‹ La paix constantinienne et le catholicismeChapitre 150 sur 274 · I. TiLLEMONT, t. VI. p · texte numérisé non relu

I. TiLLEMONT, t. VI. p

•1. Algcstin. Epistul. Lxxxviii, 3 (p. 400) : • Et prinius contra vestram partein legem constiiuit, ut loca congregationum vestrarum fisco vilidicarentur. » Epistul. xciii, 14 (p. 458) : « Hle quippe imperator primus constituit in hac causa, ut res convictorum et unilati pervicaciter resistentium fisco vindicarentur. •> Cette loi est mentionnée incidemiiient dans un rescrit de Gralien, Cod. Theod. xvi, 0, •>. Mox- CKAux. t. IV, p. i!)7, la date de la fin de 3i0, ou du début de 317. Vox SoDEN, p. 37, la date liypotliétiquement de 316. Pur la (|ualitication de !oi, donnée à cette sanction contre les Donatistes, Martroye, op. cit. |i. !2t-28. M. Martroye veut établir que la sentence rendue à Milan contre les Donatistes ne visait que leur calomnie contre Cécillen, et donc qu'il n'y eut contre eux application que des lois existantes contre le fait de calomnie, a cela on ))eut répondre que cette sanc-

LE S( HISME DONATISTE. 301

La première de ces deux mesures confirme la lettre de Constantin au proconsul Anulinus par laquelle les chrétiens ont recouvré les basiliques à eux confisquées en vertu des édits de persécution : la lettre à Anulinus ayant spéciilé que les dites basiliques étaient restituées à « l'Église catholique des chrétiens », la loi de 316 n'a rien d'une surprise, rien d'une sévérité. — La seconde mesure ne s'explique que comme la conséquence du bannissement à prononcer contre les intraitables : on devra donc supposer que cette loi de 316 menaçait de bannissement les Donatistes qui résisteraient à l'unité. Optât rapporte que, sitôt la loi publiée en Afrique, les Donatistes prirent la fuite : « Nuntiata unilate, fugistis omîtes ». Optât adoucit sans doute plus qu'il ne convient la loi qui a produit cette panique, quand il énonce qu'elle ne contenait que des exhortations, car il reconnaît presque aussitôt que des Donatistes « plus courageux furent pris et relégués loin^ ». La relégation entraînait la confiscation des biens. Optât suggère qu'il n'y eut à fuir ou à être pris que des évêques et leurs clercs, le clergé donatiste ayant apparemment été seul visé par les sanctions de la « loi d'unité ».

L'éviction des Donatistes des basiliques qu'ils accaparaient fut beaucoup plus malaisée qu'on n'avait prévu. A Carthage, où ils avaient trois églises, on dut

tion n'aurait pas atteint le Donalismc, mais seulement les Donatistes qui avaient poursuivi Cécilieu au tribunal de l'ernperein-.

\. Optât, ii, 1 (p. 68) : « Ueiuiiiliata est unilas: sola luenint liorhiraenta, ut Deus et Clirislus eius a impulo in unum convenicnle pariter rogaretur. Nulluserat primiius teiror : nemo viderai virgani, neinn custodiam,sola ut supra diximus lucraiit liorlamenla. Timuistisoinncs, lugistis, Irepidastis... Fuserunt igilur omncs cpiscopi cum clerlcis suis, aliqui sunt morlui; qui Coitiorcs fuerani, lapti et longe relegati sunl. ■

30a LA PAIX (ONSTANTINIENNE.

recourir à la force armée pour les leur enlever : on se battit, il y eut des blessés, il y eut des morts, parmi lesquels un évéque donatiste, l'évéque d'Advocata'. On a lieu de croire que, entre 316 et 320, pareilles scènes se multiplièrent dans maintes villes. Optât reconnaît que l'unité fut faite par des gens à poigne : « Ab operciriis unitatis miilta quidem aspere gesla sunt'^ ».

C'est une indignité, protestèrent les Donatistes, personne ne doit être amené de force à l'unité : « Jiidignum facinus clamitatur , neminem ad unitatem esse cogendum ^ « . A quoi saint Augustin répondra : Toutes ces sévérités sont la suite du jugement rendu par Constantin, or Constantin n'a jugé que parce qu'il a été pris pour juge par les Donatistes, et fatigué de leurs instances, et préféré par eux à un jugement ecclésiastique '". Saint Augustin décline au nom du catholicisme la responsabilité de ce premier appel à la compétence de l'empereur en matière ecclésiastique. Il rappelle que l'attitude du catholicisme (allusion au concile de Rome) a été d'abord d'accueillir pacifiquement les Donatistes, dont on espérait le retour : « Nec ohlato sihi gremio pacis, quo correcti exciperentiir, consentire voluerunt ». L'Eglise se fait un devoir de la douceur : elle n'aurait rien solli-

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