Lactant. De ira Dei, ii, 1--J (Brandt, ]>. Ci
^âG LA PAIX CONSTANTINIENNE.
siunma dwinitas. Il connaît le Christ à qui il a voué son armée au matin de la victoire du pont Milvius. Constantin se persuade que la siimma dii^initas n'a de culte digne d'elle que dans le catholicisme '. La divinité dans le ciel, le catholicisme sur terre, sont les deux pôles de la religion de Constantin.
L'élément déterminant de la conversion de Constantin a été sa conversion même. Constantin, dès 312, peut avoir eu l'ambition de substituer à la tétrarchie dioclétienne une monarchie universelle, et l'ambition aussi de fonder une dynastie sur le principe de la légitimité : ses relations avec l'Église ne pouvaient servir ses ambitions, que pour autant qu'il accordait à l'Eglise la tolérance. Tout ce qu'il lui a octroyé de plus, il l'a octroyé par sympathie désintéressée de tout calcul politique, et autant dire par dévotion-.
Le dirons-nous « converti »? Eusèbe, dans le panégyrique quil prononce à Tyr en 314 ou 315, se représente Constantin et Licinius, restaurateurs de la paix, <( crachant au visage des idoles mortes >> et « raillant la vieille erreur héréditaire » : Eusèbe prête aux deux Augustes, dont le second n'a jamais été chrétien, lame de Polyeucte : combien il s'en faut que cette âme ait été jamais celle même de Constantin! L'erreur d'Eusèbe est aussi bien celle des auteurs modernes qui discutent, en lui appliquant les règles de la morale chrétienne, ce qu'ils appellent le cas de conscience de Constantin converti, conservant le titre et la fonction de Pontifex Maxi-
1. L'imporlance du catholicisme dans la pensée de Constantin a échappé à Heikel, p. Lxxxvni. Hùlle, p. 102-103, a mieux vu que pour Constantin il n'est de chrétiens que les catholiques. Autant Schwartz,. Kaiser Conslanlin, p. 71.