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PREFACE XXI

— Et si l'orgueil national vous fait encore regretter la défaite, lui répondis-je, je suis sûr que vous ne regrettez rien de cette journée. Quel mal vous est venu finalement de cette indépendance américaine, dont je vois tous les jours s'approcher le Canada, l'Australie, la Nouvelle-Zélande qui se sont librement inscrits dans le bloc des quatre grands Alliés? Il y a eu bien d'autres comptes entre votre drapeau et le nôtre : c'est de tout cœur, pourtant, que je le salue, tous les jours, sur notre front.

Ainsi nous nous enseignions, les uns aux autres, l'esprit nouveau des temps à venir, en attendant les labeurs de l'application. Gardons-nous bien de commencer par des défaillances décorées de noms excusables. Défions-nous, surtout, des faiblesses d'une politique d'ajournements.

Nos ennemis vaincus ont d'éminentes qualités d'action, dont ils ont tiré, sous un maître, de Sadowa à Versailles, le plus implacable parti. Tout scrupule leur est étranger, comme l'a bien fait voir le cénacle déshonoré de leurs quatre-vingt-treize chefs d'intellect et de moralité. Ils ont cru toucher à la réalisation d'un rêve d'atroce brigandage, où la victoire excuserait tous les crimes, et les apparences sont qu'ils nous auraient probablement conquis dans la paix, sans le coup de démence par lequel la résistance militaire nous fut imposée. Valaient-ils mieux que ce qu'ils ont fait? L'épreuve seule pourra le dire et l'avenir de cette épreuve

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