‹ La paix constantinienne et le catholicismeChapitre 159 sur 274 · Ibid. '" (p. S · texte numérisé non relu

Ibid. '" (p. S

LE CATHOLICISME NICÉEN. :!19

à y rallier tout l'épiscopat des pays grecs autres que l'Egypte : comme cet épiscopat est divisé, Constantin décide d'assembler tous les évéques en un concile. Les fragments nouveaux de Pliilostorge révéleraient ainsi que la proposition de réunir un concile de tous les évéques pour confirmer le consubstantiel a été faite par l'évêque d'Alexandrie, qu'il a gagné à ce projet l'évêque de Cordoue, et que Constantin l'a adopté.

11 n'appartenait pas, en effet, à l'évêque d'Alexandrie de convoquer un concile de tout l'épiscopat, et ce n'est pas pour cela qu'Hosius avait été envoyé à Alexandrie. Le concile d'Alexandrie auquel il prit part solutionna les difficultés locales qu'il put résoudre, le schisme de Colluthus : la question arienne n'était plus une affaire locale. Alexandre d'Alexandrie ayant sollicité le verdict de tous les évéques de la catholicité, pourquoi ne convoquerait-on pas tous ces évéques à un concile général? L'idée, si neuve qu'elle pût paraître, ne faisait que donner corps à cette consultation de l'épiscopat universel à laquelle l'Eglise romaine avait eu maintes fois recours '. L'unité de l'Empire restaurée par Constantin se prêtait providentiellement à un concile général, qui ne serait plus une « assemblée du clergé » comme l'avait été le concile d'Arles de 314, mais vraiment la repraesentatio des évoques de toutes les Églises qui étaient

I. On ne pouvait avoir oublie qu'avec le pape Vicier au sujet de la controverse [lascale Rome avait sollicité une consultation en rès'^ de l'épiscopat universel : dans son Histoire ecclèsinsliquc, à laquelle il met la dernière main en 32i, Kusèljc parle de cette consultation où tous les évéques par lettres avaient a lirmc à ceu\ de partout au sujet de la Pàque le dogme ecclésiastique [H. Il v. 2;{. 21. Kn -2A. le concile qui s'était tenu à (lome pour régler la cotidiiion des laijsi, avait entendu tracer une règle qui serait reçue pailout, ôôyjxa toï; itàffiv, dit encore Eusèbc (vi, '<«, \).

SOUS le ciel. Constantin dut accepter le projet d'un concile de Tépiscopat universel comme une grande idée, et aussi comme le moyen seul efficace de faire la paix religieuse. 11 n'ambitionnait pas de présider un concile, pas davantage de faire marcher les évoques de l'Empire romain au doigt et à l'œil : il voulait, par considération de l'ordre général, aider à restaurer la concorde parmi ces ciûtores Dei qui, aux yeux de sa foi, assuraient à la chose publique la faveur divine.

Constantin fit pour le concile de Nicée ce qu'il avait fait pour le concile d'Arles, il invita les évêques à s'y rendre, et leur en donna les moyens en mettant à leur service le cursus publicus. Eusèbe nous l'apprend, qui allait assister au concile, et qui a dû recevoir une lettre impériale de convocation : ces lettres étaient, dit-il, empreintes de beaucoup de déférence '. Nicée fut choisie pour la tenue du concile, et ce choix s'explique par le dessein de Fempereur, en résidence à Nicomédie, de prendre part au concile. Mais, à ce compte, pourquoi ne pas convoquer les évêques à Nicomédie, plutôt qu'à Nicée? Etait-ce qu'on voulait humilier l'évèque de Nicomédie, redouté naguère sous Licinius, et à ce moment suspect? On ne sait pas.

Le nombre des évêques qui se rendirent à Nicée fut faible, eu égard au nombre de ceux qui avaient été convoqués. Eusèbe compte « plus de deux cent cinquante > évêques présents -. II y joint une suite innombrable, assure-t-il, de prêtres, de diacres, de socii de toute sorte. L'évèque d'Antioche, Eustathe, qui a comme Eusèbe assisté au concile, parle d'environ deux cent soixante-dix évêques présents^. On a

1. ErsEP.. V. C. III, ti : (TÛvooov oîxoutAîV.xrjv ff-jvexpÔTît. <ï7:£-jÔcIv â7:avTa-/66zv to-j; èiriaxÔTio-j; YpâM-aait i'.\i-i\-z<.y.o\c,Tzçof.rù.o'j\i.iwoç,%i'>. Sur le point de savoir de (jui était en droit la convocation au concile, HEFF.IX-Lf.CI.F.UCo, t. I, p. 403-408.

i. El sF.ii. V. C. ni. H.

