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XXX PRÉFACE

soir de la bataille, se fût avisé de voir dans Austerlitz la préface de Moscou ou de Waterloo? Les victoires en elles-mêmes ne sont que l'écrasement brutal d'une force militaire par une autre. Aux vainqueurs de se montrer capables d*en tirer les conséquences. Pour cela, des hommes et du temps.

Les dessous de toutes alliances conspirent, quoi qu'on dise et qu'on fasse, à se pousser au grand jour. N'y devait-on pas prendre garde d'autant plus que le gouvernement en devait moins parler? Et la paix de demain ne se pouvant fonder que sur la confiance du pays dans l'instrument que lui apportait le gouvernement de la victoire, pouvait-on s'aveugler, — dans l'espoir de porter atteinte à ce gouvernement, — jusqu'à vouloir ruiner, dans l'esprit des vainqueurs, les moyens même de relèvement dont on est présentement réduit à réclamer en vain « la rigoureuse application »?

Enfin n'y avait-il pas, comme aujourd'hui, les Allemands vaincus, mais non anéantis, tout prêts,, par un rare mélange d'effrontées fourberies et d'ardeur combative, à leurs recommencements d'hégémonie? Rabaisser la Victoire et relever le moral de la défaite, cela pouvait-il être, de quelque point de vue, une entreprise d'heureuse issue? Hélas I la tentative a déjà porté trop de fruits pour que je ne craigne d'en faire le bilan. Aujourd'hui, comme hier et demain, aucune suite de

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