FiNK, Kirchengeschichtlichc AbhandlunQCiu t. U. p
cœur de faire cesser cet état violent? Mais, et ici nous redevenons pleinement d'accord avec ^NI. Seeck, Constantin y vit son devoir de prince, et par surcroît un devoir religieux, l'ordre ou tout au moins la suggestion de Dieu, et la certitude que ce faisant il s'assurait la perpétuelle protection de ce Dieu. Cette religion sans doute porte l'empreinte de son caractère et de son temps, on ne peut mettre en doute ni sa sincérité, ni sa profondeur '. Il est toutefois indispensable d'ajouter que cette religion du prince n'est quun commencement de christianisme.
La « conversion » de Constantin l'a détaché rationnellement du polythéisme, l'a rallié à la summa divinitas, mais ne l'a pas fait positivement chrétien, pas même catéchumène : en 312-313, Constantin rend justice au christianisme, mais, si fort qu'il soit porté vers lui, si grands que soient les gages qu'il lui donne, il réserve sa liberté personnelle. Jamais, dit M. Seeck, il n'a formé le dessein de s'imposer à l'Eglise comme son maître, c'est très vrai : mais son personnage impérial est si souverain, si surhumain, qu'il fait de lui. à ses propres yeux, l'arbitre des choses divines sur terre et le fondé de pouvoir de la sttinina dwiintas avec laquelle il traite comme directement.
Si nous voulions nous assurer que cette conception n'a rien d'inouï, qu'elle est au contraire dans l'air que respire Constantin, pour peu qu'il n'écoute que ses courtisans pa'iens, nous n'aurions qu'à relire Lam-
]. rfEECK, Genchiclite. t. I. p. 50-GI. Ces considérations de Seeck vaudront contre Scuwakt/., Kai>ier Constantin, p. 18, aux yeux de qui l'Eglise c'tait une puissance (Weltmacht; asse^ forte pour déterminer l'Empire à une alliance avec elle. Non, et la preuve en est que Dioclétien avait tait de l'indifférence envers le cliristianisine toute sa première politique. SciiwAi'.r/., p. VK a parfailenient saisi ce trait du système de Dioclétien.
pride, et nous y surprendrions la haute idée que Constantin se fait de son personnage impérial, comment il entend se rattacher naïvement aux Antonins, imiter Marc-Aurèle et Antonin le Pieux '. Lampride cite de lui ce mot de caractère : « Imperatorem esse fortunae est. Agendum vero ut sint imperio digni, quos regendi in necessitatem vis fatatis adduxerit^. » Le fatalisme de cette maxime n'est que d'apparence : Constantin a conscience qu'il tient de Dieu sa dignité et sa puissance de prince. M. Seeck dit quelque part que Constantin, qui était profondément un homme de devoir, a toujours subordonné ses devoirs envers l'Eglise à ses devoirs envers l'Empire ^. Cette réserve est le mot de l'énigme de la conversion de Constantin.
1. LAMpr.io. Heliogab. 2, 4 éd. Petep,, p. 2-21 : quanivis [Helio-
sal)alus] sanctum illud Antoninorum nomen poUuerit, quod tu, Constantine sacratissime. ila \eneraris, ut Marcum et Piutn inter Constantios Claudiosque. veliU majores tuos, aureos formaveris, adoptans virtutes veteruin luis moribus congruentes et tibi arnicas caras. •
i. Ibid.Z'i. 4-D (p. 24">i : » Deiiide illud, quod clementia tua solet diccre. credidi esse respiciendum : Imperatorem esse fortunae est. Nam et minus boni reges lueruni et pessimi. Agendum vero, quod pietas tua solet dicere, ut sint imperio digni, quos regendi in necessitatem vis fatdlis adduxerit. ■>