‹ La paix chez les bêtesChapitre 9 sur 27 · LES CHATS-HUANTS · texte numérisé non relu

LES CHATS-HUANTS

SOUS de moi, un peu plus blanche que la nuit d'en haut et que les chênes où le vent naissant suscite un bruit de palmes sèches. Cinquante pieds de brume où passe et repasse l'élan indistinct de bêtes véloces, un tournoiement aisé de poissons dans l'onde. Mes yeux s'accoutument, et le ciel pâlit : le roux et le blanc, le jaune et le gris se peignent peu à peu sur les grandes ailes ouvertes et nageantes plus bas que moi, sur les dos tavelés et Téventail des queues. Une aile passe si près de moi qu'elle secoue contre ma tempe l'humidité fine du matin et Todeur des feuilles confites...

Ils accourent, ils tournoient, ils montent. Le ciel, d'un bleu de neige, est rayé d'oiseaux muets. L'auvent d'un toit pointu, une meurtrière mince, les avalent un à un, au passage. A l'heure où les chiens de troupeaux aboient en bas, invisibles au fond de la brun>e, il ne reste plus qu'une

chouette, une « dame-blanche », assise au bord d'un grenier; elle bat des paupières, se rengorge et gonfle coquettement le mince liséré marron qui serre, autour de ses joues nettes, son petit béguin Marie Stuart.

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