‹ La paix constantinienne et le catholicismeChapitre 147 sur 274 · Augustin. Epislul. xi.iii, W (p · texte numérisé non relu

Augustin. Epislul. xi.iii, W (p

3. Zi\YSA. p. 207 : « Ideo iudire Deo cf. matre Ecclesia. quae suos novit et ci>n)nobat, aul damnali sunt aut repulsi. »

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concile, et les trente-deux noms des évèques présents au concile :

DiLECTLSSIMO PAPAE SlLVESTRO MaRIXUS, ACRATIUS, NaTA-

Lis, Theodorus... in domino aeternam salutem.

Commun! copulo caritatis et unitate matris Ecclesiae catholicae vinculo inliaerentes ad Arelatensium civitatem piissimi imperatoris voluntate addueti, iude te, gloriosissime papa, cum mérita reverentia salutamus^.

Pour la première fois des évèques sont réunis par ordre d'un très pieux empereur : ils le proclament, sobrement d'ailleurs, et avec dignité, mais seulement après qu'ils ont affirmé ie lien de la charité qui les unit, eux qui sont présents à Arles, et qui les unit en même temps dans l'unité de la mère Église catholique. Le concile adresse sa synodale à l'évêque de Rome, le très cher pape Silvestre, et le salue avec le respect qui est dû à ce très glorieux pape, épithètes qui s'adressent à son siège bien plus qu'à sa personne, puisqu'il n'y a pas dix mois qu'il occupe le siège de Rome. La synodale expose aussitôt la décision que le concile d'Arles vient de prendre au sujet des Donatistes, il l'a prise en ne considérant que Dieu et l'H^glise :

... ideo iudice Deo et matre Ecclesia, ([uae suos novit et conprobat, aut damnati sunt aut repulsi.

Et utinam, frator dilectissime, ad lioc tantum spectaculum interesse tanti fecisses! Profecto credimus, quia in eos severior fuisset sententia prolata, et te pariter nobiscum iudicante coetus noster maiori laetitia exultasset. Sed quoniam recedere a partibus iliis minime potuisti, in quibus et apostoli cotidic scdent et cruor ipsorum sine inter-

1. Ziws\, |). 206-207. — Pour lu signification du mot papa à cette épo" que, E. vos DoBsciiim, Das Decretum Gelasianum (1912), p. 226-232.

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missione Dei gloriam testatur, non tamen haec sola nobis visa siint tractanda. frater carissime. ad quae fueramus invitati...

Le concile regrette que l'évêque de Rome n'ait pu venir en personne à Arles : la sentence prononcée aurait été plus solennelle et la joie des évoques plus grande. Mais le concile sait que Silvestre n'a pas pu quitter Rome, Rome où les apôtres ont leur siège et où leur sang atteste la gloire de Dieu : apostoli cotidie sedent et cruor ipsorum teslatur, allusion à la présence à Rome des corps de l'apôtre Pierre et de l'apôtre Paul, allusion à leur martyre romain, par où s'explique la gloire apostolique du siège de Piome.

Les évêque réunis à Arles n'ont pas cru devoir limiter leurs délibérations à la cause que leur a soumise l'invitation de Constantin : ils ont pensé à eux-mêmes, ils ont pensé à des règles qui pourront devenir communes aux diverses provinces auxquelles ils appartiennent, règles qui sont réclamées par la paix maintenant acquise iquies praesens) :

Placuit ergo praesente Spiritu sancto et angelis eius, ut, ex his quae singulos quosque movebant, iudicare proferremus de quiète praesenti. Placuit etiaia antea scribi ad te qui maiores dioeceses tenes, per te potissimum omnibus insinuari*.

Les évêques réunis à Arles n'adressent pas leur synodale à tous les évêques de l'Eglise catholique, pas même à leurs collègues soit de Gaule, soit d'Afri-

1. ZnvsA, p. 207. Je reproduis le texle de Ziwsa, qui est celui du iiis. unique (Paris. 1"M, xi" siècle). II manque évidemment un mot dans la dernière phrase, où il faut lire : tenes, <e<> per le... Puis, antea li'a pas de sens, du moment que le concile écrit au pape après avoir pris ses décisions. Au lieu de antea, je conjecturerais omnia.

