‹ La pacification de MadagascarChapitre 27 sur 92 · INSTRUCTIONS DL 17 DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

INSTRUCTIONS DL 17 DÉCEMBRE

LAISSEES PAH

LE LIEUTENANT-COLONEL BORBAL-COMBRET AU CAPITAINE DeLEUZE

Le capitaine Dcleiizo est nommé commandant .lu secteur du Voromaliéi y qui l'ait partie du cercle d'Âmbatomanga.

Sous la direction du commandant de cercle, il exercera son autorité sur tout le pays du Voromahéry.

Les limites de ce secteur ont été indiquées dans h; croquis de Tétat-major, mais elles sont très approximatives et il appartiendra au capitaine Deleuze de les fixer d'une façon certaine, en recueillant sur place des renseignements près des habitants et des gouverneurs de village.

Au point de vue politique, il devra traiter les habitants avec douceur et s'en servir pour faire rentrer dans le devoir ceux qui sont encore avec les rebelles. Il s'attachera à leur faire comprendre que nous resterons toujours dans le pays et que notre protection sera accordée à ceux qui nous seront fidèles.

Pour toutes les questions d'impôt, de justice, écoles, religion, etc.. il recevra ultérieurement du commandant du cercle copie des décisions et arrêtés y relatifs.

Au point de vue militaire, il aui'a à surveiller étroitement : d'une part les bandes du Nord qui ont pour chef principal Ratsizehena et occupent le pays de Manarintsoa et Nossi-Bé ; d'autre part, les bandes du Sud qui obéissent à Rainibetsimisaraka et circulent dans la vallée de la Sahatorendrika. Avec les forces qui ont été mises h sa disposition, et qui s'élèvent à plus de 350 hommes, il devra interdire à ces bandes l'accès de la vallée de l'Onivé et de ses affluents des deux rives jusqu'à Tsinjoarivo.

Les habitants du pays sont braves et ne demandent qu'à marcher. Il utilisera leur bonne volonté et les emploiera soit pour le service tle surveillance des postes, soit pour l'exploration. Il pourra deniander pour (|uelques-uns ireutre eux des fusils que lui enverra le commandant du cercle.

Tout en gardant dans les postes principaux une force suffisante pour agir vigoureusement à l'extérieur, il n'hésitera pas à former de petits détachements de quelques hommes (jui, placés dans certains villages judicieusement choisis, soit en raison de leur importance, soit parce (ju'ils sont la résidence de chefs

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intîucuts, i-ontribucront h faire rentrer les habitants et à assurer notre domination dans le pays.

Un (le ses premiers soins devra être de se relier, par Antanamalaza, avec Amboliitromby.

C'est par cette route, qui est généralement bonne, que se feront les ravitaillements du secteui'.

Il étudiera aussi le chemin qui, partant de Tsinjoarivo, se dirige sur le bas Onivé par la montagne d'Ambohitrokolohahy et sur lequel, à une distance movenne de 40 kilomètres commence la région Betsimisaraka.

Il entrera par cette voie en iclations avec les peuplades betsimisarakas qui n'ont jamais été hostiles à la cause française et pourront lui être d'un gi'and secours contre les bandes de brigands qui trouvent refuge dans la forêt.

Le capitaine Deleuze aura plus tard auprès de lui comme adjoint un fonctionnaire indigène du rang de sous-gouverneur, qui relèvera, par son intermédiaire, du gouverneur principal du cercle d'Ambatomanga, de même que lui relève du commandant de ce même cercle.

BORBAL-COMBRET.

Opérations du capitaine Deleuze.

Conformément aux instructions du commandant du cercle, la garnison d'Ankafotra envoya, le 24 décembre, un détachement occuper Antanamalaza sur la route de Tsiafahy ; le 31 décembre, le poste d'Ankafotra, devenu inutile, était supprimé ; sa garnison allait renforcer celle d'Aiitanamalaza.

Il était à supposer que Raiiiibetsimisaraka ne tarderait pas à inquiéter les postes les j)lus voisins de ses camps de la forêt.

Effectivement, dès le 26 décembre au soir, il attaquait avec 450 hommes, dont 80 armés de fusils, Belanitra, défendu par 12 légionnaires et 20 tirailleurs malgaches.

Le chef de poste, le sergent Aubry, les maintint à bonne distance par ses feux de salve, puis, prit l'offensive le 27 au matin et les mit en fuite. Le mouvement de recul des assaillants fut également déterminé par une diversion faite par un détachement venu de Tsinjoarivo; le sergent Aubry avait, en effet, pu envoyer un émissaire au commandant du secteur

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pour le prévenir de Fattaque iinniiiieuto qui luenarait Belanitra.

Le 2 janvier, le poste fut attaqué de nouveau, la sécurité de Belanitra exigeait donc une offensive vigoureuse contre le chef re])elle.

Le capitaine Deleuze se rend à l»(danitra le 5 janvier; son arrivée coïncide avec une nouvelle attaque des reljelles qui sont repoussés et poursuivis.

Après avoir recueilli des renseignements sur la position occupée par les rebelles sur la lisière de la forêt, le capitaine Deleuze donne ses ordres pour la réunion d'une petite colonne (capitaine Pichon : 59 légionnaires, 12i tirailleurs malgaches), constituée au moyen de détachements prélevés sur les garnisons des postes.

Le plan adopté par le commandant du secteur consistait à descendre vers le sud, en débordant la position de l'ennemi ; puis à pénétrer dans la foret, à se rabattre sur les derrières des camps fortifiés, de manière à tourner leurs défenses dirigées du côté de l'ouest.

Le 7 janvier, la petite colonne se met en route, passe la Sahatorendrika à gué (1'", 50 de profondeur) et arrive le 8, au matin, près du sommet d'un piton appelé Yohitrompiana. Le capitaine Deleuze en fait rascension pour examiner les environs; un grand camp fortifié (1) est visible à 2 kilomètres au nord-est, il est à la lisière de la forêt, séparée ellemême par une clairière du mauielon du Vohitrouq)iana.

La colonne bivouaque auprès du maiiiclou, et le lendemain matin, pendant qu'un poste, installé sur le sonunct, attire l'attention des rebelles, la partie principale de la colonne franchit la clairière et s'avance en suivant deux cheminements frayés à la hache et à la serpe sur les deri'ières du camp n*^ 4. Elle arrive ainsi, vers midi, tout près du tanq).

(1) Célail le cuini» situé le plus au sud ; il y eu avait tnùs autres au imrd.

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