id. vil, lit et VI. 10 t. ir. p. -200 et -28i
les trésors de Sardes et de Tlnde », ni se racheter par des sacrifices et des offrandes des châtiments qui leur sont dus '.
Subordination de tous les cultes du paganisme gréco-romain à une conception plus universelle de la religion, sorte de monothéisme solaire, mais plus encore moralisme, caractérisé par le scrupule de la justice et de l'ascétisme, le souci de l'expiation, la foi à une autre vie, l'orgueil d'une sagesse sentencieuse plus que spéculative, enfin un minimum de ritualisme : on pourrait détinir ainsi la religiosité de Philostrate. L'étonnant est qu'ayant tant voyagé, — lut-ce par fiction, dans la seconde moitié du premier siècle, — son Apollonius n'ait pas un mot pour le christianisme, comme s'il ne l'avait nulle part rencontré. Un des interlocuteurs du roman, qui nest pas un ennemi des Juifs, les décrit ainsi :
Il U a loiifflemps que les Juifs sont sépares, Je ne dis pas de Borne, mais du reste du monde : en effet, un peuple qui vit à l'écart des autres peuples, qui n'a rien de commun avec les autres, ni tables, ni libations, ni prières, ni sacrifices, n'est-il pas plus éloigné de nous que les habitants de S use, ou ceux de Bactres, ou même les Indiens? Aussi à quoi bon châtier, pour s'être séparé de l'Empire, une nation qu'il eût mieux valu n'y pas faire entrer -?
On pourrait inférer de paroles comme celles que nous citons que Philostrate n'a pas compté rallier les Juifs à son syncrétisme : peut-être les chrétiens
1. Apollonius croit cependant à la possiliilité de l'expiation par le moyen des « cérémonies prescrites par Empédocle et Pythagore ». Id. VI, 3 (p. 20). Sur le besoin de pardon et d'expiation et sur la science des purilications dans la religiosité syncrétisle, Révillk, p. lo3-lo7. P. CuMONT, Les religions orientales dans le paganisme romain (inO!) , p. GI-Gj.