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que, soit d'Italie^... mais à l'évoque de Rome, pour que les décisions prises soient par lui de préférence communiquées à tous, v. placidt... [omniaj per te potissiinum omnibus insinuari ». Cet acte de déférence d'un concile convoqué par l'empereur n'est pas sans signification.

Que veulent dire les évèques, quand ils écrivent au pape : « ... ad te, qui maiores dioeceses tenes »?

Le terme dioeceses, en 314, a-t-on dit, ne peut désigner que les diocèses civils, ou groupes de provinces civiles, institués par Dioclétien, et à la tête de chacun desquels est un vicaire ( Vicarius Praefecti Praetorio). Les États de Constantin en 314 sont constitués par la préfecture d'Italie et par la préfecture des Gaules. La préfecture d'Italie compte trois diocèses (Italie, Afrique, Illyricum), qui groupent trente provinces. La préfecture des Gaules compte trois diocèses (Gaule, Bretagne, Espagne), qui groupent vingt-neuf provinces. Les évoques du concile d'Arles, supposet-on, auront voulu dire que les diocèses que Rome occupe, c'est-à-dire ceux de la préfecture d'Italie, sont plus grands que ceux de la préfecture des Gaules auxquels la plupart des évoques du concile d'Arles appartiennent. Telle est l'interprétation proposée par M. Turmel"-. — Elle soulève bien des objections. Les évèques présents à Arles, en effet, appartiennent aussi bien à la préfecture d'Italie qu'à la préfecture des Gaules. Puis, supposé que les trois diocèses de la préfecture d'Italie soient plus grands que les trois diocèses de la préfecture des Gaules, on ne voit pas en

i. M()N(;e.vi;\, t. IV, p. :jiK, su|i|iose que le concile a di'i ccrire directement à riiglise de Cartilage pnur lui notifier le jugement qui Innocente son évcquc, etc. DccriESNi:, Dossier, p. 1<», le suppose aussi. En lait, il n'y a trace nulle part de cette lettre.

-2. .1. Ti'i'.Mi.i,, Histoire du dogme da la papauté (1!M)S), p.l9»<.

LA l'VlX (ONSTANTlMEiMNi:. IT

quoi cette différence supposée donnerait à l'évéque de Rome un avantage. Enfin peut-on dire de l'évêque de Rome qu'il occupe les diocèses civils de la préfecture d'Italie, qu'il les tient, « dioeceses tenes »? — Pour ces raisons, il pourrait sembler préférable de donner au terme dioeceses, tel qu'il est employé par le concile d'Arles, une acception ecclésiastique qu'il a eue aussi ^, celle de circonscription, non point episcopale, mais métropolitaine. Abstraction faite, en effet, de sa primauté, Rome a une primatie, que le concile de Nicée assimile à celle de l'évêque d'Alexandrie sur l'Egypte, et aussi bien sur la Libye et la Pentapole. Cette primatie s'étend à toute l'Italie, y compris la Sardaigne et la Sicile : l'évêque de Rome est l'évêque des évêques d'Italie. Le concile d'Arles penserait à cette primatie de Rome en Italie, quand il demande à l'évêque de Rome, qui tient des circonscriptions plus grandes qu'aucun évêque présent à Arles, de vouloir bien communiquer les décisions du concile d'iVrles à tous les évêques qui relèvent de sa primatie-.

Cette seconde interprétation ne nous satisfait pas pleinement. Car, est-ce seulement aux évêques d'Italie que l'évêque de Rome communiquera les décisions d'Arles ? Le texte de la synodale n'exprime pas cette limitation. Elle n'est pas exprimée davantage dans l'entête des canons d'Arles :

Domino sanctissimo fratri Silvestro Marinus val coetus episcoporum qui adunati fuerunt in oppido Arelatensi.

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