3. EUStatlie est cité 1>;m Tm o .i i. //. /,'. i, 8. I éd. P aumimh i;, p. 34;.

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une liste des évêques qui souscrivirent le symbole de Nicée, liste authentique, mais liste remaniée de façon à classer ces évèques par ordre de provinces^. La tradition textuelle de cette liste présente des flottements, si bien que le nombre total des noms dévêques n'est pas constant. MM. Gelzer, Hilgenfeld et Cuntz, qui ont tenté une restitution critique de cette liste, y font figurer deux cent vingt évêques. L'Egypte et la Libye y sont représentées par 19 noms. La Palestine en compte 19, la Phénicie 10, la Cœlésyrie 22, Chypre 2, la Mésopotamie 5. l'Arabie 6, la Cilicie 11. La Bithynie est représentée par 11 noms, la Cappadoce par 10; les Arménies, le Diospontus, le Pont Polémoniaque, la Paphlagonie, par 13 noms; la Galatie, la Phrygie, la Pisidie, par 24 noms; l'Asie, la Lydie, la Carie, par 21 noms; la Lycie, la Pamphylie, l'isau-rie, par 25 noms; les îles, par 4 noms. Puis, les pays grecs d'Europe : la Thrace a envoyé 1 évêque, la Thessalie 2, la Macédoine 2, la Dardanie 1, rAchaïe 3. Les provinces danubiennes ont donné, la Mœsie 1 évêque, la Dacie 1. L'Afrique est représentée par un seul évêque, celui de Carthage, Cécilien. D'Italie, il est venu un évêque de Calabre, deux prêtres romains. D'Espagne, il y a Hosius. Les Gaules ont l'évêque de Die. La liste énumère encore un évêque de Pannonie.un évêque de Gothie, un évêque de Scythie. Eusèbe mentionne un évêque de Perse, qui ne

GELZER-HiLGEXFELD-CtNTz, Patrum Nicaenorum nomina (Leipzig, 1898\ p. XLv. Atuanase parle de plus minus trois cents: le pape Jules, cité par Athanase. parle de trois cents; laicifer de Cagliari parle de " trois cents et da\antage •. Le chiffre consacré de CCCXVIIl apparaît chez saint Hilaire pour la première fois, en 3iiO : Hilar. Contra Constantium. 27. A dater du dernier nuart du iv* siècle ce chiffre est acquis. Il a été suggéré par Gen. xiv, 14. Gelzei; etc., p. xlvi-xlvii.

d. SocRAT. H. E. 1, 13, a connu cette liste, qu'il lisait dans le Sijnodicon de saint Athanase.

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se retrouve pas dans la liste. Eusèbe encore note Tabsence de l'évêque de Rome. « L'évêque de la ville souveraine était absent, à cause de son grand â^e, deux de ses prêtres étaient venus pour tenir sa place ^ «. L'historien Socrate croyait savoir que le concile s'était ouvert le 20 mai-.

Quelle méthode de discussion le concile adopta-t-il?

Ecartons d'abord la fable ^, qui supposait que des « laïques nombreux et exercés à la dialectique » sont venus pour soutenir les deux partis en présence : les assemblées d'évêques à pareille date ne délibéraient pas de la sorte. — Sozomène suppose que, avant l'ouverture du concile, les évêques se réunissant entre eux ont fait comparaître Arius, information prise par Sozomène à Rufin, ce qui en réduit la valeur à presque rien '. Il serait plus vraisemblable de penser que, à l'ouverture du concile, la première question fut posée sur laquelle les évêques avaient à délibérer, et c'était la question de foi. On dut produire la lettre d'Alexandre à tous les évêques dénonçant les erreurs d'Arius et notifiant sa condamnation par le concile d'Alexandrie; on produisit sans doute d'autres pièces, parmi lesquelles des extraits d'Arius. C'est ce que suggère Athanase, qui, citant une suite de fragments d'Arius, les donne comme ayant servi de base à sa condamnation par le concile d'Alexandrie, et comme

1. EusEB. V. C. III, 7 : tt,; Se jz ^acrtXe-joyffri; itô).£(o; 6 [xèv upoESTi'.); j(jT£p£t ûia Y^çja;, T-pîaSuTîpo'. o' aOiroO ■nap&vTîç tïjv aÙToO tàçiv iit).7ipouv.

■2. SociîAT. 7/. i:. 1, \:i. Cf. SKi;.;h. I. Ml, |i. .'iriâ.

"t. ï^ocii.iT. I, 8. Cette fable est prise à tu 1 1>. H. K. x. 3 icd. Mommsex, p. Î162).

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