Z-VOUS
triote, un auanent !
t déjà 1e tuee savez ilisset ?
&ur la eva, et
ère me ses as-
» porter
siège en
pins en-
a cham-
lait met:
1 traîne:
Malisset devant le portrait de Prévot de Beaumont, com me pour le mettre sous la sauvegarde de cette sainte image.
—Silence et arrière tous! s’écria-t-il d’une voix qui domina le tumulte et les vociférations ; si je n’avais besoin que cet homme vécut encore quelques instants, aurais-je laissé à d’autres le soin de le punir?
—Non, pas de retards! répondit-on de tous côtés ; vous êtes des traîtres, vous voulez le sauver!
—Qui ose appeler traîtres, dit Boyrel, le fils et l'ami
‘de Prévot de Beaumont, dans la maison de Prévot de
Beaumont, en présence de la veuve de Prévot de Beaumont ?
À ce nom révéré, la foule recula avec respect. L’ouvrier jouit un moment en triompre.
—Mes amis, reprit-il avec chaleur, j'ai conservé la vie à ce misérable parce que j'attends de lui d’importantes révélations... J’ai voulu apprendre de sa bouche ce qu’il a fait, lui et ses infâmes complices, de l'homme sublime dont vous voyez ici le fils et la femme.
Cette question produisit sur Malisset l'effet d’une pile galvanique sur un cadavre. Il se releva, et s’appuyant contre la muraille, demanda timidement :
—Et si je réponds avec sincérité, si je vous apporte de konnes nouvelles au sujet de celui dont vous parlez, dites, me ferez-vous grâce ?
La foule resta muette. Angèle, dans un élan d’enthousiasme, courut vers le financier. Je peu de mots qu'il venait de prononcer lui avait donné de bien douces espérances.
—Parlez, monsieur, s’écria-t-elle, dites-moi qu’on n'a trompée, qu’il existe encore!... Dites cela, et, je vous le jure. vous serez-libre; je me traînerai à deux genoux sil le faut, devant ces braves gens pour leur demander votre vie, et ils ne me la refuseront pas.
—Ft moi, dit le garde-française en élevant son épée je pourrais, je crois, vous défendre jusqu’à la dernière goutte de mon sang, si vous m’appreniez que mon père vit encorel
Il-est encore vivant, répliqua Malisset en se redressant.
Et il osa pour la première fois regarder la foule.
Des cris de joie et d’étonnement s’échappèrent de toutes les bouches. Angèle tomba évanouie dans les bras de son fils.
Le premier mouvement de trouble et d’agitation passé, Boyrel, qui faisait les fonctions de juge instructeur devant le tribunal populaire, reprit en s'adressant à
‘ Malisset:
—Ne nous trompez pas, monsieur; malheur à vous gi vous mentez!... Où est à présent Prévot de Beaumont?
Malisset se tut pendant quelques secondes, hésitant entre deux écueils également redoutables; mais il penga sans doute qu’en face d'une révolution, les secrets d'Etat ne pouvaient plus être des secrets: le danger Île plus pressant Vemporta.
__M. Prévot de Beaumont est encore à la Bastille. dit-il enfin.
Vous l’entendez! s’ér'ia Jules en courant vers la porte; mes amis, à la Bastille!
Bovrel l’arrêta.
Vous ne savez pas encore si cet homme ne men! pas, afin de se sauver, dit-il: laissez-moi poursuivre.
Jules de Beaumont revint près de sa mère: elle | remercia par un sourire d’avoir été oubliée dans ce élan d'amour filial.
__Monsieur, reprit Bovrel en se tournant vers Ma- Jisset. il nous faut la vérité et la vérité entière. . Prenez-y garde! Nous voulons connaître le sort de nc© tre défenseur à partir du jour de son arrestation. Par-
nt de ns les
n pasucteur sant à
à vous Beau-
ésitant il pensecrets inger le
Bastille.
vers la
ne men!
uivre.
elle Ï lans cc!
vers Mantière..
rt de notion. Par-
lez avec franchise, puisqu'on vous a promis de vous pardonner à ce prix. Nous le savons bien, on n’a pas eu de pitié pour l'ennemi des accapareurs... Nous ne vous croirions pas si vous disiez qu'on l’a traité doucement.
Malisset promena des regards inquiets sur ceux qui l'entouraient. Comme l'avait dit Boyrel, un mensonge n'aurait pu abuser les assistants; d’un autre côté, la vérité nue était peut-être de nature à soulever contre lui quelque nouvel orage. Il se résigna pourtant à dire la vérité, d’autant plus que, dans le désordre d'esprit où il était, il n’avait pas le temps de préparer un men- -onge.
—M. Prévot de Beaumont, balbutia-t-il, avait commis un de ces crimes que certaines gens haut placés ne pardonnent pas. Sans se douter peut-être de l’importance de son entreprise, il avait menacé une institution sans laquelle, malheureusement, l'Etat ne pouvait plus « soutenir à cause du déplorable état de ses finances. Le traité des blés du roi...
