‹ La pacification de MadagascarChapitre 60 sur 92 · OP · texte numérisé non relu

OP

CROQXTIS

T>onr siirxTe les operàlioii»

' lUins 1.-

CERCLE DES BARAS ET TANALAS Eclieib? ai» ...iAÂ^iîir

d'Ambohibé, d'occuper le pays des Sakalaves Andraivolas ;

3° Enfin, de prolonger la ligne des postes de rOnilahy, en amont d'Ankatofotsy, d'occuper la vallée du Sakondry et le pays des Antanosy émigrés.

M. Estèbe disposait, pour mener à bien sa mission, des milices de la province, de la l""® compagnie de légion, commandée par le capitaine Flayelle, et de la G*' compagnie du jer régiment malgache, sous les ordres du capitaine Génin. A ces efl'ectifs devait se joindre, dans la suite, la 7'' compagnie du 2^ régiment malgache, capitaine Boery, débarquée à Tuléar le 12 avril 1898.

A. — Affaire du Vohinghezo.

Occupation dWnkazociho. — L'administrateur adjoint Marcoz alla occuper dans les premiers jours de février, avec un détachement mixte de milice et de légion, Ankazoabo, capitale du roi Impoinimerina. Le commandant Putz, au cours de sa mission dans le sud, avait en effet reconnu et signalé au Gouverneur général la nécessité de s'établir fortement dans cette localité, qui devait nous servir de base pour marcher contre le rassemblement du Vohinghezo .

Le capitaine Flayelle, commandant les troupes de la province de Tuléar, fut chargé de disperser ce rassemblement.

Il disposait à cet effet de contingents fournis par la province de Tuléar et le secteur dThosy, comprenant :

Troupes de la province de Tuléar : un détachement de 40 hommes de la l""" compagnie de légion sous les ordres du lieutenant Montagnole ;

Un détachement de 35 hommes de la G*" compagnie du 1" régiment malgache (sergent Baume) ;

Un détachement de 40 miliciens de la compagnie de Tuléar sous les ordres de l'inspecteur de 2" classe Charles.

Troupes du secteur d'Ihosy : une pièce de 80""" de montagne (lieutenant Defer) ;

Un détachement de 30 tirailleurs de la 8^ compagnie du 2« régiment malgache (sous-lieutenant Garenne), 10 miliciens du poste de Ranohira et 10 partisans ;

12 miliciens du poste d'Ihosy et 28 miliciens du poste de Soaserano, sous les ordres du garde Morel;

Quelques hommes de la 11« compagnie du 13*' de marine commandés par l'adjudant Calvet, soit environ 200 fusils et 1 pièce.

Les troupes se trouvaient concentrées à Soaserano le 10 mars.

Elles avaient été grossies

~^ d'un groupe de 250 Ima-

monos tous armés d'un

fusil et de deux sagaies,

commandés par deux frères

du roi Impoinimerina.

, Dans l'après-midi du 11,

la colonne traversa le Malio

et s'échelonna sur la route

de Soaserano au Yohin-

ghezo. Le capitaine Flayelle

la remit en marche à 11

heures du soir après un

repos de quelques heures.

Son intention était de sur-

"' prendre les rehelles dans

Capitaine FLAYELLE, lem^ repaire en y arrivant à

de la Légion étrangère. [^ p^i^te du jOUr. Un peu

avant 5 heures du matin, la pointe d'avant-garde atteignait le pied d'un escarpement boisé. La nuit était profonde ; tout à coup une fusillade très nourrie éclate : ce sont les rebelles qui, embusqués dans les rochers, tirent à bout portant sur la colonne. Le capitaine Flayelle et le lieutenant Montagnole qui marchaient à l'avant-garde

RAPPORTS SUR LA PÉNÉTRATION DANS LE SUD EN 1898. 40o

tombent, le premier frappé de deux balles, le second atteint de quatre balles ; trois légionnaires sont blessés en même temps. Les corps des deux officiers sont relevés sous le feu de l'ennemi et ramenés en arrière par le légionnaire Griseur, ordonnance du capitaine.

Le commandement revient alors au lieutenant Defer, qui rallie la colonne, met la pièce en batterie et attend le jour. A o h. 1/2, il donne des ordres pour l'attaque de la position. Le sous-lieutenant Garenne prend le commandement de la légion et, exécutant un mouvement tournant sur la droite de l'ennemi, chasse à la baïonnette les rebelles des retranchements derrière lesquels ils s'étaient embusqués. Au cours de cet assaut, 1 légionnaire et 1 tirailleur malgache sont tués, 1 tirailleur blessé.

Pendant ce temps, l'inspecteur de la milice Charles avait fouillé la forêt sur la droite.

Après un rassemblement rapide sur la position conquise, la poursuite commença dans la forêt sous les ordres du lieutenant Defer. Elle dura jusqu'à 7 h. 1/2. A ce moment, le lieutenant Defer entendant une fusillade dans la direction du point où il avait laissé le convoi et l'ambulance et, craignant pour leur sûreté, revient sur ses pas.

