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III. — Opérations contre Tompomanana

i° Opérations du capitaine Comiot dans l'Analavelona. — Le 30 juillet, le capitaine Comiot prend le commandement d'un groupe destiné à disloquer et chasser de leurs repaires les bandes qui, sous les ordres de Rebiby, occupent les massifs de l'Analavelona, infestent les environs du poste de Sambololo et la vallée de la Manandana.

Ce groupe, comprenant oS fusils, dont 11 légionnaires et 40 tirailleurs malgaches, avec l'adjudant Canavaggio, est concentré au poste de Sambololo dès le 4 août ; le plan du capitaine Comiot est de fouiller les bois et les ravins de la haute Manandana, par des reconnaissances multiples, entrecroisant en tous sens leurs itinéraires : le poste de Sambololo conserve une garnison suffisante pour interdire à une bande sérieuse la fuite vers le sud, sur les territoiies déjà pacifiés.

Le groupe se met en mouvement le 5 août : jusqu'au 15, le massif de l'Anavelona est fouillé en tous sens. Les rebelles sont débusqués de leurs repaires et finissent par se rendre en grand nombre.

2° Opérations du capitaine de Thuy contre Andriamananga. — Il ne

semble pas inutile de rappeler, qu'au 15 juillet, nous ne possédions dans le delta du Mangoka que les deux points d'Ambohibé et d'Amborovoky ; que notre influence ne s'étendait pas au delà du réseau de surveillance de ces postes.

90 tirailleurs de la compagnie Génin, sous le commandement de cet officier, sont mis à la disposition du capitaine de Thuy, commandant le secteur, renforcé déjà de 25 légionnaires, débarqués à Ambohibé le 11 juillet ; un dernier essai de conciliation est tenté à l'occasion du 14 juillet. Un seul chef répond à

cet appel. En conséquence, un détachement de 70 légionnaires quitte Ambohibé le 16, et débarque à Marofototra, en vue d'établir un poste dans le voisinage de la résidence d'Andriamananga.

Aucune résistance au débarquement; mais le lendemain, tandis qu'on attend les goélettes chargées des vivres destinés à l'approvisionnement du nouveau poste, 200 Sakalaves prononcent une attaque vigoureusement repoussée. Le 18, la marche sur Ankiliabo, qui est le point choisi, est troublée par le feu de l'ennemi ; l'avant-garde et les flanqueurs déblaient la route ; la résistance se concentre autour du village ; elle est brisée, après une fusillade assez vive, par une attaque combinée de front et de flanc. L'ennemi, dispersé, ne se tient pas pour définitivement battu et, pendant plusieurs jours, escarmouche autour du poste qui se construit sous la direction du lieutenant Fagneux.

Le 24, un détachement de 30 légionnaires se rend à Morombé, où vient de débarquer le capitaine Génin, avec 90 tirailleurs de la 6* compagnie du l*"" malgache, et le plan suivant est arrêté :

Partir d'Ankiliabo pour le sommet secondaire du delta, de façon à séparer les habitants du bord de la mer des bandes d'Andriamananga; puis, de là, par une marche en plusieurs colonnes, nettoyer le pays entre le bras de Kitombo et le grand bras du Mangoka et s'établir à Tanandava, résidence du fils aîné du vieux chef. Ce résultat atteint, on installera sur le fleuve les postes intermédiaires reconnus nécessaires pour assurer la liberté de la navigation et utiliser cette voie pour le ravitaillement.

Ce programme est suivi de point en point.

Les opérations sont terminées le 10 août et couronnées par la soumission d'Andriamananga et de ses partisans. Un poste fut installé à lotry.

3° Soumission de Tompomanana. — Le 3 août, le commandant du cercle, accompagné du licutonant Boucabeille et d'un groupe de 50 fusils, dont 16 légionnaires, part de Tuléar pour Betsioka, dont la garnison doit compléter les effectifs qu'il emmène.

Le capitaine Toquenne compte attendre en ce point le résultat des opérations du capitaine Comiot et du capitaine de Thuy, secourir l'un ou l'autre au besoin, et diriger ensuite leurs actions, combinées avec la sienne, sur le repaire de Uefandriana, où Tompomanana et Sanabo sont réfugiés, à moins que les négociations entamées avec ces chefs ne finissent par aboutir.

Dès la mi-juillet, en effet, un créole habitant Tuléar, M. Rotchild-Vénérozi, a offert son concours pour amener Tampomanana à composition : il était autrefois en relations d'amitié avec ce chef et comptait aujourd'hui pouvoir encore l'approcher et le persuader aisément. Le commandant du cercle lui a donc confié la mission qu'il sollicitait, en y joignant ses instructions sur les conditions à imposer : reddition des armes, reconnaissance de la suprématie française, vie sauve pour tous, exil possible de Tompomanana et remise entre nos mains de l'assassin du garde Bligny.

M. Vénérozi réussit pleinement ; son intervention se produit d'ailleurs dans des circonstances particulièrement favorables au succès de la cause qu'il plaide : Tompomanana est malade, incapable de bouger; Andriamananga vient d'être écrasé au nord ; au sud, les bandes de Rebiby sont disloquées, leur chef en fuite, et Sanabo, hésitant, n'ayant encore jamais allVonté nos armes, juge

aisément do iiotro supériorité par les succès que nous venons de remporter et nue ses émissaires lui grossissent, comme ils doivent exagérer aussi le chiflre de nos troupes ; à l'ouest, les Baras sont hostiles à ces rebelles et les livreront jusqu'au dernier s'ils tentent de traverser leur pays. Tous sentent les mâchoires do l'étau qui va se resserrer ; l'idée de la résistance h outrance ne leur vient même pas et tous acceptent avec empressement l'occasion qui leur est offerte d'échapper à la destruction et à la ruine.

Dès le 4 août, Sanabo se rend à Betsioka, avec 200 fusils ; il a une entrevue avec le lieutenant Dérigoin, dont l'habile politique et le caractère bienveillant lui ont acquis des sympathies, même chez les rebelles ; la soumission peut, à ce moment, être considérée comme certaine. Le commandant du cercle opère alors à Bevondro, sa jonction avec le capitaine de Thuy ; il va recevoir, à Tanandava, la soumission d'Andriamananga et de ses fils, et, de lî, descend à Befandriana même, où il installe un poste.

Sanabo et Tompomanana l'accueillent en maître : ils promettent l'obéissance qu'ils ont refusée jusqu'à ce jour, arborent le pavillon tricolore et renouvellent leur acceptation des conditions qui ont été posées par l'entremise de M. Rotchild- Vénérozi.

Séance tenante, le capitaine Toquenne règle certaines questions litigieuses pendantes entre ces nouveaux soumissionnaires et nos alliés de la première heure : Retivoka, Bealaka et Beretra ; il engage les premiers à répartir dans ses anciens villages une population qui s'est entassée sous des abris malsains dans la forêt de Befandriana ; l'exode commence aussitôt, et le 20, jugeant la situation suffisamment éclaircie, estimant que le chef du nouveau poste, le lieutenant Dérigoin, n'aura plus qu'à marcher dans la voie qui lui est tracée pour parfaire les résultats obtenus, le commandant du cercle prescrit les mesures à prendre pour compléter l'organisation du pays conquis et poursuivre les opérations sur le Vohinghezo et vers le pays Antanosy.

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