DES POSTES
OBSER- VATIONS.
Postes de la côte (1)
Maromby
Secteur de Beforona (2)
Sahatavy
Cercle de Moramanga
Il) Non compris Tamatave, Diégo- Suarez et Majunga.
(2) Y compris Bodara et Arapa- >imbe.
Gouvernement de Tananarivc. . . Cercle d'Ambatomanga
— d'Ambohidrabiby
— d'Anibatondrazaka
Région de Fianarantsoa
— d'Ambohidratrinio
Ces mesures furent complétées par une décision allouant aux troupes, à titre permanent, l'indemnilé de marche à l'exclusion de toute autre indemnité de déplacement. 11 devait en résulter une grande simplilication dans la comptabilité ; car, étant donnés les déplacements continuels des ofliciers et
des hommes, il eût fallu des écritures compliquées pour justifier de leurs droits à l'indemnité, et un contrôle vigilant pour vérifier ces droits.
Telles furent les principales réformes introduites dans radministration des troupes.
Elles étaient propres à améliorer la situation matérielle de nos soldats, au moment où ils se disposaient à redoubler d'activité dans la répression de l'insurrection. La saison des pluies allait commencer, ramenant avec elle son cortège habituel de difficultés matérielles et de maladies.
Mais les insurgés étaient devenus tellement menaçants autour de Tananarive, qu'il fallait marcher de l'avant malgré la mauvaise saison.
Il était donc indispensable d'assurer aux troupes un bienêtre relatif, en leur allouant des vivres et des accessoires de solde suffisants.
Dans ce même ordre d'idées, il fallait apporter des réformes radicales dans l'organisation des transports sur la ligne d'étapes Tamatave — Tananarive, dont le rendement était alors insignifiant.
Organisation du ravitaillement de rÉmyrne. — Les communications entre la côte et Tananarive étaient devenues tout à fait défectueuses en septembre 1896. Impossibilité de circuler sans escorte entre Tananarive et la grande forêt ; difficulté de recruter des porteurs ; indisponibilité de la plus grande partie des mulets des compagnies de conducteurs, qui étaient épuisés et décimés par la morve : toutes ces causes faisaient que les magasins de Tananarive ne renfermaient plus qu'à peine un mois de vivres pour les effectifs stationnés en Emyrne.
Cette situation, en se prolongeant, aurait conduit aux pires désastres. Les troupes occupant l'Emyrne, qui devaient
MÉTHODE APPLIQUÉE POUR LA PACIFICATION DE l'ÉMYRNE. ol
encore s'augmenter de quatre compagnies de la légion et des renforts venus de la côte, étaient exposées, au moment où la saison des pluies allait rendre les communications avec Tamatave encore plus précaires et alors que, par suite de l'insurrection, la majeure partie des rizières restaient incultes, à se trouver pendant plusieurs mois privées de vivres et de munitions en quantité suffisante.
Pour remédier à cette situation déplorable, le général prit tout de suite des mesures propres :
1° A couvrir et protéger efficacement la ligne d'étapes de façon à y ramener la sécurité et à pouvoir y faire circuler des convois non escortés ;
2° A améliorer la route et à la rendre accessi])le, sur certains tronçons, à des véhicules rudimentaires, tels que les voitures Lefebvre, ou des charrettes à bœufs qnc Ton construirait à Tananarive ;
3" A organiser le ravitaillement sur de meilleures bases, pour augmenter le rendement des transports, diminuer la tâche des services administratifs et en même temps mettre fin, si possible, au désordre presque oljligé qui régnait sur la ligne d'étapes, par suite de la confusion des attributions, des difficultés de correspondance et de l'insécurité de la route.
Les mesures militaires prises pour renforcer le service de surveillance seront exposées plus loin.
Kn ce (pii concerne l'amélioration de la route, le service du génie reçut l'ordre : d'une part, (rem])ierrer le diemin muletier entre Ampasimbé et Analamazoatra, dans la traversée des forêts, et de débroussailler une large l)aniU' de cluupie côté du chemin pour permettre l'accès du soleil et ainsi sécher rapidement le chemin après chaciue pluie ; d'antre part, d'activer les travaux sur le bas de la route, de manière ù rendre le plus tôt possible une section de longueur appréciable accessible aux voitures Lefebvre.
