‹ La pacte de famine [microforme]Chapitre 11 sur 38 · LA CASSETTE · texte numérisé non relu

LA CASSETTE

Comme Prévot de Beaumont l'avait prévu, les troupes, qui d’abord se tenaient sur la défensive, reçurent bientôt des ordres pour attaquer à leur tour et dissipe les rassemblements. La bande nombreuse qui accompagnait le secrétaire du clergé fut obligée de se fractionner plusieuxs fois et de prendre des détours, afin d'éviter les patrouilles qui déjà se montraient dans toutes les directions. Les réverbères, assez mal entretenus à cette époque, éclairaient d’une lueur douteuse cette marche précipitée; à chaque instant on rencontrait d’autres groupes qui s’enfuyaient. Les bourgeois paisibles, effrayés de ces bruits d’émeute, s'étaient enfermés dans leurs maisons. Cependant des lumières brillaient à presque toutes les fenêtres, Malgré l’heure avancée de la nuit; et sans doute, derrière les vitres, bien des yeux cherchaient à apercevoir furtivement ce qui se passait au dehors, bien des oreilles écoutaient les Qui vive? des patrouilles on les protestations des malheureux qu’on arrêtait.

Prévot de Beaumont, grâce à ses précautions et à sa rudence, évita les partis armés qui sillonnaient la ville, t on arriva à la rue qu’il habitait, Cette rue semait encore plus sombre et plus déserte que les autres, Un inconnu, posté sous une porte cochère, semblait

être seul debout dans ce quartier isolé; il s’éloigna ra- | gèle pidement à la vue de cette bande tumultueuse. À son : Le chef des conjurés, sans faire attention à cet inci- | joue: dent, s'arrêta devant sa demeure. Levant la tête, il aper Quar çut de la lumière aux fenêtres de la salle où avait eu préci lieu, le soir même, une douloureuse scène avec 8a famil- le. > __Attendez-moi ici, dit-il à ses compagnons; votre À yez, présence effrayerait une pauvre femme timide et un maï vieillard qui n’a plus le courage du patriotisme... E D'ailleurs, toute réflexion faite, ma maison ne convient À «es | pas pori Vexécution de nos plans; elle doit être étroi- À fect:

tement - 'rveillée, entourée d’espions... Il nous fau- —

dra cuxuuire autre part nos prisonniers. .. Seulement Æ ma il importe de nous muñir des importants papiers que de t je vous ai promis; un peu de patience! A

I1 tira de sa poche une clef avec laquelle il ouvrit la R heu: porte, et il laissa dans la rue la foule inquiète, après M

avoir recommandé de prendre garde à quelque surprige. Alors il monta l'escalier d’un pas égal et posé, con! rab]

me s‘il craignait, par une précipitation trop grande. oub de jeter l'alarme dans la maison. . (RX Le calme qui y régnait lui sembla de favorable au- = gure. Cependant il chercha à rasséréner son visage. 1 pour augmenter encore la sécurité des personnes chè- RE Fea res qui l’attendaient sans doute. Il traversa l’anti-E tin chainbre sans bruit, et entra dans la pièce où se tenait = d'ordinaire la famille. res vot

Tout était tranquille; à la lueur d’une bougie qti brûlait sur la table, il vit son père endorm' dans un fauteuil, la main encore étendue sur un in-folio, comm? gi ce sommeil eût résulté d’une assoupissante lecture autant que de l'épuisement de l’âme et du corps. Son fils dormait aussi dans un berceau entouré de rideaut de gaze; la douce haleine de l'enfant. l’haleine oppre”

sée du vieillard alternaïent au miliev du silence. An:

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