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CERCLE DES BAR AS

Situation militaire au commencement de l'année 1898.

La situation du cercle des Baras, au commencement de Tannée 1898, était la suivante :

Le commandant Cléret, placé à la tête du nouveau cercle que venait de créer un arrêté en date du 9 novembre 1897, avait été chargé de coordonner et de poursuivre les résultats déjà sensibles atteints par les lieutenants Mouveaux, Baudrand et Boin. Ces deux derniers, en particulier, par les coups répétés au roi Isambo, avaient, comme on l'a vu, déterminé la soumission de ce chef à l'administrateur de Farafangana et celle, à Ivohibé, d'un certain nombre de ses partisans.

Rattachement du district d'Ikongo à Farafangana. — Le district d'Ikongo, toujours troublé, mais n'étant plus en danger immédiat depuis l'échec infligé au rassemblement rebelle par le commandant Cléret (10 octobre) , venait <rêtre rattaché, par arrêté du 21 janvier, à la province de Farafangana, dont il faisait partie géographiquement.

L'ouest, et particulièrement la Tsiribihina, absorbant la majorité des effectifs disponibles, le général en chef, nous l'avons vu dans son instruction du 22 mai, annonçait, dès le début de l'année, l'intention de ne pas renforcer le sud, au moins d'une façon sensible. Mais, proportionnant la mission du commandant du cercle aux moyens restreints laissés à sa disposition, le Général en chef lui traçait le programme limité qui pouvait se résumer ainsi : maintenir ou rétablir les communications ébauchées de son cercle avec Fianarantsoa d'abord, avec Farafangana, Fort-Dauphin et Tuléar ensuite ; avec Fianarantsoa, la chose était relativement aisée, grâce au mouvement déjà important des lignes Fianarantsoa — Ivohibé et Ihosy, et à l'appui d'une province calme et riche.

Avec les trois autres circonscriptions, les communications étaient plus précaires.

La première mesure qui s'imposait était la consolidation des points occupés et l'affermissement de notre influence sur les populations situées dans leur voisinage immédiat.

Secteur d'Ihosy. — I.a position crihosy sur la grande ligne de communication Fianarantsoa— Fort-Dauphin, pourvue dun rova fortement t'talili, de bâtiments presque confortables, avait justifié l'occupation de ce point comme premier jalon de notre ligne de pénétration dans le pays bara.

Les postes de Ranohira et Betroky surveillaient le pays des Baras-bé.

Secteur d'Ivohibé. — Dans ce secteur, la soumission disambo, chef des latsantsas, avait amené un moment d'accalmie.

Malheureusement, Isambo, s'il tenait de sa famille une influence sensible sur ses compatriotes, était d'un caractère timide et faible qui rendait son action personnelle assez limitée.

Une partie des Tambavalas avait aussi fait sa soumission. Mais le roi Tsivoa, à la tête des clans dissidents, s'était réfugié dans la forêt du sud-est, pour ne pas subir le désarmement, et sa présence sur le flanc de la ligne Ivohibé — Farafangana constituait, pour la sécurité de celle-ci, une menace continuelle ; malgré la création du poste dTsapeza , sur la rive droite de riantara, au sud-est d'Ivohibé, malgré l'active surveillance du lieutenant Boin, il était nécessaire, pour se conformer aux instructions du général en chef, qui voulait cette importante communication complètement dégagée, de porter de ce côté des coups plus forts et plus répétés.

Secteur de Tamo-Tamo. — Dans le sud, le capitaine Lacarrière avait assis l'organisation du secteur sur un réseau de postes : Mahabo, Tsivory, Mahaly couvrant Tamo-Tamo et reliés à Ihosy par Betroky ; il s'apprêtait à la compléter par l'occupation d'Isoanala, pour garder son flanc droit contre les Antandroy, et, dans le même but, il avait laissé des armes au chef de Tsivory. En somme, il avait obtenu des soumissions dans le voisinage immédiat de ces points d'appui, jalonné la grande ligne de communication de Fianarantsoa à Fort-Dauphin.

En résumé, dans le cercle en général, la situation était en bonne voie, mais peu avancée. Les quatre communications à tenir n'étaient pas coupées, mais ne présentaient qu'une sécurité relative, insuffisante au commerce ; quant aux peuplades et aux pays extérieurs à ces grandes lignes jalonnées par nos postes et suivies par le mouvement de nos détachements, ils nous étaient, sinon hostiles, du moins inconnus.

Programme et division des opérations. — Se renfermant dans la tâche assignée : raffermir nos conimunicatinns, leur donner de l'air, le commandant Cléret alliiit avoir à procéder d'une façon différente de celle que nous avons vu employer dans l'ouest. Ici les trouées sont faites, il s'agit de les maintenir sans s'épandre inutilement h. droite et à gauche. Les opérations militaires, au lieu d'une progression méthodique vers un but défini, sur un axe connu, y prennent donc le caractère forcément un peu décousu, d'une grande police de routes. Chacune d'elles aura pour effet d'élargir ini peu les longs couloirs tracés d'Ihosy sur Farafangana, Fort-Dauphin et Tuléar, de rejeter dans l'intérieur les tribus pillardes et indociles qui peuvent les in(|uiéter, sans chercher à placer sous notre sujétion étroite la superficie totale il'un pays sur leciuel les renseignements étaient encore fort incomplets et qui devait être cette année.

pour nos officiers, plutôt un objet d'études préalables destinées à éviter ultérieurement toute action de force prématurée ou infructueuse, qu'un théâtre d'opérations comparable à l'ouest.

Le commandant Michard ayant remplacé le commandant Cléret le !«' juin, l'ensemble pour 1898 des petites opérations, courtes mais fréquentes et activement conduites, qui devaient maintenir la sécurité sur les grandes artères du cercle des Baras, se divise donc naturellement en deux périodes :

\° Opérations du commandant Cléret jusqu'au l'^'juin '1898 ;

2' Opérations du commandant Michard à partir du l"' juin 1898.

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