Optât, loc. cit
2. ZiwSA, p. 197-204. Pour es dates de l'enquête, Monceaux, t. IV, ji. 220-221.
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devant un duumvir de Carthage, Speretius, que le procès -verbal qualifie de sacerdos lovis Optimi Maximi, comparaît l'ancien duumvir d' Aptonge, Alfius Caecilianus, qui, à cause de son grand âge, ne pourra pas être cité devant l'empereur, « non potest ad comitatum sacrum pergere ». Il dépose que, sitôt connu à Aptonge l'édit de persécution, il a envoyé des officiales à la maison de Tévêque Félix pour saisir les Ecritures et les brûler, conformément au sacré précepte impérial : l'évèque était absent, on s'est rendu à l'église des chrétiens, on a saisi quelques lettres et la chaire de l'évèque, et on a brûlé les portes de l'édifice, ainsi que l'ordonnait le sacré précepte. Or naguère (ce dut être sur la fin de 313) un scriba nommé Ingentius a demandé à l'ancien duumvir soi-disant pour l'évèque Félix une lettre, dans laquelle il dirait si, du temps qu'il était duumvir (en 303), quelques écritures de la loi chrétienne ont été brûlées à Aptonge. Sans défiance, Alfius a dicté au scribe Ingentius une lettre où il atteste qu'on a saisi dans la basilique d'Aptonge quelques epistulas saliitatorias. — A la troisième audience (15 février 314), on est à Carthage, devant le proconsul Aelianus, que le vicaire qui est malade a chargé de l'affaire. Les deux parties ont chacune leur avocat. La séance s'ouvre par la lecture du procès-verbal de l'audience d'Aptonge et de l'audience de Carthage, donnée par le greffier Agesilaus. En terminant, le greffier avertit que le vieux duumvir d'Aptonge. Alfius, ne reconnaît pour authentique que la première partie de la lettre qu'il a dictée à Ingentius : le reste est d'un faussaire. Apronianus, l'avocat de Félix, dénonce alors l'infamie du parti (jui a voulu perdre un très religieux évoque et n'a pas hésité à recourir à un faux : il requiert contre l'auteur du faux. Cependant,
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le vieux duumvir raconte avec tous les détails comment Ingentius a abusé de sa bonne foi. Ingentius, interrogé à son tour, essaie d'abord de nier, puis il se contredit, et enfin, sur la menace de la torture, il avoue. Le proconsul est édifié : « Constat ergo falsam esse epistulani ? » Et le jugement est rendu. — Le proconsul prononce que le religieux évêque Félix est manifestement innocent d'avoir brûlé les « Écritures déifiques », puisque personne ne peut prouver qu'il ait livré les ^( très religieuses Ecritures », et que, au contraire, il ressort de tous les interrogatoires qu'aucunes « Ecritures déifiques » n'ont été saisies, livrées, ou brûlées, à Aptoiige. Félix était par surcroît absent d'Aptonge à cette date, et il n'a pas davantage donné d'ordres à ce sujet. Ingentius est envoyé en prison, sous l'inculpation de faux.
Dans ces Acta purgatiotiis Felicis Aulumnitani, l'évêque d'Aptonge ne comparaît pas devant les magistrats municipaux païens de Cartilage, pas plus que devant le proconsul. L'enquête n'interroge que le duumvir dAptonge de 303, qui n'est pas chrétien. L'enquête n'a pour but que de rechercher les procèsverbaux de l'exécution à Aptonge en 303 de l'édit de persécution de Dioclétien. Ces procès-verbaux font-ils mention de la défaillance de l'évêque d'Aptonge? C'est l'unique question posée. Le faux d'Ingentius est un incident, très grave, mais à côté. Cette enquête conduite par des magistrats civils, en vue de confirmer la sentence dun concile, est maintenue dans la stricte compétence de ces magistrats.
Après une enquête si impartiale et si concluante, qui confondait le parti donatiste en le découvrant par surcroît complice d'un faux, et qui confirmait la sentence romaine, Constantin était éclairé assez pour
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s'en tenir à la chose jugée et bien jugée à Rome. Il commit la faute d'accorder aux Donatistes de nouveaux juges, qui seraient des évoques délégués de tous ses Etats et qui sur son ordre s'assembleraient à Arles. Ce ne serait pas le concile d'une province, pas davantage un concile œcuménique : ce ne pouvait être qu'une « assemblée du clergé ». Cette « assemblée du clergé « était un expédient, une nouveauté, et plus encore le fait d'une intrusion du prince chrétien dans le domaine ecclésiastique à l'instigation de schismatiques qui se moquaient bien des jugements d'évêques.
On a dans Eusébe la lettre dïnvitation à venir à Arles adressée par Constantin à Chrestus, évêque de Syracuse : l'évèque amènera avec lui deux de ses prêtres et trois serviteurs : le corrector de Sicile mettra à leur disposition la poste impériale '. Semblable invitation fut adressée par Constantin à nombre d'autres évoques^, de Syracuse à York, tous évoques évidemment des provinces qui en 314 constituaient les Etats de Constantin, et Constantin n'ayant pas à inviter les évêques des Etats de Licinius.
La lettre synodale adressée par le concile d'Arles à l'évèque de Rome, le pape Silvestre, porte en suscription trente-trois noms d'évêques, y compris Cécilien. Se référant aux signatures du concile-', où Ion a avec les signatures des évêques présents celles
I. EcsEn. X, 3, 2i-24. Le prince (h'-signe les deux pirlres qui acconiliagnent Ttivêque par l'expression ôûo Ttvà; i-/. toj ôsutépoy Opôvou. Les serviteurs sont qualifiés de 7taî:oEç.
■I. Ihid. •2.\. Voyez HuMiiK.r.T, art. ■■ Cursus puhlicus - du Dicl. des anl. de Sagmo, p. 1664.