‹ La paix constantinienne et le catholicismeChapitre 148 sur 274 · DucuESNE, Lib. ponlif. 1. 1, p. l.-i · texte numérisé non relu

DucuESNE, Lib. ponlif. 1. 1, p. l.-i

2. 'Cette interprrtalion est coiiliruiée parla demande que le concile de Sardi(pie adressera au pa|)e Jules, moins de trente ans plus lard ; « Tua autem e\cellens prudciitia disponerc débet, ut per tua scripla qui in Sicilin, qui in i^ardiuia et in Italia sunl Iratres nostri, quae acta sunt et deliiiita cognoscant ».

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Quid decreverinius communi cansilio caritati tuae significamus, ut oniiies sciant quid in futurum observare debeant.

Dans le canon I, le concile décide que Pàque soit célébré partout [per omnem orhem) le même jour, et compte sur l'évêque de Rome pour en notifier chaque année la date par lettres comme de coutume : « Et iaxta consiietudinem litteras ad omnes tu dirigas ». Il est clair que Rome ne notifiait pas la date pascale à l'évêque d'Alexandrie, pas davantage à l'évêque d'Antioche : omnes désigne donc ici les évêques d'Afrique et d'Occident, et n'est pas restreint aux évêques d'Italie. Par conséquent, si l'évêque de Rome est sollicité par le concile de notifier à tous les décisions prises à Arles, « plaçait... [omnia] per te potissimuin omnibus insinuari y) ., si omnes désigne tous les évêques d'Afrique et d'Occident à qui le même évêque de Rome notifie chaque année la date pascale, on sera amené à penser que les mots « maiores dioeceses tenes » désignent cette fonction plus grande qu'exerce l'évêque de Rome envers tous les évêques des actuels États de Constantin.

Les canons promulgués par le concile d'Arles ont été dictés par les besoins du moment. Il convient de signaler le canon VII, qui a trait aux chrétiens qui sont faits gouverneurs de provinces, praesides : le concile veut qu'ils soient accueillis par les évêques de la province qu'ils gouvernent, et qu'on ne les exclue de la communion que si leurs actes sont contraires à la règle chrétienne'. Le concile par là ne

1. Concil. ArelaU'H. can. ' : « De praesidibus (|iii liileles ad i)raesidatuiii prosiHunt, placiiit, ut cum promoli J'ueriut litteras accipiant ecclesiasticas communicatorias... » Le concile suppose qu'ils gouvernent une province iiu' n'est pas i-elie de leur domicile privé. « ... Et

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veut découragei' aucun fidèle d'entrer dans l'administration impériale : un chrétien n'est pas excommunié parce qu'il devient praeses, mais il le sera s'il manque à la discipline chrétienne. Par manquements à la discipline chrétienne, le concile entend sans doute tout acte de culte païen. Les magistratures municipales sont accessibles aux chrétiens dans les mêmes conditions'. — Le canon XIII a trait aux membres du clergé qui sont accusés d'avoir, pendant la persécution, livré les saintes Ecritures, ou les vases sacrés, ou les noms de leurs frères. C'est la question brûlante des traditores. Le concile décide qu'aucun traditor ne sera maintenu dans le clergé; mais il exige que les faits soient établis par des documents officiels [cictis puhlicis], et non par des témoignages oraux [non vevhis nudis)-. Comme il y a des gens qui, contre la règle ecclésiastique, prétendent être admis à accuser en s'autorisant de témoins subornés, il ne faut pas les admettre, à moins qu'ils n'allèguent des documents officiels [actis piibdcis), comme il a été dit déjà. Si quelque traditor a fait des ordinations, et qu'il n'y ait rien à reprocher d'ailleurs aux sujets qu'il a ordonnés, l'ordination ne peut nuire à celui qui l'a reçue ^. On voit que le concile résout le cas des traditores en affirmant la validité des ordinations

cum coeperint contra disci|)linain agere, tiiin dcinam a comnauiiione excludantur. »

1. Ibid. : « Similiter et de his qui rem publicam agere volunt. >•

2. La procédure qui consiste à |>rouver l'acte du traditor par les procès-verbaux des magistrats n'est pas nouvelle. Voyez Cyprian. Epislul. Lxvn, 6 (p. 710) : « Martialis... actis eliam publiée liabitis apud procuraiorem ducenarium ol)temperasse se idololatriae et Christum negasse contestatus sit... ..

