‹ La paix constantinienne et le catholicismeChapitre 133 sur 274 · EECK, t. I. p · texte numérisé non relu

EECK, t. I. p

Après avoir publié Tédit de paix à Nicomédie le 13 juin 313, Licinius n'interrompit pas la campagne contre Maximin Daia, qui, retranché derrière les défilés du Taurus, espérait défendre les provinces qui lui restaient. Délogé par l'armée de Licinius des positions où il s'était fortifié, Maximin fut cerné dans Tarse, bloqué par mer et par terre, et mourut à propos, s'il ne s'empoisonna pas, pour ne pas tomber aux mains du vainqueur '. Constantin et l^icinius prononcèrent la damnatio memoriae de Maximin "-.

Dans ces provinces d'Orient, où la persécution avait été si tenace et li cruelle, autant par le fait de Maximin que par la passion sectaire des plus hauts fonctionnaires impériaux et des sacerdoces païens, Licinius estima qu'il fallait faire des exemples. Le ministre que Maximin avait le plus honoré, Peucetius, fut mis à mort. Le préfet d'Egypte, Culcianus, qui avait été un exécuteur zélé de la persécution, paya son zèle de sa tête. A Antioche, le gouverneur de la province périt de même : c'était ce Théotekne, qui à Antioche avait exploité le sanctuaire de Zeus Philios et capté la confiance de Maximin par les oracles qu'il obtenait de la statue trop complaisante du dieu. Les prêtres de Zeus Philios furent mis à la torture et avouèrent

\. LvCT.vNT. Mort, persec. V.) (p. -23'î--23'0. EusEn. H. K. ix, \ 2. Elsf.b. IX, 11, -2.

leurs supercheries '. La main de Licinius se fit sentir, assure Eusèbe, à toutes les magistratures et à tous les commandements où Ton avait partagé les sentiments anticlirétiens de l'empereur déchu "^.

Dans le panégyrique qu'il prononce en 314 ou 315, à l'occasion de la dédicace de la grande église de Tyr ^, Eusèbe de Césarée prête une voix à l'allégresse du christianisme d'Orient sortant des ruines, rebâtissant ses églises plus spacieuses et plus brillantes qu'elles n'ont jamais été. La description de la basilique de Tyr, qu'Eusèbe intercale dans son sermon, donne en effet une idée de ces architectures faites pour impressionner les païens qui les verront du dehors : l'église est une « demeure royale ' ». L'évêque de Tyr est loué par Eusèbe d'avoir élevé un édifice d'une extrême richesse, de l'avoir élevé sur l'emplacement même de celui que la persécution avait rasé, et de l'avoir élevé grâce à la générosité magnifique de ses seuls fidèles "'. Car la basilique de Tyr a été construite par la communauté chrétienne de Tyr, sans qu'il soit fait mention d'aucune contribution de l'empereur Licinius. Mais Eusèbe nomme les empereurs régnants : il les

Page 1