corps d'occupation avait songé à faire occuper le Voromahéry,

(1) Pour perpétuer dans la colonie le souvenir des militaires du corps d'occupation tués à l'ennemi dans le cercle dAml)atomanj.'a, leurs noms furent donnés aux blockhaus les plus voisins du lieu où ils tombèrent.

Secteur nord de la Yarahina.

Blockliaus HoniER.

RiVAT.

— Andrangoloaka Hex Haliua.

— Ambatolampy Claudel.

- — (:uBih:nES.

— Ampamiloana Hougnon.

— Zenzou.

iiundegala.

— Helût.

— - Ant;uKinari\()krly. . . Morci-.MoHAMEii.

Si'clenr sud de lu Vaniltiiia.

Dlockliaus Itsapia REnNHAUD.

— Kajaravona lloïZ.

Srcteur d'A ndramasiiia.

Blockhaus Kelimafana I'ieiinot.

VoroDialtrnj.

Blockliaus Ifmdra Chanthieux.

180 PREiMlÈRE TARTIE. — CHAPITRE VII.

pays situé à l'est du N'akinankaratra et de FAmbodirano, dont les habitants semblaient animés de dispositions pacifiques. Il était urgent de procéder à cette occupation le plus tôt possible, car Rainibetsimisaraka, dont les partisans se tenaient dans la forêt à l'est du Voromahéry, aurait pu travailler les habitants et les faire passer à la rébellion.

En outre, il était important de livrer le plus tôt possible à la colonisation une région réputée pour ses alluvions aurifères, alluvions que Rainibetsimisaraka exploitait pour le compte de certains hauts personnages malgaches.

A cette époque, le Yoromahéry relevait, au point de vue administratif, du Yakinankaratra, et dépendait, par suite, du vice-résident d'Antsirabé. Mais cette dépendance n'était pas conforme aux anciennes coutumes locales puisque avant notre arrivée dans le pays, le Yoromahéry faisait partie du gouvernement général du Sisaony.

Aussi, en vertu des principes politiques que nous avons déjà vu appliquer en toutes circonstances pour la réorganisation de Madagascar, le général Gallieni décida de rendre le district de Tsinjoarivo au Sisaony, par suite, au cercle d'Ambatomanga.

En même temps (5 novembre) la 11<^ compagnie malgache (capitaine Pichon), de récente formation, venant de Fianarantsoa, et la 2^ compagnie de légion (capitaine Deleuze), stationnée à Tananarive, étaient mises à la disposition du lieutenant-colonel Borbal-Combret.

Le 9 novembre, cet officier supérieur se rendait à Tananarive et s'y mettait en relations avec M. Savaron, ancien sous-officier de l'escorte (1) qui, libéré dans le pays, avait séjourné longtemps dans le Yoromahéry et y avait conservé des relations avec les chefs influents.

M. Savaron se rendit à Ambatolampy et s'aboucha avec un

(I) L'escorte d'infanterie de marine iilacée auprès du résident de France avant l'expédition du 1895.

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certain noni]>i'c d'indig-ènes des régions à cheval sur la haute Onivé; ces indigènes promirent d'accueillir pacifiquement nos troupes quand elles se présenteraient dans leur pays.

Pour compléter par l'action politique la préparation de l'occupation militaire projetée, le lieutenant-colonel lîorbal- Combret fit appel à un ancien officier hova du palais, Pliilippo Razafimandiby, qui avait des intelligences dans le Yoromahéry. C'est le même officier hova qui, envoyé en mission en octobre dans l'Ankaratra, avait contribué à la pacification de ce massif montagneux. Il réussit à faire venir, le 16 novembre, à Amljatomiady (sud-est d'Antanifotsy), les deux chefs principaux du Yoromahéry qui s'engagèrent à faire leur soumission le 20 novendjre et à rendre des armes.

Ils tinrent parole.

L'occupation pacifique du Yoromahéry étant ainsi ])ion préparée, le lieutenant-colonel Borbal-Gombret quitta Amljatomanga le 10 décembre.

Le () décembre, Ambohitromby, sur la route directe de Tsiafahy à Tsinjoarivo, avait été occupé par le capitaine Thévenin, commandant le secteur de Maroandriana. Ce môme jour, la compagnie de légion Deleuzo était arrivée à Béhenjy. Quant à la compagnie Pichon, venant de Fianarantsoa, elle avait été arrêtée à Begoaka, au sud d'Ankisatra.

Le 12, le lieutenant-colonel arrive à Ainbatolainj)) et fait occuper, par un peloton de la compagnie Deleuze, Ankafotra, sur la route de Tsinjoarivo.

Le 14, le lieutenant-colonel paît (rAinl)alolanipy avec un peloton de légion, MM. Savarou o\ IMiilip[)e Hazafimandiby et arrive dans raprès-niidi à Tsinjoarivo dont toutes les cases, et notamment le « l^alais 1 i ", étaient intacts. Quelques habitants viennent an-(K>vant de lui; la majorité s'était réfugiée dans une lic de l'Onivé.

(1) Tsinjoarivo était une des résiddicts royales.

11 convoque les habitants des environs à un grand Kabary pour le 16 : 4 à 500 personnes s'y rendent, parmi lesquelles tous les chefs influents. Ceux-ci sont confirmés dans leurs pouvoirs, et le lieutenant-colonel présente le capitaine Deleuze comme commandant local. Il lui laisse des instructions dont la copie est donnée plus loin.

Le 17, le lieutenant-colonel quitte Tsinjoarivo avec le capitaine Deleuze pour visiter les postes installés par la compagnie du capitaine Pichon.

Cet officier avait été invité par une lettre que le lieutenantcolonel lui avait envoyée d'Ambatolampy, à occuper deux postes : Fun vers Anjamanga, l'autre vers x\ndasibé, afin de barrer à Rainibetsimisaraka l'accès du Yakinankaratra.

Après examen de Id situation du poste d'Andasibé, le lieutenant-colonel fit transférer sa garnison à Morarano.

L'occupation de la région méridionale du Voromahéry fut complétée par la création d'un poste à Belanitra (demi-section de tirailleurs malgaches et quelques légionnaires).

Le 20 décembre, le lieutenant-colonel remonta au nord et installa 30 tirailleurs algériens (1), avec le lieutenant indigène Hadji, à Antsiribé pour surveiller et protéger les villages de la boucle de l'Onivé.

Il rentra le 24 à Ambatomanga.

En résumé, l'occupation du Voromahéry et du Sisaony- Sud s'était faite sans que la troupe ait eu à tirer un coup de fusil, avec beaucoup de méthode et d'activité en faisant usage exclusivement de l'action politique.

Le Voromahéry et les frontières orientales du Yakinankaratra et de l'Ambodirano étaient désormais couverts contre les incursions de Rainibetsimisaraka, ,qui se trouvait acculé à la forêt.

La mission du capitaine Deleuze consistait à organiser le

(1) Que le capitaine Lainy, commandant le secteur d'Ambatolampy, avait mis à sa disposition.

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pays placé sous son comiuaiKlcment, à activer la rentrée de tous les habitants et à donner la chasse à Rainibetsimisaraka et à ses fidèles.

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