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XXVIII PREFACE

l'extrême courage dans l'extrême péril, les autres imposant le silence à de trop légitimes colères pour tirer des responsabilités suprêmes la révolte de tous les rassemblements d'énergies. Le salut fut la récompense d'un prodige tel qu'il ne s'en est pas vu de plus beau.

Rome a connu de telles grandeurs que l'infinie bassesse de sa décadence n'en a pu ternir la mémoire. Fut-il aucun moment où ce peuple, qui emplit l'histoire, put jamais donner un si m.erveilleux spectacle de magnificence morale et d'indestructible confiance dans la victoire de sa volonté?

En de telles rencontres, les cœurs se font connaître. Des faibles et des forts, l'unanimité l Rome veut : tout se tait. De plaintes, de récriminations, d'insinuations mauvaises, nulle tentative. Pas un tressaillement de faiblesse. Pas même une parole vaine. Comme les volontés tendues, les âmes relâchées se trouvent inaccessibles aux terreurs de l'effondrement.

Ce peuple qui, par trop de faiblesses, avait fait la conjoncture du jour, c'est le même qui, dan^ la catastrophe totale, s'est soudainement retrouvé. Tout de chacun et de tous pour le redressement de la patrie. Les démagogues sont muets. Que dis-je? Ils accompagnent le Sénat. Et Fabius, qui s'est vu préférer Varron, après avoir subi l'accusation de lâcheté pour n'avoir pas voulu engager des batailles comme celle qui menace d'effacer Rome de

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