Cité par Atmanas. De «(/«or
LE CATHOLICISME NICÉEN. 309
la science théologique ». Mais M. Seeck a vu plus juste en signalant, dans l'encyclique de l'évêque d'xVlexandrie qui notifie la déposition d'Arius, le mot décisif qui sera pour longtemps « le cri de ralliement de l'Église orthodoxe » : de même, dit-il, que le mot de traditor qu'ils jetaient à la face de leurs adversaires a fait la force des Donatistes, ainsi Alexandre d'Alexandrie a fourni à son parti une arme terrible en donnant aux Ariens le nom de yptaToijLa/oi, ennemis du Christ'. Il ne manque à cette observation de M. Seeck que d'en renverser les valeurs : les Donatistes calomniaient les catholiques, tandis qu'Alexandre a enlevé leur masque aux Ariens. Il n'est pas douteux, en effet, que subordonner le Fils au Père c'était compromettre la divinité du Fils : or l'arianisme authentique est essentiellement subordinatien, et ses tenants les plus avancés, les anoméens, rejoindront l'adoptianisme de Paul de Samosate.
L'arianisme a été subordinatien pour des considérations exégétiques et dialectiques qui n'étaient pas nouvelles-. Son succès au contraire tient à un état d'esprit nouveau : l'arianisme, en effet, n'aurait pas été accueilli à la cour de Nicomédie comme il Ta été, il n'aurait pas été défendu opiniâtrement sous tant de formules par des évoques politiques, s'il n'avait répondu à la tendance monothéiste que traduit l'affirmation du suininus deus. La théodicée du summus deus de la fin du paganisme est parallèle à la théologie subordinatienne, les deux doctrines s'appelaient : la religion romaine abandonnait son polythéisme, l'arianisme sacrifiait la christologic, on allait ainsi à