Entiii, le service des transports fut complètement réorganise :
a) Les approvisionnements furent apportés de Tamatave à Andevorante par mer.
Toutefois, certains convois spéciaux (argent, munitions) continuèrent à prendre la voie de terre et à se faire au moyen des voitures Lefebvre. La route de Tamatave à Andevorante est partagée en deux tronçons : le premier, de 12 kilomètres, de Tamatave à Ivondro ; le deuxième, d'Ainbodisiny à Andevorante, 86 kilomètres. Les deux tronçons sont séparés par rivondro, dont la traversée s'opère au moyen de chalands remorqués.
Les marchandises apportées par des goélettes à Andevorante, sont débarquées au moyen de chalands (1).
Les chalands remontent ITaroka jusqu'à Mahatsara.
b) De Mahatsara à Tananarive, le chemin fut divisé en trois sections de ravitaillement : 1° Mahatsara — Beforona ; — 2^^ Beforona — Analamazoatra ; — 3° Analamazoatra — Tananarive.
Sur les première et troisième sections, le ravitaillement se fit exclusivement au moyen de mulets de bat; sur la deuxième, les mulets furent remplacés, tant que l'empierrement ne serait pas terminé, par des bourjanes envoyés d'Émyrne au nombre de 4o0.
La section Mahatsara — Beforona fut divisée en trois échelons de transport, et le service assuré par la 2^ compagnie de conducteurs, qui avait son siège à Mahatsara.
Cette compagnie embrigadait, en outre, l'échelon des bourjanes de Beforona à Analamazaotra.
Le tronçon d' Analamazoatra à Maharidaza était divisé en cinq échelons de transport; le service était assuré par la
(1) Le débarquement est souvent retardé par le mauvais état de la «
MÉTHODE APPLIQUÉE POUR LA PACIFICATION DE l'ÉMYRNE. o3
l'*^ compagnie de conducteurs, qui avait son siège à Moramanga.
Enfin, la compagnie de conducteurs auxiliaires sénégalais à Tananarive fournissait le dernier échelon de Maharidaza à Tananarive et assurait tous les autres services de rÉniyrne.
Les trois compagnies de conducteurs furent placées sous le commandement de M. le chef d'escadron d'artillerie de marine Henry, nommé directeur technique des transports.
Afin d'augmenter le nombre des mulets des compagnies pour permettre à celles-ci d'assurer le nouveau service, les mesures suivantes furent arrêtées :
a) La batterie d'artillerie de la marine stationnée à Diégo- Suarez fut transformée en batterie à pied ; l'excédent de 95 mulets résultant de la transformation fut versé à la 2*' compagnie de conducteurs.
h) Les mulets de bât dont disposaient les corps et services de la place de Tananarive pour leurs différentes corvées furent versés à la compagnie de conducteurs et remplacés par des bourjanes.
c) On ne laissa aux compagnies stationnées dans les cercles que le nond)rc de mulets strictement nécessaire pour les opérations niiiitaires de courte durée, mais les conducteurs qui leur étaient affectés rentrèrent à leur compagnie et furent remplacés par des auxiliaires malgaches (|ue durent recruter les commandants de cercle.
Enfin le général demanda au Ministre l'envoi dans la colonie de 1200 mulets et de 1100 conducteurs sénégalais.
(iCtte demande, qui put paraître exagérée, était pourtant justifiée. En effet, le déchet des compagnies de conducteurs s'était élevé, pour la période comprise du mois d'octobre 1895 au mois de juin 189(), au chilIVe énorme de 8i5 animaux, savoir: animaux morts, 352; animaux réformés, 493.
i><- PREMIERE PARTIE. — CHAPITRE II.
Quant aux hommes, rexpériencc de Tannée écoulée prouvait manifestement que les Malgaches se montraient réfractaires à renrO)lement dans les compagnies de conducteurs, et qu'ils étaient très inférieurs aux Sénégalais pour les soins à donner aux animaux. Tout en s'efforçant de rendre peu i\ peu les Malgaches plus aptes au service de conducteurs, il fallut donc provisoirement recourir aux Sénégalais, malgré l'augmentation de dépenses qui devait résulter de leur emploi.
