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L*UNITÉ ALLEMANDE ET LES BUTS DE GUERRE

Le 4 novembre :

Ne nous y trompons pas : le mouvement de l'unité allemande n'est pas fini. Si désirable que puisse être pour l'Europe une renaissance du particularisme, ce n'est pas dans ce sens que marche l'ensemble des pays allemands.

Le 5 novembre :

L'idée d'une Allemagne du Sud catholique embrassant la Bavière et l'Autriche allemande n'exerce sur nous, à aucun degré, la séduction qu'elle a dans certains milieux. Ces combinaisons, toujours possibles sur le papier, ne se réalisent pas à volonté. Nous ne manierons pas au gré de nos imaginations la pâte allemande. Au surplus, on se fait des illusions sur la Bavière, qui n'a que 7 millions d'habitants, et sur la puissance d'attraction du petit État provincial de Munich.

Enfin, le même jour, ceci qui, presque terme pour terme, exprime, au sujet d'un particularisme possible et de l'action éventuelle à exercer, la thèse soutenue par moi le 2 septembre 1919 devant la Chambre et le 11 octobre suivant au Sénat par M. Clemenceau :

Ordinairement, ces choses-là ne se font pas ou se font mal à l'extérieur. Si l'on anticipe sur les événements, qui ont l'habitude de se présenter toujours d'une façon nouvelle, on s'expose à les interpréter mal et à les prendre de travers.

Je pourrais multiplier les citations du même genre. J'ai reproduit celles-ci, de préférence à d'autres, parce qu'elles ne sauraient être suspectes d'idéologie démocratique : elles sont, en effet, toutes extraites des articles d'un écrivain royaliste, M. Jacques Bainville, dont le parti s'est fait, en 1920, le champion véhément de la dissociation de l'Allemagne.

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