‹ La paix chez les bêtesChapitre 3 sur 27 · LA PETITE CHIENNE A VENDRE · texte numérisé non relu

LA PETITE CHIENNE A VENDRE

Chez moi. Le marchand de chiens entre, tenant à la main une boîte noire, percée d'un étroit judas grillé. Il est gros, moustachu ; il sent le vin, le chenil et le phénol.

LE MARCHAND DE CHIENS. — BonjOUr, madame, et la santé? J'apporte la petite bête que je vous ai parlé dernièrement. Une vraie miniature, vous allez m'en dire des nouvelles!... J'ai bien cru que je ne l'aurais pas, vous savez! Nous eti.ons à trois dessus. Mais l'éleveur est

un cousin de ma femme, et j'en ai fait pour ainsi dire une affaire de famille. Tel que vous me voyez, j'ai voyagé toute la nuit depuis Bruxelles avec ce petit bétaillà. Et quel vilain temps!...

La petite chienne, dans la boîte, pendant que le marchand parle. — Ouvrezmoi ! oh! ouvrez-moi!... je n'en puis plus... ouvrez-moi!... Depuis des heures et des heures mortelles, je suis dans cette boîte, et il me semble que je suis tout près de mourir... Ouvrez-moi! le fracas des roues roule encore dans ma tête, les secousses du voyage sans fin m'ont jetée contre les murs de ma cage; j'ai mal à mes oreilles, à mon museau fiévreux, à mes pattes grelottantes... Si vous vouliez m'ouvrir !...

Le >l\rchand. — C'est une chienne, comme je vous l'avais dit. Treize mois, la maladie faite, les oreilles coupées, propre à l'appartement... Voilà l'objet. (//

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