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XX PRÉFACE

militaire passé de Napoléon à Bismarck pour se voir définitivement écrasé.

Tant de fautes cruelles, tant d'atroces misères, tant d'espoirs affreusement déçus, tout l'appareil des souffrances passées s'échelonnaient en une magnifique avenue d'indicibles grandeurs, sous l'auguste regard des morts, dans le flamboiement de la Patrie sauvée. Et nos Français suivaient l'éblouissant cortège en marche vers les nouveaux devoirs de l'homme régénéré.

Cependant, cette paix de miracle, il restait à la faire de nos mains, après l'avoir touchée de nos yeux. Et pour qui se trouvait capable d'en conserver la vision, le prodige de la guerre gagnée réclamait un prodige plus grand encore : le prodige de la paix organisée.

Hélas! mon cher Tardieu, il n'y a de prodiges certains que ceux que nous pouvons faire nousmêmes et, si l'on veut vraiment faire, il faut, au préalable, se dépouiller de l'état d'esprit par lequel le passé s'efforce instinctivement, en dépit de nous-mêmes, à triompher des difficultés du présent.

Dans le cours de la guerre, au 4 juillet, date de la fête de l'Indépendance américaine, comme les troupes des Etats-Unis venaient de défiler devant la statue de Washington, M. Lloyd George me dit en souriant :

— Savez-vous que vous venez de me faire assister à la célébration de la plus grande défaite de l'Angleterre?

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