MÉLiTo.N, ap. Eisr.B. H. E. iv
à l'égal des autres cultes », ce qui est seulement demander le droit à l'existence.
Athénagore adresse son apologie pour les chrétiens à Marc Aurèle et à Commode, son lîls, peu d'années après Méliton (en 177 sans doute).
La terre habitée qui vous appartient (rj 'j[j.t-ipcii ohn-j- [jiévTi), dit-il aux deux princes , est diverse en ses mœurs et en ses lois : à personne il n'est interdit par une loi ou par la menace d'un jugement de rester fidèle aux traditions de sa patrie, si ridicules qu'elles puissent être d'aveiiture... En chaque peuple, en chaque cité, les hommes célèbrent les sacrifices et les mystères qu'ils veulent... A tous, vous et vos lois avez inculqué qu'il est impie et sacrilège de croire qu'il n'y a pas de Dieu, mais qu'il est nécessaire que chacun serve tes dieux qu'il veut, afin que la crainte de la divinité prévienne le crime.. Toute la terre habitée jouit grâce à votre prudence d'une paix profonde. Cependant , nous chrétiens, votre providence nous exclut, et, alors qu'aucun crime ne nous est imputable, alors que nous sommes ceux d'entre les hommes do)it les sentiments sont les plus religieux et les plus justes, soit envers la divinité, soit envers votre autorité, nous sommes inquiétés, traqués, poursuivis, pour le nom que nous portons K..
L'Empire a fait la paix du monde : pourquoi les chrétiens, qui ne sont ni des athées, ni des séditieux, sont-ils exclus de cette paix?
Vous qui par caractère et par éducation êtes en ton! et pour tous bons, modérés, amis des hommes, et dignes de la souveraineté, vous devant qui j'ai réduit à néant les accusations qu'on articule contre les chrétiens, vous qui connaisse: maintenant la piété, la douceur, la disciplim' d'âme de ces chrétiens , faites de votre tête iiupériale le geste
I. ATiiKNAGdit. Lrgal. pro clirislinn. 1 ;cd. Ckfickin, p. l-2it-121 .
<lHe nous atlendons. Qui donc mérile mieux la justice qu'ih réclament, eux qui prient pour votre autorité, eux qui souhaitent que le fils hérite selon la justice du principal du père, (car la prospérité et la grandeur de l'Empire) nous touche nous aussi, qui en attendons la pjaix et la sécurité de nos vies, en obéissant )ious-mêmes de bon camr à tous les ordres de l'autorité K
Athénagore suppose que la politique religieuse de Rome peut se ramener à deux maximes : l'athéisme est un sacrilège, chacun doit pouvoir honorer les dieux de son choix. Athénagore réclame une place au soleil pour des hommes qui ne sont pas des athées, et dont la religion est la plus religieuse qui soit. En retour, il relève la douceur de ces hommes, leur attachement au prince et à l'Empire, et le fait qu'ils prient pour l'autorité.
Saint Irénée, qui ne s'adresse pas à l'opinion païenne, comme l'ont les apologistes, mais aux chrétiens eux-mêmes, s'applique à les confirmer dans le respect dû à l'autorité civile. Le diable, écrit-il, mentait quand il disait au Christ en lui montrant les royaumes de la terre : « Tout cela m'a été livré, je le donne à qui je veux » (Luc. iv, (j). Car le diable ne dispose pas des royaumes de ce monde. Dieu seul en dispose, ainsi que le Verbe l'enseigne par la bouche de Salomon : « Par moi les rois régnent, par moi les puissants rendent la justice» iProv. viii, 15). L'apôtre Paul dit sur ce sujet : « Soyez soumis, car il n'y a d'autorité que de Dieu ». Et encore : L'autorité " ne porte pas pour rien le glaive, elle sert Dieu et exerce sa vindicte contre qui fait le mal ». L'apôtre ne parle pas là des anges ou des puissances invisibles, comme