I. Si'Ar.TiAN. Se\). M (érl. Petei!, p
"2. Ce texte de Galien, tin- de son De scnlcnliis poliliue platonicae, n'est connu (|ue par a citation qu'en fait un auteur arabe Abulfeda, dans son Hisloria anteislamica. i\ est reproduit par IIaunack, AUchr. Litt. p. 809.
niscences de traits de l'histoire du Christ, et cela n'est pas douteux, ces réminiscences n'ont rien d'hostile ni de systématique. Philostrate a imaginé son héros, à la recherche de la sagesse, traversant l'enseignement des platoniciens, des stoïciens, des épicuriens même, pour s'attacher à la doctrine des disciples de Pythagore. La sagesse des Grecs no lui suffit pas, il pressent une sagesse exotique qu'il veut posséder^, il visite les mages de Babylone, il visite les brahmanes de l'Inde, il visite les gymnosophistes de l'Ethiopie, il pousse jusqu'aux sources du Nil et jusqu'aux colonnes d'Hercule, il visite tous les temples du monde grec, il est initié aux mystères d'Eleusis, il s'entretient avec l'ombre d'Achille. Persécuté par Néron et Domitien, il est consulté par Vespasien et cher au vertueux Nerva : c'est un sage qui n'ouvre la bouche que pour dire des choses profondes, c'est un ascète, c'est un thaumaturge aussi, ce n'est pas un dieu, quoiqu'on l'acclame parfois comme tel-. Apollonius ne se comprend que comme une modernisation du personnage de Pythagore.
Au cours des longs voyages que, à l'imitation de Pythagore, il a entrepris, Apollonius est arrivé à Babylone : le mage qui garde la porte de la ville lui signifie qu'il doit, s'il veut entrer, s'agenouiller d'abord devant une statue qui se trouve là. Apollonius avisant la statue demande quel homme elle représente. « C'est le roi », lui dit-on. Apollonius répond : « Cet homme devant qui vous vous prosternez, si
i. Le cosmopolitisme de Pliilostrate se reconnaîtrait là. Il marque aussi bien dans les lettres ou é()igranimes attribuées à Apollonius. Voyez en particulier VEpistul. 34 : » .Te suis devenu un barbare, non pas pour avoir séjourné longtemps loin de la Grèce, mais pour avoir séjourné longtemps er Grèce •. PHiLosxiaT. ;éd. CoNYnEAUE, 1912), t. II, p. 430.
2, PuiLOSTRAT. Apollon, I, ' 't. I, p. 18j.
seulement il obtient que je dise de lui que c'est un homme de bien, il sera fort honoré ». Et il franchit la porte '. La leçon que Philostrate donne là ne s'appliquait-elle qu'à Babylone, et qu'aux mages?
De même, Apollonius est présenté au roi de Babylone, qu'il trouve occupé à sacrifier entouré de mages dans le temple du palais, et qui l'invite d'abord à sacrifier et à prier avec lui.
Le roi se proposait de sacrifier au soleil un cheval blanc du plus haut prix, de la race niséennc, qui avait été couvert de harnais magnifiques comme pour une fête. « 0 roi, lui dit Apollonius, vous pouvez sacrifier à votre manière, mais permettez-moi de sacrifier à la mienne ». Et prenant de V encens : « Soleil, s'écria-t-il, accompagnezmoi aussi loin qu'il vous conviendra et que je le désirerai. Faites-moi la grâce de connaître les bons, dr ne pas connaître les méchants et de n'être pas connu d'eux! » Api'ès cette prière, il Jeta V encens dans le feu... « Maintenant, dit-il au roi, sacrifiez selon vos rites nationaux : car les miens les voilà ». Et il se retira pour ne pas prendre part à un sacrifice sanglant'^.
Apollonius, en effet, professe que les sacrifices sanglants et les aruspicines sont des pratiques barbares et horribles, qui le souilleraient et l'empêcheraient d'entendre « ses voix divines ». Il croit « offrir aux dieux un culte conforme à la raison » . culte dont lacté essentiel est, au lever du jour, d'adorer le soleil, en méditant •'. La religiosité d'Apollonius n'accepte pas que les méchants puissent approcher les dieux, fût-ce en apportant à leurs temples « tous
■2. Ibid. 3-2 (p. ss-90). Nous citons la traduction française de Chassang.