Une autre considération intervenait encore, en raison de l'époque troublée que nous traversions.
Le conducteur sénégalais est brave par tempérament; il n'abandonne jamais son convoi, môme attacjué par des forces très supérieures, et il peut même, en cas de nécessité, être employé comme tirailleur auxiliaire.
Résultats fournis par la réorganisation des transports sur la ligne d'étapes. — L'unité d'action établie sur la ligne d'étapes par la nomination d'un directeur technique des transports, produisit tout de suite des résultats appréciables.
Les moyens d'action furent mieux utilisés, et leur rendement crut rapidement. De novendjre à janvier, 300 tonnes de vivres furent transportées dans les magasins de Tananarive. Pourtant les difficultés étaient considérables ; le mauvais état de la route, le faible « poids utile » qu'un mulet de bât est capable de j^orter, étaient les principales. Aussi, au mois de janvier 1897, au moment des grandes pluies, lorsque certains tronçons du chemin furent complètement défoncés par le passage des mulets, le général décida de supprimer le nouveau service. Il resta entendu que les bourjanes seraient employés exclusivement, jusqu'au jour où des voitures pourraient rouler sur la route carrossable dont la construction allait être entreprise.
Améliorations apportées dans le service postal et télègra-
phiquc. — Un service de relais postaux lut organisé sur la ligne d'étapes, sous la surveillance directe des commandants de cercle et des chefs de poste ; dès le mois de novembre, les courriers de Tamatavc arrivèrent à Tananarive en quatre jours, au lieu de douze à quinze.
La ligne télégraphique fut pi-esque refaite à neuf, et le service compétent posa un second fil entre Tananarive et Tamatave, ce qui permit des communications rapides et faciles entre les différents postes de la route.
Les commandants de cercle donnèrent tous leurs soins à rorganisation du service postal dans la région pacifiée.
Instructions données aux commandants de cercle pour la pacification de l'Émyrne.
A-insi que nous l'avons dit plus haut, TEmyrue se trouvait, de par les arrêtés du 27 septembre 1896, partagée en un gouvernement militaire (Tananarive) et quatre cercles militaires, groupés autour de la capitale :
Ambohidratrimo ; Ambohidrabiby ; Ambatomanga ; Arivonimanio.
Un cin([uième cercle — Moraiiianga — était créé pour assurer la protection de la route d'étapes jusqucs et y compris la Grande Forêt.
Un sixième — Ambatondrazaka — était tout ù fait excentriciue par rapport aux cercles d'Emyrne. Sa création avait été motivée par les dangers que courait la !■■'' com[)agiiie malgache, cernée par les rebelles dans le poste d'Ambatondrazaka.
La situation militaire était, sommaireniont. la suivante en Kinyrne, à la date du l'^''" octobre :
oO PREMIERE PARTIE. — CHAPITRE II.
Quelques postes autour de Tananarive, dans les environs presque immédiats de cette ville ;
Sur la route d'étapes, des postes mal reliés entre eux, qui n'empêchaient pas les rebelles de passer d'un côté de la route à l'autre ;
Sur la route de Majunga, des postes sans aucune liaison : Andriba, Ankazobé, Babay ;
Sur la route de Fianarantsoa, même situation que sur celle de Majunga.
Le général se proposa de regagner du terrain dans chaque cercle, pied à pied, sur l'insurrection, par un mouvement continu et progressif, qui refoulerait les insurgés jusqu'aux confins de l'Emyriie, c'est-à-dire jusqu'à la limite de la zone presque déserte qui l'entoure de tous côtés. Ce mouvement ne devait s'arrêter que lorsque les frontières seraient atteintes, de manière à poursuivre les rebelles sans répit malgré la mauvaise saison, et à les acculer à un pays où ils ne trouveraient plus rien pour subsister.
Pour l'exécution de ce progranmie, les commandants de cercle durent se conformer aux règles suivantes :
Installer autour de Tananarive un premier échelon de postes militaires formant un cercle de protection d'une vingtaine de kilomètres de rayon.
Occuper méthodiquement et progressivement le pays, en procédant par bonds, de manière à augmenter le rayon du cercle de protection et à refouler constamment les rebelles vers les frontières de l'Euiyme.
