‹ La paix constantinienne et le catholicismeChapitre 141 sur 274 · I. ScHWABTz, Kaiser Constantin, p · texte numérisé non relu

I. ScHWABTz, Kaiser Constantin, p

carthaginois ' : le fait est que Constantin se déchargea sur lui du soin de la juger. Toutefois, pour donner satisfaction aux partisans deMaiorinus, il désigna luimême trois évêques de Gaule, celui de Cologne, celui d'Autun et celui d'Arles, et leur donna l'ordre de se rendre à Rome.

Ces détails sont connus par la lettre de Constantin au pape Miltiade sur cette affaire'-. Le prince déclare qu'il lui est « très pénible » de découvrir (( dans des provinces que la divine Providence a mises entre ses mains >>, des factions dans le peuple et des discordes entre évêques. Il annonce à l'évêque de Rome qu'il a donné l'ordre à Cécilien de venir à Rome, avec dix évêques de son parti et dix évêques de ses adversaires : ils seront entendus par l'évêque de Rome et les trois évêques de Gaule que Constantin lui adjoint, Reticius (d'Autun), Maternus (de Cologne), et INIarinus (d'Arles). Constantin termine en assurant l'évêque de Rome qu'il a « pour la légitime catholique Eglise un respect tel qu'il veut qu'aucun vestige de schisme ou de discorde » ne subsiste après la sentence attendue.

Constantin, on le voit, s'est persuadé que le souci de la tranquillité et de l'ordre en Afrique lui fait un devoir d'intervenir. Il n'imagine pas pour autant, à cette date, que juger l'affaire au fond soit de sa compétence'. Il fait tenir à l'évêque de Rome les pièces

i. Seeck, t. m, p. 324 : « [Der Kaiser] ùberlrugdie Entsclieidung dem Biscliof Miltiades von Uom, dessen Primat damais schon in der ganzen Christenheit anerkannt war. •■

2. Elseb. h. E. X, 3,18-20, la donne traduite en grec. C'est une pièce indubitable. Seeck, Quellen, |i. ol2-5i3. Elle est adressée t à Miltiade, évêque des Romains, et à Marc ». On ignore qui est ce Marc, lequel est cependant un évêque collègue de Miltiade. Seeck {ibid.) pense à Merocles, évêque de Milan.

3. AuGusTix. Epislul. cv,8 (p. 601) : « Sed quia Constantiuus non est

LE SCHISME DONATISTE. 277

accusatrices que le proconsul d'Afrique a transmises, il les fait tenir pareillement aux trois évèques de Gaule sus-désignés. Les deux parties s'expliqueront devant ces évoques à Rome, pour être jugés « conformément à la très vénérable loi » de l'Eglise. La conduite de Constantin est irréprochable : il renvoie les parties à leur juge de droit'. Tout au plus pourrait-on contester le droit que s'arroge Constantin d'adjoindre à l'évèque de Rome trois évèques de Gaule ^?

A Rome, les trois évèques gallicans trouvèrent le pape Miltiade entouré de quinze évèques italiens, dont Optât donne les noms et les noms de leurs Eglises : elles étaient voisines de Rome, comme Ostie, Préneste. Terracine, Très Tabernae, d'autres étaient d'une Italie plus éloignée, comme Milan, Pise Florence, Sienne, Rimini, Faenza, Capoue, Bénévent... Le concile comptait en tout, avec Miltiade, dix-neuf évèques. Il s'assembla dans la donius Faustae, le palais de Latran, le vendredi 2 octobre 313^.

Les conciles de Carthage du temps de Cyprien délibéraient dans la forme qui était de tradition celle du sénat romain : le concile de Rome de 313 fît de même. « His decem et novem consedendbas episcopis causa Donati et Caeciliani in médium missa

ausus de causa episcopi iudicare, eam disciUiendam atque finiendani episcopis delegavit. Quod et factum est in urbe lïoma praesideutc Melchiade episcopo illius ecclesiae cum multis eoIlej,'is suis. ■> Id. Epistul. Lwxviii, 3 (p. 408) : « ... iussit imperator venire partes ad episcopale iudiciuni in urije Itoiiia facieiidum. ■

1. Au(;usTiN. Ejjistul. xMii, 14 (i).'J<!) : « An forte non dcbuit Homanae ecclesiae Mclclilades cpiscopus cuni collegis transmarinis opiscopis illud sibi usurpare iudicium, quod ab Al'ris lxx, ubi primas Tigisilanus praesedit, l'uerat terminatuni V »

•2. Al(;lstin. Hpistul. xuii, 4 (p. 87) : « ... iudicante Melchiade liunc Uonianae urbis episcopo cum collegis suis, quos ad preces Donalistarum miserai imperator... »

Page 1