I. Seeck, I. ni, p
•2. MONCEAlx, t. IV, p. 8.
LE SCHISME DONATISME. 273
qui officie, un coupable qui baptise, un blessé qui soigne, un persécuteur qui vénère les martyrs, un traditeur qui lit les Evangiles, un incendiaire du Nouveau Testament qui promet l'héritage du ciel » ^ . Abandonnons à ^I. Seeck la bonne foi des gens de Carthage qui cabalèrent contre l'ordination de Cécilien, mais reconnaissons que le doute par eux soulevé, et qui ne pouvait être soulevé qu'en Afrique,- était le plus capable de troubler à fond une Église. Cette Église abondait d'ailleurs de têtes brûlées, fanatiques prêts à toutes les violences et pour qui tous les movens étaient bons.
Saint Augustin attachera du prix à pouvoir reprocher aux donatistes d'avoir saisi Constantin de leurs griefs contre Cécilien-. Il mettra sous leurs yeux comme une pièce accusatrice le rapport adressé à Constantin par le proconsul Anulinus. Et c'est ainsi que s'est conservée cette pièce importante entre beaucoup ^ datée du 15 avril 313. Elle s'ouvre par une formule protocolaire qui témoigne que, en 313, rien nest évidemment changé à l'étiquette païenne de la cour : « Scripta caelestia maiestatis vestrae accepta atque adorata ». Le proconsul informe Sa Majesté qu'il a mandé à Cécilien et à son clergé qu'ils étaient désormais exemptés des charges publiques par Sa
1. Acla Saturnini, 19 (cites par Monxkalx, t. IV, p. 151). Cf. P. lî. dans Bull. anc. litt. et arch. chrét. l'Jl2, p. 227 -a^S.
2. Algustin. Epistul. i.xxxviii, 1 (p. 407) : « ... pars Donati.quae primo apud Carthagiuem parsMali>rini dicebatiir, uUro aicusavit Caeciliaiuim tune episcopun» ccclesiae Cartliaginiensis apud imperatorem illuiu auliquum Constanlinum... •■
3. Le texte en est produit, entre autres, par Augustin. Kpislul. Lxxxvui, -2 ([). 408).
274 LA PAIX COiNSTANTINIENNE.
Majesté. Le proconsul, pouvons-nous penser, a compris que l'empereur considérait cette faveur faite au clergé de la province comme un encouragement efficace à la concorde, et que cette concorde était aisée sous la loi saint3 du catholicisme : il a donc exhorté Cécilien et son clergé « ut, luiitate consensit omnium facta, . . . catholicae custodita sanctitate legis, . . . diçinis rébus inserviaîit ». Mais peu de jours après, des gens accompagnés d'une foule considérable, se sont présentés devant le proconsul, se donnant comme les adversaires de Cécilien, et ont laissé entre les mains du proconsul deux pièces qu'ils le priaient de faire parvenir à l'empereur, « ad sacrum ac venerahilem comitatum numinis vestri ». Le proconsul n'a pas à rapporter la faveur faite par l'empereur à Cécilien, il n'a aucune instruction, il se borne donc à transmettre les deux pièces que les protestataires ont déposées entre ses mains'.
La première, qui était scellée, portait en titre : Libellas ecclesiae catholicae criminum Caeciliaai a parte Maiorini'-. Ce titre (le Libellas ne nous est connu que par son titre) révèle la prétention des adversaires de Cécilien d'être l'Église catholique ^ du moins à ce moment, car ils seront vite déboutés de cette prétention. L'autre pièce, qui n'était pas scellée, était une requête à l'empereur, preces, signée de cinq évêques partisans de Maiorinus. De cette requête Optât produit un texte ' sujet à caution : le texte, au surplus, importe moins que la démarche même de