Se relier constamment et étroitement avec les postes des cercles militaires voisins, et délimiter avec le plus grand soin les frontières séparant les cercles, afin qu'il ne pût pas subsister entre eux des sortes de zones-tampons servant de refuge aux rebelles.
Armer les villages soumis, en arrière de la ligne des postes t^vancés, sous le contrôle vigilant des autorités françaises
MÉTHODE APPLIQUÉE POUR LA PACIFICATION DE l'ÉMYRNE. 57
Surveiller très étroitement l'intérieur du réseau des postes militaires et des villages armés, de manière à empêcher l'infiltration des bandes rebelles.
Quand l'échelon le plus avancé des postes serait établi aux limites de FÉmyrne, constituer une forte organisation défensive formée au moyen : 1'^ de postes militaires occupés par des troupes régulières, en première ligne; 2° de postes de milice , en deuxième ligne ; 3" de villages armés, en arrière.
Enfin, la ligne d'étapes, dans sa partie menacée — entre Tananarive et Analamazoatra, — devait être efficacement protégée au moyen d'une série de postes et blockhaus occupant les points dominants aux abords immédiats de la route et assez rapprochés pour pouvoir se soutenir mutuellement. Cette protection incombait aux commandants des cercles d'Ambatomanga et de Moramanga.
La réussite. de cette méthode, ainsi esquissée dans ses grandes lignes, appelée souvent méthode de la « tache d'huile » fut facilitée par la nature du pays, tel qu'il se comporte dans la plus grande partie de l'Kmyrne.
Tout autour de Tananarive et dans toutes les directions, sauf celle (le fesf, le pays est uniforme jusqu'à une centaine de kilomètres de distance moyenne. Pas de forêts, aucun couvert en dehors des villages, mamelons aux sommets arrondis et aux pentes assez raides, ravins (h)nt les fonds sont cultivés en rizières, rivières généralement guéablcs: tel est l'aspect général de riùnyrne. Les villages, de plus en plus denses à mesure (pion se rapproche (U^ Tananarive, sont généralement entourés d'un fossé profond ; les maisons coMstruilos en terre ou en l)riques crues; les phis iinportanles, quelquefois, en briques cuites avec vérandas.
A une centaine de kilomètres dv Tananarive, on tcnnbe sur une région h peu près déserte, sans cultures, de largeur variant entre îiO et 100 kilonièties, qui sépare le pays
des Ilovas des contrées habitées par des peuplades d'autre race.
Du côté de l'est, le pays est ditFérent. A 50 kilomètres de Tananarive, la forêt d'Aiikeramadinika s'étend, sans aucune solution de continuité, du nord au sud ; sa largeur n'est que de quelques kilomètres seulement (5 à 10), mais la valeur de l'obstacle est considérablement augmentée par la chaîne de montagnes que recouvre la forêt : c'est l'Angavo, d'une altitude moyenne de 1700 mètres.
La forêt d'Ankeramadinika sépare l'Euiyme de la vallée marécageuse du Mangoro, habitée par les Bezanoanos. Au delà de la vallée, à l'est de Moramanga, commence la Grande Forêt, cjui s'étend jusqu'au delà de Beforona.
De cette contexture géographique de l'Emyrne et de ses confins, il devait résulter ceci : l'application de la méthode de la « tache d'huile » donnerait des résultats beaucoup plus rapides et obtenus avec moins d'efforts dans les directions du nord, de l'ouest et du sud que dans celle de l'est, ou la forêt d'Ankeramadinika assurait aux rebelles un refuge dont il serait difficile de les chasser. C'est en effet ce qui est arrivé.
L'esprit de la méthode à appliquer pour la pacification de l'Emyrne fut expliqué et développé dans des « instructions » envoyées par le général aux commandants de cercle au cours de la campagne 1896-1897. Ces instructions, tout en leur laissant l'initiative la plus large, leur rappelaient sans cesse les principes à appliquer, dont quelques-uns parfois avaient une tendance à s'écarter. Chacune d'elles tenait d'ailleurs compte des progrès réalisés depuis la précédente en date, et de la situation nouvelle au point de vue de la pacification.
La première est du 1'''' octobre 1896
MÉTHODE APPLIQUÉE POUR LA PACIFICATION DE l'ÉMYRXE. 59
Tananarive, le l^"" octobre 1896.