La colonne ramenant ses morts et ses blessés rentrait à Soaserano le soir. Nos pertes avaient été, pendant cette journée, outre le capitaine Flayelle (1) mort à 7 h. 40 du matin et le lieutenant Montngnole, mort à 6 h. 10, de l légionnaire, 1 tirailleur, 1 milicien et 1 partisan tués.

(I) Le capitaine Flayelle, arrivé dans la colonie an mois Je seiitembre 1890, avait pris part à la répression de l'insurrection en Emvrne, puis avait été dirigé avec sa compagnie, an mois d'octobre 1897, sur Anibiky après le soulèvement des Sakalaves. Enfin, il avait été désigné au mois de décembre de cette année pour prendre le commandement des troui)es de la province de Tnléar. Sa bravoure éprouvée, sa rare intelligence, faisaient de lui un officier remartpiable à tous poitits de vue.

4 légionnaires, 1 milicien et 3 partisans blessés (sur un

effectif de 200 hommes).

Le lieutenant Defer se proposait dès le surlendemain, après un repos d'une journée, de reprendre l'attaque d'une façon méthodique. Mais un renseignement informait cet officier que la situation était assez tendue dans le cercle des Baras ; de plus, les vivres allaient manquer et l'opération pouvait durer plusieurs jours.

En conséquence, le lieutenant Defer décida de disloquer la colonne, de renforcer le poste de Soaseran.0 qu'il plaça sous le commandement de l'adjudant Calvet, et de rentrer à Ihosy en passant

par Ranohira, tandis c{ue les trouf)es de la province de

Tuléar se dirigeaient sur Tuléar par Ankazoabo (1).

Lieutenant MOiNTAGNOLE, de la Légion étrangère.

B. — Opérations contre Tompomanana et les Sakalaves Andraivolas.

Négociations de M. Estèbe. — Dans les premiers jours de janvier, M. l'administrateur Estèbe s'était rendu à Vorondreo, poste situé dans la basse vallée de la Fiherenana, pour négocier la soumission du roi Tompomanana. Il avait été obligé de rompre les négociations en présence des prétentions inadmissibles du chef rebelle.

Un détachement fut laissé au poste de Manera pour sur-

(1) Se reporter à la carte de la paye 314 pour suivre les opérations de 1898.

veiller les défilés de la vallée de la Fiherenana et assurer la liaison entre Ankazoabo et Tuléar.

Création des postes de Behomjjy et Sambololo. — Le capitaine Génin, parti de Manombo le 23 février, installa un poste à Behompy, à 11 kilomètres au sud d'Ankileoka, pour protéger la région côtière contre les incursions possibles de Tompomanana.

Au mois de mai, une petite colonne commandée par le lieutenant Rose, établit un poste à Sambololo, dans le pays des Zafindravolo, en vue de maîtriser cette tril)u turbulente interposée entre les populations soumises de la côte et les Baras Imamonos.

C. — Opérations dans les vallées de l'Onilahy et de la Sakondry.

Affaire d'Andromho. — Le capitaine Génin quitte Tuléar le 25 avril, se dirigeant par la rive droite de l'Onilaby vers le pays des Baras Antekondras, liostiles à l'influence française, qui ne cessaient d'attaquer les voyageurs et les convois. Le i mai, il commençait la construction d'un poste à Beraketa, sur la rive droite du Sakondry, affluent de l'Onilaby. Le 13 mai, un gros rassemblement emiemi était signalé dans les monts Androndjo, à proximité du nouveau poste; le capitaine Génin quittait Beraketa pour disperser ce rassemblement. Les rebelles s'étaient fortifiés dans le ravin d'Andrombo; au cours de l'attaque, le lieutenant Chanaron, de la G'' compagnie du l*''" régiment malgaclie, était tué d'une balle au cœur au moment où il commandait le fou d(^ sa section; le sergent Lamy était blessé. L'ennemi s'enfuit.

Les opérations du capitaine Génin ont détruit le prestige des liaras Antekondras qui terrorisaient la région et empêchaient les Antanosy de reprendre leurs transactions avec la

côte. Plus de 3,000 bœufs leur ont été enlevés et ont été rendus aux tribus amies auxquelles ils les avaient volés.

Transformation de la jyrovince en cercle. — Le départ de M. radministrateur Estèbe, l'insoumission jiersistante d'une partie des populations de la province, décidèrent à cette époque, le général en chef à réunir sous une même autorité

Lieutenant GHANARON, de l'Infanterie de Marine.

les pouvoirs administratifs et militaires pendant la durée des opérations de pénétration et tant que la région n'aurait pas été complètement pacifiée; par suite, transformer la province en un cercle, dont le commandement fut confié au capitaine ïoquenne.

On reproduit, ci-après, le rapport envoyé par cet officier sur les opérations qu'il entreprit :

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