3. Can. 13 : " ... Si iidem aliquos ordinasse fueriut deprchensi, et lii

<luos ordinaverunt rationales sul)sistunt, non illis ol)Sit ordiuatio

liC sens de rationales est difficile. J'ai adopté l'inlerprétation de M-' Dlchesne, Hist. anc. t. H, p. 114.

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auxquelles ils ont pu procéder'. Il n'excepte que les sujets indignes que leur indignité même doit exclure du clergé. — Le canon XIV se rattache aux mêmes préoccupations : il édicté que ceux qui accusent faussement leurs frères doivent être jusqu'à leur mort exclus de la communion. Cette sévère sanction vise à n'en pas douter les calomniateurs de Félix d'Aptonge et de Cécilien, sans exclure Ihypothèse qu'en mainte autre Église le mal de la calomnie ait sévi.

Le concile d'Arles, qui s'était ouvert le 1" août, ayant achevé son œuvre, l'empereur donna l'ordre de retenir en Gaule les quatre évêques donatistes qui y avaient pris part. Il ne les retint que quelques mois : nous avons, datée du 28 avril 315, la lettre des préfets du prétoire annonçant leur renvoi en Afrique au vicaire d'Afrique Celsus-.

1. Rapprocher le can. 8 : •■ De Afris quod propria lege sua utuntur ut rebaptizent... » Le concil(3 impose que la validité du baptême liérétique, à oondition que le baptême ait été adiuiiiistré ■■ in Paire et Filio et Spiritu sancto ». Les Donatistes conserveront le vieil usage africain, celui de saint (;>prien et de son temps!

'2. ZiwsA, p. -21-2. Von Sodf.n, p. 3i. Lettre Quoniam Lucianum. La date est discutée, la pièce est indiscutable. Par contre, la lettre de Constantin aux évéques à l'issue du concile d'Arles, lettre Aelei-na cl religiosa (Ziwsa, p. 208--210 , très dure pour les Donatistes, ne semble pas résister aux objections de Seeck, p. 'i'iiSiii, malgré la défens qu'en pren-l Diciif.sxe, Dossier, p. :!3-3o.

Il se produisit à ce moment une étrange volte-face dans l'attitude de Constantin : il accorda aux Donatistes que le jugement d'Arles serait tenu pour nul et non avenu. L'empereur enverrait à Carthage de « ses amis » [ah amicis meis quos elegissein) ^ pour connaître sur place du conflit africain [oinnis causa quae vobis adversus Caecilianum conpetere videtur).

Constantin renonça peu après à ce plan et résolut de convoquer Cécilien et ses adversaires à Rome, où illes jugerait lui-même : il convoqua Cécilien, qui ne vint pas^. De la fin de 315, on a une lettre de Constantin au vicaire d'Afrique Celsus^ : le prince a une fois de plus changé de plan. Le vicaire devra faire semblant de fermer les yeux sur les séditions des chrétiens, mais annoncer à Cécilien qu'il compte venir en Afrique et apprendre alors aux deux factions quel respect la divinité souveraine veut qu'on ait pour elle : il jugera aussi bien ceux de la plèbe que ceux du clergé, fussent-ils les premiers du clergé, car son devoir d'empereur est de ne pas tolérer le mal,

1. TiLLEMOST, t. VI, p. 55 : « ... par ses amis, c'est-à-dire par des officiers chrétiens qu'il nommerait exprès. •

■!. Lettre Aule paucos quidem, Ziwsa, p. :2lO-2il. Constantin serait à Rome dans l'été 3d."i jtour ses deccnnalia.

3. Lettre Perseverare Menalium, Ziwsa. p. -211-:!I-J. Serck. Qucllen, \). 356-361, estime que celte lettre est un faux de la même main que la lettre à Aelafius déjà signalée Jam quidem antehac. Uichesxe, Dossier, p. 3ti-37, la dél'end.

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