Optât, i, '23 (p. 2(i
est* ». Optât écrit « la cause de Donat o, car, dans l'intervalle, Maiorinus est mort et son parti lui a donné pour successeur Donat, celui dont le nom restera au Donatisme : Donat est maintenant à la tête des accusateurs de Cécilien-. — La séance s'ouvrit par la lecture de tout le dossier, à commencer par le Libellas ecclesiae catholicae criminuni Caeciliani. Les accusateurs eurent ensuite la parole : Donat parla pour eux. Les témoins à charge produits par Donat furent entendus. Cécilien se défendit alors, et, par une hardie offensive, inculpa Donat lui-même. Ces débats occupèrent deux séances. Dans une troisième séance, les dix-neuf évêques prononcèrent leur jugement : chacun eut à émettre sa sentenlia, d'abord sur le cas de Donat. ensuite sur le cas de Cécilien. « A singiilis in Donatuin sunt hae sententiae latae... » Les dix-neuf évêques furent unanimes à reconnaître que Donat avouait avoir rebaptisé (des chrétiens baptisés par le clergé de Cécilien) et imposé les mains à des évêques lapsi pour les soumettre ainsi à la pénitence, €t partant les dégrader de leur ordre, « quod ah ecclesia alienuin est ». ajoute Optât ^. Quand le tour vint de se prononcer sur Cécilien, les dix-neuf évêques furent unanimes encore à proclamer son innocence. Miltiade donna sa sententia le dernier, parce qu'il
l../6ïci. -2i (p. ■27). Optât a eu certainement sous les yeux les actes du concile de Rome. Saint Ausfustin pareillement. Epistul. lxxxviii, 3 (p. 409) : " ... ul)i quem ad modum causa dicta atque finita sit et Caecilianus' innocens iudicatus sit, indicant gesta ecclesiastica. » — Les textes concernant le concile de Rome sont réunis jiar von soden, p. l*-«6.
2. Sf.eck, l. III, p. 509-510. îIoscEAix, l. IV. p. :{.3!>. Contre Dlcuesne, Dossier, p. 112.
3. Optât, loc. cit. L'interprétation donnée est celle de !.. Saltet, Les réordinations (l!W7), p. 01. — Rapprochez le propos de Purpurius, au concile! de Cartliase qui a élu Maiorinus : « Exeat tiuc ;Caecilianus), quasi imponatur illi manus in episcopatu, et quassetur illi caput de I)aenitentia •. Optât, i, V) [p. 21,.
LE SCHISME DONATISTE. 279
présidait, et sans doute aussi parce qu'il avait fait la relatio ou exposé de la cause, par quoi s'ouvrait toute délibération en forme :
Caecilianus omnium supra memoratorum sententiis innocens est pronuntiatus, etiam Miltiadis sententia, qua iudicium clausum est liis verbis :
Cum constiterit Caecilianum ab his qui cum Donato venerunt iuxta professionem suam non accusari, nec a Donato convictum esse in aliqua parte constiterit, suae communion! ecclesiasticae integro statu retiuendum. morito esse censeo ' .
Constantin a requis l'évêque de Rome et ses collègues de juger entre Gécilien et ses adversaires selon la loi de l'Église : considérant que les accusateurs de Cécilien défaillent, ou, comme Donat, ne peuvent faire la preuve de leurs allégations, le concile de Rome prononce que Cécilien doit rester en possession du siège de Cartilage. Si cette sententia, qui est celle de Miltiade, résume toutes les autres, peut-être convient-il de regretter que le concile de Rome ne se soit pas prononcé au fond sur le cas de Cécilien, et n'ait pas posé très en lumièreie principe que la validité do l'ordination est indépendante de la sainteté du consécrateur : le concile aurait coupé court aux instances subséquentes des Donatistes. Le concile de Rome. soucieux d'éteindre le schisme naissant, dut penser que la conciliation y contribuerait plus elïicacement que l'intransigeance : ce n'est pas toujoui's vrai. Donc le concile ne rejette pas de sa communion les évêques
t. Oi'iAT. loc.cit. r^es mots « iu:ila professionem suam « désiKneni la dci)Osition de ces témoins accusateurs. I,es mots « suac communioni » etc. sont ainsi rendus par M-' Diuliesiie : ■■ Je pense iiu'il y a lieu de le maintenir intégralement dans sa comiiuinion ecclésiastique >>. Mais »uar n'a ^uère de sens.
du parti de Donat, pas même ceux que l'intrus Maiorinus a ordonnés : pour les rallier, il décide que. dans les cités d'Afrique où maintenant se trouvent deux évêques en concurrence, celui des deux qui est le plus ancien d'ordination restera en possession du siège, l'autre sera pourvu d'une autre Eglise. Plus tard, aux Donatistes qui tenteront d'opposer les soixante-dix évêques africains qui ont condamné Cécilien aux dix-neuf évêques qui à Rome l'ont innocenté, saint Augustin représentera l'autorité, la gravité, la prévoyance du jugement romain. Il en fait honneur à Miltiade : « 0 virum optimum I s' écvic Augustin, o filium chrisliaiiae pacis et patrem christiatiae piebis ^ ! »
Si on en croyait une pièce, que Ion a des raisons de tenir pour supposée, le concile de Rome aurait posé un acte de plus : il aurait interdit à Donat et aux accusateurs de Cécilien de retourner en Afrique^. Saint Augustin, qui ne parle pas de cette mesure, dit expressément que Donat fut seul mis en cause par le concile, comme seul auteur de tout le mal-'. Donat condamné, Cécilien innocenté, l'ordre assuré dans Tépiscopat africain par un compromis honorable, il n'y avait qu'à aider au retour à l'unité des dissidents de bonne foi, et à tourner le dos aux irréconciliables.