‹ La pacte de famine [microforme]Chapitre 12 sur 38 · NM · texte numérisé non relu

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gèle veillait seule, assise devant le foyer presque éteint; son front était appuyé sur sa main; la pâleur de es joues faisait ressortir l’état ‘flévreux de son regard. Quand Prévot entra, elle poussa un cri de joie et se

eu À précipita dans ses bras.

il- —Mon père! s’écria-t-elle avec transport, le voilà ! Il nous est rendu... Nos alarmes étaient fausses; vore À yez, mon père, c’est bien lui; il ne nous quittera plus un À maintenant!... Mon Dieu, je vous remercie! ce Elle riait, elle pleurait, elle pressait son mari dans mt Ü<es bras. Prévot était profondément ému de tant d’afoi- À fection; une grosse larme tomba de ses yeux. au- —Calme-toi, Angèle, dit-il; pourquoi ces craintes, ent M ma bien-aimée? Ne dois-je pas toujours revenir auprès que à de toi, auprès de notre père, auprès de notre enfant? ‘Angèle l'embrassa mille fois; elle était folle de bont la B'heur. :

près M. de Beaumont s'était éveillé lentement et écarpri- tait J's cheveux qui couvraient en partie sa figure vénécon Mrable. Ses yeux s’arrêtèrent d’abord sur Prévot, et nde. À oubliant, dans ce premier mouvement, les querelles de © soirée, il lui sourit avec bienveillance.

au- —C'est toi, mon fils? dit-il.

sage. Mais aussitôt la mémoire lui revint; son visage chanchè- sea; un ton sévère remplaça cette doncur d’un insant:- tant, T nait —C’est donc vous, monsieur? reprit-il. Après être resté sourd aux prières de votre femme, aux ordres de : quil \otre père; après avoir joué leur bonheur et leur vie en s un nême temps que les vôtres, vous venez sans doute rémme clamer votre pardon ?

cture —Oui, oui, pardonnez-moi comme elle! dit Prévot . Son de Beaumont en désignant Angèle. Monsieur, ajoutadeauxM i-l avec tendresse, savez-vous combien est lourde la ppre-Mr alédiction d’un père?

, An, 5e. PRE PEER DE

sh ‘

Ces mots, dits avec mélancolie, semblèrent touche: M. de Beaumont. Il tendit la main à son fils.

—Soit, reprit-il d’une voix altérée, je révoquerai cette malédiction funeste, échappée dans un transport de colère, si vous voulez désormais vivre pour nous, pour nous seuls, si vous renoncez à ces projets insensés qui, j'en suis sûr, auraient des suites terribles.

—Je ne puis encore promettre ceci, mon père; demain peut-être je reviendrai à vous pour toujours mais en ce moment... des devoirs impériceux map pellent.

—Qu'est-ce à dire? demanda le conseiller en reti rant sa main.

—Mon Dieu! toujours ces inexorables volontés! 56 cria Angèle éperduc ; Pourquoi m'avoir donné tant dd bonheur pour me le retirer si vite! Où vas-tu, Prévot à cette heure, par cette nuit noire? Paris n’est pa tranquille; il y a des émeutes, des soldats dans le Trucs... Mon ami, mon hien-aimé, serais-tu donc ai nombre des conspirateurs ?

—Vous oubliez, ma fille, qu'il n’est pas prudent do vouloir le retenir, dit M. de Beaumont avee ironie,

Prévot baissa la tête sans répondre, et entra dans la chambre voisine pour y chercher les papiers dont il avait besoin. Au bout d’un moment il reparut, pâle tremblant, les cheveux hérissés comme s’il venait :le voir un spectre se dresser devant lui.

—La cassette, la cassette! s’écria-t-il sans pouvoi s’expliquer davantage.

—Prévot, mon ange, mon mari, pardonne-moi! £' cria Angèle en tombant à genoux.

—Eh bien! ces papiers. *.

Elle désigna du doigt le foyer. où se voyait encor la forme légère des papiers réduits en cendres.