INSTRLCTIONS
PO un MiM. LES COMMANDANTS DE CERCLE MILITAIUE
L Instructions d'ordre militaire. — Los arrêtés de M. le Résident général, en date du 27 septembre 1896, instituant rÉmyrno et le pays Botsiléo en territoire militaire et y déclarant l'état de siège, fixent les attributions des commandants de cercle et de territoire militaire.
Conformément aux instructions ministérielles en date du 6 août 1890, les commandants de cercle militaire ont, sous réserve de l'approbation du généi-al commandant supérieur, la libre disposition de toutes les troupes placées dans leur circonscrifjtion.
Il leur appartient de les répartir en postes, suivant les nécessités d'ordre politique et militaire et de grouper, s'il y a lieu, quelques-uns de ces postes en secteurs commandés par des officiers supérieurs ou capitaines et correspondant, autant que possible, à des subdivisions administratives.
// leur appartient également d'assurer le ravitaillement de ces unités, conformément aux instructions généiales données à ce sujet par le général commandant supérieur des troupes et des territoires militaires.
La première préoccupation des commandants de cercle devant être do ramener le calme et la confiance parmi les ])opulations, il y a lieu tout d'abord d'assurer d'une manière absolue la sécurité du chef-lieu de leur cercle et de quel([ues points convenablement choisis pour servir de centres d'influence sur les indigènes. A cet effet, les postes devront être organisés défensivement, de manière à pouvoir être tenus par une garnison de sûreté aussi faible que possibl.>.
Un réduit, dans lequel la réserve de vivres et de munitions sera disposée dans un local à l'abri de l'incendie, devra être organisé dans chaque poste.
Partout où la disposition naturelle des localités ne permettra jias d'organiser ce réduit dans de bonnes conditions, il sera construit un blockhaus conforme h un des modèles qui seront adressés h tous les commandants de cercle (1).
(1) Une instruction pour la construction de postes militaires fut envouv ultc remont dans les cercles.
Un certain nombre de points bien choisis étant ainsi organisés comme centres de l'influence française, les commandants de cercle devront étendre progressivement leur action sur les populations, en rayonnant autour de ces postes et en assurant tout d'abord leur liaison entre eux et avec les postes des secteurs Toisins.
C'est en montrant constamment nos troupes dans toutes les directions et à toutes les heures, qu'on donnera aux habitants une réelle idée de notre puissance militaire et qu'on pourra leur inspirer confiance dans notre protection.
Avant de chercher à gagner du terrain vers les limites extérieures de leur territoire, les commandants de cercle devront veiller d'une manière toute particulière à ce qu'il ne subsiste pas, au milieu de notre réseau de postes, de foyers de rébellion ou de propagande hostile au nouvel ordre de choses, qui pourraient devenir dangereux pour les communications et le ravitaillement de nos troupes.
Conformément à l'article 3 de l'arrêté du 27 septembre 1896, déclai'ant l'Emyrne et le pays Betsiléo en état de siège, toutes les milices et autres troupes armées qui auraient pu être constituées dans les territoires militaires, passent sous les ordres des commandants de cercle ; ceux-ci devront compléter et améliorer leur organisation au moyen des ressources en armement et en habillement qu'ils trouveraient dans la région ou qu'ils auraient à demander ail général commandant supérieur des troupes et des territoires militaires.
Pour l'administration des milices régulières, on continuera provisoirement à se conformer aux règles posées par l'arrêté du Résident général, en date du 25 avril 1896,
L'établissement des postes militaires ne pouvant pas toujours suffire à assurer une protection efficace et permanente aux populations contre les bandes de pillards formées dans la région ou recrutées dans les populations insoumises voisines de la côte, on pourra, dans certains cas, distribuer des armes aux villages, sous les réserves indiquées dans les instructions politiques ci-jointes et h condition de passer de fréquentes inspections des armes et munitions ainsi délivrées.
Gallieni.
Ces instructions étaient complétées par les instructions politiques du 12 octobre 1896.
Elles furent envoyées aux commandants de cercle par une lettre transmissive ; voici, à titre d'exemple, celle adressée au commandant du cercle de Moramanga :
Tananarivc, le o octobre 1896.