‹ La pacification de MadagascarChapitre 65 sur 92 · V. — Opérations sur l'Onilahy · texte numérisé non relu

V. — Opérations sur l'Onilahy

i" Situation de ce côté. — Le pays riverain de l'Onilahy et relevant de Tuléar part de l'embouchure du Sakamaré, dont le cours marque la limite

approximative des Aiitanosy, à l'est, et leur frontière commune avec les Vindas ; puis rOniiîihy, coulant d'une manière générale de l'est à l'ouest, sépare des Mahafaly : d'abord les plaines Antanosy, largement arrosées par laTaheza et ses tributaires, puis la vallée du Sakondry, ancien royaume d'Imaka, en révolte contre nous ; et enfin, du Sakondry à la mer, le plateau calcaire, désert et sans eau qui, sous le nom de Bemahara, borde du nord au sud la côte ouest de l'île. A l'embouchure même du fleuve, en face des états du roi mahafaly Refotaka,se sont élevés quelques villages vezos, dont Saint-Augustin est le plus important.

Aux premiers jours d'août, la situation est la suivante : deux postes, Itandraka et Ankotofotsy, protègent contre Refotaka la colonie vezo de Saint-Augustin ; dans la vallée du Sakondry, le poste de Beraketa occupe l'ancien pays d'Imaka, ceux de Vineta et Manera assurent la sécurité de la route de Tuléar. Les Antanosy, enserrés parles Vindas à l'est, les Mahafaly au sud, sont victimes d'exactions et de pillages incessants ; ils réclament notre protection. Imaka, réfugié chez les Mahafaly, revient de temps à autre tenter quelques coups de main sur ses anciens Etats, dont les habitants ont, en majeure partie, réoccupé les villages et accepté notre domination ; Rebiby est en relations avec ce roi ; des groupes armés, des émissaires des rebelles établissent des communications relativement fréquentes entre ses bandes de la Manandana et les Mahafaly ou les révoltés qui ont trouvé asile chez eux.

2° Occupation de l'Onilahy. — La destruction de la puissance de Tonipomanana, la dislocation des bandes de Rebiby et la fuite de ce chef font disparaître ce dernier danger. Reste donc h s'assurer la protection de nos frontières au sud et à l'est pour mettre un terme à l'insolence des pillards mahafalv ct vindas.

M. le cajjitainc Géuin, secondé du lieutenant Posth et du sous-lieutenant Rapine, procède à la reconnaissance du cours de l'Onilahy inférieur et établit un premier poste près de l'embouchure du Sakondry h Tongobory ; le 24 septembre, le commandant du cercle se rend en personne sur les lieux, remonte l'Onilahy justju'à l'embouchure du Sakamaré, où un second poste est fondé. Le pays Antanosy est protégé à l'est et au sud-ouest. Les frontières de la province sont atteintes et leur franchissement rendu difficile aux bandes pillardes qui les bordent.

Les Antanosy émigrés à Kiliarivo ont conservé des relations avec leurs frères de Fort-Dauphin. Le capitaine To(iuenne songt; à utiliser cette particularité et tente d'ouvrir une nouvelle voie de comuuinication, au moins avec la province d'Ivohibé. Il fait porter une lettre à Isoanala, poste du sud-est du cercle des Baras. La lettre parvient en deux jours, mais il est hors de doute que, tant que les Vindas et Mahafaly n'auront pas été mis à la raison, cette route sera d'une sécurité douteuse, et (jue les couniers importants ne ilevront guère s'v aventurer.

Enfin le commandant du cercle descend en pirogue l'Onilahy jusqu'à son embouchure et s'assure de sa navigabilité. Le fleuve n'est pas trop profond en cette saison (fin septembre, basses eaux) ; son fond ne mesure (luchiuefois que 30 centimètres, mais aucun rapide n'obstrue son c<iuis ; il est accessible aux piroges jusqu'à Toriudlii.i y i-( même, av<><' quelques difficultés, juscju'au

Sakamaré. Deux mille rations expédiées de Tuléar à Tongobory par cette voie sont arrivées en parfait état.

Cette reconnaissance marque la fin des opérations qui ont amené la pacification de la province. Elle ont duré du 19 juillet, départ de la compagnie Génin pour Morombé et le bas Mangoka, au 8 octobre, date de la rentrée à Tuléar du capitaine commandant le cercle.

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