—Te les ai brûlés Pour que fn renonces À tes pri

ENT t toucher D jets de rébellion, pour que tu restes auprès de ta fa-

s. mille, dont le bonheur dépend de toi.

uerai cet- —Malheureuse, qu’as-tu fait ? | nsport de —Elle à agi par mon ordre, s'écria le vieux magisous, pour} trat en se levant avec autorité.

nsés qui. Cette fois, Prévot regarda son père en face, et lui

dit d’un ton hardi :

—Vous avez commis u

père; de

n crime, monsieur; ces pa-

i i : Ù 1 avai 4 oujours À piers *Ppartenaient au pauvre peuple, qui avait fondé 1x m’ap4 Sur eux sa dernière CSpérance... Ah! si vous n'étiez

Pas mon père, ce serait à mon tour de vous maudire !

Il tomba dans un fauteuil et resta absorbé dans sa ‘Jouleur ; quelques sanglots sortirent de Sa poitrine. Toutefois cet abattement ne fut pas de longue durée ; bientét il releva la tête; son visage exprimait la plus

en reti

tés! s’é tant da

Prévot sublime résignation; il dit avec un calme mélancoliest pal que à sa femme agenouillée devant lui:

lans le —Relève-toi, Angèle; votre Punition à tous les deux lone au “era bien cruelle; vous avez voulu me sauver, vous

m'avez précipité dans labîma,..

dent de —Oh! non, non, mon bien-imé, laissez-nous croire. ronie. —Je suis gravement compromis dans les événements ra dan de cette nuit... Ces papiers devaient être placés dedont ill Main sous les yeux du parlement, et ils cussent suffi t, pâte, peut-être Pour me justifier... Maintenant je n’aurai nait ‘e Pas de juges: on étouffera m

a voix entre Jes murailles e d’un obscur agitateur. . On disparaître sans une apparence de qui protestait contre un abus,

Vune prison, comme cell n'eût pas osé faire légalité un citoyen

pouvai

ile —1Ù à raison! s’écria Je conseiller avec réflexion, tout recours à un tribunal est impossible à cette heure, la preuve des griefs légitimes étant anéantie,

encor lon Dieu! nai-je vécu si longtemps que pour causer la perte de mon fils ?

s pre Ils se jetèrent dans les bras lun de Pautre, et de-

meurèrent étroitement embrassés.

‘ procha ac grand fracas, on s'arrêta devant la mai- :

—Prévot, s’écria la jeune femme, ils vont venir t’artrêter; fuis, au nom du ciel! fuis pendant qu’il en est temps encore...

—Le peuple est en bas qui m'attend pour me flétrir sans doute du nom de traître, dit le secrétaire du clengé de la même voix triste et résignée; d’ailleurs, où me cacher que mes ennemis puissants ne sachent me découvrir ? :

—Oh! fuyez, fuyez! reprit à son tour M. de Beaumont; mon fils, cherchez à échapper quelques jour: eeulement à la captivité... Pendant ce temps, nous travaillerone à obtenir votre grâce; nous irons nous jeter aux pieds du roi, nous l’implorerons, nous le supplierons...

=-J1 est trop tard, murmura Prévot en faisdt signe d’écouter.

En effet, la rue, jusque-là silencieuse, retentit tout à coup de mille bruits divers. On entendit d’abord le: pas précipités d'uñe foule de gens qui s’enfuyaient. des cris de détresse, puis un galop de chevaux, des cliquetis d’armes, le roulement d’une voiture. On ap-

son même, et une voix prononça du dehors ces terribles paroles:

—QOuvrez, au nom du roi!

Quelques minutes plus tard, une nuée de gens de police et de soldats se précipitait dans la salle. A leur suite entra Malisset, dont la figure bouleversée rayonnait pourtant d’une joie infernale; il était assisté d’un commissaire et d’un inspecteur de police.

—Vous êtes mon prisonnier, dit le commissaire ai secrétaire du clergé; rendez-moi votre épée.

Prévot obéit sans résistance.

—Montrez-moi la lettre de cachet, dit le pauvr: vieux magistrat, qui ne voyait que la légalité pour dé fendre son fils. #

mir t’arqu’il en

me flétaire du leurs, où hent me

de Beaules jours ps, nous

nous jes le sup-

ist si-

ntit tout abord les fuyaient.

