‹ La PaixChapitre 9 sur 75 · XVI PREFACE · texte numérisé non relu

XVI PREFACE

C'est Bernhardi qui a dit que la guerre n'est que la continuation de la poursuite des buts du temps de paix, par d'autres moyens. Je ne saurais voir là que la brutale constatation d'une réalité. Après l'elîroyable guerre qui nous fut imposée, notre politique de paix peut-elle être autre chose que la suite nécessaire de la politique de pondération qui mit tous les peuples civilisés dans notre camp, lorsque les Allemands en vinrent à vouloir supprimer le droit de la France à la vie?

Nous avons gagné cette guerre, non par nos seuls moyens, mais avec l'aide magnifique de nos bons alliés. Il faut que cet avantage nous demeure et que les concessions nécessaires soient faites, de part et d'autre, dans un esprit d'amitié, non en des formes de mauvaise humeur qui en diminuent le prix, pour laisser subsister de mortelles chicanes, là où l'entente de bonne grâce eût apporté son plein secours d'efficacité.

Rappelons-nous de quelle joie nous avons salué le premier coup de canon des peuples aUiés ! Ce qui ne veut pas dire qu'après d'inouïs sacrifices, faits pour la France assurément, mais non moins profitables à nos confédérés, qui combattirent pour leur propre salut en même temps que pour le nôtre, nous soyons réduits à subir passivement la loi de nos amis. Non. Ce n'est pas pour sauver ses justes droits par la guerre qu'aucun de nous pourrait aboutir à les abandonner dans la paix.

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