‹ La pacification de MadagascarChapitre 9 sur 92 · RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ

En raison des progrès de la pacification, à la mission purement militaire de l'armée se substitue une mission d'occupation et d'organisation, qui impose aux officiers un triple rôle :

A. Rôle militaire. — Organiser, sur les limites des régions pacifiées, un réseau de postes militaires mobiles, qui doivent refouler progressivement devant eux les restes des bandes rebelles et reculer sans cesse les limites de la zone soumise à notre influence.

L'éventualité de gi-osses opérations militaires doit être écartée, sauf modifications imprévues de la situation.

B. Rôle politique. — S'inspirer, vis-à-vis des indigènes, de la politique de races et arriver, par une élude approfondie du pays, de ses traditions et de ses

MÉTHODE APPLIQUÉE POUR LA PACIFICATION DE l'ÉMYRNE. 6o

habitants, à y acquérir rinfluence et le prestige qui nous sont indispensables pour (juc la pacification en soit durable.

C. Râle administratif. — Rappeler à la vie et à la prospérité les régions réoccupées, y percer des routes, y rouvrir des marchés, y reconstituer des centres de population.

Les conunandants de secteurs doivent avoir la plus large initiative possible d;ins le rôle d'organisation qui leur est ainsi dévolu.

C'est à vous qu'il appartient, comme commandant de cercle, d'orienter nettement dans l'esprit vraiment colonial tous les officiers du cercle, de les y encourager et de leur tenir le plus grand compte des résultats obtenus. Ceux qui s'en sont inspirés y ont de suite toujours trouvé le plus puissant et fécond intérêt.

Dans cet ordre d'idées, il y a lieu, en particulier, de tirer le plus grand parti possible de l'institution du secteur, correspondant aux subdivisions administratives de la province, et de développer de plus en plus la vie projire de cet organe d'action décentralisatrice, l'initiative de son chef et ses attributions.

Je vous prie de m'accuser réception des présentes instructions, en me faisant connaître les nouvelles mesures que vous aurez prises pour compléter l'œuvre que vous avez déjà si heureusement commencée dans votre cercle.

Galliexi.

Los extraits reproduits ci-dessus donnent, senible-t-il, une idée suffisante de la niétiiode employée i)our la pacification de rÉniyrne. Il est nécessaire d'ajouter, et Ton ne saurait trop le répéter, que si c'est une méthode générale de pacification, elle souffre des exceptions. Ainsi, elle paraît exclure d'une manière absolue l'emploi des colonnes et des « pointes » î\ i:raiide distance, qui ne sont pas suivies d'une occupation eirecfive du pays. Pourtant, il est des cas particuliers où la formation d'une colonne s'impose : pour mairlier contre un objectif bien déterminé, détruire un repair(>, etc. De fait, au commencement de 1897, le général donna au lieutenantcolonel Iliirstel le commandement d'une colonne qui opéra dans la foret, au nord d'AnkeramadiiiiUa, à cheval sur les trois cercles d'Ambatomanga, d'Aniholiidrabiby et de Moramauga. C'est qu'il s'agissait tic détruire des, bandes (pii avaient leurs repaires dans cette partie de la foi-èt, dans une

zone OÙ la liaison des trois cercles précités se faisait difficilement. Une fois le bnt atteint, la colonne fut dissoute, mais les lisières de la forêt restèrent surveillées par des postes et hlockhaus se reliant par des patrouilles périodiques.

De môme, au mois de décembre 1896, le colonel Combes, nommé au commandement du 1"" territoire militaire, alla installer le siège de son commandement à Tanifotsy, au nord d'Anjozorobé, sur la lisière ouest de la forêt, alors que la région en arrière était loin d'être pacifiée.

Mais c'était pour mieux coordonner les efforts des commandants des trois cercles et pour mieux diriger les opérations en forêt.

Par la suite, le colonel Combes n'employa pas une méthode de pacification absolument conforme à celle c^ui a été exposée ci-dessus.

Il crut devoir s'en écarter en raison des difficultés particulières causées par l'existence de la forêt.

L'initiative la plus complète lui fut laissée, car son brillant passé militaire était un sûr garant qu'il saurait tirer le meilleur parti des moyens dont il disposait.

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