—Le pacte de famine! hurlèrent les assistants.
—Ik pacte de famine donc, puisqu'il vous plaît d’appeler ainsi cet acte financier, était un de ces secrets auxquels on ne doit pas toucher sous peine de haute trahison... Or, Prévot de Beaumont savait tout ce qui était relatif à cette affaire. Il n’avait pas besoin de fournir par l'appel aux armes un prétexte à son arrestation; le jour où il avait laissé seulement soupçonner son hostilité contre nous, il était perdu. Aussi ne faut-
pas s’étonner des rigueurs exercées contre lui dans
cinq prisons qu’il a successivement traversées... Cinq prisons! répéta Angèle en levant les mains
\ ciel.
—Dites tout! s’écria Jules.
—Oui, cinq prisons, reprit Malisset de plus en plus convaincu que Ja vérité pouvait seule le sauver parce
qu’elle ne serait pas suspecte à ses auditeurs; d’abord il a été conduit à Vincennes. Là, on l’a enchaîné par le milieu du corps, dans un cachot obscur; il couchait sur une planche; sa nourriture se composait de deux onces de pain et d’un verre d’eau par jour.
Un cri d’horreur s’éleva dans l’assemblée,
—Oh! je repousse la responsabilité de semblames cruautés, continua le financier, Je vous l’ai dit, d’autres plus puissants et plus vindicatifs ont accompli cette épouvantable vengeance... Je suis un homme paisible; depuis que je me suis retiré des affaires, je vis dans la retraite.
—Et vous jouissez des richesses que vous nous avez extorquées liard à liard! dit une voix menaçante.
Malisset feignit de n’avoir pas entendu cette interruption.
—Plus tard, reprit-il, en cherchant à abréger ce pénible interrogatoire, M. de Beaumont a été transporté à la Bastille, où il a souffert les mêmes traitements qu’à Vincennes... De là, il a été envoyé à Charenton. et confondu avec les malheureux fous de cette maison puis à Bicêtre, où il a été confondu avec les assassins ; enfin il a été ramené à la Bastille, où il a été oublié.
—Mais, demanda madame de Beaumont en faisant un effort pour prononcer quelques paroles, que signifie cet extrait mortuaire, cette confiscation de nos biens ?..
—On savait, madame, que vous aviez le projet d’aller vous jeter aux pieds du roi pour lui demander la grüce de votre mari; il fallait à tout prix prévenir ccttt démarche; elle eût été un scandale public.
—Ou plutôt les ennemis implacables de Prévot craignaient que le roi ne fit grâce.
—Le roi ne le pouvait pas, madame; le roi savait tout, et tout se faisait par son ordre. .
—Vous l’entendez! s’écria Boyrel en regardant la foule.
d’abord né par ouchait e deux
iblanes t, d’aupli cetme pai- , je vis
us Avez nte.
e inter-
r ce péinsporté tements arentonr.
maison SASSsins ; ublié.
faisant signifie biens ?..
t d’aller la gràir cette
Prévot
savait
rdant la
Des imprécations s’élevèrent contre feu le roi Louis XV le Bien-Aimé.
— Eh bien! comment Turgot et Necker, qui, dit-on, étaient des ministres probes et honnôûtes, n’ont-ils pas rendu la liberté à l’infortuné Prévot? demanda un des assistnts.
—Turgot et Necker avaient annoncé en arrivant au pouvoir qu'ils feraient pendre les accapareurs, qu’il déchirerait le pacte de la famine... Mais il y a quelque chose de plus puissant que les ministres et même que les rois, c’est la nécessité de l'Etat. Le Pacte existe encore et Prévot est à la Bastille.
Malisset s'arrêta, attendant avec inquiétude de nouvelles questions.
—Voyez-vous cet homme? s’écria Boyrel en désignant le financier; il vient de faire pour la révolution le plus beau plaidoyer qui soit jamais sorti d’une bouche humaine!... Avec de semblables récits un peuple peut transporter des montagnes.
—Laissez-moi donc retourner chez moi, demanda Malisset timidement.
—Qu'il parte! dit une voix; sa franchise l’a sauvé pour aujourd’hui; nous verrons plus tard! -
Une demi-heure après, Boyrel, qui venait d’accompagner Malisset jusqu’à sa voiture pour le défendre contre les émeutiers, rentra dans la mansarde. La foule s’était retirée: madame de Beaumont et son fils, agenouillés devant le portrait de Prévot, priaient toujours ot pleuraient, mais cette fois de bonheur et d’espérance,
—Enfant. dit Bovrel de sa voix rude, votre père vous attend à la Bastille.
—Mon père! sécria Jules; je croyais avoir à le venger, j’ai à le sauver... marchons!
I] embrassa sa mère et suivit Boyrel.
nn