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On ap-

la maices terri-

gens de

A leur ée rayonisté d’un

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pour dé

Le commissaire exhiba un papier, timbré de la griffe royale, et signé de Duval, secrétaire de Sartines. Pendant ce temps, Malisset disait d’un ton insultant :

—Chacun son tour, monsieur le philanthrope! Tout à l'heure c’était à nous de trembler devant vos goujats et votre canaïlle; nous prenons notre revanche... Vous payerez cher, je vous jure, le quart d'heure que “ous nous avez fait passer. Imprudent! ajouta-t-il tout bas, vous oubliez que si nous sommeillions, nous, notre ami le lieutenant de police avait Jes yeux ouverts... quoique, en vérité, ajouta-t-il avec amertume, comme s’il se parlait à lui-même, il ait été bien lent à nous secourir!

—Nous n'avons connu que fort tard tous les détails du complot, monsieur, dit respectueusement l’inspecteur qui avait entendu ces dernières paroles; il nous a fallu obtenir des ordres pour faire marcher les troupes, puis courir aux bureaux menacés, avant d'aller vous délivrer des mains de cette populace... Jesyvous l’assure, nous n’avons pas perdu de temps,

, Le son de cette voix fit tressaillir Prévot; il regarda l’inspecteur avec attention.

—Jérôme Picot! s’écria-t-il enfin.

L’agent de police sourit ironiquement.

—Oui, reprit-il, ce matin j'étais Jérôme Picot, le Pauvre tisserand, le père de famille dont l'enfant est mort de faim... Ce soir, je suis linspecteur Marais; qu'on veut bien appeler, ajouta-t-il avee modestie, la plus fine mouche de la police de sûreté.

Prévot se détourna avec dégoût et dit seulement :

—Du moins ce n’est pas un homme du peuple qui a trahi la cause du peuple.

—Marchons, s’écria le commissaire, à qui M. de Beaumont venait de rendre la lettre de cachet avec un geste de désespoir.

—Je veux le suivre, dit Angèle en se précipitant dans

— 15m — les bras de son mari; au nom du ciel, nous séparez pas!

—Et votre fils! et moi! sé Mouloureusemsnt.

Le commissaire et l'inspecteur Marais lui-mê blaient émus de pitié; un signe de Malisse la à leur devoir. On repoussa Ja pauvre fe entraîna Prévot de Beaumont.

—Adieu, mon père... adieux, Angèle... adie mon enfant! s'écria-t-il d'une voix brisée; que Dieu : ie peuple vou: pardonnent comme je vous pardon rui-mêrrie !

Angèle trouva assez de force pour s’élancer *èT8 80 fils, que le bruit de cette scène avait éveillé; elle | prit dans ses bras.

—1l te vengera! s’écria-t-elle d’une voix perçante e l'élevant au-dessus de sa tôte,

Un éclat de rire de Malisset Jui répondit. M, d Baumont reçut l'enfant dans ses bras mère tombait évanouie.

Quand elle revint à elle, des personnes de la maison lui prodiguaient des soins affectueux. Le conseiller sanglotait et tenait encore sur ses genoux le petit gar-

SOn, qui regardait avec étonnement ce désespoir de son i t et quelques gens de police étaient encore là occupés à fouiller dans les papiers du secrétaire du clergé.

—Allons! il n’y a rien, dit enfin le surintendant d’un ton < regret; on nous aura trompés. .

Il se préparait à sortir, sans même jeter un regari Sur ces malheureuses victimes. quand Angèle se dres tout à coup, avec cette vigueur passagère que donne Ji fièvre.

—Où est-il? demanda-t-elle,

—AÀ la Bastille, et pour toujours rement.

messieurs,

cria le vieux de Beaumo me se]

t les rap} mme, et

» pendant que ]:

! dit ke financier du

nessieurs, ne le Beaumont -même sem-

t les rappe- ‘mme, et on

+. adieu, que Dieu et pardonne

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