‹ La paix constantinienne et le catholicismeChapitre 105 sur 274 · CHAPITRE QUATRIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIEME

L'ëdit du 30 avril 311 a mis fin à la persécution dioclétienne, qui, amortie depuis 305 en Occident, ne sévissait plus en fait que dans les Etats de Galère et de Maximin Daia. Galère mort. Licinius hérite de ses Etats, et Licinius n'a pas d'autre politique religieuse que celle de Constantin. A cette heure, le sort de la paix religieuse n'est menacé que par Maximin Daia pour qui l'édit du 30 avril 311 est une capitulation qu'il entend reprendre. Nous allons assister au dernier effort du paganisme impérial.

Maximin commence par mettre la main sur les provinces d'Asie et de Bithynie, qui faisaient partie des Etats de Galère et qu'il enlève à Licinius, en rejetant ainsi Licinius en Europe. Six mois étaient à peine écoulés, Maximin interdit aux chrétiens de s'assembler dans les cimetières *. Plus exactement, il

1. EusEB. //. IJ. IX, -2 : stpyetv... TiEifiàrat. On rapfn'ochera cette interdiction du rapport signaU; par Elseiî. U. JJ. ix, :>, 2, comme ajant été adressé par h; ilux de Pliénicic à l'empereur Maximin : îles Icmme.perdues ont été arrêtées, qui ont déclaré avoir été chrétiennes ei que dans les églises (âv xot; x-jptaxoî;) se commettent des désordres honteux. D'ordre de l'empereur, le rapport du dicx est publié dans toutes les villes. - Pour la première fois, nous rencontrons la mention d'un dux, c'est le chef militaire de la province, dont le gouver-

essaya d'interdire, et rien ne dit qu'il ait réussi. Il fallait trouver un autre biais. Maximin était très dévot aux dieux, très attentif à leurs oracles, très zélé pour leur culte : les provinces de ses Etats étaient celles oîi le culte des dieux était sans doute le plus vivace, les populations étant d'ailleurs sensibles et versatiles. Une recrudescence suprême du paganisme est certainement reconnaissable sous son règne, en Orient et en Asie.

Le fait est que de toutes parts des requêtes lui furent adressées par les assemblées provinciales et municipales réclamant contre la liberté rendue aux ennemis des dieux. On ne demandait pas que la persécution sanglante se rouvrit; on demandait que les églises ne fussent pas rebâties: on demandait aussi que les chrétiens fussent expulsés des cités. Maximin entrant à ^'icomédie, en 311, les citoyens de la ville viennent à lui, en portant les statues en bois de leurs dieux, et le supplient d'interdire aux chrétiens le séjour de Xicomédie : Maximin leur répond qu'il convient qu'une pareille requête émane de tous les citoyens pour être accueillie'. Cette réponse équitable, et peut-être même spirituelle, n'empêche pas que Maximin ait été favorable à ce mouvement de pétitions, qu'il l'ait encouragé, provoqué même^ : les cités qui pétitionnaient savaient bien qu'elles faisaient ainsi leur cour.

iieiir civil |iorte désormais le nom de index, Dioclélien ayant divisé ainsi les pouvoirs de l'ancien praeses.

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