‹ La pacification de MadagascarChapitre 61 sur 92 · I. — Situation de la province au 15 juillet · texte numérisé non relu

I. — Situation de la province au 15 juillet

Vers le 15 juillet 1898, la situation dans la province de Tuléar est la suivante :

Au nord, les bandes du roi Andriamananga occupent le delta et la rive gauche du Mangoka jusqu'à Tanandava, leur repaire et centre de résistance. Le pays, jusqu'au lac lotry, est sous leur complète domination ; leur audace s'accroît de jour en jour devant l'inaction forcée de notre poste d'Ambohibé, qu'ils bloquent, assaillent même, sans succès d'ailleurs, à trois reprises dififérentes.

Au sud du Mangoka, le chef Sanabo groupe tous ses fidèles dans la région difficile et boisée dont Befandriana est le centre ; il s'y fortifie sur différents points ; il y donne asile à Tompomanana qui, chassé de ses Etats du bord de la mer, a offert à Sanabo son concours et les forces dont il dispose pour réorganiser la résistance contre nous ; quoique dépossédé, Tompomanana exerce encore sur toutes les populations un réel prestige ; pour beaucoup de Masikoro, même ralliés à notre cause, il est toujours le vrai roi, parce qu'il a conservé le Djiny, emblème du pouvoir souverain et héréditaire ; la pacification de toute la région qui, limitée à l'est par le pays Imamono, s'étend du Mangoka au Fiherenana et même à l'Onilahy, dépend donc presque uniquement de la ruine complète ou de la soumission de ce grand chef.

Ses fils sont à la tète des bandes de l'Analavelona et de la haute Manandana, inquiétantes pour la sécurité de la ligne de communication précaire qui réunit Tuléar à Ankazoabo, Ihosy et Fianarantsoa. Ils empêchent les villages de se repeupler, les cultures de se refaire, ruinent le pays et prêchent le mauvais exemple aux Baras soumis à notre influence, qui, heureusement, les séparent du Vohinghezo et du Volambila.

C'est là, en effet^ que se trouvent réfugiés les dissidents de toutes les provinces environnantes : Baras-Bé, Baras- Vindas, Tanalas, Sakalaves, lietsiléos, Uovas même ont trouvé un repaire aisé dans ces forêts, perdues au\ confins de cinq provinces, et tirent de cette situation particulière tout le parti que peuvent en tirer des rebelles et des révoltés qui ne cherchent qu'à fuir la surveillance de nos postes : le Vohinghezo n'est qu'un(> avant-carde du Volambita, postée sur la rive gauche du Mangoka, la seule qui nous intéresse. Il a ilonné asile principalement à des Baras-Bé et à quelques Imamonos, sous les ordres de Ramieba, Inapaka et Rafiay ; c'est, au fond, un groupement peu inquiétant, cantonné dans les villages qu'il a édifiés sur les rives du Mangoka et de l'Irevo, résigné à une défensive absolue et ne cherchant en aucune façon à incursionner au dchois.

ilO TROISIÈME PARTIE.

Au sutl, des rôtlcurs et des voleurs de bœufs ont établi leurs quartiers sur la rive gauche de l'Onilahy, en pays Mahafaly, et viennent périodiquement tenter sur notre territoire des coups de main qui n'échouent pas toujours : vers le snd-est enfin, les Baras-Vindas, avec leur chef Mahavory, usent des mêmes procédés vis-à-vis des populations Antanosy groupées autour de Kiliarivo, qui réclament à grands cris contre ces pillards la protection que nous leur avons promise jusqu'ici, mais non encore accordée d'une façon effective.

En somme, les régions réellement pacifiées comprennent : 1° la bande de terrain s'étendant le long de la mer, de Manombo à Ankotofotsy sur une largeur moyenne de trente kilomètres à peu près ; 2° le pays Imamono avec Ankazoabo pour centre, et enfin, 3° entre ces deux groupes, une mince bande presque déserte, longeant le Fiherenana, sans cesse parcourue ou traversée par les rebelles, notre seule ligne de communication avec l'intérieur, défendue tant bien que mal par les postes de Vorondreo et de Manera, soit au total le tiers de la province environ : les deux autres tiers sont, ou en révolte, ou occupés par des révoltés.

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