EusF.n. //. E. X, 8, \-i\ V. C. ii
264 LA PAIX CONSTAMINIENNE.
la confédération des évèques. Par une « loi » donc il leur interdit de se rencontrer nulle part et d'aucune façon; il interdit à qui que ce fût d'entre eux de se transporter dans une Eglise voisine de la sienne propre: il leur interdit de tenir des synodes, de délibérer sur leurs intérêts et de prendre des décisions. Les évêques étaient donc mis dans l'alternative d'être poursuivis s'ils violaient la loi, ou de violer les règles ecclésiastiques s'ils la respectaient : la vie de l'Église devenait impossible'. Des évèques ne tardèrent pas à être frappés pour n'avoir pas obtempéré aux ordres du prince-.
On ne put plus douter de son arrière -pensée, quand on le vit écarter de sa maison impériale quiconque était chrétien, puis épurer de même l'administration impériale et relever de leurs charges tous les fonctionnaires chrétiens : il recourut pour cette épuration à un procédé quil savait efficace, il imposa à tous les fonctionnaires l'obligation de sacrifier aux idoles^. Ces mesures, qui étaient autant d'attentats
I. EisEB. y. C. I, 51. Peut-être Sociale lait-il allusion à cette disposition interdisant les réunions d'cvêques, H. E. i, 3. Du moins socrate a-t-il liicn marque l'allure sournoise de la persécution de Licinius.
•2. EusEB. //. E. X, 8, 17; V. C. M, i.
3. EirsF.n. H. E. x, 8, 10; V. C. i, '6-2 et :>i. Dans ces textes, il est question d'atteindre toù; xaTà ttoXiv CTpaTiÙTa;, et encore toù; xatà 7:6).tv cTpaTiWTa; y;Y£jJ-ovixwv tafixâTtov. L'administration impériale porte le ncim d'armée, militia, et ses fonctionnaires celui de soldats, milites. Nous l'avons montré après M. l'io Kranclii de' Cavalieri) à propos de l'épiiaplie de révé(|ue de I-aodicee, Eugène. Bulletin d'anc. lut. et archcol. clirit. l'Jll, p. ^7-28. — A l'appui on peut citer ce que Pliilostorge fciicz Suidas rapporte de révé(|ue de Mojisueste, Auxence. H est à la cour de lâcinius, il est notaire, et Philoitorge écrit qu'il est de ceux qui ont bien servi (Ttapàiuiv ÈTticpavI); xw paaiXst Aixivîw GTpaTEUffaaivtov). Licinius se trouvant dans son palais, dans une a-j/.r, ou coulait une fontaine décorée d'une statue d'Apollon, avise une grappe sur une treille, fait couper la grap|)e par Auxence, et veut qu'Auxence la mette aux pieds de l'Apollon. Vuxence refuse et
à la liberté octroyée par Tédit de paix, annonçaient une persécution, que l'on commençait de croire inévitable. Elles attestent du moins qu'en Orient le paganisme n'avait pas été réduit à l'impuissance par la défaite de Maximin Daia et par la première politique de Licinius, qu'au contraire son influence tendait à renaître et à s'imposer à un prince de religion indécise. Le péril aurait pu être très grave, si Licinius avait été fort; mais il avait irrité §es suje*^ par son avarice, par sa fiscalité, par des lois concernant le mariage et les funérailles qui bouleversaient les vieux usages, par des sévérités qui avaient frappé les plus honnêtes gens. On tournait les regards vers Constantin, Licinius ne l'ignorait pas, il reprochait même aux chrétiens de ne prier que pour son collègue ' . Le contraste des deux empereurs devait finir par un conflit, qui éclata en .324-. Vaincu en Thrace le 3 juillet, près d'Andrinople, vaincu en Bithynie le 18 septembre à Chrysopolis, Licinius dut renoncer à l'Empire.
Eusèbe a donné à la campagne de Constantin contre Licinius une allure de croisade : Constantin n'aurait marché que pour délivrer les chrétiens de l'oppression de Licinius^. Eusèbe ne suppose pas à Constantin d'ambition politique, ni dans cette affaire le dessein de restaurer l'unité de l'Empire romain. Toutefois on ne peut douter que Constantin ait donné au christianisme des gages de plus en plus marqués : le
est ohlii,'é de démissionner, tf,; fftpaTsia; ànoTtayaàixEvo?. \uxence se défait aussitôt du ceinturon insigne de sa fonction. Philostorg. V, -2» éd. liiDF.' |). ti7-6<>